Ce qui est vrai pour les avocats, est vrai pour tous les indépendants, des sociétés ...
La différence, c'est que la gestion n'est pas dans la formation des avocats ;-)
Le blog de Maitre VIGUIER
L'effet yoyo, les avocats connaissent bien.
Nos charges sont calculées sur les années précédentes.
Quand une année le chiffre d'affaires est en baisse (pour cause de maladie, ou tout autre motif), il faut continuer à payer des charges devenues trop lourdes.
L'année qui suit, les charges sont plus faibles, car le bénéfice a été moindre, et le bénéfice explose.
Et ainsi de suite, l'année d'après les charges sont trop lourdes......
L'idéal serait toujours d'avoir un chiffre d'affaires en augmentation régulière, sans jamais de baisse.
Ce qui est vrai pour les avocats, est vrai pour tous les indépendants, des sociétés ...
La différence, c'est que la gestion n'est pas dans la formation des avocats ;-)
Pour avoir le droit d'utiliser librement son argent qui reste pour en vivre, assurer les réinvestissements nécessaires et prévoir les paiements de l'effet yoyo, celui qu'on est tenu de faire rentrer en recettes doit être "lavé" de tous les prélèvements obligatoires multiples et divers, fiscaux, sociaux, parafiscaux... avec les décalages de perception multiples et divers aussi.
Grosso modo lorsqu'on collationne ces prélèvements sur le montant total du "chiffre d'affaires" toutes taxes comprises (plus exactement des "recettes BNC") qu'il faut faire pour pouvoir faire touner le cabinet, le taux cumulé approche 80%.
Mais ce n'est pas ce que les règles comptables font apparaître.
Au contraire les règles comptables cachent la réalité, puisque depuis 1984 les comptabilités doivent être obligatoirement tenues hors taxes, alors qu'aucun de nos clients ne vient avec deux chèques, l'un du montant hors taxes correspondant aux honoraires qui pourrait être librement encaissé, et l'autre du montant de la TVA à mettre soigneusement sur un compte de tiers ; dans tous les cas nous sommes obligés de réclamer le paiement d'un prix total TTC, déterminé sur notre "valeur ajoutée" produite par nos neurones !
Si les cotisations sociales constituent des charges d'exploitations, elles ne sont pas des prélèvements fiscaux, même si leur perception obligatoire est en pratique plus drastique.
Les cotisations sociales que nous payons parce que nous employons des secrétaires et collaborateurs, c'est nous qui les payons intégralement.
La distinction entre la part patronale et la part salariale est une supercherie, puisque l'omission de paiement au titre du précompte est punie pénalement, et que l'employeur est seul tenu du paiement des éventuels rappels de cotisations salariales paronales et salariales en cas de contrôle des organismes collecteurs ; le code de la sécurité sociale dispose en son article L243-1 : "la contribution du salarié est précomptée sur la rémunération ou gain de l'assuré lors de chaque paye. Le salarié ne peut s'opposer au prélèvement de cette contribution. Le paiement de la rémunération effectué sous déduction de la retenue de la contribution du salarié vaut acquit de cette contribution à l'égard du salarié de la part de l'employeur."
Dans la réalité des faits l'employeur est donc seul à payer... Pour pouvoir donner 1000 (ou toute autre rémunération) à celui qui travaille pour lui, il lui faut donner approximativement autant, voire plus à un système "Madoff" (où les dernier rentrés sont sensés payer pour les premiers rentrés...) qui s'avère devenir de plus en plus un puit sans fond insatiable.
Et enfin n'apparaît pas non plus en comptabilité ce qu'il faut enfin payer encore : l'impôt sur le revenu ainsi que la CSG+CRDS.
Chose dont personne ne s'émeut c'est qu'en matière d'impôt sur le revenu (contrairement aux cotisations sociales) on paye l'impôt sur l'impôt puisqu'on ne peut pas déduire l'impôt payé de la base imposable de l'année au cours de laquelle l'impôt a été payé, et c'est à très peu de chose près la même chose pour la CSG+CRDS.
Tout ça pour dire que ce n'est pas l'effet yoyo qui cause préjudice, parce qu'un effet yoyo à raison de prélèvements obligatoires cumulés de 20 ou 30%, est gérable et digérable, mais avec un taux cumulé qui avoisine 80% ce n'est plus gérable.
C'est comme un bateau qui devrait naviguer avec les cales remplies d'eau à 80%, (imaginez alors quelle peut être sa flotabilité !) et devrait faire face à la grosse vague qui le prend de travers. Avec seulement 20% d'eau dans la cale même si ce n'est pas déjà forcément amusant, le bateau peut prendre sans souci la vague. Mais rempli à 80% il court forcément le risque de couler.
C'est sans doute la raison pour laquelle certains de nos confrères paraissent assez souvent éprouver le mal de mer... mais j'ai l'impression que peu se rendent compte pourquoi.
Rien n'est fait actuellement pour que ce mal de mer disparaisse, au contraire.
L'homme libre (au sens générique) dérange.
Merci de m'avoir permis d'emprunter ainsi votre blog.
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