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un déchaînement de violences racistes ?


vendredi 19.08.2011, 05:16 - La Voix du Nord


L'action se déroule samedi soir à Villeneuve-d'Ascq sous les yeux épouvantés ...

de quelques riverains. Rue Ampère, un jeune homme se fait littéralement « démolir » par une bande composée, selon eux, d'une quinzaine d'individus. Certains sont armés de bâtons et de barres de fer. On évoque même la présence d'un revolver. La police est avertie. Vers 0 h 45, quatre jeunes gens sont interceptés rue Yves-Decugis alors qu'ils rentrent chez eux.


L'un d'eux, M B., 21 ans, est formellement identifié par les témoins. Mais il nie. C'est aussi la position des trois autres, dont R K, 22 ans et (déjà) dix-neuf mentions sur son casier judiciaire. Ce dernier comparaît détenu. Ses trois comparses, tous étudiants, n'ont jamais été condamnés.


L'oeil cerné par un cocard déclinant un camaïeu du bleu au noir, la victime, qui a aussi des dents cassées, assure reconnaître Molami B. « Lui, je l'ai vu mais pas les trois autres car j'étais recroquevillé sur le sol et je fermais les yeux », raconte Brahim X. Les quatre prévenus assurent donc qu'il y aurait erreur sur les personnes. « On avait passé la soirée dans un snack du Triolo avant d'aller prier à la mosquée. »


« Un lynchage »


L'origine du passage à tabac de B X. demeure une énigme. Des représailles entre bandes ? Me David Pawletta, l'avocat de la victime, est lui certain d'une chose : « Mon client a été poursuivi et tabassé uniquement parce qu'il est un jeune Arabe. Il s'agit d'un lynchage au motif raciste opéré par des jeunes tous d'origine africaine. » La procureure partage le sentiment de la partie civile. Virginie Girard réclame, par conséquent, des peines de prison comprenant une partie ferme. Compte tenu de ses états de service, K risque carrément trois ans ferme.


Du côté de la défense, Mes Delphine Sion et Charles-Henry Lecointre s'organisent sur les doutes qui entourent l'identification des accusés. « Il n'existe aucun élément matériel incontournable sinon leur couleur commune de peau. » Au final, R K est condamné à deux ans plus une révocation d'un sursis antérieur d'un an. K N., M M. et M B. écopent eux de dix-huit mois dont douze avec sursis mais sans mandat de dépôt. *


FRÉDÉRICK LECLUYSE


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