« On sortait de la station de métro Sébastopol et, quand on est passé devant, on a vu que le cabinet médical était ouvert ». C'est ainsi que les cambrioleurs minimisent.
Pourtant, selon Me Marie Delommez qui se porte partie civile pour le cabinet médical de la rue de Roubaix à Tourcoing, ce cambriolage est plutôt catastrophique. Qu'on en juge : apparemment vers 22 h 30, ce lundi 28 novembre, des ordinateurs portables, deux clés USB, des trousseaux de clés disparaissent après que la porte ait été fracturée. « Les dossiers ont été mélangés, des documents d'échographie, des analyses sont introuvables actuellement » résume Me Marie Delommez. Et d'ajouter ironiquement : « À entendre les cambrioleurs, on a l'impression que, s'ils ont emmené deux clés USB qu'on a retrouvées sur eux, c'est pour les protéger des voleurs ».
Empreinte d'une semelle
Car, effectivement, c'est un peu la thèse des deux cambrioleurs présumés qui ont été rapidement interpellés par la police alertée. « C'était ouvert ! C'était déjà visité ! C'est la curiosité qui nous a poussés ! On n'a pris que dix euros, une pièce de monnaie mexicaine qui traînait et deux clés USB qu'on allait rendre ! » répète en boucle Amine Laouadi, un Roubaisien âgé de 22 ans. Son complice approuve.
La procureure Mathilde Defretin fait remarquer que, sur la porte défoncée, apparaît l'empreinte très nette d'une semelle de chaussure qui semble appartenir à l'un des deux prévenus. « Coïncidence étrange » note Me Delommez. « Ces traces appartiennent à une semelle de chaussure vendue à des milliers d'exemplaires dans la métropole et pas seulement à mon client » objecte Me Charles Lecointre.
« Dans cette zone de Tourcoing juste à côté, il existe des immeubles en travaux et rien n'empêche qu'auparavant dans la journée, d'autres personnes mal intentionnées soient intervenues dans ce secteur » insiste, pour le second prévenu, Me Clotilde Delehelle. Et d'ajouter : « Et les ordinateurs disparus ? Où sont-ils ? On n'a rien retrouvé dans les chambres de nos clients ». Quatre mois de sursis et un travail d'intérêt général de 140 h tombent sur Sofiane B., 18 ans et jamais condamné. Quatre mois de prison sanctionnent Amine Laouadi, déjà condamné.
Publié le jeudi 01 décembre 2011 Nord éclair, DIDIER SPECQ

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