droit pénal (28)

mars
21

Le calvaire d'une adolescente


Publié le mercredi 25 janvier 2012 à 06h00 (nord éclair)



Les faits se déroulent récemment à Hellemmes mais, déjà auparavant, on avait reproché à Philippe X., 53 ans et cadre chez Transpole, son alcoolisme violent.



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Le prévenu (dont nous ne pouvons donner l'identité complète car ce serait rompre l'anonymat de sa fille) reconnaît hier devant la présidente Nourith Reliquet qu'il « a de gros problèmes d'alcool ». D'ailleurs, il a entamé des soins psychiatriques. Mais, à la maison, une dispute plus grave que les autres éclate car l'adolescente fréquente un jeune homme âgé de 24 ans.




La jeune fille est tabassée, elle se réfugie dans la salle de bains, la porte est défoncée, elle tente d'échapper à son père, celui-ci se saisit d'un tournevis. Le prévenu ne se souvient pas. « Est-ce qu'on peut vouloir frapper son enfant avec un tournevis et ne pas s'en souvenir ? » interroge la présidente Reliquet. « Non, votre honneur ! » rétorque le père. « Il a fallu qu'on vous mette en prison pour que vous compreniez ? » insiste la présidente. « Ben oui, ça a été un électrochoc » admet Philippe X. qui est resté quatre semaines en détention provisoire. Et d'ajouter : « Même quand je n'ai pas bu, j'ai toujours un mauvais caractère ».

Comment envisage-t-il l'avenir ? « Je voudrais reconquérir ma fille ». La présidente trouve que c'est une curieuse façon de se représenter la situation.

Si l'on écoute la mère, ses propos apparaissent également bizarres. « J'ai décidé de ne pas prendre partie » a dit la maman.



Évidemment, les magistrats trouvent que c'est plutôt étrange d'exprimer ainsi le problème alors que la victime est une adolescente frappée. La mère complète : « Ma fille me reproche de rester avec un mari alcoolique ».

Elle s'est réfugiée

chez sa grand-mère



Bien sûr, du côté de Me Lecointre qui intervient pour la victime (lire le point de vue ci-contre), on apprécie médiocrement que la jeune fille soit encore une fois victime de la situation. La présidente Reliquet a d'ailleurs souligné que la jeune fille frappée, quand elle a fui une première fois le foyer où elle avait été placée, s'était d'abord réfugiée chez sa grand-mère afin de ne pas voir ses parents mis en porte à faux.

La procureure Françoise Guillemin, outre l'interdiction de fréquenter l'enfant pour le père, requiert douze mois de prison dont onze mois de sursis avec mise à l'épreuve. Après la plaidoirie de Me Audrey Funk, la présidente Nourith Reliquet va annoncer des sanctions plus lourdes que celles demandées par la procureure. Douze mois de prison dont six de sursis avec mise à l'épreuve mais sans mandat de dépôt. Interdiction de revenir au domicile familial pendant trois ans.



janv.
3

Extorsion sur plus pauvre

Le jeune homme à la santé mentale chancelante n'avait que 12 euros sur son compte bancaire. Le 20 décembre, le prévenu, aidé d'une complice lui prend 10 euros.


L'action se déroule non loin de la rue Solférino, à Lille, dans la soirée du 20 décembre. Éric Hoffman, 39 ans et souvent condamné, a mis à l'amende, en quelque sorte, un jeune homme isolé et peu performant mentalement. Motif : ce dernier, en portant plainte après une agression, l'a fait condamner ! La « créance » restant à payer semble s'élever, selon les enquêteurs, encore à 145 E.



Mardi, c'est l'agression : le prévenu veut faire retirer 20 E, à la billetterie de la Caisse d'Épargne, du compte de la victime. Il ne reste que 12 E. Qu'à cela ne tienne, l'agresseur se contente de 10 E !

Don volontaire

Une jeune femme baraquée, Océane A., âgée de 18 ans et jamais condamnée, semble avoir prêté main forte, dans des circonstances obscures, à l'agresseur principal. Me Anne-Claire Caron, qui la défend, va demander et obtenir sa remise en liberté sous contrôle judiciaire.

Reste Éric Hoffman qui demande le report et qui n'inspire visiblement pas confiance aux magistrats. Outre son casier judiciaire conséquent, la procureure Flavie Briche fait remarquer que le prévenu revendique cinq, quatre ou deux enfants dont il est incapable de donner les dates de naissance, que ses adresses sont bidonnées et qu'« il ne peut donner finalement que le numéro de portable de son cousin qui, lui, explique que le prévenu n'a pas d'enfant » . Le prévenu soupire : « Chez les nomades, c'est comme ça. » Il indique ensuite un « camping », comme il dit, de Lille. Bien sûr, le prévenu principal nie les faits et assure que les 10 E étaient un don volontaire de la victime qui a pourtant été frappée.

Les contes d'Hoffman n'ont pas convaincu la procureure qui demande la détention provisoire. Me Charles Lecointre, en défense, plaide la remise en liberté sous contrôle judiciaire avec interdiction de rencontrer la victime ou de fréquenter les abords de son foyer. Le prévenu, très énervé qu'on puisse lui faire porter seul le chapeau, donne pourtant l'impression de mentir comme un arracheur de dents. L'inévitable survient : le président Christophe Le Gallo annonce l'incarcération.


Paru dans Nord eclair, le 22 décembre 2011


DIDIER SPECQ

janv.
3

Le cambrioleur s'en sort très mal

Kamel Leborgne, un Roubaisien âgé de 34 ans, comparaît après un cambriolage commis le 12 décembre. Le prévenu a été sérieusement blessé. Récit.


Le prévenu tient péniblement debout. Le président Thierry Fourdrignier s'inquiète : « Vous ne semblez pas dans une forme éblouissante, ça va quand même ? » Kamel Leborgne acquiesce. Tout commence le 12 décembre vers 21 h 30. Un riverain de la rue d'Artois à Lille écoute de la musique dans sa chambre. Mais le mélomane est perturbé par des coups sourds qui semblent provenir de la maison voisine. Le jeune homme finit par jeter un coup d'oeil dans la rue, des voisins scrutent également une maison et, de fil en aiguille, le riverain s'aperçoit que la porte de sa voisine est défoncée. Dérangé par le jeune homme qui sonne à la porte et tente de pénétrer par la porte fracturée, Kamel Leborgne fuit en sautant par la fenêtre du premier. Non sans avoir mis des bijoux de famille volés dans ses poches de pantalon.




Le voisin a peut-être trop forcé

Le voisin court à ses trousses ; le fuyard réussit à se libérer de l'étreinte de son poursuivant à une ou deux reprises ; l'homme use d'une bombe lacrymogène pour faire céder le jeune homme attaché à ses basques. Sur une placette près de la porte d'Arras, Leborgne est immobilisé avec l'aide d'un passant. Il est alors sévèrement frappé.

Hier, dans le box, il présente entre autres une sévère blessure à l'oeil droit qui disparaît sous des boursouflures noires. La procureure Laurie Leblond annoncera qu'une enquête est en cours à propos de l'interpellateur qui a peut-être exagéré.

Quant au prévenu, qui affiche un lourd casier judiciaire, il s'explique sobrement : « Je n'avais pas d'argent, j'ai vu qu'il n'y avait pas de lumière, j'ai cassé la porte à coups de pied ». La propriétaire est présente à l'audience : « Il a tout fouillé chez moi, j'ai retrouvé maintenant les bijoux volés. Heureusement que j'ai de bons voisins mais, maintenant, je n'ai plus de porte ». Le prévenu s'excuse maladroitement : « Je ne savais pas que c'était chez madame ». Le président Fourdrignier : « En tout cas, vous saviez que ce n'était pas chez vous ». Soupirs du prévenu en retour : « Je comptais revendre les bijoux, maintenant, on achète de l'or partout ».

Quant à la fuite en sautant par la fenêtre, le prévenu la raconte ainsi : « La porte d'en bas était mal fracturée ; pour ressortir, c'était difficile ». Objection du président : « Vous avez peut-être eu peur aussi du voisin vous attendant de pied ferme ».

La procureure, étant donné le casier chargé, requiert la peine plancher : trois ans de prison. Après la plaidoirie de Me Charles Lecointre, le prévenu s'en sort avec trois ans de prison dont un avec sursis et mise à l'épreuve.


Paru dans Nord eclair, le 15 décembre 2011



janv.
3

Fric-frac au cabinet médical

« On sortait de la station de métro Sébastopol et, quand on est passé devant, on a vu que le cabinet médical était ouvert ». C'est ainsi que les cambrioleurs minimisent.


Pourtant, selon Me Marie Delommez qui se porte partie civile pour le cabinet médical de la rue de Roubaix à Tourcoing, ce cambriolage est plutôt catastrophique. Qu'on en juge : apparemment vers 22 h 30, ce lundi 28 novembre, des ordinateurs portables, deux clés USB, des trousseaux de clés disparaissent après que la porte ait été fracturée. « Les dossiers ont été mélangés, des documents d'échographie, des analyses sont introuvables actuellement » résume Me Marie Delommez. Et d'ajouter ironiquement : « À entendre les cambrioleurs, on a l'impression que, s'ils ont emmené deux clés USB qu'on a retrouvées sur eux, c'est pour les protéger des voleurs ».

Empreinte d'une semelle



Car, effectivement, c'est un peu la thèse des deux cambrioleurs présumés qui ont été rapidement interpellés par la police alertée. « C'était ouvert ! C'était déjà visité ! C'est la curiosité qui nous a poussés ! On n'a pris que dix euros, une pièce de monnaie mexicaine qui traînait et deux clés USB qu'on allait rendre ! » répète en boucle Amine Laouadi, un Roubaisien âgé de 22 ans. Son complice approuve.

La procureure Mathilde Defretin fait remarquer que, sur la porte défoncée, apparaît l'empreinte très nette d'une semelle de chaussure qui semble appartenir à l'un des deux prévenus. « Coïncidence étrange » note Me Delommez. « Ces traces appartiennent à une semelle de chaussure vendue à des milliers d'exemplaires dans la métropole et pas seulement à mon client » objecte Me Charles Lecointre.

« Dans cette zone de Tourcoing juste à côté, il existe des immeubles en travaux et rien n'empêche qu'auparavant dans la journée, d'autres personnes mal intentionnées soient intervenues dans ce secteur » insiste, pour le second prévenu, Me Clotilde Delehelle. Et d'ajouter : « Et les ordinateurs disparus ? Où sont-ils ? On n'a rien retrouvé dans les chambres de nos clients ». Quatre mois de sursis et un travail d'intérêt général de 140 h tombent sur Sofiane B., 18 ans et jamais condamné. Quatre mois de prison sanctionnent Amine Laouadi, déjà condamné.


Publié le jeudi 01 décembre 2011 Nord éclair, DIDIER SPECQ

sept.
20

un déchaînement de violences racistes ?


vendredi 19.08.2011, 05:16 - La Voix du Nord


L'action se déroule samedi soir à Villeneuve-d'Ascq sous les yeux épouvantés ...

de quelques riverains. Rue Ampère, un jeune homme se fait littéralement « démolir » par une bande composée, selon eux, d'une quinzaine d'individus. Certains sont armés de bâtons et de barres de fer. On évoque même la présence d'un revolver. La police est avertie. Vers 0 h 45, quatre jeunes gens sont interceptés rue Yves-Decugis alors qu'ils rentrent chez eux.


L'un d'eux, M B., 21 ans, est formellement identifié par les témoins. Mais il nie. C'est aussi la position des trois autres, dont R K, 22 ans et (déjà) dix-neuf mentions sur son casier judiciaire. Ce dernier comparaît détenu. Ses trois comparses, tous étudiants, n'ont jamais été condamnés.


L'oeil cerné par un cocard déclinant un camaïeu du bleu au noir, la victime, qui a aussi des dents cassées, assure reconnaître Molami B. « Lui, je l'ai vu mais pas les trois autres car j'étais recroquevillé sur le sol et je fermais les yeux », raconte Brahim X. Les quatre prévenus assurent donc qu'il y aurait erreur sur les personnes. « On avait passé la soirée dans un snack du Triolo avant d'aller prier à la mosquée. »


« Un lynchage »


L'origine du passage à tabac de B X. demeure une énigme. Des représailles entre bandes ? Me David Pawletta, l'avocat de la victime, est lui certain d'une chose : « Mon client a été poursuivi et tabassé uniquement parce qu'il est un jeune Arabe. Il s'agit d'un lynchage au motif raciste opéré par des jeunes tous d'origine africaine. » La procureure partage le sentiment de la partie civile. Virginie Girard réclame, par conséquent, des peines de prison comprenant une partie ferme. Compte tenu de ses états de service, K risque carrément trois ans ferme.


Du côté de la défense, Mes Delphine Sion et Charles-Henry Lecointre s'organisent sur les doutes qui entourent l'identification des accusés. « Il n'existe aucun élément matériel incontournable sinon leur couleur commune de peau. » Au final, R K est condamné à deux ans plus une révocation d'un sursis antérieur d'un an. K N., M M. et M B. écopent eux de dix-huit mois dont douze avec sursis mais sans mandat de dépôt. *


FRÉDÉRICK LECLUYSE

sept.
20

Coups de couteau à Wazemmes

Publié le jeudi 25 août 2011 à 06h00


Le 20 août, à 5 h du matin, rue Jules Guesde dans le quartier de Wazemmes, un homme donne deux coups de couteau à deux amis de beuverie. Récit d'une sombre histoire.

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Difficile de débrouiller cette histoire obscure qui apparaît, hier après-midi, devant la présidente Nourith Reliquet en comparution immédiate. Il semble bien qu'elle démarre vers la gare de Lille-Flandres au cours d'une beuverie entre trois amis de rencontre : les deux futures victimes et le prévenu. Ce dernier a envoyé deux coups de couteau contre les deux autres qui n'ont pas de blessures notables. Au début de l'examen de l'affaire, on est au bord de la légitime défense. Mais le client de Me Charles Lecointre met tout le monde à l'aise : « Je reconnais que j'ai mal réagi » dit-il. Il existe donc bien un présumé coupable et deux victimes.



Une jeune femme en danger

Gare Lille-Flandres, les trois jeunes gens très imbibés décident de cingler vers Wazemmes : le prévenu aurait averti les deux autres qu'il leur proposerait une prostituée sympathique. « Non, ça, c'est pas vrai » conteste le prévenu. Toujours est-il que les trois arrivent rue Jules Guesde. Le prévenu disparaît dans une maison et les deux autres attendent sur le trottoir. Au bout de quelques minutes, les deux laissés en plan tambourinent à la porte. Le prévenu leur demande de dégager. Les deux frappent de concert et, au moment où ils forcent la porte, le prévenu ressort encagoulé et brandissant un couteau ! On connaît la suite.


Comme une jeune femme enceinte est mise en danger par cette embrouille à couteaux tirés, la police se saisit de l'affaire. Un ex-proxénète (ex-ami d'une jeune femme du secteur) est interrogé. Une enquête de proximité est lancée. Des proches des protagonistes sont auditionnés. Finalement, seul G M, 26 ans, se retrouve hier dans le box des prévenus. En face du manieur de couteau, sur le banc des parties civiles, les deux jeunes gens victimes.


La montagne accouche un peu d'une souris, d'autant plus que le prévenu et son avocat demandent le report du procès. M affiche tout de même dix-neuf condamnations à son casier judiciaire. Ibrahim X. et Messaoud Y., les deux victimes, sont passés à travers une belle porte. « Mais peu de condamnations du prévenu pour des violences » note la présidente Nourith Reliquet. « Franchement, je travaille en maçonnerie, je ne fais plus de bêtises » assure le prévenu. Et d'ajouter en soupirant : « Je suis alcoolique, en même temps, je suis SDF ! Mais je fais tout pour m'en sortir ».


Le procureur Frédéric Fourtoy demande l'incarcération provisoire car il dit « craindre le renouvellement des faits ». M e Charles Lecointre plaide la remise en liberté sous contrôle judiciaire. En vain.w


DIDIER SPECQ > didier.specq@nordeclair.fr


sept.
20

Association de malfaiteurs

Publié le jeudi 08 septembre 2011 à 06h00


Hier, devant la présidente Nourith Reliquet, c'était l'épilogue d'une association de malfaiteurs assez gratinée : pas moins de soixante-douze faits distincts étaient reprochés à quatre Hémois.

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Visiblement, la petite bande, qui a sévi essentiellement en 2009, se passionnait pour les roues, les jantes, les enjoliveurs automobiles. Une bonne partie des larcins, presque uniquement des pièces automobiles mais parfois aussi le contenu de véhicules pillés, était revendue sur Internet. Hem, Lys, Leers, Villeneuve d'Ascq, Mouvaux servaient de terrain de chasse aux voleurs.


Dans l'ordinateur de S B, 21 ans, les enquêteurs informaticiens ont retrouvé de nombreux liens vers des sites de revente, 303 photos de jantes et de roues, 12 photos de papillons d'assurance, des centaines de photos de véhicules, 772 pages où l'on parle de jantes et de projets de vols, des traces d'achats groupés de stupéfiants...



Autre personnalité bien connue : J D, 21 ans. Les deux jeunes gens ont été condamnés, hier, pour "association de malfaiteurs", "vols" et "recels", chacun à deux années de prison dont une avec sursis et mise à l'épreuve. À noter que la fine fleur du barreau - Mes Laura Campisano, Quentin Lebas et Charles Lecointre - ont obtenu de nombreuses relaxes pour certains vols et recels de cette affaire très volumineuse. Deux autres complices ont été condamnés à des peines entièrement assorties de sursis et n'ont pas été inquiétés pour l'association de malfaiteurs.w

D.S.

mars
14

Dealers en prison

Comme on le sait, la vie des dealers n'est pas un long fleuve tranquille, même à Lille-Sud. Non seulement, les policiers gênent le trafic mais il arrive même que des « balances » de précision s'en mêlent. Mandat de dépôt pour les prévenus.



Tout commence le 16 février par l'interpellation de trois présumés dealers. Éric N'Koy Empoke Tokanake, 26 ans, a déjà été condamné à sept reprises et la présidente Nourith Reliquet note qu'il use d'identités variables. « Peut-être simplement des erreurs parce qu'on met une lettre en plus ou en moins », note la magistrate.

Le prévenu est par ailleurs mis en cause dans le cadre d'un autre trafic de stupéfiants où il a été laissé en liberté sous contrôle judiciaire. Bref, il a repris le trafic sans sourciller depuis quelques mois.

Nasser Tiachadine, son copain âgé de 20 ans, est dans le même cas : contrôle judiciaire dans le cadre d'un autre trafic. Le contrôle judiciaire lui interdisait de remettre les pieds à Lille-Sud, mais il est revenu. « Je voulais voir mes parents », dit-il.



Les deux, défendus par Mes Charles Lecointre et Florian Régley, préfèrent être jugés plus tard et leurs avocats plaident leur remise en liberté. À dire vrai, ce qui agace beaucoup les deux prévenus, c'est le troisième interpellé : Mehdi L., jamais condamné, a été arrêté avec 45 boulettes de cocaïne et 770 E en petites coupures dans les chaussettes. Or ce troisième dealer, soupçonné d'être une balance, est certes poursuivi mais a déjà été remis en liberté. Mandat de dépôt pour les deux autres.w

D.S.


Publié le mardi 22 février 2011 nord eclair


mars
14

Six visiteurs indésirables


Publié dans la voix du nord le jeudi 24 février 2011



La vie des habitants de certains faubourgs, à Lille, n'est pas un long fleuve tranquille. Le 22 février, vers 0 h 20, tout commence par l'incendie d'un Nissan Pixo square Paul Cézanne.



Six jeunes gens désoeuvrés ont trouvé très drôle de flamber ce véhicule. Des forces de police arrivent et les incendiaires présumés prennent la poudre d'escampette. Les policiers sont à leurs trousses. Les six arrivent alors en courant rue Léon Blum et montent au quatrième étage où vit une femme seule. Ils sonnent, poussent la porte et se réfugient de force chez Fatima X.

Cette dernière est maintenue par les bras et par le cou car elle résiste ! Un majeur, le plus corpulent, est arrêté illico car il n'a pas eu le temps d'entrer. Le mineur saute au-dessus du balcon du quatrième ! Il se retrouve à l'hôpital avec plusieurs vertèbres cassées.



Brahim E., Sofiane A., Kevin N., Mohamed B. et Steven C. se retrouvent hier dans le box, défendus par Mes Pianezza, Cardon, Campisano, Lecointre... Tous demandent le report du procès sur le fond. On n'en saura guère plus sur les motivations des très jeunes interpellés. Tous apparaissent sans occupation précise. « Je sors dans la rue et je joue à la console », résume Kevin N.

Deux des prévenus refusent de répondre aux enquêteurs de personnalité. Me Jean-Pierre Glinkowski, qui assiste Fatima X., mentionne que la victime est trop traumatisée pour être présente à l'audience. Un prévenu déjà condamné est incarcéré, les autres remis en liberté.w

D.S.


mars
14

jamais deux sans trois !

22.02.2011 La Voix du Nord


Voilà un dossier curieux. Mercredi dernier, Mehdi L., 18 ans, est interpellé ... rue Clémenceau alors qu'il vient de céder une dose de cocaïne. Sur lui, les policiers découvrent quarante-cinq boulettes de la même poudre et plusieurs centaines d'euros dissimulés dans ses chaussettes. Jamais condamné, le jeune Mehdi se met à table avec un bel appétit.


Durant son audition, il livre les noms de ceux qui seraient ses fournisseurs. Et voilà comment Éric E., 26 ans, et Nasser T., 20 ans, se retrouvaient, hier, devant la présidente Reliquet, bien embarrassée. Mehdi L. a, en effet, été laissé libre. Bizarre. Il a été convoqué à une date ultérieure. Pour la magistrate, la situation est claire : il est hors de question de juger les deux prévenus en l'absence de leur accusateur. Ça tombe bien, ceux-ci réclament un délai. Le tribunal doit donc uniquement statuer sur une éventuelle détention.


Pour les deux prévenus, ce n'est pas gagné. Éric E. a déjà été condamné à sept reprises. En janvier, il a été intercepté en « flag » avec 111 grammes de cannabis. Il doit être jugé en mai. Nasser T. n'a pas non plus un profil parfait : si son casier judiciaire est vierge, il a en revanche été mis en examen dans une affaire de trafic d'héroïne pour laquelle il a purgé quatre mois de détention provisoire. À son domicile, les enquêteurs ont découvert 22 grammes de coke. Pour autant, cela ne fait pas des deux hommes les fournisseurs officiels de Mehdi L. Craignant des pressions et des concertations destinées à s'inventer des alibis, la procureure requiert des mandats de dépôt. Mes Florian Regley et Ch.-H. Lecointre protestent : « Ils sont présumés innocents. La prison doit être l'exception à l'exception. » Décision : mandat de dépôt pour les deux et jugement au fond pour les trois, le 23 mars.

FK. L.

févr.
17

Un joueur malchanceux

Le 3 janvier à 21 h 27, Seddik Boubakeur, 20 ans et presque honorablement connu des services de police, se fait pincer bêtement avec un kilo de résine de cannabis dans un sac de supermarché



Le jeune Hémois se déplaçait à pied place Carnot à Roubaix mais il a commis l'erreur de presser le pas alors qu'il croisait des policiers. Ce changement d'attitude n'a pas échappé aux enquêteurs qui contrôlent le jeune homme et jettent un oeil dans son sac en plastique : plusieurs pains de résine de cannabis pour un poids total d'un kilo sont saisis.

Gain au Loto



Par ailleurs, sur le jeune homme qui entretient pourtant un rapport distant avec le travail, on découvre 499 euros. Un dealer ? Pas du tout.

D'abord, les 499 euros. « Le 2 janvier, j'ai joué au Loto et j'ai gagné 500 euros, vous pouvez vérifier », clame le jeune prévenu.

Effectivement, dans un tabac, vérifications faites, le joueur a bien gagné 500 euros et, pour faire plaisir à la Française des Jeux, a rejoué un euro (en vain).

Le lendemain 3 janvier, l'homme se balade dans le centre de Tourcoing. Il repère, près d'une entrée de métro, trois individus louches avec une capuche sur la tête qui rôdent près d'une 306 et placent dedans un sac en plastique. « Après leur départ, j'ai forcé la portière et j'ai pris le sac » , explique Seddick Boubakeur.

Soucieux du développement durable, il prend le bus pour rentrer à Roubaix et, ouvrant le sac, trouve le kilo de résine : « Je suis un gros fumeur de cannabis, c'était un second coup de chance », se réjouit le prévenu. La procureure Elsa Servant a des doutes : « Moi, ça ne m'arrive jamais de trouver des richesses comme ça dans la rue ». Boubakeur a sa réponse : « C'est qu'on n'habite pas dans les mêmes quartiers ».


Me Charles Lecointre ajoute : « À Roubaix-Tourcoing, tout est possible, on a vu pire ! Tout ça peut sembler farfelu mais c'est plausible ! » La présidente Hedwige Soileux s'inquiète : « Mais vous n'avez pas peur d'avoir des ennuis avec les vrais propriétaires du cannabis ! La presse va raconter tout ça demain et ils vont savoir d'où vient le coup, non ? » Le Hémois reste zen : « Bon, ben, on discutera ; cette voiture, c'était une nourrice ». La présidente s'étonne de ce terme désignant l'honorable Peugeot. « Ben oui, quand on est dealer, on ne se balade pas avec un kilo, on le planque quelque part, tout le monde sait ça dans les quartiers où j'habite ». Me Lecointre affirme que son client, malchanceux à la fin, a été pris dans « une sorte d'engrenage ». Jugement : huit mois de prison.


Nord eclair jeudi 06 janvier 2011 DIDIER SPECQ


févr.
9

Trafic d'héroïne à Calais - Une "entreprise" sans bénéfice ?

Au tribunal correctionnel, hier, plusieurs membres d'une même famille, originaire de Calais, répondent d'un trafic portant essentiellement sur de l'héroïne.






Le 20 octobre 2009, la police est destinataire d'un renseignement anonyme. Mourad Dhouioui, 32 ans, et Sylvie Tueux, du même âge, squattent un appartement situé avenue Toumaniantz. Un premier trafic, de même nature, avait été imputé à ce même couple, rue Fulton à Calais, et leur a valu une condamnation en septembre 2007. Ce nouvel appartement serait donc décrit comme « la plaque tournante de ce trafic familial où Dhouioui tire les ficelles ».




Contrôlés par les Douanes belges


Le couple est interpellé à son retour de Belgique. La fouille du véhicule ne donne rien car le duo a été précédemment contrôlé par les Douanes belges et avait dû rebrousser chemin. Toutefois, les prévenus ne nient pas. Ils avouent des allers-retours en Belgique, une quarantaine, « avec Mourad qui se faisait accompagner car il n'a pas le permis de conduire », affirme sa compagne. Mais face au juge, le couple tente de faire se dégonfler la procédure : « On consommait beaucoup. On revendait très peu car on ne ramenait que 10 grammes par voyage, parfois 20 g. L'argent, on en collectait aux copains, car les fournisseurs, là-bas, ne livrent pas en dessous de 200 euros... On devait avoir une dizaine de clients, mais Sylvie ne revendait pas... On se dépannait tous mutuellement, sans plus. » Le président s'étonne : « Il va falloir rester crédible. On a des écoutes téléphoniques, où on nous parle de noires et de blanches... et vous nous dites que vous parlez au travers de ces termes, parfois d'euros, parfois de grammes... C'est comme ça vous arrange ? Melle Tueux vous a parfois remplacé car vous étiez trop généreux, selon elle... » Mickaël Guyot le confirme : « Je l'ai vue préparer des doses.


J'allais leur chercher de 20 à 25 grammes par mois. Je n'ai jamais revendu ».


À leurs côtés, Lætitia Tueux, 27 ans, consommatrice, qui a revendu « 2 ou 3 fois » selon elle, mais d'avantage selon d'autres témoignages, et Bernard Tueux, 28 ans, qui consomme et qui a à son actif cinq mises à l'épreuve, « peu efficaces, suivant le juge de l'application des peines, le probationnaire sachant adopter un bon comportement de façade en continuant à trafiquer » Il a, par ailleurs, multiplié les incidents en détention provisoire. La révocation des mesures probatoires semble inévitable.


« Une sorte d'association familiale », souligne la substitute. « Le but, consommer gratis en manipulant la juridiction au travers de nouvelles notions. M. Dhouioui sert de "coursier", nouvelle et belle notion pour "dépanner" les copains. Sa compagne, Sylvie, lui sert de trésorière... La majorité se trouve en état de récidive légale, et tous ont démontré des limites du suivi judiciaire ». Elle requiert les peines minimales prévues par la loi, dont une partie avec sursis et mise à l'épreuve.


Les avocats, en défense, argumentent : « Trafic familial voudrait dire hiérarchie. Et cette hiérarchie n'existe pas. Une "entreprise", s'il en existe une, ça génère des bénéfices. Ce n'est pas le cas ici. C'est leur système D pour consommer, pour avoir moins mal, une forme de débrouillardise au quotidien pour des compagnons de galère ».


Les prévenus en état de récidive écopent chacun de 48 mois de prison dont une large partie avec mise à l'épreuve. Bernard Tueux et Mickaël Guyot voient leurs sursis révoqués. Seule Lætitia Tueux écope de 24 mois de prison dont 12 mois avec sursis et mise à l'épreuve (pas de récidive pour elle). Mourad Dhouioui et Bernard Tueux sont les seuls à être maintenus en détention.


Brigitte GOURRET (Nord littoral le 02 février 2011)

janv.
25

Stupéfiants en famille

Trois frères et un cousin, très énervés, se retrouvent devant le président Bernard Lemaire. Ils pratiquaient le trafic de stupéfiants en famille avenue de Dunkerque. Récit.

DIDIER SPECQ Publié le mercredi 12 janvier 2011, nord éclair


Curiosité de l'audience d'hier : une famille, menacée, se retrouvait en tant que partie civile défendue par Me Charles Lecointre. Le fils de la famille en question, héroïnomane, avait acheté beaucoup de stupéfiants aux frères Bouras et certains d'entre eux menaçaient les parents qui n'arrivaient pas à régler quelques milliers d'euros de "dettes" ! « Je ne savais pas que c'était illégal de chercher à récupérer cet argent », annonce sans rire un des prévenus.

L'histoire commence par une dénonciation : un appartement du premier étage d'un immeuble de la rue de Dunkerque sert de base pour revendre des drogues dures. Les cessions se font dans le hall. Nasradine Bouras, 28 ans, et Nasser Bouras, 23 ans, opèrent de concert dans cet appartement loué par un des deux.



Perquisition : Nasser Bouras tente de fuir et la police, qui a déjà interrogé de nombreux clients, retrouve 45 gr d'héroïne, 1 205 euros en liquide, des sachets.

Durant leur garde à vue, bêtement, les deux Bouras communiquent entre eux et l'un se vante d'avoir planqué dans la cave d'un voisin quelques centaines de grammes d'héroïne. Le tuyau arrive dans les oreilles policières. Perquisition dans la cave en question : 300 gr d'héroïne sont découverts ainsi que des feuilles de comptabilité et des balances de précision.

Dans la foulée, comme cette petite entreprise qui ne connaît pas la crise avait des extensions à Boulogne-sur-Mer et à Lille, d'autres perquisitions et interpellations sont opérées. Faouzi Bouras, 27 ans, est arrêté puis, le 19 janvier 2009, Souhayl Bouras, 24 ans. Tous ont déjà été condamnés, parfois lourdement. Grosso modo, les deux premiers reconnaissent du bout des lèvres. Les deux derniers nient.


Pris en Espagne avec 23 kg

de cannabis !


L'instruction a traîné un peu et Faouzi Bouras, le seul qui n'avait pas encore été condamné pour des trafics de stupéfiants, est remis en liberté sous contrôle judiciaire. Une semaine plus tard, il réussit l'exploit de se faire prendre en Espagne avec 23 kilos de cannabis ! « Je n'étais qu'un petit passeur », soupire-t-il.

Hier, la procureure Delphine Reygrobellet est obligée de rappeler à l'ordre les quatre prévenus très dissipés. La procureure réclame finalement contre les quatre des peines de quatre ans, assorties de plus ou moins gros sursis. Me Montpellier et Me Bulteau minimisent et insistent sur les efforts de réinsertion de leurs clients respectifs. Étant donné l'heure tardive, le président Lemaire a remis le prononcé de son jugement au 1 er février 2011.w


nov.
23

Des incendies pour du sucre !

Trois familles qui voient leur modeste appartement brûler ! Des voitures incendiées ! Tout ça parce qu'un présumé dealer aurait arnaqué un amateur d'héroïne. Tranche de vie.


DIDIER SPECQ


Tout commence dans la nuit du 29 au 30 octobre. Près de l'avenue Clemenceau, trois voitures incendiées volontairement brûlent vers 2 h 30. Le feu se communique à trois appartements d'un immeuble en partie promis à la démolition. Les familles doivent être évacuées en pleine nuit et seront relogées en urgence par Lille Métropole Habitat, l'organisme d'HLM bien connu. Des témoins ont été alertés par du bruit un peu auparavant et ont vu « quelqu'un ».




Les automobiles appartiennent toutes au même homme

Les automobiles détruites appartiennent toutes au même homme. Les premières constatations opérées par les pompiers et par les policiers vont dans le même sens. Bref, très vite, on se met sur la piste d'un incendiaire. Lequel est interpellé un peu plus tard en la personne de Stéphane Leno, 27 ans, toxicomane au long cours, déjà condamné pour des incendies volontaires. L'homme squatte habituellement dans le secteur. Dans un premier temps, Leno avoue mais ajoute : « J'avais pris des médicaments, de l'héroïne, du cannabis et de l'alcool ; j'ai fait ça pour m'amuser ».

Les policiers sont des gens soupçonneux et s'étonnent que les voitures appartiennent au même homme, un bricoleur en automobiles qui ressemble un peu à un garagiste clandestin. Un différend d'ordre mécanique ? Une vengeance ? Les policiers cuisinent le gardé à vue. Leno finit par passer à table : « Un des fils du propriétaire des autos m'a vendu 50 euros d'héroïne, il m'a arnaqué, c'était du sucre ». Le procureur Michel Isbled : « On ne peut pas se venger ainsi pour un différend d'ordre commercial même si, bien sûr, vous ne pouviez pas porter plainte ». Le président Hoc Pheng Chhay soupire : « Trois familles évacuées ! Tout ça pour du sucre ! » Évidemment, rien ne prouve que cette histoire de dealer soit exacte. Mais personne n'avait l'air de la remettre vraiment en cause.


Casier judiciaire à rallonges

Restent les trois voitures flambées. Le procureur fait remarquer que les trois cartes grises n'ont pas été transférées et que rien ne prouve formellement que le présumé garagiste en soit le propriétaire. « Rassurez-vous, on ne va pas vous poursuivre pour ça », ajoute le procureur à l'adresse de la victime. Me Charles Lecointre, en défense, parle de « reventes d'autos au Maroc ».

Il n'en reste pas moins que le prévenu affiche un casier judiciaire à rallonges qui comporte entre autres trois incendies. « Quand quelque chose ne va pas, le prévenu met le feu », résume le procureur. Me Lecointre assure que son client ignorait que l'immeuble voisin était habité. Quatre ans de prison dont 30 mois avec sursis et mise à l'épreuve.


sept.
29

Cambriolage « Chez Tonton »

Le 27 septembre dans la soirée, Alain Barbier, 42 ans, et Mohamed Ticherafi, 28 ans, sont arrêtés après un vol de nuit dans une pizzeria. Les deux protagonistes sont arrêtés misérablement boulevard Victor Hugo.



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Les deux prévenus sont très miséreux et apparaissent dans un état sanitaire problématique. Deux SDF qui, un soir, passent près d'une pizzeria et hument la bonne odeur de la cuisine italienne. Une fenêtre serait ouverte « Chez Tonton » - c'est le nom du restaurant. Les deux pénètrent dans l'établissement et forcent la porte d'une remise pour sortir : ils chevauchent un scooter marqué « Chez Tonton » et ont chargé l'engin d'alcools, de bières, de fromages, de yaourts, de chocolats, de viandes. Mais les fuyards peu discrets sont arrêtés un peu plus loin par des témoins. L'interpellation de Barbier est tumultueuse et sa figure porte des traces de coups. « De toute façon, je ne porte pas plainte », soupire le prévenu.

Ajoutons que Ticherafi, le conducteur du scooter, était ivre. Le duo est arrêté avant d'avoir dévoré son butin. « De toute façon, je ne mange pas de porc », relativise Ticherafi. Seules des bières auraient été sifflées.



Me Haciali Doller et Me Charles Lecointre plaident l'extrême misère de leur client respectif. Barbier a dévissé, après avoir travaillé 20 ans comme chauffeur-livreur, et n'arrive pas à reprendre pied. Le casier de Ticherafi, venu de Marseille pour zoner à Lille, est plus important. Deux mois de prison pour le premier, six mois pour le second.w



D.S.





proteste Me Lecointre. « Il allait commettre un home-jacking », estime le procureur Dabin. Récit.


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DIDIER SPECQ


L'affaire commence loin de Hem où réside Stephen Boitte, 20 ans. Nous sommes à Marcq-en-Baroeul, rue du Cheval Blanc, dans la nuit du 27 au 28 septembre. Deux home-jackings ont été commis très récemment dans le secteur. Des policiers à pied, l'air de promeneurs en balade, patrouillent discrètement. C'est alors que les policiers en civil tombent sur une voiture en stationnement, tous feux éteints mais avec des jeunes gens à l'intérieur attendant Dieu sait quoi. Contrôle bon enfant. Les policiers apprennent qu'il s'agit de Stephen Boitte et d'un inconnu, Mahieddine H., 18 ans.




Gantés, armés de tournevis


Les deux faux promeneurs s'éloignent comme si tout ça n'avait aucune importance. Les deux jeunes trop confiants tombent dans le piège : les policiers sont revenus en catimini sur place et guettent leurs futurs clients en se cachant dans les buissons.

Alerte une demi-heure plus tard : les deux ont ouvert le coffre de la voiture, se sont gantés et, armés de tournevis, s'approchent d'un portail. Au moment où commencent les pesées sur la porte, les propriétaires sont alertés et, simultanément, les policiers tombent sur les deux cambrioleurs.


« Outre les outils, il y avait dans le coffre de la voiture des cordes en nylon pour saucissonner d'éventuels propriétaires récalcitrants » , accuse le procureur Olivier Dabin. « Le procureur doit avoir des dons de divination », ironise Me Charles Lecointre. A priori, selon l'accusation, Boitte est un gros gibier : plusieurs procédures seraient en cours et l'une concerne une instruction où le Hémois serait receleur dans un dossier comportant plus de 100 voitures pillées. « Tout ça ne concerne pas uniquement mon client », proteste M e Lecointre qui invoque la présomption d'innocence. Mais le procureur Dabin tient à rappeler le contexte : « Il y avait des dizaines d'objets qui avaient été recelés à Hem chez des parents de Stephen Boitte ». Le magistrat rappelle que Boitte est sorti de prison en juillet dernier et se trouve actuellement sous contrôle judiciaire. Olivier Dabin rappelle en outre qu'il s'agit d'affaires très sérieuses.


Une soeur du prévenu, qui n'a d'ailleurs rien à voir avec le comportement délictueux du prévenu, a dû déménager, selon le procureur, car, à deux reprises, elle a été victime d'incendies volontaires de sa maison et de sa voiture. Bref, selon le procureur, du lourd. Boitte a donc été renvoyé hier soir en détention provisoire tandis que H., doté d'un casier vierge et défendu par Me Anne Nappez, était remis en liberté sous contrôle judiciaire.w


sept.
29

Un « gros gibier » piégé


« Une ombre plane sur la tête de mon client considéré comme le cambrioleur N° 1 », proteste Me Lecointre. « Il allait commettre un home-jacking », estime le procureur Dabin. Récit.


sept.
2

Exhibition au milieu des fleurs





Isekusu Wa Betefa nie formellement s'être exhibé et masturbé en public mais, sans vouloir attenter trop gravement à la présomption d'innocence, force est de constater que le dossier semble clair. Sont-ce les lourdes senteurs des fleurs ? Toujours est-il que trois jeunes filles, dans le commerce en question, alertent la police lorsqu'elles voient le spectacle sur le trottoir d'en face.




Déjà condamné

pour des délits similaires

Le temps s'assombrit encore hier quand on apprend que le prévenu a déjà été condamné pour des délits similaires. Entre autres à une longue peine ferme (14 mois) pour des faits de 2009. L'interpellé est encore sous le coup d'un sursis avec mise à l'épreuve. Certains témoins expliquent que, le 23 août, le prévenu suivait des enfants avec le pantalon baissé. L'homme a effectué des séjours en hôpital psychiatrique. Me Lecointre plaide courageusement la remise en liberté de son client qui doit subir une nouvelle expertise psychiatrique. Sans surprise, le prévenu est placé sous mandat de dépôt.


D.S.


sept.
2

Cinq agresseurs à domicile





Samedi dernier, vers 21 h, c'est le drame dans un appartement modeste de la rue Jacquemars-Giélée à Lille. Alexandre, un jeune homme qui travaille chez Mac Do, est agressé à son domicile.



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Alexandre vit dans un immeuble collectif mais entend qu'on sonne directement à sa porte dans les étages. Il pense que c'est un voisin puisque le portail du bas ne peut être ouvert que par un locataire. En fait, ce sont cinq agresseurs masqués qui se précipitent dès l'ouverture.



Alexandre, tabassé, est obligé de se mettre à genoux sous la menace d'un couteau. Pendant qu'il est étroitement surveillé par l'un des agresseurs, les autres pillent son appartement. Tout est emporté et le club des cinq se répartit le butin dans la cave !

Interpellés par la police,

les agresseurs relativisent

Mais la victime a reconnu plus ou moins derrière leurs masques les cinq agresseurs qui « zonent » en permanence dans le secteur. Interpellés par la police, les cinq avouent. Mais relativisent. D'abord, c'est P., une jeune fille mineure, qui a demandé à son petit ami, qui fait partie des 5 agresseurs, de récupérer chez Alexandre, un autre ami, des objets qui seraient à elle. Les cinq foncent directement chez la victime.

« C'était aussi par l'adrénaline, l'excitation », explique un des cinq adeptes de la violence sans motif. Quant à l'instigatrice (relâchée après un rappel à la loi), elle dit : « J'ai juste laissé la porte du bas ouverte, dès que la bagarre a commencé, je suis partie » .

Hier, dans le box, les cinq fournissent de pauvres explications. « On fumait du haschisch et on buvait régulièrement de l'alcool dans le parc Matisse », dit l'un. « On avait besoin d'argent », assure un autre. Le procureur Michel Isbled demande des peines modérées qui peuvent toutes se passer du mandat de dépôt. En défense, Mes Lecointre, Galand, et Abbas minimisent. Le temps est surtout maussade pour Rémi Leduc, déjà condamné pour des dégradations racistes sur la synagogue de Lille.

Toutefois, au final, la présidente Cécile Dangles envoie directement les cinq en prison avec des peines différenciées selon les casiers : 24 mois de prison pour Leduc, 3 mois pour Benjamin Audoin, 22 ans, 6 mois pour Pierre Kimpe, même âge, 3 mois pour Logan Pruvost, 21 ans, et 12 mois pour Bryan Vanhoet, 21 ans également.w


DIDIER SPECQ


juil.
22

Me Charles-Henry Lecointre défend un voleur présumé

'' C'est un dossier volumineux au regard des nombreuses déclarations des victimes. Mais mon client n'a pas commis ces faits seul.Il a volé en fracturant les portes de voiture avec deux amis, mineurs, qui seront jugés plus tard. Il reconnaît les faits, qu'il ne sait pas vraiment expliquer, mais il a probablement commis ces infractions sous le coup de la bêtise. Jamais il n'a eu l'intention de se soustraire à la justice. Il a un casier judiciaire vierge, une formation, un logement. C'est sa première garde à vue, son premier déferrement et c'est la première fois qu'il passe devant une juridiction. Il ne comprend pas trop ce qui se passe, il est impressionné. Une peine de prison ferme est manifestement disproportionnée.

''

NDLR Renvoi de l'affaire pour un complément d'information.



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