avocat (23)
« Je n'ai pas vu les policiers, j'ai taillé la route pour aller en Belgique », assure Sébastien Paradis, un Lillois âgé de 26 ans. Prison prononcée hier soir.Tout commence le 6 novembre vers 2 heures quand des policiers, dans la nuit, voient une Peugeot 106 foncer rue Nationale. L'homme refuse de s'arrêter et passe à toute allure rue des Poutrains, rue de Lille, rue du Dragon, rue d'Austerlitz, rue de Bradford, rue d'Armentières, etc. Après avoir grillé de nombreux feux rouges, la voiture s'immobilise rue d'Elboeuf non sans avoir percuté plusieurs voitures en stationnement. Le conducteur prend alors la fuite à pied et sera bientôt arrêté.« J'avais bu 3 litres de bière, j'étais dans mon monde » Hier, en comparution immédiate, le jeune homme défendu par Me Charles Lecointre admet qu'il a pris cette voiture pour aller chercher des cigarettes...Pas de permis, pas d'assurance, en état d'ivresse, en récidive. « C'est peut-être le choc mais je ne me souviens plus très bien », assure le prévenu. « J'avais bu trois litres de bière, j'étais dans mon monde », ajoute-t-il.Jugement : 12 mois de prison dont 6 avec sursis et mise à l'épreuve ; confiscation de l'auto. « Je l'avais achetée il n'y a pas longtemps pour 500 euros », a déclaré le prévenu.w
paru dans Nord eclair le 8 novembre 2011 D.S
S B a nié jusqu'au bout toute participation à un cambriolage dans une maison d'Hem. Mais, au fond, personne n'a pris au sérieux ses dénégations.
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Il est vrai que l'enquête menée par les policiers est précise. Dans la nuit du 12 au 13 septembre, les policiers ont suivi les tribulations du prévenu au volant de sa Clio rouge.
À Hem d'abord. Puis à Villeneuve d'Ascq où les occupants de la Clio se garent et regardent avec gourmandise une belle Audi TT. Elle sera volée par la suite.
La Clio et l'Audi se rendent chez des amis à Tourcoing.
Formellement identifié
Retour de la petite bande motorisée à Hem rue du Triez. Les policiers ont formellement identifié déjà S B comme étant un des protagonistes. Ils le connaissent pour des errements antérieurs. Toujours est-il que, lorsqu'une Austin Mini et la Clio sortent rapidement d'une propriété privée d'Hem, B sera interpellé. Une série conséquente d'objets précieux plus la Mini viennent d'être volés. B reste fermé : « J'ai joué toute la nuit à la Playstation® chez un copain dont je ne peux donner le nom. » La procureure : « Dénégations ridicules »...
Un an de prison pour le client de Me Charles Lecointre.w
D.S.
Publié dans nord eclair le vendredi 30 septembre 2011 à 06h00
Publié le jeudi 08 septembre 2011 à 06h00
Hier, devant la présidente Nourith Reliquet, c'était l'épilogue d'une association de malfaiteurs assez gratinée : pas moins de soixante-douze faits distincts étaient reprochés à quatre Hémois.
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Visiblement, la petite bande, qui a sévi essentiellement en 2009, se passionnait pour les roues, les jantes, les enjoliveurs automobiles. Une bonne partie des larcins, presque uniquement des pièces automobiles mais parfois aussi le contenu de véhicules pillés, était revendue sur Internet. Hem, Lys, Leers, Villeneuve d'Ascq, Mouvaux servaient de terrain de chasse aux voleurs.
Dans l'ordinateur de S B, 21 ans, les enquêteurs informaticiens ont retrouvé de nombreux liens vers des sites de revente, 303 photos de jantes et de roues, 12 photos de papillons d'assurance, des centaines de photos de véhicules, 772 pages où l'on parle de jantes et de projets de vols, des traces d'achats groupés de stupéfiants...
Autre personnalité bien connue : J D, 21 ans. Les deux jeunes gens ont été condamnés, hier, pour "association de malfaiteurs", "vols" et "recels", chacun à deux années de prison dont une avec sursis et mise à l'épreuve. À noter que la fine fleur du barreau - Mes Laura Campisano, Quentin Lebas et Charles Lecointre - ont obtenu de nombreuses relaxes pour certains vols et recels de cette affaire très volumineuse. Deux autres complices ont été condamnés à des peines entièrement assorties de sursis et n'ont pas été inquiétés pour l'association de malfaiteurs.w
D.S.
Comme on le sait, la vie des dealers n'est pas un long fleuve tranquille, même à Lille-Sud. Non seulement, les policiers gênent le trafic mais il arrive même que des « balances » de précision s'en mêlent. Mandat de dépôt pour les prévenus.
Tout commence le 16 février par l'interpellation de trois présumés dealers. Éric N'Koy Empoke Tokanake, 26 ans, a déjà été condamné à sept reprises et la présidente Nourith Reliquet note qu'il use d'identités variables. « Peut-être simplement des erreurs parce qu'on met une lettre en plus ou en moins », note la magistrate.
Le prévenu est par ailleurs mis en cause dans le cadre d'un autre trafic de stupéfiants où il a été laissé en liberté sous contrôle judiciaire. Bref, il a repris le trafic sans sourciller depuis quelques mois.
Nasser Tiachadine, son copain âgé de 20 ans, est dans le même cas : contrôle judiciaire dans le cadre d'un autre trafic. Le contrôle judiciaire lui interdisait de remettre les pieds à Lille-Sud, mais il est revenu. « Je voulais voir mes parents », dit-il.
Les deux, défendus par Mes Charles Lecointre et Florian Régley, préfèrent être jugés plus tard et leurs avocats plaident leur remise en liberté. À dire vrai, ce qui agace beaucoup les deux prévenus, c'est le troisième interpellé : Mehdi L., jamais condamné, a été arrêté avec 45 boulettes de cocaïne et 770 E en petites coupures dans les chaussettes. Or ce troisième dealer, soupçonné d'être une balance, est certes poursuivi mais a déjà été remis en liberté. Mandat de dépôt pour les deux autres.w
D.S.
Publié le mardi 22 février 2011 nord eclair
Publié dans la voix du nord le jeudi 24 février 2011
La vie des habitants de certains faubourgs, à Lille, n'est pas un long fleuve tranquille. Le 22 février, vers 0 h 20, tout commence par l'incendie d'un Nissan Pixo square Paul Cézanne.
Six jeunes gens désoeuvrés ont trouvé très drôle de flamber ce véhicule. Des forces de police arrivent et les incendiaires présumés prennent la poudre d'escampette. Les policiers sont à leurs trousses. Les six arrivent alors en courant rue Léon Blum et montent au quatrième étage où vit une femme seule. Ils sonnent, poussent la porte et se réfugient de force chez Fatima X.
Cette dernière est maintenue par les bras et par le cou car elle résiste ! Un majeur, le plus corpulent, est arrêté illico car il n'a pas eu le temps d'entrer. Le mineur saute au-dessus du balcon du quatrième ! Il se retrouve à l'hôpital avec plusieurs vertèbres cassées.
Brahim E., Sofiane A., Kevin N., Mohamed B. et Steven C. se retrouvent hier dans le box, défendus par Mes Pianezza, Cardon, Campisano, Lecointre... Tous demandent le report du procès sur le fond. On n'en saura guère plus sur les motivations des très jeunes interpellés. Tous apparaissent sans occupation précise. « Je sors dans la rue et je joue à la console », résume Kevin N.
Deux des prévenus refusent de répondre aux enquêteurs de personnalité. Me Jean-Pierre Glinkowski, qui assiste Fatima X., mentionne que la victime est trop traumatisée pour être présente à l'audience. Un prévenu déjà condamné est incarcéré, les autres remis en liberté.w
D.S.
22.02.2011 La Voix du Nord
Voilà un dossier curieux. Mercredi dernier, Mehdi L., 18 ans, est interpellé ... rue Clémenceau alors qu'il vient de céder une dose de cocaïne. Sur lui, les policiers découvrent quarante-cinq boulettes de la même poudre et plusieurs centaines d'euros dissimulés dans ses chaussettes. Jamais condamné, le jeune Mehdi se met à table avec un bel appétit.
Durant son audition, il livre les noms de ceux qui seraient ses fournisseurs. Et voilà comment Éric E., 26 ans, et Nasser T., 20 ans, se retrouvaient, hier, devant la présidente Reliquet, bien embarrassée. Mehdi L. a, en effet, été laissé libre. Bizarre. Il a été convoqué à une date ultérieure. Pour la magistrate, la situation est claire : il est hors de question de juger les deux prévenus en l'absence de leur accusateur. Ça tombe bien, ceux-ci réclament un délai. Le tribunal doit donc uniquement statuer sur une éventuelle détention.
Pour les deux prévenus, ce n'est pas gagné. Éric E. a déjà été condamné à sept reprises. En janvier, il a été intercepté en « flag » avec 111 grammes de cannabis. Il doit être jugé en mai. Nasser T. n'a pas non plus un profil parfait : si son casier judiciaire est vierge, il a en revanche été mis en examen dans une affaire de trafic d'héroïne pour laquelle il a purgé quatre mois de détention provisoire. À son domicile, les enquêteurs ont découvert 22 grammes de coke. Pour autant, cela ne fait pas des deux hommes les fournisseurs officiels de Mehdi L. Craignant des pressions et des concertations destinées à s'inventer des alibis, la procureure requiert des mandats de dépôt. Mes Florian Regley et Ch.-H. Lecointre protestent : « Ils sont présumés innocents. La prison doit être l'exception à l'exception. » Décision : mandat de dépôt pour les deux et jugement au fond pour les trois, le 23 mars.
FK. L.
Trois frères et un cousin, très énervés, se retrouvent devant le président Bernard Lemaire. Ils pratiquaient le trafic de stupéfiants en famille avenue de Dunkerque. Récit.
DIDIER SPECQ Publié le mercredi 12 janvier 2011, nord éclair
Curiosité de l'audience d'hier : une famille, menacée, se retrouvait en tant que partie civile défendue par Me Charles Lecointre. Le fils de la famille en question, héroïnomane, avait acheté beaucoup de stupéfiants aux frères Bouras et certains d'entre eux menaçaient les parents qui n'arrivaient pas à régler quelques milliers d'euros de "dettes" ! « Je ne savais pas que c'était illégal de chercher à récupérer cet argent », annonce sans rire un des prévenus.
L'histoire commence par une dénonciation : un appartement du premier étage d'un immeuble de la rue de Dunkerque sert de base pour revendre des drogues dures. Les cessions se font dans le hall. Nasradine Bouras, 28 ans, et Nasser Bouras, 23 ans, opèrent de concert dans cet appartement loué par un des deux.
Perquisition : Nasser Bouras tente de fuir et la police, qui a déjà interrogé de nombreux clients, retrouve 45 gr d'héroïne, 1 205 euros en liquide, des sachets.
Durant leur garde à vue, bêtement, les deux Bouras communiquent entre eux et l'un se vante d'avoir planqué dans la cave d'un voisin quelques centaines de grammes d'héroïne. Le tuyau arrive dans les oreilles policières. Perquisition dans la cave en question : 300 gr d'héroïne sont découverts ainsi que des feuilles de comptabilité et des balances de précision.
Dans la foulée, comme cette petite entreprise qui ne connaît pas la crise avait des extensions à Boulogne-sur-Mer et à Lille, d'autres perquisitions et interpellations sont opérées. Faouzi Bouras, 27 ans, est arrêté puis, le 19 janvier 2009, Souhayl Bouras, 24 ans. Tous ont déjà été condamnés, parfois lourdement. Grosso modo, les deux premiers reconnaissent du bout des lèvres. Les deux derniers nient.
Pris en Espagne avec 23 kg
de cannabis !
L'instruction a traîné un peu et Faouzi Bouras, le seul qui n'avait pas encore été condamné pour des trafics de stupéfiants, est remis en liberté sous contrôle judiciaire. Une semaine plus tard, il réussit l'exploit de se faire prendre en Espagne avec 23 kilos de cannabis ! « Je n'étais qu'un petit passeur », soupire-t-il.
Hier, la procureure Delphine Reygrobellet est obligée de rappeler à l'ordre les quatre prévenus très dissipés. La procureure réclame finalement contre les quatre des peines de quatre ans, assorties de plus ou moins gros sursis. Me Montpellier et Me Bulteau minimisent et insistent sur les efforts de réinsertion de leurs clients respectifs. Étant donné l'heure tardive, le président Lemaire a remis le prononcé de son jugement au 1 er février 2011.w
Un véritable petit conte moderne. Deux agresseurs qui semblent agir en toute impunité. Le père de la victime obligé de discuter avec les copains des prévenus. Ambiance, ambiance....
DIDIER SPECQ, nord eclair, Publié le samedi 22 janvier 2011
Pendant que la salle du premier étage du palais de justice était mobilisée par la rentrée solennelle des magistrats, toute la vie « normale » du tribunal était concentrée au rez-de-chaussée. Dans un mouchoir de poche étaient rassemblés ceux qui attendaient leurs proches au sortir du poste de police, des jeunes gens inquiets du sort réservé à des amis dans une affaire de stupéfiants examinée par un juge de la liberté et de la détention et les copains, par exemple, des deux agresseurs. À dire vrai, une ambiance un peu glauque avec des policiers très sollicités.
Le 19 janvier, vers 19 h, Quentin, un jeune homme âgé de 18 ans, est accosté, rue Verte à Wazemmes, par des agresseurs qui l'avaient déjà délesté, le 11 janvier dernier, d'un baladeur, d'un téléphone portable et de 30 euros. « Sans doute ont-ils estimé qu'ils avaient en face d'eux un pigeon qu'ils pourraient à nouveau voler », résume le procureur Didier Blanguernon.
« Donne tout ce que tu as, sinon, je te casse les dents », avait dit l'un. « Alors, ça va depuis la dernière fois ? », lance l'autre. Quentin parvient à s'échapper, se réfugie dans un commerce, alerte la police. Les policiers réussissent à coffrer Icham K., un grand gaillard de 19 ans jamais condamné, et Anas Ehsan, 18 ans et déjà souvent condamné. Les deux sont sans titre de séjour valable en France, disent travailler au noir sur les marchés et nient formellement être les agresseurs. « J'ai pas de papiers mais ma copine est enceinte », résume astucieusement le plus petit.
Cité à 56 reprises
À tout juste 18 ans, Anas Ehsan a déjà été condamné à 16 reprises pour vols et vols aggravés et le procureur Blanguernon note que le nom de ce prévenu a été cité à 56 reprises dans des procédures !
Hier, il nie formellement. Pour le 19 comme pour le 11. « Le 11, c'est pas possible, j'étais en garde à vue à Roubaix ! », déclare benoîtement le prévenu. Vérifications faites, c 'est d'ailleurs faux. « Un étudiant a le droit de vivre à Wazemmes et de rentrer chez lui sans se faire détrousser », souligne le procureur.
Le grand Icham K. n'a jamais été condamné mais il porte sur lui une gourmette volée, avait déjà été décrit précisément le 11 et a été reconnu formellement.
Malgré la défense assurée par Me Charles Lecointre et Me Bénédicte Degrave, le « jamais condamné » écope de 8 mois avec sursis et le « souvent condamné » d'un an de prison. À la sortie, après de patientes discussions, le père fait promettre aux copains des deux prévenus de ne pas s'en prendre à son fils. On croit rêver...w
Publié le vendredi 14 janvier 2011 à 06h00 Nord eclair
C'est vrai que le 11 janvier, mon client aurait pu ne pas boire cette bouteille de whisky dans les locaux de l'Armée du Salut où il était hébergé à Lille.
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"Madame la procureure parle d'un déchaînement de violences quand il apprend que, en raison de son état d'ivresse, il est exclu du foyer. Un déchaînement de violences verbales, d'insultes et de menaces. Mais il n'y a eu qu'un coup relativement léger sur un éducateur. C'est inadmissible mais ce n'est qu'un dérapage. Un problème social aussi pour un homme qui, alors qu'il travaille à peu près régulièrement, n'a pas assez d'argent pour se loger.
Il a 42 ans et un énorme passé d'héroïnomane aujourd'hui oublié. Il n'a été condamné que quatre fois.
''
NDLR Yannick Chattah a été condamné à deux mois de prison mais sans mandat de dépôt.
Justice L'aide juridictionnelle et la garde à vue en accusation
Dans la rue à cause de la garde à vue. Les avocats de Lille étaient, hier, en grève pour protester contre la réforme judiciaire en cours. En cause, le refus de l'Etat d'une présence d'un avocat dès la première heure de la dite garde à vue, et son accès à l'intégralité du dossier. Et ce, contre l'avis de la Cour européenne des droits de l'homme. « Même la Chine vient d'accepter ce principe », raille René Despieghelaere, bâtonnier de l'ordre des avocats lillois.
Mais les motifs de mécontentement dépassent le cadre de la garde à vue et touchent les conditions d'indemnisation qui en découlent par le biais de l'aide juridictionnelle. Cette aide est la prise en charge par l'état des frais de justice. « Il y a dix ans, le ministère de la Justice s'était engagé à augmenter de 15 % sur trois ans les indemnités versées aux avocats prêtant leur concours au titre de l'aide juridictionnelle, il n'a jamais tenu parole », dénonce le bâtonnier lillois. Seule proposition pour compenser : la mise en place d'un fonds alimenté par les cabinets les plus prospères. « Inacceptable, soutient René Despieghelaere. C'est comme si on demandait aux médecins de financer la CMU .»
Recours contre l'Etat
La mobilisation s'est traduite, dans la matinée, par la manifestation, dans le Vieux-Lille, d'une vingtaine d'avocats entre le tribunal et la Maison des avocats. Certaines audiences ont dû être reportées. « Notre but n'est pas de bloquer le système judiciaire, nous espérons obtenir satisfaction de façon légale », souligne Emmanuel Masson, futur bâtonnier de Lille, à partir du 1er janvier. Dans l'après-midi, soixante-quinze avocats ont ainsi déposé un recours auprès du tribunal administratif de Lille. Ils réclament leur manque à gagner qui oscille entre 6 000 et 30 000 € par avocat. Une initiative qui devrait être relayée par d'autres barreaux en France.
--Gilles Durand édition du 20 minutes du 16 décembre 2010
Vers 10 h 30, place du Concert, de jeunes avocats informent les passants. Hier en effet, sur le thème de l'aide juridictionnelle insuffisante, les avocats du barreau de Lille ne plaidaient rien.
Rien ? Pas tout à fait puisque les avocats, traditionnellement en cas de grève, plaident ce qu'ils appellent le contentieux de la liberté. Refus de plaider en comparution immédiate ou dans les chambres jugeant les autres affaires mais demandes de remise en liberté plaidées, assistance des gardés à vue, défense des dossiers devant le juge des libertés et de la détention, etc.
À 11 h, après la manifestation des jeunes avocats, le bâtonnier René Despieghelaere soupire : « Si ça continue comme ça, on refusera même de plaider le contentieux de la liberté ». Les avocats sont très énervés en effet parce que, alors que le gouvernement s'y était engagé en 2001, aucun système réel et durable de rétribution des avocats n'a été mis en oeuvre.
On continue à se partager des enveloppes budgétaires de plus en plus insuffisantes. Le système d'aide des justiciables désargentés (au divorce, pour les victimes, pour les mis en cause) craque de toutes parts alors que la nouvelle garde à vue avec assistance réelle des avocats va encore plus pomper les finances de l'aide juridictionnelle (lire ci-contre le point de vue).
« Les manifestations, ça ne sert pas à grand-chose, on l'a bien vu avec le mouvement sur les retraites, nous allons chercher à toucher le gouvernement à la caisse », avertit le bâtonnier. Ainsi, dès hier après-midi, 75 recours d'avocats lillois contre l'État, pour des sommes qui n'ont pas été payées, ont été déposés auprès du tribunal administratif de Lille. « C'est un exemple qui va être suivi », ajoute le bâtonnier de Valenciennes.
Pendant qu'au tribunal des prud'hommes, les affaires étaient reportées, la présidente Déborah Bohée, en comparution immédiate, renvoyait les dossiers. Même chose devant la chambre de Nourith Reliquet : « C'est bien normal de soutenir les avocats puisque ceux-ci, et notamment le barreau de Lille, avaient soutenu le mouvement des magistrats au printemps dernier », concluait la présidente.
Nord eclair Publié le jeudi 16 décembre 2010 à 06h00 - DIDIER SPECQ > didier.specq@nordeclair.fr
JUSTICE - Ce matin, les robes noires manifestaient avec masques blancs devant la maison de l'avocat, à Lille. Les avocats de toute la région sont en grève perlée depuis le début de la semaine, avec un point d'orgue aujourd'hui. Ce qui veut dire refus de plaider, sauf dans les cas où il y a risque d'emprisonnement, et report de la grande majorité des audiences. La raison de leur colère ? Le manque de moyens accordés à l'aide juridictionnelle et la réforme de la garde à vue, insuffisante selon eux. Explications.
Sur l'aide juridictionnelle - Vous divorcez ? Vous avez un conflit avec votre employeur et vous voulez l'attaquer devant les prud'hommes ? L'Etat vous garantit ce droit à la justice grâce à l'aide juridictionnelle : si vous avez peu de moyens, elle vous permet de vous payer un avocat. Problème : les avocats lillois estiment que l'Etat tient sa bourse trop serrée. 300 millions d'euros par an pour toute la France. "Le budget total de la justice en France est équivalent au budget de l'accès au droit d'un pays comme l'Ecosse", souligne le nouveau bâtonnier, Me Emmanuel Masson. "Nous sommes au 25e rang des pays européens." Il insiste : "Un droit sans moyens n'est plus un droit." Son prédécesseur, René Despieghelaere, estime que le coût de l'aide juridictionnelle pèse sur les avocats : "C'est comme si on demandait aux médecins de payer la CMU". 75 avocats lillois ont décidé de mettre l'Etat devant ses responsabilités, et de l'attaquer devant le tribunal administratif, pour ne pas avoir tenu son engagement de rémunérer l'aide juridictionnelle, expliquent-ils. Une première en France.
Sur la réforme de la garde à vue - La France a été condamnée par la Cour Européenne des droits de l'Homme sur les conditions de sa garde à vue. Du coup, une réforme de la garde à vue est prévue, et le projet de loi prévoit la présence d'un avocat. "Mais c'est le Parquet qui décide quand l'avocat peut intervenir, et celui-ci n'a toujours pas accès au dossier. Il peut simplement lire les procès-verbaux des interrogatoires de son client", s'exclame Me Masson. "En fait, on est là une demi-heure, on ne connaît pas les investigations menées, on ne sait pas ce qui a été dit sur notre client, on ne peut pas le conseiller utilement." Les avocats souhaiteraient avoir accès au dossier, pour aider en toute connaissance de cause leur client, et rétablir l'égalité nécessaire entre accusation et défense. Les policiers, eux, ne sont pas ravis de ces changements, qu'ils veulent limiter, car ils estiment qu'ils vont avoir plus de difficultés à faire avouer les délinquants et criminels.
L'aveu, est, de tradition dans le droit français, la base de toute procédure pénale. Les avocats aimeraient sortir " de cette culture de l'aveu pour passer à la culture de la preuve". Et donc pouvoir diligenter, dès les premières heures de l'enquête préliminaire, des investigations complémentaires, pouvant bénéficier à leur client. Tout cela veut dire des moyens en plus. C'est la pierre d'achoppement. Un avocat présent dès la première heure de la garde à vue, cela veut dire par exemple passer de trois permanenciers à neuf à Lille. L'Etat veut prendre 80 millions d'euros sur l'enveloppe de l'aide juridictionnelle, que les avocats jugent déjà insuffisante.
Sur l'audition libre - Le projet de loi sur la garde à vue prévoit un nouveau type d'interrogatoire par les policiers, l'audition libre. La personne n'est pas gardée à vue, elle est interrogée dans un cadre plus souple, sans présence d'avocat, et sans être notifiée du droit qu'elle a de se taire. Les avocats estiment que cette disposition existe juste pour faire baisser le nombre de gardes à vue ( 800 000 l'année dernière en France, un chiffre en très forte augmentation).
libération le 15 décembre 2010
Les avocats ont manifesté à Lille et à Douai. Les tribunaux du Nord Pas-de-Calais ont fait la grève des audiences.
Pour protester contre la réforme de la garde à vue qui était examiné par la commission des lois à l'assemblée nationale, de nombreux avocats ont manifesté dans le Nord pas-de-Calais. Ils protestent contre le manque de moyens des tribunaux. A Hazebrouck, le tribunal doit fermer le 31 décembre.
Le malaise des avocats contre la réforme de la garde à vue. Lille, le 15 décembre 2010
f3npdc
Garde à Vue : Les avocats lillois se rebiffent !
grand lille TV
VOIX DU nord le 16 décembre 2010 PAR PIERRE-LAURENT FLAMEN
GROGNE |
Des palais de justice vides ou presque. Hier, les avocats de la région ont cessé toute activité juridique et judiciaire. Une manière de protester contre le projet de réforme de la garde à vue. La traduction aussi d'un malaise plus profond. À Douai, plaidoyer pour une justice dotée de davantage de moyens.
Ils sont une bonne vingtaine à avoir bravé le froid matinal. Robe noire, bavette blanche, ils brandissent bien haut les couleurs des avocats douaisiens. Hier, comme la plupart de leurs confrères de la région et de France, ils ne sont pas allés plaider (sauf pour les détenus) et n'ont pris aucun rendez-vous. Les effets de manches seront pour plus tard. Là, on les retrousse contre le projet de réforme de la garde à vue. Me Patrick Griffon, bâtonnier de Douai, plaide pour les siens et pour les justiciables que nous sommes : « Le barreau se mobilise contre un projet de réforme qui est un retour en arrière puisqu'il prévoit la possibilité d'une audition libre sans la présence d'un avocat et sans limitation de durée. Une sorte de garde à vue "light". »
Redressements judiciaires
Hier après-midi, la garde à vue " light" s'est fait sucrer. L'Assemblée nationale a donné raison aux avocats sur ce point (lire ci-contre). Les motifs de grogne ne manquent pas pour autant. « Ce qui nous rend furieux, reprend Me Griffon, c'est la possibilité pour l'officier de police judiciaire ou le procureur de différer de 12 heures notre intervention sans qu'on en connaisse la motivation. » Garde à vue mise à part, le sentiment de colère des avocats est encore exacerbé par les difficultés financières rencontrées par nombre d'entre eux. Presque une spécificité régionale au regard du nombre important de candidats aux différents barreaux du Nord - Pas-de-Calais. Si l'avocat en Jaguar existe, les abonnés à la petite cylindrée sont beaucoup plus nombreux. « J'ai des confrères qui ont du mal à joindre les deux bouts, concède le bâtonnier douaisien, je suis même saisi de redressements judiciaires pour certains d'entre eux. » En cause, les rémunérations accordées lorsque les avocats défendent des justiciables financièrement incapables de s'offrir leurs services. Ça s'appelle l'aide juridictionnelle et à Douai, elle représente « au moins 80 % » des cas. Dans cette situation, la défense d'un prévenu en correctionnelle permet à l'avocat de gagner 204 € HT. « Quelle que soit la complexité du dossier, explique Me Lilia Lambert, et là-dessus, on paie un secrétariat, des cotisations... Dès l'entame du dossier, cette rémunération est mangée. » Me Henry-Pierre Rulence se souvient de ses débuts, il y a trois ans. « Les premiers mois, il me restait environ 1 000 € pour vivre. » Avec un bac + 7 en poche, la pilule peut être difficile à avaler.
Avec trente-cinq ans de barreau à son actif, Me Marie-Hélène Carlier se fait un point d'honneur de prendre encore les dossiers d'aide juridictionnelle : « Je viens d'être payée 204 € pour avoir obtenu une relaxe. J'ai gagné 204 € pour cinq heures de travail. Je compte 30 € de bénéfice, un peu moins qu'une technicienne de surface. Heureusement, mon client m'a apporté un gâteau au chocolat. Il était très bon et je n'étais pas imposée dessus. »
L'homme était hospitalisé dans un établissement psychiatrique. Au départ, c'est I E, 20 ans, qui avait demandé à être soigné psychiatriquement car, en détention provisoire pour trafic de stupéfiants, ça n'allait pas du tout.
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Il est vrai que le jeune homme revendique une consommation de 20 joints de cannabis par jour, ce qui, effectivement, peut sembler beaucoup. « J'ai des hallucinations », dit-il.
Mais, à l'hôpital d'Armentières, ça ne va pas non plus : « Je voulais retourner en prison », explique-t-il. Les médecins lui annoncent un scanner. « J'ai eu très peur, je ne savais pas ce que c'était », dit-il. Bref, il fuit par une fenêtre mal condamnée du rez-de-chaussée de l'EPSM d'Armentières. Il s'est donc fait prendre à Mons-en-Baroeul. « La prison lui a fait interrompre sa scolarité » , soupire Me Charles Lecointre. Jugement : deux mois de détention de plus pour l'évadé qui voulait retourner en prison.w
D.S.
Le 27 septembre dans la soirée, Alain Barbier, 42 ans, et Mohamed Ticherafi, 28 ans, sont arrêtés après un vol de nuit dans une pizzeria. Les deux protagonistes sont arrêtés misérablement boulevard Victor Hugo.
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Les deux prévenus sont très miséreux et apparaissent dans un état sanitaire problématique. Deux SDF qui, un soir, passent près d'une pizzeria et hument la bonne odeur de la cuisine italienne. Une fenêtre serait ouverte « Chez Tonton » - c'est le nom du restaurant. Les deux pénètrent dans l'établissement et forcent la porte d'une remise pour sortir : ils chevauchent un scooter marqué « Chez Tonton » et ont chargé l'engin d'alcools, de bières, de fromages, de yaourts, de chocolats, de viandes. Mais les fuyards peu discrets sont arrêtés un peu plus loin par des témoins. L'interpellation de Barbier est tumultueuse et sa figure porte des traces de coups. « De toute façon, je ne porte pas plainte », soupire le prévenu.
Ajoutons que Ticherafi, le conducteur du scooter, était ivre. Le duo est arrêté avant d'avoir dévoré son butin. « De toute façon, je ne mange pas de porc », relativise Ticherafi. Seules des bières auraient été sifflées.
Me Haciali Doller et Me Charles Lecointre plaident l'extrême misère de leur client respectif. Barbier a dévissé, après avoir travaillé 20 ans comme chauffeur-livreur, et n'arrive pas à reprendre pied. Le casier de Ticherafi, venu de Marseille pour zoner à Lille, est plus important. Deux mois de prison pour le premier, six mois pour le second.w
D.S.
Isekusu Wa Betefa nie formellement s'être exhibé et masturbé en public mais, sans vouloir attenter trop gravement à la présomption d'innocence, force est de constater que le dossier semble clair. Sont-ce les lourdes senteurs des fleurs ? Toujours est-il que trois jeunes filles, dans le commerce en question, alertent la police lorsqu'elles voient le spectacle sur le trottoir d'en face.
Déjà condamné
pour des délits similaires
Le temps s'assombrit encore hier quand on apprend que le prévenu a déjà été condamné pour des délits similaires. Entre autres à une longue peine ferme (14 mois) pour des faits de 2009. L'interpellé est encore sous le coup d'un sursis avec mise à l'épreuve. Certains témoins expliquent que, le 23 août, le prévenu suivait des enfants avec le pantalon baissé. L'homme a effectué des séjours en hôpital psychiatrique. Me Lecointre plaide courageusement la remise en liberté de son client qui doit subir une nouvelle expertise psychiatrique. Sans surprise, le prévenu est placé sous mandat de dépôt.
D.S.
La Voix du Nord
Samedi, à l'ex-poste frontière de Reckem, des douaniers repèrent une 207 immatriculée dans le 94. ...
Son pilote, un jeune homme de Nogent-sur-Marne, tente de jouer franc jeu. Il tend aux fonctionnaires un paquet de cigarettes qui contient deux joints. Évidemment, cela aiguise la curiosité des intéressés. Dans le coffre, ils découvrent un carton fermé. Et dans le carton aussitôt ouvert, ils mettent la main sur deux sachets contenant au total 1,4 kg d'herbe de cannabis...
« J'avais vidé mes comptes et retiré 5 000 E », indique hier Vincent O., 20 ans, qui, jamais condamné, ajoute avoir vécu les deux jours les plus terribles de sa courte existence. « Je n'oublierai jamais la garde à vue, c'était vraiment dur... Plus jamais je ne recommencerai, plus jamais... » À la base, le jeune homme explique avoir investi dans la drogue pour sa propre consommation et aussi pour en retirer un bénéfice. « J'espérais faire 2 000 E. » Me Lecointre : « Tout à l'heure, devant le procureur, il était en pleurs, vous pouvez être certains que vous ne le reverrez jamais. » Les juges ont suivi les réquisitions du ministère public : trois mois ferme, mais sans mandat de dépôt.
FK. L.
Phénomène de société : des jeunes filles qui, venant de ce côté de la frontière, se prostituent en Belgique où les lois sont moins strictes. Avec, bien sûr, des proxénètes qui les incitent.
DIDIER SPECQ > didier.specq@nordeclair.fr
« Je ne savais pas que c'était interdit », explique benoîtement Nadia B. La jeune femme a commencé à se prostituer très tôt et, rapidement, elle a joué les « mères maquerelles » pour son mari, B. C'est du moins la thèse de l'accusation menée par le procureur Laurent Couderc. Aujourd'hui, elle se positionne en victime : « J'avais peur de lui et peur aussi de le perdre » , résume-t-elle. Et d'ajouter : « J'étais très jeune et très fragile. » C'est tout un roman que cette famille tourquennoise. Azzedine B., le père, était le patriarche et probablement le protagoniste principal. Mais le mandat d'arrêt lancé contre lui est resté vain : B. décède avant d'être interpellé !
Restent ses deux grands fils : Anis B. et Mohamed Chérif B., deux Tourquennois âgés respectivement de 25 et 26 ans, qui attiraient les filles. Béatrice, Marie-Bernadette, Séverine, Naïma, Cynthia, Cathy, Lætitia, Aurélie, etc. Elles sont nombreuses à être passées par les deux « bars montants » - le premier à Waregem (B), le second à Mouscron (B) - gérés officiellement par Nadia B.
Les hôtesses étaient recrutées par petites annonces et, hier encore à l'audience, il faut que le procureur insiste beaucoup pour que la jeune femme accepte de livrer le tarif des diverses prestations sexuelles proposées. « L'essentiel, c'était quand même la vente de boissons », répète Nadia B. avant de donner les tarifs et d'ajouter candidement : « On gardait systématiquement la moitié des sommes. »
Plusieurs années d'instruction
Les filles peu farouches étaient draguées en boîte de nuit voire abordées dans la rue par les frères B. Ceux-ci, beaux parleurs, les emmenaient ensuite dans les bars belges en BMW décapotables. Selon le réquisitoire écrit « certaines d'entre elles disaient avoir fait l'objet de menaces et de séquestration pour les contraindre à se prostituer ». Un point très contesté par les prévenus. Divers témoignages, dont un recueilli sous X., sont assez accablants. Aux frères B. et à Nadia B. s'ajoutent Aurélie A., 26 ans, une prostituée qui servait aussi de souteneur, et Mehdi D., 29 ans, un lieutenant des B.
Ceci dit, l'enquête et l'instruction, commencée voici plusieurs années, ont été si longues que les cinq prévenus ont tous retrouvé la liberté. Le procureur demande toutefois trois années de prison dont une avec sursis contre Nadia B., la prévenue principale en l'absence d'Azzedine B. Me Jérôme Pianezza, Me Laura Campisano, Me Guillaume Demarcq et Me Charles Lecointre, en défense, relativisent grandement. Jugement à la mi-juin.w




