PROPOS SUR LA GARDE ALTERNEE
Nous voyons, au travers des quelques exemples et de ceux qui
viennent, qu'il n'en est rien bien souvent. Nous sommes ici en face de
situations quasi expérimentales.
Les enfants qui ont à vivre des rythmes d'alternance inadéquats, répétés,
qui plus est dans un climat conflictuel, à un âge auquel l'idée de partage
du temps ne signifie rien, sont en grande souffrance. Ne pas prendre en
compte celui qui représentait le principal pourvoyeur de soins avant la
séparation, ne pas prendre en compte le ressenti de l'enfant, provoque les
mêmes réactions. Très rapidement sont survenus chez les uns et les autres
des troubles psychologiques sérieux et un rejet parfois violent des contacts
avec leur père.
L'instabilité du cadre de vie
L'instabilité du cadre de vie participe naturellement au mal-vivre de
l'enfant. Parallèlement à l'angoisse de séparation et aux troubles consécutifs,
la garde alternée ne permet pas de bénéficier d'un cadre de vie stable et
intime et de l'environnement unique dont chaque être humain a besoin.
Les adultes eux-mêmes qui pour des raisons professionnelles partagent
leur temps entre plusieurs points d'attache connaissent bien l'inconfort et la
difficulté de leur mode de vie.
Malgré le conflit parental, la non-communication entre les deux parents,
la justice impose à ces enfants en résidence alternée de supporter deux vies
physiques et deux vies psychologiques largement indépendantes l'une de
l'autre, cloisonnées, sans pont ni communication l'une avec l'autre, et nous
verrons que dans certains cas, les parents imposent à leurs enfants, non
seulement d'avoir deux domiciles, mais aussi deux assistantes maternelles,
deux pédiatres ou deux médecins généralistes, parfois deux écoles... Que les
adultes que nous sommes s'interrogent : combien parmi nous supporteraient
de vivre ainsi ?
Il y a tout d'abord la très grande majorité des papas qui sont conscients
qu'offrir une double vie à leur enfant, avec deux foyers, deux modes de vie
parfois contradictoires, voire deux écoles en alternance, ne peut que nuire à
son bien-être et à son développement, et lui imposer le risque d'un profond
déséquilibre psychoaffectif.
EXTRAITS DU LIVRE NOIR DE LA GARDE ALTERNEE DE JACQUELINE PHELIP.

1 commentaire
Préconiser la garde partagée ?
cela dépend pour quel enfant, à quel rythme et dans quelles conditions.
Il y a aujourd'hui un très large consensus des pédopsychiatres, dont maint professeurs de pédopsychiatrie et experts internationaux, qui contre indiquent la résidence alternée égalitaire si certaines conditions précises ne sont pas réunies ! Le dernier en date est Jean Le Camus très pro-résidence alternée mais qui vient dernièrement de s'aligner sur tous les autres :
pas de RA si l'enfant est trop petit, si les parents sont en conflit, s'il y a trop de différences éducatives ( "Ca m'interesse" Rubrique "psychologie", octobre-novembre 2009)