humour (6)

avr.
30

La parabole du parapluie

  • Par catherine.pontierdevalon le
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Pour ceux qui ont eu le plaisir de faire du droit fiscal, et pour les autres aussi!!


Dans la libre République de Socratie dont la fiscalité décadente était devenue, comme la nôtre, parfaitement inapplicable à force de complexité, un parlementaire intelligent obtint certain jour un succès inouï qui, de la gauche à la droite, lui valut les ovations enthousiastes de tous ses collègues. Il venait d'exposer qu'il était possible de supprimer purement et simplement les 53 impôts et 448 taxes qui paralysaient l'économie socratienne et de les remplacer par une seule contribution dont le texte tenait en deux lignes :


Article 1er (et dernier) : « tout possesseur de parapluie devra acquiter une contribution annuelle de 1000 F. »


Durant la suspension de séance, l'auteur du projet fut joyeusement congratulé par ses amis et adversaires politiques, émerveillés d'un projet qui alliait heureusement la simplicité, l'équité, le réalisme et le rendement. Puis à la reprise, le Président du Conseil se leva de son banc, et aprés avoir éloquemment vanté les mérites du génial projet et adressé ses éloges à son auteur, il se fit l'interprète des scrupules du ministre des forces armées en demandant que l'on voulût bien, avant toute discussion au fond, déclarer solennellement que serait exonéré de toute taxe le parapluie de l'escouade. Tous votèrent comme un seul homme, à main levée, et la suite des débats fut remise à huitaine.


La semaine suivante le premier parlementaire qui apparut à la tribune était un membre de la gauche. Il demanda une réduction de taxe en faveur des parapluies de coton habituellement utilisés par les employés et ouvrières d'usine pour se rendre à leur travail. Le caractère professionnel du parapluie de coton apparut avec évidence à la majorité, malgré l'intervention d'un membre de l'extrême droite qui avait cru voir dans cet amendement une attaque dirigée contre l'industrie de la soie. Ce propos malheureux inspira à un nouvel élu de gauche une proposition tendant précisément à compenser la perte subie sur les parapluies de coton par une majoration sur ceux recouverts de soie et utilisés par les bourgeois dans leurs promenades, proposition qui fit rebondir la discussion.


Mais un membre de l'extrême gauche, faisant surenchère, déclara que le parapluie professionnel devait être exonéré totalement et non partiellement, car n'étant qu'un vulgaire pépin, on ne pouvait lui appliquer le vocable de parapluie. Il demanda une exonération analogue en faveur des économiquement faibles, des vieux travailleurs et des enfants des écoles et, on ne sut pas trop pourquoi une majoration sur les pépins qui traditionnellement, pendent au bras des flics en bourgeois.


Un représentant de la droite lui succéda à la tribune et obtint une réduction de 75% pour tout parapluie, de soie ou de coton, utilisé en guise de canne par les glorieux mutilés de la dernière guerre. On accéda ensuite au désir de la gauche d'obtenir le même avantage au profit des résistants.


Un autre parlementaire fit observer qu'un parapluie de coton pouvait être orné d'une poignée de prix qui, en augmentant sa valeur, le rendait plus précieux qu'un parapluie de soie. Il apparaissait donc qu'une taxe complémentaire et progressive devrait être déterminée et appliquée en fonction du prix de la poignée.


Un juriste demanda s'il y aurait transfert de la taxe dans le cas de cession d'un parapluie, si ce transfert de taxe devait s'opérer à l'amiable ou par l'intermédiaire de l'administration et, dans ce dernier cas, lequel du vendeur ou de l'acquéreur, devrait faire les démarches nécessaires. Un modéré fit par de ses scrupules : il lui paraissait juste d'exonérer partiellement les pauvres et de majorer légèrement les riches, mais il reprochait au projet de n'avoir pas prévu le cas des parapluies réparés et recouverts de neuf. Il proposa un taux dégressif tenant compte de la vétusté de l'engin et du nombre de réparation. Une commission, sitôt constituée, élabora en quelques jours un barème général qui comportait néanmoins 19 dérogations en plus ou en moins parmi lesquelles on notait :


- parapluie brisé par un cocu sur la tête d'un rival : 20 % de réduction sur la réduction prévue au barème ;

- parapluie brisé sur la tête d'un adversaire politique : 10 % de majoration sur la réduction prévue au barème (sur présentation de la carte du parti) ;

- parapluie brisé sur la tête d'un malandrin : 20 % de majoration (sur présentation du certificat de police).


Un autre député déclara qu'il ne lui paraissait pas équitable qu'un parapluie ayant déjà été frappé par de nombreuses taxes annuelles continuât, après la mort de son possesseur, à être taxé entre les mains de l'héritier direct. Il s'ensuivit une discussion assez vive à l'issue de laquelle le gouvernement, ayant posé la question de confiance, faillit être renversé.


A l'ouverture de la séance suivante, un parlementaire du département où se trouvait la plus grosse usine de parapluies, s'indignat que l'on songeât à détruire cette industrie en lui faisant injustement supporter tout le poids de la fiscalité socratienne. Il demanda quelles raisons interdisaient d'appliquer des taxes identiques aux imperméables. Cette intervention véhémente produisit une grosse impression et le principe d'une taxe sur les imperméables fut finalement votée à une majorité confortable.


Un autre parlementaire demanda alors quelles dispositions le ministre des finances entendrait prendre à l'encontre de ceux qui, ne portant ni parapluie ni imperméable, bafoueraient ouvertement les lois de la République. Ce propos lui valut les protestations indignés des députés paysans. Le suivant fit observer que, si il est vrai qu'un parapluie peut servir d'ombrelle, une ombrelle peut servir de parapluie. Il convenait donc d'envisager une taxe sur les ombrelles ; cela le fit traiter de mufle et de mysogine. Néanmoins, il obtint le vote d'une sévère pénalité à l'encontre des fraudeurs portant engin à usage mixte.


D'amendement en amendement, la discussion dura plusieurs semaines dans une Chambre de plus en plus nerveuse où l'on échangea d'abord des quolibets, puis des injures, enfin des coups.


Quand le projet fut voté, il comprenait 1245 articles. En gros, tout possesseur de parapluie ou d'imperméable devait être porteur d'une carte d'identité fiscale comportant d'un côté son état civil, sa photographie, ses empreintes digitales ; de l'autre côté la photographie (face et profil) du pépin ou de l'imper, sa date d'achat, son origine, son prix, sa description sommaire, le nombre de réparations, leur prix, l'adresse du réparateur etc. La carte prévoyait en outre l'inscription des déclarations annuelles faites au fisc, des paiements acquités au percepteur, des amendes encourues, des réductions obtenues et de leur motif, des mentions relatives aux cessions et successions, des objets du même type possédés par les différents membres de la famille, etc, le tout orné de cachets et tampons multiples qui rendaient la carte pratiquement indéchiffrable.


L'administration créa des brigades de vérification. Les unes furent composées d'experts en pépins, les autres, éminents spécialistes de l'imper. Mais leurs inquisitions successives soulevèrent de protestations chez ceux qui possédaient á la fois imper et pépin, que dans un but d'apaisement , un haut fonctionnaire des finances crut judicieux de constituer un corps d'inspecteurs d'élite á double compétence que l'on désigna de bivalents. Ces derniers, qui relevaient en une seule visite un nombre deux fois plus élevé d'infractions, firent de tels ravages qu'ils provoquèrent bientôt une véritable panique dans la population socratienne.


Enfin, un royaume voisin, gros exportateur d'imperméables, constatant la diminution de sa production due aux restrictions que s'imposaient les socratiens pour échapper à l'impôt éleva une protestation qui ne fut pas entendue. En manière de représailles, il dressa une barrière douanière à l'importation des tuyaux de pipe dont vivaient des milliers de socratiens. Il y eut débauchage et crise économique cruelle. C'est au bout de six mois seulement de ce régime fiscal qu'eut lieu en Socratie le coup d'Etat qui amena la chute de la République et l'avènement d'un dictateur : le Général Sabrocler.


(Extrait de l'ouvrage de René Macard, Garde à Vous, Fisc ! le Seuil -1955 - page 107)

mai
1

Vaches marseillaises

  • Par catherine.pontierdevalon le
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Ben vous pensiez quoi, qu'on n'avait pas nos vaches nous aussi?

avr.
22

Je suis de bonne...

  • Par catherine.pontierdevalon le
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Allez, je ne suis pas rancunière...quelques perles tout droit sorties de correspondances émanant de différents services des impôts, c'est de circonstance puisque nous allons bientôt recevoir le joli papier bleu annuel...



- Votre nom de famille doit obligatoirement commencer par les 2 chiffres du département.


- Vous nous dites ne pas bénéficier de revenus suffisants pour vous acquitter de cet impôt. Merci de faire le nécessaire pour trouver les revenus suffisants.


- Pour les chômeurs, joindre les bulletins de salaire.


- Pour les femmes mariées, préciser le sexe du conjoint.


- Les 10% supplémentaires sont à ajouter en moins.


- Pour une réponse plus rapide a vos courriers, contactez-nous par téléphone.


- Personnes hébergées gratuitement ou sans domicile fixe : indiquez l'adresse et le code postal.


- Nous ne comprenons pas l'intérêt que vous avez à déclarer d'importants revenus que vous n'avez jamais perçus.


- Pour toute modification du sexe de votre véhicule, se reporter à l'article f.


- Le tiers provisionnel n'est pas une suggestion de payer, mais un commandement.


- Nous sommes obliges de vous répondre affirmativement par la négative.


- Votre date de naissance n'est pas la même que celle de votre age.


- Votre dossier indiquant 57 enfants a charge, merci de rétablir la virgule.


- Ce total de 5 000 F étant à diviser par deux, le résultat est donc : 1 327,60 F.


- Votre profession n'étant pas référencée, merci de nous en trouver une autre.


- Merci de nous préciser si la date de naissance de votre conjoint est bien la même que celle de son décès.


- Votre lettre étant illisible, nous avons cependant procède aux modifications que vous nous réclamez dans ce courrier.


- A compter du 1er septembre, les guichets seront ouverts avant la fermeture. Le receveur sera absent de 13h30 jusqu'a son retour.



Ben, c'est pas gagné!!



mars
5

Insolite : Alcool et jalousie

  • Par catherine.pontierdevalon le
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1 - Un homme allemand a été contrôlé par les services de polices avec 1,66 gr d'alcool dans le sang.....alors qu'il circulait sur le trottoir dans son fauteuil roulant électrique (dont la vitesse maximale est de 6 km/h)!!!


Le Tribunal lui a infligé une interdiction de conduire son fauteuil roulant électrique pendant 3 mois, avec toutefois l'autorisation d'utiliser un fauteuil à propulsion mécanique....


2 - Une pin-up japonaise était poursuivie pour avoir endommagé la porte d'entrée du lieu où se trouvait son compagnon avec une tierce personne, occupé à faire ce que l'on imagine...Elle aurait, par ses coups, fait un trou dans ladite porte par lequel elle se serait introduite dans le lieu du "crime".


Elle a été relaxée, le Tribunal ayant été contraint de constater qu'en raison de son important volume mamaire, il était impossible qu'elle soit passée par le trou...


Source : LA PROVENCE du 5 mars 2007

févr.
13

Bêtisier..la suite...

  • Par catherine.pontierdevalon le
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Petit manuel à l'usage du justiciable qui veut divorcer (en réalité, extraits d'un dispositif d'un jugement de divorce) :



« ...Rappelle qu'en raison de l'exercice conjoint de l'autorité parentale, les pères et mères devront prendre d'un commun accord toutes les décisions importantes concernant la vie de leurs enfants communs et notamment les décisions relatives à :


- la scolarité et l'orientation professionnelle

- -les sorties du territoire national

- -la religion

- -la santé

- -les autorisations de pratiquer un sport dangereux


Rappelle que le parent chez lequel l'enfant réside effectivement durant une période où cette résidence lui a été juridiquement attribué (soit parce qu'il s'agit de la résidence habituelle de l'enfant, soit parce que celui-ci est un droit de visite et d'hébergement) est habilité à prendre toutes décision nécessitée par l'urgence telle qu'une intervention chirurgicale ou une décision relative à l'entretien de leurs enfants.....


...Précise que le fait pour un parent de ne pas remettre l'enfant au parent titulaire du droit de visite et d'hébergement ou pour le parent titulaire du droit de visite et d'hébergement de ne pas rendre l'enfant au parent chez lequel il réside constitue un délit punissable d'un an d'emprisonnement de 100 000,00 FRS (jugement de novembre 2006... !) d'amende, en vertu de l'article 227-5 du CODE PENAL.....


...Pour satisfaire aux prescriptions de l'article 465-1 du NOUVEAU CODE DE PROCEDURE CIVILE, rappelons qu'en cas de défaillance dans le règlement des sommes dues, le créancier de la pension alimentaire peut en obtenir règlement forcé en utilisant à son choix une ou plusieurs des voies d'exécution suivantes :

- paiement direct entre les mains de l'employeur

- -saisies (des rémunérations, des comptes, des meubles voire des immeubles)

- -recouvrement public par l'intermédiaire du Procureur


Précise qu'en outre le débiteur de la pension alimentaire qui ne payerait pas celle-ci encourt les peines des articles 227-3 et 227-9 du CODE PENAL soit :

- deux ans de prison

- -cent mille francs d'amende

- -l'interdiction des droits civiques, civils et de famille

- -la suspension ou l'annulation du permis de conduire.. »


Tout cela, en sus des mention habituelles et déjà fort explicites..


Je vous laisse imaginer le client affolé...et l'Avocat qui a du non seulement de fournir les explications d'usage, mais encore rassurer, non, il n'avait été condamné à aucune amende ni peine de prison...


Les mauvaises langues diront que les avocats n'expliquent pas les choses à leurs clients..voilà qui y met bon ordre!!


Nul n'est censé ignorer la loi, qu'on se le dise!!

févr.
8

Bêtisier : Le Concours!

  • Par catherine.pontierdevalon le
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Après avoir consulté le blog de notre consoeur Leraille, j'ai décidé de participer au concours du bêtisier le plus...avec quelques morceaux choisis :


Extrait d'une authentique correspondance adressée par une Association de locataires à un bailleur social concernant l'accès à une esplanade par un passage fermé à la circulation par une borne :


« Nous avons utilisé notre droit de passage....Or, après utilisation de votre bit, il s'avère que malgré notre insistance celle-ci ne peut plus se redresser... »


Qu'en pense l'armée israélienne (cf blog de notre confrère CROIZET)



Extrait d'un délicieux jugement concernant des troubles anormaux de voisinage (oui oui, cela est possible..):


« Attendu concernant les nuages de sable que le demandeur est mal venu à s'en prévaloir, par vent de Sud c'est le Sable du SAHARA, peut-être celui de COLOMB-BECHAR et des essais nucléaires français qui le perturbe, par vent du Nord –mistral par exemple, nul n'a eu connaissance d'un transfert des sables du GROENLAND , par vent d'Est, le demandeur aurait été avisé d'indiquer au Tribunal, pour ne pas tromper sa religion, si ce vent exceptionnel n'est pas accompagné de pluies fixant au sol les poussières du chargement de sables. »


No comments.


Enfin, extrait d'un soit communiqué adressé à votre servante et qui m'a laissée perplexe:


«Maître, en raison de la participation de M.......à la cession (sic) de la Cour d'Assises qui aura lieu dans la semaine du 24 au 30 novembre 2003, la présente affaire prévue à l'audience du mardi 16 décembre 2003 sera reportée à l'audience du mardi 10 février 2004. »



A vos archives!


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