Comme le rappelle trés judicieusement notre consoeur, il faut toujours avoir en tête les conséquences fiscales du choix de vie de nos clients.
Le Juge, pendant la procédure de divorce, accorde la jouissance gratuite du domicile conjugal, à titre de complément de pension alimentaire ou à titre de pension alimentaire, à la demande d'un époux, qui reste dans ce logement, quand la différence de revenus, un état de besoin, le justifie.
L'époux qui bénéficie de cette jouissance gratuite n'aura pas à payer d'indemnité d'occupation pour ce logement.
Sans cette jouissance gratuite, celui qui occupe le logement doit payer une indemnité d'occupation, comme un "demi-loyer" s'il est propriétaire par moitié du logement.
L'indemnité n'est pas à payer tous les mois comme un loyer, l'indemnité est payable au moment de la liquidation (le code civil prévoit qu'il est possible de demander un paiement provisionnel en justice ou à l'amiable).
Il faut préciser aussi que pendant la procédure de divorce, un époux peut demander une provision sur sa part de communauté, l'article 255 prévoit en son 7e que le juge peut notamment "accorder à l'un des époux des provisions à valoir sur ses droits dans la liquidation du régime matrimonial si la situation le rend nécessaire.
En pratique j'ai vu accepter cette demande si des fonds sont disponibles et que le demandeur est dans le besoin.
La jouissance gratuite est accordée au titre des mesures provisoires, elle cesse donc au moment où les mesures provisoires cessent de s'appliquer (quand le divorce devient irrévocable).
La loi du 26 mai 2004 a mis fin à une pratique très regrettable, les juges ne précisaient pas toujours si la jouissance était gratuite ou non, ce qui donnait lieu ensuite à des contestations de part et d'autre, l'incertitude est source d'injustice.
Désormais, le juge doit préciser si la jouissance est gratuite ou non.
N'oubliez pas les conséquences fiscales de la jouissance gratuite:
Pour le bénéficiaire de la jouissance gratuite du domicile, c'est un revenu imposable, il faut déclarer aux impôts, sur sa déclaration de revenus, l'avantage représenté par cette jouissance gratuite.
Par exemple, pour une valeur locative évaluée à 1 000 euros par mois, il faut déclarer 500 euros par mois, soit 6 000 euros pour un an.
L'autre époux peut corrélativement inscrire sur sa déclaration de revenus la même somme en charge.
Pour chiffrer la valeur locative dans votre déclaration fiscale, le mieux est de demander l'avis des impôts sur le montant que vous avez prévu d'inscrire.



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