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Présentation des 65 propositions du Rapport Guinchard

  • Par com-guinchard le
    (mis à jour le )
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Le Recteur Serge Guinchard a remis le 30 juin à Madame Rachida Dati, Garde des Sceaux, ministre de la justice, le rapport de la Commission qu'il a animée sur la répartition des contentieux.


Le ministre de la justice a annoncé qu'un projet de loi sera présenté à la rentrée sur la base de ce rapport.


Les propositions faites par la Commission Guinchard sont globalement satisfaisantes et positives. Elles vont dans le sens d'une modernisation de la justice et d'une simplification des procédures tout en préservant le rôle essentiel du juge et les garanties apportées par l'avocat.


Parmi les 65 propositions du rapport, l'on peut retenir notamment celles relatives à la suppression de la juridiction de proximité et le rattachement des juges de proximité aux tribunaux de grande instance, le recentrage des tribunaux d'instance sur les contentieux de proximité, l'articulation renforcée du tribunal de grande instance autour de trois pôles (familial, pénal et des affaires civiles complexes).


En matière de droit des personnes, le rapport préconise le maintien de la procédure de divorce par consentement mutuel devant un juge, mais selon une procédure allégée et au coût régulé ou tarifé. Il propose également la création d'un « pôle famille » par renforcement de la compétence du juge aux affaires familiales (tutelle des mineurs, liquidations et du partage des indivisions conjugale pour, tous types de familles), d'un « réseau judiciaire en matière familiale », pour mieux articuler l'intervention des JAF, juges des enfants et juges des tutelles.


Le rapport suggère la création d'un guichet universel de greffe permettant l'interconnexion des services des juridictions.


Afin de diversifier les modes d'accès à la justice, la Commission propose la création d'une nouvelle procédure de règlement amiable des litiges : la procédure participative de négociation assistée par avocat, le développement de la conciliation, et l'extension des attributions des greffiers en leur confiant un rôle juridictionnel.


Enfin, en matière pénale, le rapport propose le développement de la transaction (remplacement de la phase de l'amende forfaitaire non majorée par une indemnité transactionnelle pour les contraventions de première classe en matière de stationnement payant) ainsi que le développement des procédures pénales simplifiées, notamment par l'extension du domaine de la procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité et le développement de l'ordonnance pénale délictuelle.


Le travail doit se poursuivre au sein de la profession qui sera attentive au projet de texte élaboré par le ministère de la justice à partir des propositions du rapport de la Commission Guinchard.


Nom : Les 65 propositions de la Commission Guinchar.pdf
Taille : 97 Ko


14 commentaires

Ce ne sont pas les juridictions de proximité

  • Par Saraswati le

qu'il faut supprimer, mais leurs juges inexpérimentés. Remplacez ces juges par des vrais juges, ceux qui ont fait du droit, qui connaissent le droit des obligations et le droit des biens, et vos juridictions de proximité seront excellentes. Facilitez également la procédure en n'obligeant pas le justiciable qui a présenté des conclusions, à se déranger, sous pretexte qu'il s'agit d'une procédure orale et que le juge ne serait alors saisi d'aucun moyen en l'absence d'une présence de la personne.


le TI et les libertés

  • Par WILHELEM Damien le

L'expérience des juges de proximité était vraissemblablement à tenter mais elle a démontrer ses limites en "saucissonnant" le petit contentieux civil. Moralité, aucun gain de temps, une nouvelle source de discussion sur la compétence matérielle et une insécurité juridique doublée par le dernier ressort. Il faut profiter de la réforme pour fusionner TI et juge de proximité et rendre le contentieux aux magistrats.


Les propositions sur la "déjudiciarisation" en matière pénale doivent trouver une limite, qui me semble être la mise en jeu de la liberté. Les alternatives à l'audience ou à la CRPC, où l'assistance est obligatoire ne doivent pas concerner la mise en détention. Le justiciable ne peut valablement consentir, sans débat ou sans assistance à la peine la plus grave du système judiciaire, la privation de liberté.


Sur les MARC/ADR, inquiétude ? la profession doit impérativement réagir !

extrait de mon billet du jour:


"On peut y relever sur les modes alternatifs de resolution des conflits qu'ils seront généralisés et on ne peut que s'en rejouir. Que de temps gagné pour tous !

"La commission propose surtout d'alléger les procédures, en développant les modes alternatifs de règlement amiable des litiges. Cela passerait, au civil, par le renforcement de la conciliation et de la médiation, et par la création d'une "procédure participative de négociation" assistée d'un avocat.

Inspirée du droit américain, cette procédure serait proposée par l'avocat à son client. En cas d'échec, le dossier serait transmis à un tribunal pour permettre le traitement accéléré de l'affaire."


Il reste à lire le rapport in extenso...et ce qu'il en restera à l'épreuve du législateur !


.....

Le recteur Serge Guinchard :

Il évoque de façon plus inquiétante la mediation obligatoire après qu'un titre ait été obtenu, ce qui est fortement contestable et plus encore la création d'un dispositif public de médiation familiale en liaison avec les CAF et MSA au motif que la mediation ne doit pas rester "la chose exclusive de la justice" !

Ce serait donc l'instauration d'un monopole qui va à l'encontre de la libéralisation des marchés et de la libre concurrence ! Cela excluerait nécessairement les acteurs du champ juridique et l'exercice en libéral de la médiation familiale car les barèmes CAF sont inapplicables à des acteurs qui ne sont pas fortement subventionnés et ne sont conçus que pour des salariés ! Ce serait donc aussi une discrimination et l'institutionnalisation d'une distorsion de concurrence inacceptable !"


Là, il est difficile de ne pas penser qu'il n'y a pas eu un lobbying de certains...autres !

qui a été entendu sur la médiation. Qui exactement , on va le savoir bientôt à la lecture du rapport in extenso mais bon, c'est tres decevant, reste à attendre le rapport magendie en septembre sur la question !


juge de proximité

  • Par chambard le

je suis effaré de voir toutes les inepties rapportées sur les juges de proximité et tous les procès d'intention qui leur sont faits ! Pour ma part j'ai 20 ans d'expérience de présidence d'audience, mes décisions n'ont jamais suscité d'opprobre, et j'essaie de rendre la justice intelligible aux justiciables, dans la rigueur du droit mais avec l'humanité qui leur est dûe. Je ne me reconnais absolument pas dans la caricature qui est faite du juge de proximité "défaillant" et "incompétent".

Je pense au contraire que les juges de proximité "dérangent" parce qu'ils sont à la fois compétents et engagés, et qu'il arrive que des magistrats ne soient pas autant qu'eux humainement à la hauteur de leur fonction, ce que j'ai pu vérifier au cours de ma "carrière" avec certains juges de mon entourage...A la vérité je n'aimerais pas être "jugé" par ceux qui nous critiquent...

Nous avons évidemment toute notre place pour le contentieux de proximité, que nous maitrisons tout autant qu'un juge sorti fraichement de l'ENM maix inexpérimenté dans le contenu du contrat comme dans la vie en général. Juge que notre travail permet en outre de libérer pour des fonctions plus importantes où on manque de magistrats. Notre place doit donc continuer à être reconnue, comme cela résulte d'ailleurs des enquêtes externes et objectives réalisées sur la juridiction de proximité. Notre place est légitime car elle correspond à un besoin et une attente de nos concitoyens : comment la même majorité politique pourra-t-elle d'ailleurs expliquer aux citoyens sans se moquer d'eux qu'il est préférable maintenant de faire le contraire de ce qui leur a été présenté comme nécessaire il y a tout juste 5 ans ? Mais le citoyen n'a sans doute rien à voir avec tout cela. Le véritable enjeu n''est-il pas un enjeu de pouvoir : l'exercice de la justice ne doit pas échapper au juge sorti d'un certain moule, enfermé dans ses prérogatives et son exclusivité ? Malheureusement cela donne toute l'apparence d'un fonctionnement en forme de caste. C'est pour cela que dans un an et demi je ne serai plus juge de proximité...Avoir dépensé tant de temps et d'argent pour me recruter et me former, se priver du savoir faire de celui qui a traité des centaines de procédures avant de devenir juge de proximité, se priver du savoir être de celui qui a compris avec le temps qu'il était vain (et faux) de se proclamer savant... Quel gâchis !


j'ai oui dire

  • Par Melquisédek le

j'ai oui dire que Rachida n'était pas trés satisfaite du rapport et que nicolas avait missionné une nouvelle commission... qu'en est -il?


la lettre de mission de Me DARROIS

  • Par vb le

RE: la lettre de mission de Me DARROIS

  • Par lunettes de soleil le

Merci pour la lettre de mission c'est très intéressant


C'est ce que l'on apelle la réponse du berger à la bergère

  • Par vincent bourlier le


L'éditeur juridique lexis nexis résume la réponse des notaires :

Le Conseil supérieur du notariat a pris connaissance enfin des conclusions du rapport de la Commission Guinchard en vue de simplifier les modalités du divorce par consentement mutuel, remis au garde des Sceaux le 30 juin dernier (disponible partout).

"Le rapport recommande notamment le maintien de la procédure de divorce par consentement mutuel devant un juge mais selon une procédure allégée et un coût régulé ou tarifé. L'idée d'une déjudiciarisation de cette procédure avait été abandonnée par le chef de l'État le 27 juin.

Les notaires de France rappellent que « l'intérêt et la protection de nos concitoyens doivent l'emporter sur toute autre considération, surtout lorsqu'il est question de modifier les procédures les concernant au plus près de leurs rapports familiaux », et que les réformes doivent être évaluées dans leur seul intérêt (simplification de la procédure garanties d'informations et de consentement et allègement du coût) et non pour défendre tel ou tel intérêt corporatiste."


"En conséquence, le Conseil supérieur du notariat attire l'attention sur les risques d'une procédure de divorce par consentement mutuel qui, pour être simplifiée, écarterait purement et simplement le principe même d'audition des époux par un tiers impartial délégataire de l'État, comme c'est le cas actuellement avec le juge judiciaire où comme cela avait été envisagé avec le notaire, officier public et magistrat de l'amiable.

Si le consentement libre et éclairé de chaque époux sur le principe du divorce et sur ses conséquences n'était plus garanti par un réel face à face avec un professionnel délégataire de la puissance publique, il faudrait s'inquiéter des risques de pression de l'époux le plus fort sur l'époux le plus faible, et d'une fragilisation de cette procédure de divorce pour laquelle, au surplus, aucune économie ne serait réalisée par les époux ou par l'État."

Source: Comm. CSN, 2 juill. 2008 cité par lexis nexis in Dépêches JurisClasseur - Actualités du Mardi 15 juillet 2008


Les arguments avancés par les avocats sont retournés contre nous

C'est ce que l'on apelle la réponse du berger à la bergère.

la guerre est elle déclarée?


juges de proximité

  • Par jfbordier@wanadoo.fr le


Monsieur GUINCHARD, qui a dès l'origine été hostile à la création des juges de proximité et a refusé que ceux-ci puissent faire partie de la commission qu'il présidait, a d'emblée obtenu un consensus sur la suppression des fonctions de juge civil de ces juges-citoyens : c'était la demande des associations et syndicats de magistrats qui n'admettent pas que des citoyens puissent rendre une justice plus à l'écoute de leurs concitoyens que celle qu'ils rendent, laquelle est, par force, souvent plus qu'expéditive : leurs audience sont si chargées ( fréquemment 70 affaires par audience) que chaque affaire est expédiée en quelques minutes, ce qui ne permet pas aux justiciables de pleinement s'exprimer et donne la part belle aux parties représentées par avocat qui produisent des dossiers documentés.


L'actuel fonctionnement des tribunaux d'instance, où souvent, le magistrat découvre le dossier à l'instance, génère une justice frustrante pour les justiciables et crée de fait une inégalité des armes dès lors qu'une des deux parties est représentée par avocat, l'autre comparaissant en personne.


Il est par ailleurs surréaliste qu'un juge d'instance dont les fonctions sont multiples, puisse raisonnablement rédiger plus près d'une centaine de jugements par mois, ce qui est le lot de beaucoup d'entre eux.


Les juges de proximité ont été sélectionnés par les cours d'appel et le CSM : leur prétendue incompétence, d'ailleurs non avérée, car ne reposant sur aucune étude objective- toutes les études menées à ce jour concluent au contraire au bon fonctionnement des juridictions de proximité- serait à mettre au compte de ces institutions. Et comme le CSM est, aujourd'hui encore, une émanation des syndicats de magistrats (la majorité de ses membres étant issue de listes syndicales) ceux-ci ne peuvent donc que s'en prendre à eux-mêmes s'ils contestent la valeur de ceux qu'ils refusent d'appeler leurs « collègues ».


Allons-nous assister au triomphe du corporatisme dont les citoyens constatent chaque jour les dérives ? Le microcosme, aidé en cela par la Garde des Sceaux qui en est issue, et a besoin de donner du grain à moudre à un corps de magistrats qui lui est hostile, va - t'il mettre à néant la réforme des gouvernements précédents qui avait notamment pour objectif de faire en sorte que les citoyens de la République se réapproprient en partie leur justice ?


La FRANCE restera-t-elle le seul grand pays démocratique à confier sa justice à un corps de professionnels qui a l'apparence et l'esprit aux yeux des citoyens d'une sorte de caste intouchable ?


Les dérives constatées et dénoncées par nombre d'observateurs et notamment par Eric de Montgolfier continueront elles de se développer au sein de notre institution judiciaire ?


Les Juges de proximité parce qu'ils sont des praticiens du droit et des citoyens acteurs de la vie civile – familiers des litiges qui leur sont soumis qu'ils ont, ou ont eu, à connaître dans leur activité professionnelle de cadre d'entreprise, d'auxiliaire de justice, de professeur de droit, de rédacteurs de revues juridiques, de cadre administratif, de notaires, etc...- ont le temps et la capacité d'écoute de leurs concitoyens pour trancher en droit et après débat réellement contradictoire, leurs litiges et rendre des décisions aux motivations compréhensibles par les justiciables.


Les supprimer serait une régression qui irait à contrecourant de l'évolution des institutions judiciaires des grandes démocraties occidentales dans lesquelles la majorité des décisions de justice sont rendues par des juges non professionnels.




Jean-François BORDIER


@ Jean-François BoRDIER

  • Par Saraswati le

Mon avis , en ce qui concerne les juges de proximité, va à l'encontre du vôtre. Je ne suis que justiciable et je n'ai rien trouvé dans ces juges de proximité, sinon une totale incompétence par leur méconnaissance des règles de droit, qui puissent faire d'eux des juges à l'écoute des justiciables. Leurs décisions frisent le ridicule, quant à la motivation ....Il se peut bien sûr qu'il y en ait deux ou trois qui sortent du lot et qui s'avèrent être d'excellent juges, mais en générale, ces juges méconnaissent les règles élémentaires du droit.


@M. Bordier

  • Par Alex le

Soyez réalistes M. Bordier,

Les propos anti-juges de proximité ne viennent pas tant des magistrats eux-mêmes (parfois bien contents d'être ainsi déchargés de l'assessorat correctionnel...) que des justiciables et surtout des avocats.

Les juges de proximité sont, pour nombre d'entre eux, effroyablement mauvais. Les avocats forment des demandes excédant leur seuil de compétence pour aller devant un vrai juge. Les juges de proximité ne sont pas plus à l'écoute des justiciables que les magistrats professionnels, car ils sont autant débordés qu'eux par la masse de dossiers.

Soyez réalistes.


avis

  • Par claude le

L'avis des justiciables ? Celui qui perd son procès est nécessairement mécontent de son juge ...

Celui des avocats ? en effet ils ne st pas contents quand on leur indique que le juge de proximité n'est pas competent en matière de credit à la consommation ou au delà de 4000 euros ...( la loi a 5 ans!) ou qu'on leur demande de qualifier leur demande (résolution, nullité ou action redhibitoire ?) ...

c'est hélas ça la réalité


passées et non passer

  • Par Saraswati le

conciliation

  • Par Osmoe le

Que deviennent les Conciliateurs de justice.......


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