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Quel sera le juge de Seif al-islam Kadhafi ?

  • Par chems-eddine.hafiz le
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Seif Al-Islam KHADAFI, 39 ans, a été arrêté « à 01H30 dans la nuit de vendredi à samedi » dans la région du sud-ouest de la Libye, alors qu'il tentait de se rendre au Niger.

C'est le dernier des enfants de l'ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, tué le 20 octobre dernier qui était encore recherché. Les autres fils de Mouammar Kadhafi sont, soit morts, soit ont trouvé refuge dans des pays arabes et africains. Hannibal, Mohammed, leur soeur Aïcha et leur mère se trouvent en Algérie, alors que Saâdi est au Niger.

Seif Al-Islam fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour Pénale Internationale (CPI) depuis le 27 juin et d'une « notice rouge » d'Interpol depuis le 9 septembre.

Il est poursuivi par la CPI pour crimes contre l'humanité, dont le meurtre et la persécution, commis depuis le début de la révolte populaire commencée à la mi-février.

Un premier point pour le Conseil national de transition (CNT) : Seif Al-Islam n'a pas subi le sort de son père Mouammar et de son frère Mouatassim Kadhafi, tués tous les deux après avoir été capturés vivants.

Mais qui va le juger ? La justice libyenne ou internationale.

Dès que son interpellation a été connue, les puissances occidentales ont immédiatement déclaré que Seif Al-Islam Kadhafi devait être livré à la Cour Pénale Internationale et jugé à La Haye. Alors que le Premier ministre libyen par intérim, Monsieur Abdel Rahim al-Kib a quant à lui promis qu'il serait jugé lors d'un « procès équitable durant lequel les droits et la loi internationale seront garantis ». Prudent, il a malgré tout souligné que « toute coopération avec les organismes internationaux est la bienvenue ».

La CPI, d'un ton martial quant à elle a affirmé que les autorités libyennes avaient « l'obligation de remettre Seif al-Islam à la Cour ».

Le procureur de la CPI, Monsieur Luis Moreno-Ocampo, devrait se rendre en Libye la semaine prochaine.

Il est évident que Seif al-Islam Kadhafi doit être traduit devant la justice de son pays, en fonction des lois libyennes, et dans le respect des principes fondamentaux d'un procès équitable, notamment ceux des droits de la défense.

Comment peut-on faire confiance au nouveau pouvoir pour diriger la Libye et témoigner à son égard méfiance et suspicion lorsqu'il s'agit de juger un ressortissant libyen, fusse-t-il le pire des criminels qui a participé aux massacres de civils.

Il y a lieu de rappeler que les autorités judiciaires libyennes ont procédé à l'arrestation de Seif Al-Islam dans le cadre de leur loi nationale et de ce fait, ne sont nullement obligées par le mandat de la CPI.

Le système de la CPI repose sur le principe de complémentarité : la CPI intervient lorsque le système judiciaire national s'avère incapable de mener à bien un procès.

Les autorités libyennes peuvent s'appuyer sur les services de la CPI pour une aide purement technique, sans plus.

C'est redonner du crédit à un pouvoir mis à mal par la mort du guide libyen dans des conditions atroces.



1 commentaire

Sauf que...

  • Par dominique.jourdain le

Il n'y a aucune autorité légitime aujourd'hui en Libye: pouvoir reconnu pui mis en place par des puissances étrangères. Aucune election. C'est simplement aujourd'hui un systême dit transitoire qui n'a pas de légitimité à mettre en place un procès qui ne sera qu'une réplique de ce qu'a connu l'Irak.


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