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QUELLE LOI POUR DEMAIN : LA PENSION DE REVERSION ENTRE PACSÉ/ES

  • Par caroline.mecary le
    (mis à jour le )
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Il était une fois


Appelons les Danièle et Jacqueline, toutes deux fonctionnaires. En 1970, elles se rencontrent sur leur lieu de travail. C'est le coup de foudre : elles décident malgré l'époque de vivre ensemble et ensemble elles élèvent les deux enfants que Jacqueline a portés et qu'elles ont souhaités ensemble.


Les années passent, elles cheminent ensemble, achète une maison, voyagent et dès que cela leur est possible, officialisent leur concubinage, au bout de trente ans, en concluant, quelques semaines après la loi du 15 novembre 1999, un pacte civil de solidarité.


Alors que les deux femmes coulent des jours heureux en bénéficiant de leurs retraites, l'idylle est brutalement interrompue par le décès de Jacqueline quatre ans plus tard.


Danièle fait deux choses : en premier lieu elle demande à adopter, dans le cadre d'une adoption simple, les deux enfants de sa compagne ; demande qui sera accordée en 2004 par le tribunal de grande instance; en second lieu, Danièle sollicite le bénéfice de la pension de reversion de sa compagne, qui est fonctionnaire


La réponse intraitable de l'administration : la demande est rejetée


Danièle revient à la charge et demande à nouveau le bénéfice de cette pension dont elle aurait bénéficié si elle avait été mariée avec Jacqueline…...


Le service des pensions, a rejeté, à nouveau, en avril 2009, la demande en indiquant que seul le conjoint survivant pouvait bénéficier de cette pension.


La loi ne peut être fondée sur des présupposés discriminatoires


L'examen de tous les textes applicables à la situation exposée (et pas uniquement le code des pensions civile et militaire) permet de dégager ce que devrait être la Loi de demain.


Le texte applicable aux pensions civile et militaire retraite prévoit aujourd'hui que le bénéfice de la pension de reversion est réservé au conjoint survivant (article L 2 du code des pensions civiles et militaires).


S'il présente une apparente légalité, ce texte ne devrait pas recevoir application, car il viole manifestement des dispositions issues de l'union Européenne et du Conseil de l'Europe.


D'une part, la directive 2000 /78 du Conseil de l'Union Européenne, en date du 27 novembre 2000, crée un cadre général en faveur de l'égalité de traitement en matière d'emploi et de travail qui prévoit notamment que « d'établir un cadre général pour lutter contre la discrimination fondée sur la religion ou les convictions, lehandicap, l'âge ou l'orientation sexuelle, en ce qui concerne l'emploi et le travail, en vue de mettre en oeuvre, dans les États membres, le principe de l'égalité de traitement »(article 1er ) et qui s'applique notamment aux conditions d'emploi et de travail, y compris les conditions de licenciement et de rémunération. Elle a été transposée en droit interne.


D'autre part, les dispositions des articles 8 et 14 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme garantissent le droit de chacun à avoir une vie privée et familiale sans traitement discriminatoire . Ajoutons que l'article 1er du protocole 1 à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que :


« Toute personne physique ou morale a droit au respect de ses biens. Nul ne peut être privé de sa propriété que pour cause d'utilité publique et dans les conditions prévues par la loi et les principes généraux du droit international ».


L'arrêt Maruko du 1er avril 2008


La Cour des Communautés Européennes s'est prononcée sur la légalité d'un refus de verser une pension de reversion au partenaire survivant allemand (CJCE, Tadao MARUKO c. Versorgungsanstalt der deutschen Bühnen, 1er avril 2008, n°C-267/06)


La CJCE a, dans cette affaire, jugé que la directive 2000/78 devait s'appliquer lorsque deux conditions sont remplies :


- La pension de réversion prévue par le code des pensions civiles et militaires constitue une rémunération au sens du droit communautaire

- La situation du partenaire survivant est comparable à celle du conjoint survivant au regard de la pension de réversion.


Ces deux conditions sont remplies dans la situation française ; d'une part, il ne fait pas de doute que la pension de réversion des fonctionnaires civils et militaires est une rémunération au sens du droit communautaire et d'autre part la situation du partenaire pacsé survivant est comparable à celle du conjoint survivant


La délibération de la Halde du 19 mai 2008


C'est d'ailleurs pour cette raison que la HALDE a, dans une délibération du 19 mai 2008, considéré que la différence de traitement, en matière de pension de réversion, entre partenaire survivant et conjoint survivant n'était pas justifiée


La loi de demain


C'est pourquoi l'article L2 du code des pensions civiles et militaires devrait être rédigé de la manière suivante :

« Ont droit au bénéfice des dispositions du présent code :

1° Les fonctionnaires civils auxquels s'appliquent les lois n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires et n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, relatives aux titres Ier et II du statut général des fonctionnaires ;

(…)

4° Leurs conjoints survivants et leurs orphelins.

5° Leurs partenaires survivants »


De la même manière, il n'y a pas lieu de réserver cette modification législative aux seuls fonctionnaires civils et militaires, il convient de l'étendre à tous les salariés en modifiant les articles suivants du code de la sécurité sociale :


L353-1 « En cas de décès de l'assuré, son conjoint survivant ou son partenaire survivant a droit à une pension de réversion à partir d'un âge et dans des conditions déterminés par décret si ses ressources personnelles ou celles du ménage n'excèdent pas des plafonds fixés par décret »


L353-2 : « Lorsqu'un assuré, titulaire d'une pension ou d'une rente de vieillesse du régime général de sécurité sociale, a disparu de son domicile et que plus d'un an s'est écoulé sans qu'il ait réclamé les arrérages de cette prestation, son conjoint ou son partenaire survivant peut obtenir, à titre provisoire, la liquidation des droits qui lui auraient été reconnus en cas de décès de l'assuré.


Lorsqu'un assuré, non encore titulaire d'une pension ou d'une rente de vieillesse, a disparu de son domicile depuis plus d'un an, son conjoint ou son partenaire survivant peut également obtenir, à titre provisoire, la liquidation des droits qui lui auraient été reconnus en cas de décès de l'assuré.


La liquidation provisoire des droits du conjoint ou son partenaire survivant devient définitive lorsque le décès est officiellement établi ou lorsque l'absence a été déclarée par jugement passé en force de chose jugée.


L 353-3 « Lorsque l'assuré est remarié, la pension de réversion à laquelle il est susceptible d'ouvrir droit à son décès, au titre de l'article L. 353-1, est partagée entre son conjoint survivant et le ou les précédents conjoints divorcés et le ou les partenaire survivants au prorata de la durée respective de chaque mariage. Ce partage est opéré lors de la liquidation des droits du premier d'entre eux qui en fait la demande. »


Voilà ce que devrait être la Loi de demain





7 commentaires

le temps qui passe

  • Par Dixmier le

La "loi de demain" ...quand on a que 30 ans, ça va... on a encore de la patience car le décès du conjoint est en théorie encore loin.

En revanche, "un vieux couple" doit ressentir cela comme un besoin urgent. Ils ne veulent pas attendre "demain" pour être protégés.


Quid? Un couple de même sexe de nationalité autre que française, marié dans un Etat qui le permet, effectue une partie de leur carrière respective en France où ils prendront leur retraite. L'un décède. Y a t il réversion de la retraite versée par les caisses françaises?


RE: le temps qui passe

  • Par caroline mécary le

1. La mort peut survenir à tout âge y compris malheureusement à 30 ans.

2. si les membres d'un couple sont de la nationalité d'un pays qui reconnait le mariage entre personnes de même sexe alors ce mariage est en principe reconnu en France et donc, il devrait y avoir pension de reversion.


Même MARIAGE REPUBLICAIN

  • Par Têtuniçois le

Vouloir donner plus de droits au PACS , c'est retarder l'ouverture du MARIAGE républicain aux couples homosexuels .

Le gouvernement pourra toujours répondre que le pacs amélioré donne les mêmes droits ( ce qui aboutirait à une union civile ) .

Or la droite homophobe ne veut surtout pas que les couples homosexuels puissent avoir accès au MARIAGE . Le mariage républicain est "leur" propriété , c'est leur privilège de la caste "supérieure" des hétérosexuels .

La caste "inférieure" des homosexuels ne devrait pas y avoir accès selon eux .


Pourtant l'identité nationale c'est l'EGALITE et l'égalité c'est le même mariage républicain pour les couples homos et les couples hétéros .

Non à une union civile communautariste .


Manifeste pour l'égalité

  • Par Têtuniçois le

Le Mouvement pour l'Égalité, Maintenant ! (MÉM !) a pour objectif de promouvoir l'égalité des droits au mariage civil et à l'adoption par les couples de même sexe, à travers une campagne de sensibilisation et d'information. Porté par une aspiration citoyenne, il n'est en rien communautariste et entend rassembler sans aucune distinction, toutes celles et tous ceux qui partagent la même notion d'égalité.

MANIFESTE DU MOUVEMENT POUR L'ÉGALITÉ, MAINTENANT !


L'article premier de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen dispose que «les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits». Pourtant, alors que dans un souci d'équité et de justice, de plus en plus de pays à travers le monde légalisent le mariage et l'adoption pour les couples de même sexe, la France, berceau des Droits de l'Homme, perpétue une discrimination à l'égard des homosexuels. «Liberté, Égalité, Fraternité», s'enorgueillit notre République. Mais où est la Liberté quand la loi interdit à un couple qui s'aime de se marier ? Où est l'Égalité quand le droit autorise à certains ce qu'il refuse à d'autres ? Où est la Fraternité quand toutes les familles ne jouissent pas de la même protection ?


Engagement laïc, le mariage civil est, contrairement au mariage religieux, le seul mariage reconnu par la loi française, et ce depuis 1792. Aucun principe républicain ne peut justi?er que les couples homosexuels en soient privés. L'homosexualité n'est pas un choix, se marier doit en être un pour tous les couples qui le désirent. Même si le Pacs instauré en 1999 fut un premier pas vers la reconnaissance o?cielle des couples de même sexe, il reste, comparé au mariage, très insu?sant en matière de droits et de devoirs. En outre, aucun Pacs, union civile ou autre formalité administrative, ne symbolisera jamais l'amour entre deux êtres avec autant de force que le mariage. En exclure les couples homosexuels infériorise non seulement leur sentiment amoureux, mais nie aussi leur aptitude à fonder une famille. Cette marginalisation légitime de fait une citoyenneté de seconde zone, qui entretient dans l'inconscient collectif une homophobie latente aux conséquences trop souvent dramatiques.


Mettons ?n à l'hypocrisie qui prétend vouloir lutter contre le ?éau de l'homophobie sans s'attaquer à l'une de ses causes principales qu'est l'inégalité devant la loi. Mettons ?n à cette idée reçue selon laquelle les homosexuels n'auraient aucune vocation à vivre en couple et à élever des enfants. Pensons à ces familles homoparentales qui partagent leur vie sans avoir les mêmes droits ni la même protection que les autres. Pensons à l'idéal républicain, et mettons ?n ensemble à cette injustice qui entache l'honneur de notre pays. Seule une mobilisation citoyenne de grande ampleur, dépassant toutes communautés et tous clivages, forte d'un soutien médiatique, culturel, économique et politique, conduira les pouvoirs publics à l'abolition de cette discrimination.


Que le droit au mariage et à l'adoption soit en?n accordé aux couples de même sexe : voilà notre appel, voilà notre engagement, voilà l'exigence du Mouvement pour l'Égalité, Maintenant !

MÉM !

Maison des Associations du 1er

Forum des Halles Cidex n° 209

75045 Paris Cedex 01


contact@mouvementegalite.org


demander prejudice

  • Par flausino le

je pense qu'il y aurait moyen d'attaquer pour discrimination.


en effet le couple homosexuel est pris en compte quand il s'agit de payer ses impots ou autres ils participent également a l'économie du pays.


pour les impots notamment le statut de "couple"est pris en compte pour payer ces derniers.la definition du mot couple ne pose pas de probleme pour ce cas la !


idem pour les prestations et surtout les allocations vieillesses les revenus du couple homosexuel est pris en compte pourquoi ne le serait il pas pour la pension de reversion?


le couple homosexuel est un couple comme un autre et ne doit pas etre juste un portefeuille de substitution.


je pense qu'il faut agir


cordialement


Rente " conjoint "

  • Par BRETON le

Mon ami avec qui j'étais pacsé est décédé l'année dernière... sa caisse de retraite prévoit une rente "conjoint" , je suis donc exclu ! puis je exercer un recours car beaucoup de caisse donne cette rente indifféremment aux pacsés , conjoints ou concubins ?

Merci ,


RE: Rente " conjoint "

  • Par caroline mecary le

Bonjour



Si vous voulez me consulter, il faut me contacter sur l'émail suivant : caroline.mecary@wanadoo.fr


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