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Extorsion sur plus pauvre

Le jeune homme à la santé mentale chancelante n'avait que 12 euros sur son compte bancaire. Le 20 décembre, le prévenu, aidé d'une complice lui prend 10 euros.


L'action se déroule non loin de la rue Solférino, à Lille, dans la soirée du 20 décembre. Éric Hoffman, 39 ans et souvent condamné, a mis à l'amende, en quelque sorte, un jeune homme isolé et peu performant mentalement. Motif : ce dernier, en portant plainte après une agression, l'a fait condamner ! La « créance » restant à payer semble s'élever, selon les enquêteurs, encore à 145 E.



Mardi, c'est l'agression : le prévenu veut faire retirer 20 E, à la billetterie de la Caisse d'Épargne, du compte de la victime. Il ne reste que 12 E. Qu'à cela ne tienne, l'agresseur se contente de 10 E !

Don volontaire

Une jeune femme baraquée, Océane A., âgée de 18 ans et jamais condamnée, semble avoir prêté main forte, dans des circonstances obscures, à l'agresseur principal. Me Anne-Claire Caron, qui la défend, va demander et obtenir sa remise en liberté sous contrôle judiciaire.

Reste Éric Hoffman qui demande le report et qui n'inspire visiblement pas confiance aux magistrats. Outre son casier judiciaire conséquent, la procureure Flavie Briche fait remarquer que le prévenu revendique cinq, quatre ou deux enfants dont il est incapable de donner les dates de naissance, que ses adresses sont bidonnées et qu'« il ne peut donner finalement que le numéro de portable de son cousin qui, lui, explique que le prévenu n'a pas d'enfant » . Le prévenu soupire : « Chez les nomades, c'est comme ça. » Il indique ensuite un « camping », comme il dit, de Lille. Bien sûr, le prévenu principal nie les faits et assure que les 10 E étaient un don volontaire de la victime qui a pourtant été frappée.

Les contes d'Hoffman n'ont pas convaincu la procureure qui demande la détention provisoire. Me Charles Lecointre, en défense, plaide la remise en liberté sous contrôle judiciaire avec interdiction de rencontrer la victime ou de fréquenter les abords de son foyer. Le prévenu, très énervé qu'on puisse lui faire porter seul le chapeau, donne pourtant l'impression de mentir comme un arracheur de dents. L'inévitable survient : le président Christophe Le Gallo annonce l'incarcération.


Paru dans Nord eclair, le 22 décembre 2011


DIDIER SPECQ


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