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Comme on le sait, la vie des dealers n'est pas un long fleuve tranquille, même à Lille-Sud. Non seulement, les policiers gênent le trafic mais il arrive même que des « balances » de précision s'en mêlent. Mandat de dépôt pour les prévenus.
Tout commence le 16 février par l'interpellation de trois présumés dealers. Éric N'Koy Empoke Tokanake, 26 ans, a déjà été condamné à sept reprises et la présidente Nourith Reliquet note qu'il use d'identités variables. « Peut-être simplement des erreurs parce qu'on met une lettre en plus ou en moins », note la magistrate.
Le prévenu est par ailleurs mis en cause dans le cadre d'un autre trafic de stupéfiants où il a été laissé en liberté sous contrôle judiciaire. Bref, il a repris le trafic sans sourciller depuis quelques mois.
Nasser Tiachadine, son copain âgé de 20 ans, est dans le même cas : contrôle judiciaire dans le cadre d'un autre trafic. Le contrôle judiciaire lui interdisait de remettre les pieds à Lille-Sud, mais il est revenu. « Je voulais voir mes parents », dit-il.
Les deux, défendus par Mes Charles Lecointre et Florian Régley, préfèrent être jugés plus tard et leurs avocats plaident leur remise en liberté. À dire vrai, ce qui agace beaucoup les deux prévenus, c'est le troisième interpellé : Mehdi L., jamais condamné, a été arrêté avec 45 boulettes de cocaïne et 770 E en petites coupures dans les chaussettes. Or ce troisième dealer, soupçonné d'être une balance, est certes poursuivi mais a déjà été remis en liberté. Mandat de dépôt pour les deux autres.w
D.S.
Publié le mardi 22 février 2011 nord eclair
Publié dans la voix du nord le jeudi 24 février 2011
La vie des habitants de certains faubourgs, à Lille, n'est pas un long fleuve tranquille. Le 22 février, vers 0 h 20, tout commence par l'incendie d'un Nissan Pixo square Paul Cézanne.
Six jeunes gens désoeuvrés ont trouvé très drôle de flamber ce véhicule. Des forces de police arrivent et les incendiaires présumés prennent la poudre d'escampette. Les policiers sont à leurs trousses. Les six arrivent alors en courant rue Léon Blum et montent au quatrième étage où vit une femme seule. Ils sonnent, poussent la porte et se réfugient de force chez Fatima X.
Cette dernière est maintenue par les bras et par le cou car elle résiste ! Un majeur, le plus corpulent, est arrêté illico car il n'a pas eu le temps d'entrer. Le mineur saute au-dessus du balcon du quatrième ! Il se retrouve à l'hôpital avec plusieurs vertèbres cassées.
Brahim E., Sofiane A., Kevin N., Mohamed B. et Steven C. se retrouvent hier dans le box, défendus par Mes Pianezza, Cardon, Campisano, Lecointre... Tous demandent le report du procès sur le fond. On n'en saura guère plus sur les motivations des très jeunes interpellés. Tous apparaissent sans occupation précise. « Je sors dans la rue et je joue à la console », résume Kevin N.
Deux des prévenus refusent de répondre aux enquêteurs de personnalité. Me Jean-Pierre Glinkowski, qui assiste Fatima X., mentionne que la victime est trop traumatisée pour être présente à l'audience. Un prévenu déjà condamné est incarcéré, les autres remis en liberté.w
D.S.
22.02.2011 La Voix du Nord
Voilà un dossier curieux. Mercredi dernier, Mehdi L., 18 ans, est interpellé ... rue Clémenceau alors qu'il vient de céder une dose de cocaïne. Sur lui, les policiers découvrent quarante-cinq boulettes de la même poudre et plusieurs centaines d'euros dissimulés dans ses chaussettes. Jamais condamné, le jeune Mehdi se met à table avec un bel appétit.
Durant son audition, il livre les noms de ceux qui seraient ses fournisseurs. Et voilà comment Éric E., 26 ans, et Nasser T., 20 ans, se retrouvaient, hier, devant la présidente Reliquet, bien embarrassée. Mehdi L. a, en effet, été laissé libre. Bizarre. Il a été convoqué à une date ultérieure. Pour la magistrate, la situation est claire : il est hors de question de juger les deux prévenus en l'absence de leur accusateur. Ça tombe bien, ceux-ci réclament un délai. Le tribunal doit donc uniquement statuer sur une éventuelle détention.
Pour les deux prévenus, ce n'est pas gagné. Éric E. a déjà été condamné à sept reprises. En janvier, il a été intercepté en « flag » avec 111 grammes de cannabis. Il doit être jugé en mai. Nasser T. n'a pas non plus un profil parfait : si son casier judiciaire est vierge, il a en revanche été mis en examen dans une affaire de trafic d'héroïne pour laquelle il a purgé quatre mois de détention provisoire. À son domicile, les enquêteurs ont découvert 22 grammes de coke. Pour autant, cela ne fait pas des deux hommes les fournisseurs officiels de Mehdi L. Craignant des pressions et des concertations destinées à s'inventer des alibis, la procureure requiert des mandats de dépôt. Mes Florian Regley et Ch.-H. Lecointre protestent : « Ils sont présumés innocents. La prison doit être l'exception à l'exception. » Décision : mandat de dépôt pour les deux et jugement au fond pour les trois, le 23 mars.
FK. L.
Le 3 janvier à 21 h 27, Seddik Boubakeur, 20 ans et presque honorablement connu des services de police, se fait pincer bêtement avec un kilo de résine de cannabis dans un sac de supermarché
Le jeune Hémois se déplaçait à pied place Carnot à Roubaix mais il a commis l'erreur de presser le pas alors qu'il croisait des policiers. Ce changement d'attitude n'a pas échappé aux enquêteurs qui contrôlent le jeune homme et jettent un oeil dans son sac en plastique : plusieurs pains de résine de cannabis pour un poids total d'un kilo sont saisis.
Gain au Loto
Par ailleurs, sur le jeune homme qui entretient pourtant un rapport distant avec le travail, on découvre 499 euros. Un dealer ? Pas du tout.
D'abord, les 499 euros. « Le 2 janvier, j'ai joué au Loto et j'ai gagné 500 euros, vous pouvez vérifier », clame le jeune prévenu.
Effectivement, dans un tabac, vérifications faites, le joueur a bien gagné 500 euros et, pour faire plaisir à la Française des Jeux, a rejoué un euro (en vain).
Le lendemain 3 janvier, l'homme se balade dans le centre de Tourcoing. Il repère, près d'une entrée de métro, trois individus louches avec une capuche sur la tête qui rôdent près d'une 306 et placent dedans un sac en plastique. « Après leur départ, j'ai forcé la portière et j'ai pris le sac » , explique Seddick Boubakeur.
Soucieux du développement durable, il prend le bus pour rentrer à Roubaix et, ouvrant le sac, trouve le kilo de résine : « Je suis un gros fumeur de cannabis, c'était un second coup de chance », se réjouit le prévenu. La procureure Elsa Servant a des doutes : « Moi, ça ne m'arrive jamais de trouver des richesses comme ça dans la rue ». Boubakeur a sa réponse : « C'est qu'on n'habite pas dans les mêmes quartiers ».
Me Charles Lecointre ajoute : « À Roubaix-Tourcoing, tout est possible, on a vu pire ! Tout ça peut sembler farfelu mais c'est plausible ! » La présidente Hedwige Soileux s'inquiète : « Mais vous n'avez pas peur d'avoir des ennuis avec les vrais propriétaires du cannabis ! La presse va raconter tout ça demain et ils vont savoir d'où vient le coup, non ? » Le Hémois reste zen : « Bon, ben, on discutera ; cette voiture, c'était une nourrice ». La présidente s'étonne de ce terme désignant l'honorable Peugeot. « Ben oui, quand on est dealer, on ne se balade pas avec un kilo, on le planque quelque part, tout le monde sait ça dans les quartiers où j'habite ». Me Lecointre affirme que son client, malchanceux à la fin, a été pris dans « une sorte d'engrenage ». Jugement : huit mois de prison.
Nord eclair jeudi 06 janvier 2011 DIDIER SPECQ
Le dimanche 16 janvier, le responsable d'un hôtel situé près de la gare ...
constate que le tiroir-caisse de son établissement a été fracturé à la faveur de la nuit. Environ 200 E se sont fait la belle. Détail intéressant pour la police : une caméra de surveillance a filmé le cambrioleur.
Parallèlement, les techniciens du Laboratoire interrégional de police scientifique (LIPS) mettent la touche finale à deux relevés d'empreintes. Le premier, suite au cambriolage, en juillet, d'un magasin Huit à Huit, avenue de Dunkerque ; le second, lors d'un autre vol par effraction, en août, au restaurant Les Jardins de Sérano. À chaque fois, le cambrioleur s'est montré très imprudent. Cet homme, c'est Mehdi H., 23 ans et dix condamnations au compteur.
Interpellé, ce dernier ne cherche nullement à nier. Il reconnaît l'ensemble des faits et même plus. « Je vois que vous avez emmené les policiers vers d'autres faits de vol, observe à ce sujet la présidente Nourith Reliquet. Il y a d'ailleurs une autre procédure en cours.
» Le prévenu opine du chef : « Je suis coutumier des faits. Des vols comme ceux là, j'en ai fait d'autres. Il faut bien que je mange.
» Il explique ainsi s'être spécialisé dans le cambriolage d'hôtels et de restaurants, de préférence la nuit. La présidente s'étonne de ce mode de vie peu conventionnel. « Je suis seul et à la rue ; il n'y que l'alcool qui m'aide à survivre, j'agis d'ailleurs toujours quand j'ai bu. » Toutes les victimes n'ayant pas été averties, le dossier ne peut être jugé au fond. En attendant, la procureure Candice Gratecos requiert son placement en détention : « Il serait capable de recommencer. » Me Charles-Henry Lecointre n'a pas la même vision : « C'est un délinquant modèle. Il a tout avoué, même ce qu'on ne lui demandait pas ! » Décision : mandat de dépôt.
FK. L. (voix du nord du 03 février 2011)
Trois frères et un cousin, très énervés, se retrouvent devant le président Bernard Lemaire. Ils pratiquaient le trafic de stupéfiants en famille avenue de Dunkerque. Récit.
DIDIER SPECQ Publié le mercredi 12 janvier 2011, nord éclair
Curiosité de l'audience d'hier : une famille, menacée, se retrouvait en tant que partie civile défendue par Me Charles Lecointre. Le fils de la famille en question, héroïnomane, avait acheté beaucoup de stupéfiants aux frères Bouras et certains d'entre eux menaçaient les parents qui n'arrivaient pas à régler quelques milliers d'euros de "dettes" ! « Je ne savais pas que c'était illégal de chercher à récupérer cet argent », annonce sans rire un des prévenus.
L'histoire commence par une dénonciation : un appartement du premier étage d'un immeuble de la rue de Dunkerque sert de base pour revendre des drogues dures. Les cessions se font dans le hall. Nasradine Bouras, 28 ans, et Nasser Bouras, 23 ans, opèrent de concert dans cet appartement loué par un des deux.
Perquisition : Nasser Bouras tente de fuir et la police, qui a déjà interrogé de nombreux clients, retrouve 45 gr d'héroïne, 1 205 euros en liquide, des sachets.
Durant leur garde à vue, bêtement, les deux Bouras communiquent entre eux et l'un se vante d'avoir planqué dans la cave d'un voisin quelques centaines de grammes d'héroïne. Le tuyau arrive dans les oreilles policières. Perquisition dans la cave en question : 300 gr d'héroïne sont découverts ainsi que des feuilles de comptabilité et des balances de précision.
Dans la foulée, comme cette petite entreprise qui ne connaît pas la crise avait des extensions à Boulogne-sur-Mer et à Lille, d'autres perquisitions et interpellations sont opérées. Faouzi Bouras, 27 ans, est arrêté puis, le 19 janvier 2009, Souhayl Bouras, 24 ans. Tous ont déjà été condamnés, parfois lourdement. Grosso modo, les deux premiers reconnaissent du bout des lèvres. Les deux derniers nient.
Pris en Espagne avec 23 kg
de cannabis !
L'instruction a traîné un peu et Faouzi Bouras, le seul qui n'avait pas encore été condamné pour des trafics de stupéfiants, est remis en liberté sous contrôle judiciaire. Une semaine plus tard, il réussit l'exploit de se faire prendre en Espagne avec 23 kilos de cannabis ! « Je n'étais qu'un petit passeur », soupire-t-il.
Hier, la procureure Delphine Reygrobellet est obligée de rappeler à l'ordre les quatre prévenus très dissipés. La procureure réclame finalement contre les quatre des peines de quatre ans, assorties de plus ou moins gros sursis. Me Montpellier et Me Bulteau minimisent et insistent sur les efforts de réinsertion de leurs clients respectifs. Étant donné l'heure tardive, le président Lemaire a remis le prononcé de son jugement au 1 er février 2011.w
Un véritable petit conte moderne. Deux agresseurs qui semblent agir en toute impunité. Le père de la victime obligé de discuter avec les copains des prévenus. Ambiance, ambiance....
DIDIER SPECQ, nord eclair, Publié le samedi 22 janvier 2011
Pendant que la salle du premier étage du palais de justice était mobilisée par la rentrée solennelle des magistrats, toute la vie « normale » du tribunal était concentrée au rez-de-chaussée. Dans un mouchoir de poche étaient rassemblés ceux qui attendaient leurs proches au sortir du poste de police, des jeunes gens inquiets du sort réservé à des amis dans une affaire de stupéfiants examinée par un juge de la liberté et de la détention et les copains, par exemple, des deux agresseurs. À dire vrai, une ambiance un peu glauque avec des policiers très sollicités.
Le 19 janvier, vers 19 h, Quentin, un jeune homme âgé de 18 ans, est accosté, rue Verte à Wazemmes, par des agresseurs qui l'avaient déjà délesté, le 11 janvier dernier, d'un baladeur, d'un téléphone portable et de 30 euros. « Sans doute ont-ils estimé qu'ils avaient en face d'eux un pigeon qu'ils pourraient à nouveau voler », résume le procureur Didier Blanguernon.
« Donne tout ce que tu as, sinon, je te casse les dents », avait dit l'un. « Alors, ça va depuis la dernière fois ? », lance l'autre. Quentin parvient à s'échapper, se réfugie dans un commerce, alerte la police. Les policiers réussissent à coffrer Icham K., un grand gaillard de 19 ans jamais condamné, et Anas Ehsan, 18 ans et déjà souvent condamné. Les deux sont sans titre de séjour valable en France, disent travailler au noir sur les marchés et nient formellement être les agresseurs. « J'ai pas de papiers mais ma copine est enceinte », résume astucieusement le plus petit.
Cité à 56 reprises
À tout juste 18 ans, Anas Ehsan a déjà été condamné à 16 reprises pour vols et vols aggravés et le procureur Blanguernon note que le nom de ce prévenu a été cité à 56 reprises dans des procédures !
Hier, il nie formellement. Pour le 19 comme pour le 11. « Le 11, c'est pas possible, j'étais en garde à vue à Roubaix ! », déclare benoîtement le prévenu. Vérifications faites, c 'est d'ailleurs faux. « Un étudiant a le droit de vivre à Wazemmes et de rentrer chez lui sans se faire détrousser », souligne le procureur.
Le grand Icham K. n'a jamais été condamné mais il porte sur lui une gourmette volée, avait déjà été décrit précisément le 11 et a été reconnu formellement.
Malgré la défense assurée par Me Charles Lecointre et Me Bénédicte Degrave, le « jamais condamné » écope de 8 mois avec sursis et le « souvent condamné » d'un an de prison. À la sortie, après de patientes discussions, le père fait promettre aux copains des deux prévenus de ne pas s'en prendre à son fils. On croit rêver...w
VOIX DU nord le 16 décembre 2010 PAR PIERRE-LAURENT FLAMEN
GROGNE |
Des palais de justice vides ou presque. Hier, les avocats de la région ont cessé toute activité juridique et judiciaire. Une manière de protester contre le projet de réforme de la garde à vue. La traduction aussi d'un malaise plus profond. À Douai, plaidoyer pour une justice dotée de davantage de moyens.
Ils sont une bonne vingtaine à avoir bravé le froid matinal. Robe noire, bavette blanche, ils brandissent bien haut les couleurs des avocats douaisiens. Hier, comme la plupart de leurs confrères de la région et de France, ils ne sont pas allés plaider (sauf pour les détenus) et n'ont pris aucun rendez-vous. Les effets de manches seront pour plus tard. Là, on les retrousse contre le projet de réforme de la garde à vue. Me Patrick Griffon, bâtonnier de Douai, plaide pour les siens et pour les justiciables que nous sommes : « Le barreau se mobilise contre un projet de réforme qui est un retour en arrière puisqu'il prévoit la possibilité d'une audition libre sans la présence d'un avocat et sans limitation de durée. Une sorte de garde à vue "light". »
Redressements judiciaires
Hier après-midi, la garde à vue " light" s'est fait sucrer. L'Assemblée nationale a donné raison aux avocats sur ce point (lire ci-contre). Les motifs de grogne ne manquent pas pour autant. « Ce qui nous rend furieux, reprend Me Griffon, c'est la possibilité pour l'officier de police judiciaire ou le procureur de différer de 12 heures notre intervention sans qu'on en connaisse la motivation. » Garde à vue mise à part, le sentiment de colère des avocats est encore exacerbé par les difficultés financières rencontrées par nombre d'entre eux. Presque une spécificité régionale au regard du nombre important de candidats aux différents barreaux du Nord - Pas-de-Calais. Si l'avocat en Jaguar existe, les abonnés à la petite cylindrée sont beaucoup plus nombreux. « J'ai des confrères qui ont du mal à joindre les deux bouts, concède le bâtonnier douaisien, je suis même saisi de redressements judiciaires pour certains d'entre eux. » En cause, les rémunérations accordées lorsque les avocats défendent des justiciables financièrement incapables de s'offrir leurs services. Ça s'appelle l'aide juridictionnelle et à Douai, elle représente « au moins 80 % » des cas. Dans cette situation, la défense d'un prévenu en correctionnelle permet à l'avocat de gagner 204 € HT. « Quelle que soit la complexité du dossier, explique Me Lilia Lambert, et là-dessus, on paie un secrétariat, des cotisations... Dès l'entame du dossier, cette rémunération est mangée. » Me Henry-Pierre Rulence se souvient de ses débuts, il y a trois ans. « Les premiers mois, il me restait environ 1 000 € pour vivre. » Avec un bac + 7 en poche, la pilule peut être difficile à avaler.
Avec trente-cinq ans de barreau à son actif, Me Marie-Hélène Carlier se fait un point d'honneur de prendre encore les dossiers d'aide juridictionnelle : « Je viens d'être payée 204 € pour avoir obtenu une relaxe. J'ai gagné 204 € pour cinq heures de travail. Je compte 30 € de bénéfice, un peu moins qu'une technicienne de surface. Heureusement, mon client m'a apporté un gâteau au chocolat. Il était très bon et je n'étais pas imposée dessus. »
La Voix du Nord
Samedi, à l'ex-poste frontière de Reckem, des douaniers repèrent une 207 immatriculée dans le 94. ...
Son pilote, un jeune homme de Nogent-sur-Marne, tente de jouer franc jeu. Il tend aux fonctionnaires un paquet de cigarettes qui contient deux joints. Évidemment, cela aiguise la curiosité des intéressés. Dans le coffre, ils découvrent un carton fermé. Et dans le carton aussitôt ouvert, ils mettent la main sur deux sachets contenant au total 1,4 kg d'herbe de cannabis...
« J'avais vidé mes comptes et retiré 5 000 E », indique hier Vincent O., 20 ans, qui, jamais condamné, ajoute avoir vécu les deux jours les plus terribles de sa courte existence. « Je n'oublierai jamais la garde à vue, c'était vraiment dur... Plus jamais je ne recommencerai, plus jamais... » À la base, le jeune homme explique avoir investi dans la drogue pour sa propre consommation et aussi pour en retirer un bénéfice. « J'espérais faire 2 000 E. » Me Lecointre : « Tout à l'heure, devant le procureur, il était en pleurs, vous pouvez être certains que vous ne le reverrez jamais. » Les juges ont suivi les réquisitions du ministère public : trois mois ferme, mais sans mandat de dépôt.
FK. L.
Phénomène de société : des jeunes filles qui, venant de ce côté de la frontière, se prostituent en Belgique où les lois sont moins strictes. Avec, bien sûr, des proxénètes qui les incitent.
DIDIER SPECQ > didier.specq@nordeclair.fr
« Je ne savais pas que c'était interdit », explique benoîtement Nadia B. La jeune femme a commencé à se prostituer très tôt et, rapidement, elle a joué les « mères maquerelles » pour son mari, B. C'est du moins la thèse de l'accusation menée par le procureur Laurent Couderc. Aujourd'hui, elle se positionne en victime : « J'avais peur de lui et peur aussi de le perdre » , résume-t-elle. Et d'ajouter : « J'étais très jeune et très fragile. » C'est tout un roman que cette famille tourquennoise. Azzedine B., le père, était le patriarche et probablement le protagoniste principal. Mais le mandat d'arrêt lancé contre lui est resté vain : B. décède avant d'être interpellé !
Restent ses deux grands fils : Anis B. et Mohamed Chérif B., deux Tourquennois âgés respectivement de 25 et 26 ans, qui attiraient les filles. Béatrice, Marie-Bernadette, Séverine, Naïma, Cynthia, Cathy, Lætitia, Aurélie, etc. Elles sont nombreuses à être passées par les deux « bars montants » - le premier à Waregem (B), le second à Mouscron (B) - gérés officiellement par Nadia B.
Les hôtesses étaient recrutées par petites annonces et, hier encore à l'audience, il faut que le procureur insiste beaucoup pour que la jeune femme accepte de livrer le tarif des diverses prestations sexuelles proposées. « L'essentiel, c'était quand même la vente de boissons », répète Nadia B. avant de donner les tarifs et d'ajouter candidement : « On gardait systématiquement la moitié des sommes. »
Plusieurs années d'instruction
Les filles peu farouches étaient draguées en boîte de nuit voire abordées dans la rue par les frères B. Ceux-ci, beaux parleurs, les emmenaient ensuite dans les bars belges en BMW décapotables. Selon le réquisitoire écrit « certaines d'entre elles disaient avoir fait l'objet de menaces et de séquestration pour les contraindre à se prostituer ». Un point très contesté par les prévenus. Divers témoignages, dont un recueilli sous X., sont assez accablants. Aux frères B. et à Nadia B. s'ajoutent Aurélie A., 26 ans, une prostituée qui servait aussi de souteneur, et Mehdi D., 29 ans, un lieutenant des B.
Ceci dit, l'enquête et l'instruction, commencée voici plusieurs années, ont été si longues que les cinq prévenus ont tous retrouvé la liberté. Le procureur demande toutefois trois années de prison dont une avec sursis contre Nadia B., la prévenue principale en l'absence d'Azzedine B. Me Jérôme Pianezza, Me Laura Campisano, Me Guillaume Demarcq et Me Charles Lecointre, en défense, relativisent grandement. Jugement à la mi-juin.w
La scène se déroule dans un modeste logement de Lille-Sud. Une banale dispute entre amoureux qui finit en comparution immédiate. Dans son antédiluvienne 106, Natacha X.
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rentre, vers 23 h 30, avec son petit ami, Samir H., 22 ans. La voiture se dirige vers l'appartement de Samir mais, dans la Peugeot, une dispute éclate. « Il m'a d'abord reproché la vétusté de mon auto » raconte Natacha.
Le ton monte. Natacha décide de ne pas suivre Samir dans son appartement et rentre chez elle, seule. Mais, deux minutes plus tard, elle se ravise et envoie un SMS : « Si tu me laisses partir ainsi, c'est que tu ne m'aimes pas ». Puis, elle revient chez Samir, sonne, entre chez lui. Samir veut la faire sortir, elle refuse. Il la pousse avec un parapluie. Elle prend dans son sac un couteau à sushis. Samir sort un pistolet à billes et tire.
Ecchymoses importantes sur le corps et le visage de Natacha. « Vous vouliez la tirer comme un lapin » constate le président Hoc Pheng Chhay. Pour finir, Samir s'empare d'un sabre japonais et menace de se faire hara-kiri. La jeune fille se sauve et dépose plainte.
Hier, le procureur Olivier Dabin s'insurge en son nom : « On imagine sa terreur ! C'est intolérable ». Trois mois de prison ferme requis. Me Charles-Henry Lecointre relativise : « Mon client est en master de mathématiques, il n'a jamais été condamné, il a dérapé ». Jugement : 9 mois de sursis et confiscation de l'arsenal.w
D.S.
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Des distributeurs de billets mitonnés à la sauce bulgare
vendredi 11.09.2009, 04:45 - La Voix du Nord
On peut parler - selon la position qu'on occupe - de coup de chance ou de sévère déveine. Ainsi, l'année dernière, ce contrôle de douanes au poste de Rekkem à la frontière franco-belge... Les fonctionnaires des finances avisent une limousine immatriculée en Bulgarie. Bingo, le chargement est effectivement stupéfiant.
Ils ont la dégaine d'étudiants, même si les deux hommes sont déjà bien ancrés dans la trentaine. Mais alors des étudiants en informatique, et de haut vol. Les deux Bulgares ont été interpellés l'an dernier dès leur entrée sur le territoire français. Les douaniers s'étaient posé des questions sur leur imposant bolide BMW. La fouille sera minutieuse, jusqu'à la découverte de cette étrange cargaison. Cette fois, pas de routinière charge de stupéfiants.
Caché sous des garnitures situées derrière la malle arrière, dort un surprenant équipement informatique. Un clavier, un appareil à fente destiné à recevoir et à lire les pistes de cartes et, enfin, un ordinateur apte à décrypter lesdites données.
« Relevé de compteur »
Le placement en garde à vue est immédiat. Douaniers et policiers sont persuadés d'avoir déniché un kit complet destiné à pirater les distributeurs automatiques de billets. La recette ? Plaquer le clavier et l'appareil à fente sur les équipements originaux. Dupliquer et décrypter les données des cartes ainsi piégées. Pomper l'argent des comptes ainsi « intrusés ». D'ailleurs, l'un des deux jeunes Bulgares est connu pour ce type de machination. Il a déjà été interpellé à Paris en train de « relever le compteur » d'un DAB carotté. Au moment de son arrestation à Rekkem, il était porteur d'une Yes Card - carte de paiement frauduleuse - gavée des coordonnées bancaires d'un citoyen britannique pas vraiment consentant. Hier, les avocats de la défense, dont Charles Lecointre, ont dû se résoudre à voir le dossier renvoyé. Lors de la prochaine audience, leurs clients devront évoquer leur périple de la Bulgarie à la France, via l'Allemagne, et expliquer si, sur ce trajet, leur équipement a orné des DAB dans les pays traversés. * L. B.
Maître Lecointre a prêté serment en décembre 2007.
Il est inscrit au barreau de LILLE, lieu où il exerce toujours.
Originaire de l'Oise, il a effectué ses études de droit au sein de la Faculté de Droit d'Amiens, où il obtenu un DEA de droit Privé.
Il intégra le Centre de Formation Professionel des Avocat du Nord Ouest, situé à LILLE en janvier 2006.
Passionné par la défense du justiciable, il s'est très rapidement tourné vers le droit pénal.
Après avoir obtenu un Diplôme Universitaire de droit pénal, son activité s'articule aujourd'hui principalement autour du droit pénal, du droit des personnes.....
Charles LECOINTRE
18 avenue du peuple Belge
Tél 03.20.63.16.41
Fax 03.20.63.16.42
@ lecointre.charles@yahoo.fr


