mars
20

QUELLE LOI POUR DEMAIN ? L'OUVERTURE DU MARIAGE À TOUS LES COUPLES

  • Par caroline.mecary le
  • Dernier commentaire ajouté

Il était une fois


C'est l'histoire de Stéphane CHAPIN et de Bertrand CHARPENTIER, qui se sont rencontrés en mai 2001 et ne se sont pas quittés depuis.


En janvier 2004, l'agression particulièrement ignoble d'un gay dans le nord de la France a conduit Didier ERIBON et Daniel BORILLO à lancer le « Manifeste pour l'Egalité » publié dans Le Monde du 31 mars.


Noel MAMÈRE, maire de Bègles et député, est signataire de ce manifeste.


Conformément à la position des Verts sur cette question du mariage pour tous, il annonce qu'il est prêt à célébrer le mariage d'un couple d'homosexuels demeurant à Bègle, qui le demanderait.


Les démarches préalables à la célébration


C'est ainsi que courant mai 2004, Stéphane CHAPIN et Bertrand CHARPENTIER ont déposé un dossier de demande de mariage auprès des services de l'État civil de la mairie de Bègles (Gironde).


Le 25 mai 2004, l'officier d'état civil de la mairie a publié les bans.


Le 27 mai, le Procureur de la République a fait signifier une opposition aux futurs mariés ainsi qu'à l'ensemble des officiers d'état civil de la commune.


La célébration du mariage le 5 juin 2004


Le 5 juin 2004, à 11h00 du matin, l'officier d'état civil de la mairie de Bègles a célébré le mariage civil de Stéphane CHAPIN et Bertrand CHARPENTIER.


L'acte de mariage énonçant « ils ont déclaré l'un et l'autre vouloir se prendre pour époux » a été dressé le 5 juin 2004 à 11h00.


La procédure judiciaire


Le 15 juin 2004, le ministère public a fait délivrer à Stéphane CHAPIN et à Bertrand CHARPENTIER une assignation à jour fixe pour le 29 juin 2004 (du jamais vu quant à la célérité de l'institution judiciaire : on aimerait bien que ce soit pareil en cas d'agression par exemple...)


Cette assignation n'était pas accompagnée de la requête d'assigner à jour fixe et de l'autorisation du président du tribunal de grande instance.


Le 22 juin 2004, le ministère public a fait délivrer une nouvelle assignation à jour fixe pour l'audience du 29 juin 2004.


Le 27 juillet 2004, le Tribunal de grande instance de Bordeaux a jugé que le mariage des requérants célébré le 5 juin 2004 devait être annulé en raison de l'identité de sexe.


Stéphane et Bertrand ont interjeté appel de ce jugement.


La Cour d'appel de Bordeaux, par un arrêt en date du 19 avril 2005, a confirmé le jugement et a ordonné l'annulation de l'acte de mariage, avec transcription en marge de cet acte et de l'acte de naissance des intéressés, tout en soulignant la qualité de l'argumentaire des époux.


Le 27 juin 2005, Stéphane CHAPIN et Bertrand CHARPENTIER ont formé un pourvoi en cassation.


Par un arrêt en date du 13 mars 2007, la Cour de cassation a jugé dans un attendu de principe :


« Mais attendu que, selon la loi française (laquelle ?), le mariage est l'union d'un homme et d'une femme ; que ce principe n'est contredit par aucune des dispositions de la Convention européenne des droits de l'homme et de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne qui n'a pas en France force obligatoire ».


C'est dans ce contexte de faits et procédure que la Cour européenne a été saisie, les voies de recours internes ayant été épuisées.


Aucun texte en droit positif interne ne définit le mariage comme l'union d'un homme et d'une femme


Le Code civil


Au moment du mariage en juin 2004, l'article 144 du Code civil disposait que : « L'homme avant dix-huit ans révolus, la femme avant quinze ans révolus, ne peuvent contracter mariage », c'est-à-dire qu'il se borne à garantir aux hommes et aux femmes un âge à partir duquel il est possible de se marier, sans définir le mariage.


L'article 75 du Code civil relatif à l'échange des consentements emploie les termes de « mari et femme », mais il ne définit pas non plus expressément le mariage comme une union entre un homme et une femme.


Depuis la loi du 4 avril 2006, l'article 144 du code civil dispose : « l'homme et la femme ne peuvent contracter mariage avant l'âge de dix-huit ans », ce qui ne change rien quant à l'absence de définition du mariage qui n'existe toujours pas.


Il n'y a donc pas dans le Code civil une définition du mariage comme étant l'union d'un homme et d'une femme.


La construction jurisprudentielle


La définition du mariage comme étant l'union d'une femme et d'un homme résulte d'une construction jurisprudentielle datant XIXème siècle élaborée à partir de cas d'hermaphrodisme ou d'impuissance, qui n'a jamais été codifiée (Cour de Cassation 6 avril 1903).


Les normes de valeur constitutionnelle


Parallèlement les normes de valeur constitutionnelle françaises imposent le respect du principe d'égalité de tous devant la loi et consacrent la liberté fondamentale de l'accès au mariage.


D'une part, la Constitution du 4 octobre 1958, article 1er rappelle que « La France est une république indivisible, laïque, démocratique et sociale, elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens (...) » tandis que la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789, déclare que « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit » (art 1).


Parallèlement, par une décision du 13 août 1993, le Conseil Constitutionnel a consacré la valeur constitutionnelle de la liberté du mariage, en tant que liberté fondamentale, composante de la liberté individuelle.


Les articles 8, 12 et 14 de la Convention européenne des droits de l'homme ne sont donc pas été respectés par la décision de la Cour de cassation


L'article 8 stipule que :


« 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (...)


2. Il ne peut y avoir une ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire (...) à la protection de la santé ou de la morale ou, à la protection des droits et liberté d'autrui ».


Selon l'article 12 de la Convention :


« A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme ont le droit de se marier et de fonder une famille selon les lois nationales régissant l'exercice de ce droit ».


L'article 14 stipule quant à lui que :


« La jouissance des droits et libertés reconnus dans la présente convention doit être assurée, sans distinction aucune, fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l'origine nationale ou sociale, l'appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation ».


La restriction apportée à un droit dont l'exercice est garanti par la Convention est strictement réglementée.


La marge d'appréciation des États pour régir et/ou restreindre l'exercice des droits garantis par les articles 8, 12 et 14 est strictement encadrée par la Convention et la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme, de sorte que sur le plan juridique, il ne fait pas de doute que restreindre l'accès au mariage civil constitue une discrimination fondée sur l'orientation sexuelle, prohibée par l'article 14 et qui porte atteinte aux droits de chacun de se marier (art 12) et d'avoir une vie privée et familiale (art 8).


La loi de demain


C'est pourquoi l'article 144 du code du code civil devrait être rédigé de la manière suivante :


« L'homme et la femme ne peuvent contracter mariage avant dix-huit ans révolus. Le mariage peut être célébré entre deux personnes de sexe différent ou de même sexe ».


Voilà ce que devrait être la Loi de demain.


Voir le site de la fondation Copernic : http://www.fondation-copernic.org qui a organisé le 23 février 2010, une réunion de toutes les composantes de la gauche autour du thème « Homos, hétéros, mêmes droits, même Loi » vidéos à l'appui.


Cet article est aussi publié sur le site de Yagg



28 commentaires

Courage pour tout !!!

  • Par LT25 le

Il est évident que cet article 144 du Code Civil tel qu'il est actuellement est une aberration.


En plus, il ne parle que de CONTRACTER mariage, ce qui n'empêche pas que le Ministère Public puisse s'y référer pour empêcher une “transsexuelle” mariée depuis bientôt 40 ans (et, en la circonstance, déjà opérée) d'obtenir son changement “de sexe” à l'état civil, alors que son intérêt légitime avait été reconnu sans problème lors de son changement de prénom deux ans auparavant, et qu'aucune des deux conjointes n'a la moindre intention de divorcer !...


Et ce malgré un arrêt de la Cour d'Appel de Caen, daté du 12 Juin 2003, selon lequel:

“(...) Il convient d'observer, tout d'abord, que le mariage en question (dont il n'y a pas lieu, au demeurant, d'apprécier, dans le cadre du présent recours, la validité), n'a pas été contracté entre transsexuels ou entre individus de même sexe puisque le requérant n'avait pas alors achevé sa transformation sexuelle (physiquement et juridiquement parlant).

Force est de constater en outre que ce mariage antérieur n'a pas d'incidence sur le droit du requérant à obtenir la modification de son état civil dès lors que celle-ci ne peut avoir d'effet que pour l'avenir.

Contrairement au premier juge, la Cour considère enfin que l'ordre public, qui tend à faire prévaloir le respect des droits individuels sur la défense des institutions, et qui accepte que le transsexualisme puisse justifier la rectification de l'état civil, n'est pas affecté et troublé par la coexistence chez une même personne, à un moment donné, d'une appartenance au sexe féminin et du statut de conjoint d'une femme”


Cet arrêt, pour lequel le Ministère Public ne s'est pas pourvu en cassation, bien que resté isolé (hélas) montre bien qu'aujourd'hui en France, deux personnes légalement de même sexe peuvent fort bien être unies par le mariage! qui n'avait été contracté qu'un an auparavant !


Sans doute l'avancée attendue par votre requête devant la CEDH permettra aussi, Maître, qu'on arrête de prétendre que le PACS et le mariage sont équivalents, et que, pour le cas des “trans”, la sixième recommandation du Commissaire Hammarberg

( https://wcd.coe.int/com.instranet.InstraServlet?command=com.instranet.CmdBlobGet&InstranetImage=1370638&SecMode=1&DocId=1458356&Usage=2 )

puisse être suivie d'effet !


quand?

  • Par ffecsa le

Quand est ce que la cedh rendra t elle son arret? 2010, 2011, 2012 ou celà peut il etre encore plus long?


RE: quand?

  • Par caroline mécary le

Je pense entre 1 à 2 ans encore d'attente. Cordialement.


RE: quand?

  • Par ffecsa le

L arret "Schalk et Kopf c. Autriche" est il devenu définitif? Si oui n´est ce pas "perdu d´avance" pour les mariés de Bègles?


Que pensez vous de la saisie du conseil constitutionel par un couple francais? Une réponse négative de celui ci ne scellerait t il pas l´ouverture du mariage pour les couples de meme sexe à l´instar de ce qui pourrait se passer aux USA avec la cour suprème?


RE: quand?

  • Par ffecsa le

voilà un an de passé , rien de nouveau pour les mariés de Bègles?


en attente de me marier - mais pas dans un DOM TOM

  • Par Croisade le

il sera difficile de faire accepter cette loi dans les DOM TOM

la religion fait obstacle aux mentalites

je reste dans les starting-blok pour me marier avec mon partenaire de PACS

je me sentirais parfaitement francais lorsque j-aurais les memes droits que les heterosexuels et oui - absolument oui...

pour ma part je prefere me marier dans une ambassade francaise une fois que la loi sera promulguee - desole pour les fautes je suis dans un cyber a l-etranger


Caroline : que la force soit avec toi....!


RE: en attente de me marier - mais pas dans un DOM TOM

  • Par caroline mecary le

Je ne manque pas de force mais tout soutien est le bienvenu. Bien sur que faire changer les lois et plus encore le regard est un chose incroyablement difficile mais je sais que c'est possible : c'est une question de temps.


RE: Pousser, toujours pousser...

  • Par LT25 le

J'ai écrit ce jour ce qui suit au Sénateur Roger MADEC, qui avait récemment posé une question écrite au gouvernement, à laquelle la Ministre de la Justice a répondu (JO du 25/3, page 62)


Monsieur le Sénateur,

J'ai lu avec beaucoup d'intérêt, sur votre blog, datée du 26 Mars, la teneur de la réponse qui vous a été faite par Mme ALLIOT MARIE, suite à votre question du mois de Septembre 2009.

Cette réponse est, en soi, fort intéressante.

Je vous serais très reconnaissante si vous pouviez envisager de poser une autre question, en fonction du problème que je vous expose ci-dessous.

Je suis moi-même "femme d'origine non génétique", mais opérée depuis deux ans maintenant.

Je suis reconnue comme femme par toutes les administrations, depuis le Ministère qui m'emploie (je suis professeure, dépendant du Ministère de l'Agriculture) jusqu'à mes caisses de retraite ou de sécurité sociale (j'ai obtenu mon NIR en tant que femme 2 50 [...] en fournissant à la fois la délibération 2008-190 de la HALDE et l'attestation sous serment du chirurgien qui m'a opérée), et, pour continuer la pratique sportive en compétition, un médecin assermenté m'a même délivré après examen détaillé, le certificat médical nécessaire, et ce sans aucune difficulté, ayant pris connaissance de mes analyses hormonales notamment.

Pourtant, bien que mon intérêt légitime pour me prénommer [...] ait été jugé sans contestation il y a maintenant trois ans, lorsque j'ai voulu faire rectifier mon "M" en "F" sur mon passeport, ceci nécessitant un nouveau jugement, cela m'a été refusé, au seul motif que je suis MARIEE (depuis [...]ans cette année) et que ni ma conjointe ni moi-même n'avons la moindre intention de divorcer.

Quand nous nous sommes mariées, en [...], j'étais bien un homme, je ne le conteste pas, et pas davantage que je suis né homme, ma fille, née en [...], étant d'ailleurs là pour le prouver. D'où la stupidité qui voudrait faire en sorte de m'obliger à changer mon acte de naissance (ce que je n'exige pas) pour obtenir la rectification sur mon passeport.

Les arguments du Ministère Public, qui ont été repris par le Tribunal sont constitués par le seul point: cela créerait un mariage homosexuel !

Celui-ci se contente, en s'ingérant sans vergogne dans notre vie PRIVEE, de prétendre que j'aurais dû "aller jusqu'au bout de ma démarche" (c'est-à-dire divorcer, et sans doute me remarier avec un homme... comme tout le monde !) et de rappeler que le PACS existe pour ce genre de cas, alors que celui-ci n'est en aucun cas aussi protecteur que le mariage (ne serait-ce que pour la question des reversions..)

Nous ne divorcerons pas. Si nous avions dû le faire, nous l'aurions fait il y a longtemps (et ce n'est pas par conviction religieuse ou autre..)

Un cas semblable a déjà été jugé en 2003 par la Cour d'Appel de Caen, (dont on trouvera des éléments dans [...] et a permis le changement de sexe à l'état civil de la personne, tout en restant mariée avec une femme.

A cette occasion, le Parquet ne s'est pas pourvu en cassation, craignant sans doute que la Cour de Cassation ne confirme le jugement de la Cour d'Appel, et que cela crée une jurisprudence !

J'ai fait appel à la HALDE qui m'a répondu simplement qu'elle ne voyait pas là de discrimination !

Pourtant, cette discrimination évidente a été relevée par le Commissaire aux Droits de l'Homme du Conseil de l'Europe Thomas Hammarberg (qui a été tenu informé de mon cas) et qui, dans son document thématique "Droits de l'Homme et Identité de Genre" de Juillet 2009, en a fait l'objet de sa sixième recommandation.

Par conséquent, je vous serais très reconnaissante si vous pouviez interpeller la Ministre de la Justice sur cette question, en soulignant que ce qu'elle vient de conclure par la réponse qu'elle vous a faite le 25 Mars s'appliquerait tout aussi bien à la situation des personnes transgenre mariées, a fortiori lorsque la transformation est irréversible et parfaitement reconnue par tous... sauf par la Justice !

Il va de soi que mon réel espoir est que la gauche gagne les élections en 2012 et que rapidement la Loi permettant le mariage homosexuel soit promulguée, mais dans l'attente, une mesure dérogatoire, qui ne concerne sans doute qu'une poignée de couples dans l'hexagone, et qui ne met en aucune façon en péril "l'ordre public" serait très bienvenue !

Je suis à votre disposition pour tout complément qui vous serait éventuellement nécessaire, et, en vous remerciant à l'avance, je vous prie de recevoir, Monsieur le Sénateur, l'expression de ma considération...

[...]


RE: le lien sur la question / réponse au Sénateur MADEC

  • Par LT25 le

question relative à un mémoire

  • Par maire nicolas le

bonjour, maître, je suis actuellement en Master 2 DPG au sein de l'université de nancy 2, je réalise un mémoire sur le pacs. ayant mon plan en tête, je souhaite vous posez quelques questions, pour avoir une vision plus réaliste de la réalité. en effet, beaucoup d'universitaires ont publié sur le Pacs leur avis, mais je pense que le votre est primordial vu les affaires médiatiques que vous traitez et vu votre ouvrage le pacs 2010 que j'ai par ailleurs acheté.


je souhaiterais vous demander si vous êtes pour ou contre une signature du pacs chez le notaire pour bien que les partenaires se rende compte de la portée de leur engagement


cordialement Mr Maire


?

  • Par babeil le

Madame Mécary,


Vous dites qu'aucun article du code civil ne mentionne expressément que le mariage est l'union d'un homme et d'une femme. Dans ce cas, pourquoi vouloir modifier la loi si les couples de même sexe ont le droit de se marier en l'état actuel des choses?


De plus, vous affirmez que limiter le mariage à l'union d'un couple de sexes différents constitue une discrimination fondée sur l'orientation sexuelle. Or, selon une de mes amies avocate non militante, la discrimination n'est avérée que si le code civil mentionne expressément l'exclusion de la population homosexuelle du droit au mariage, ce qui n'est pas le cas. En effet, les homosexuels ont accès au mariage au même titre que les hétérosexuels, un gay et une lesbienne pouvant épouser une personne de sexe opposé. L'égalité défendue quelle que soit la constitution est seulement une égalité de droit, donc une égalité théorique et non une garantie ni une égalité de faits. Par conséquent, d'après ce qu'elle m'a expliqué, le mariage défini comme l'union d'un homme et d'une femme n'est pas en opposition avec cette notion d'égalité.


De plus, en supposant que vous ayez raison, envers et contre tous, avocats, magistrats, juges, législateurs, comment expliquez vous qu'aucun homosexuel français, aucune association homosexuelle accompagnée d'un avocat n'ait jamais pensé à épuiser toutes les procédures internes et européennes depuis des décennies, quelle que soit l'hypothèse invoquée dans votre note:

-soit la législation française sur le mariage est anti-constitutionnelle, contraire aux droits de l'homme et la france aurait donc pu aisément être condamnée depuis longtemps par la cour européenne des droits de l'homme (mais nous pourrons vérifier tout ceci dans quelques temps grâce à la démarche de Mamère).

-soit la législation française autorise les couples de même sexe à se marier dû au flou juridique sur la nature et la composition sexuelle du couple selon vous, les homos auraient donc pu aisément jouir de leurs droits également depuis des lustres en multipliant les procédures (les décisions de justice relevant souvent d'une appréciation arbitraire, il y a bien un moment où ça aurait marché).


Mais quelle que soit l'hypothèse, je doute que les homosexuels n'aient jamais eu l'idée de défendre leur mariage jusqu'au bout par le biais de la justice..... s'ils avaient eu une chance de gagner, non?


RE: ?

  • Par Mathieu le

Babeil,


Le comportement le plus mature serait de ne pas répondre, Maître Mécary ayant suffisamment défendu, en droit, sa position, laquelle semble au demeurant ne pas vous être apparue très claire. Mais je ne suis pas un garçon très mature et il suffit que l'on dise quelques bêtises pour que je m'insurge. Je suis comme ça, un peu bête. Celà étant, votre discours est tout de même dangereux : il suffirait qu'une personne mal informée vous lise pour penser que défendre le mariage homosexuel est une gabegie...


Je répondrai paragraphe par paragraphe :


§1 Parce que l'interprétation jurisprudentielle actuelle de la loi bloque toute possibilité de se marier entre personnes de même sexe. Lorsque la jurisprudence bloque, seule la loi débloque ; de nombreuses dispositions législatives ont été adoptées uniquement pour briser des jurisprudences qui gênaient le législateur.


§2 C'est vrai qu'en jouant les hétérosexuels, les homosexuels pourraient se marier : on leur laisse le choix, il leur suffirait d'être hétéro pour que le mariage leur soit ouvert.... Y a un truc un peu alarmant dans ce que je viens d'écrire, non ? Un homosexuel qui n'arriverait pas à devenir hétérosexuel ne pourrait donc pas se marier ; les homosexuels ne pouvant devenir hétérosexuel, le mariage leur est fermé. Il y a discrimination ne nous y trompons pas.


§3 Vous partez bien vite en besogne, Maître Mécary est loin d'être la seule à défendre cette position.

Epuiser les voies de recours internes, faut le faire, parce que c'est très onéreux et très long ; on n'est pas forcément enclin à s'engager dans ce genre de parcours judiciaire du combattant. D'autant que la jurisprudence est mue par des considérations sociales, nécessairement contingentes. Au demeurant, il y a encore 3 décennies, les homosexuels tombaient sous le coup de l'article 331 du Code pénal français (dont les dispositions discriminatoires à l'égard des homosexuels ont été complètement abrogées en... 1982 !) et la compétence de la Cour européenne des droits de l'homme n'était pas optimale, la France rebutant à accepter le recours individuel de ses nationaux (elle acceptera enfin en... 1981 !). L'arbitraire, ou plutôt l'opportunité dont vous parlez n'était donc pas possible ; la pression de la Cour de Strasbourg non plus.


§4 Non.


@ Mathieu

  • Par babeil le

Il ne s'agit pas de jouer de rôle quelconque. A titre individuel, les homosexuels ont autant de droit que les hétérosexuels tant qu'aucun article du code civil ne fait mention de l'orientation sexuelle. L'institution du mariage n'en tenant pas compte, il serait donc difficile d'y voir une discrimination basée sur ce critère. Ca n'est certes qu'une égalité théorique, mais c'est le seul engagement pris par les textes constitutionnels. Si vous y avez lu autre chose, c'est que vous avez mal interprété ou fait un raccourci. Une fois cette égalité assurée, c'est à la société de s'adapter.


Quant à tous ces prétendus obstacles sociaux ou juridiques auxquels auraient été confrontés les homosexuels depuis des décennies, ils n'ont existé que dans votre imagination. La prohibition à laquelle vous faites allusion n'était en réalité qu'un décalage entre les âges de majorité sexuelle des hétéros et des homos.

Nul besoin de s'afficher publiquement homosexuel pour entamer des procédures judiciaires, des associations pouvaient s'en charger, des soupçons pouvaient peser sur elles mais sans plus. Et si l'homosexualité était avérée, ça n'était pas passible de poursuites.

Voulez vous nous dire qu'avant 1982 les associations homosexuelles n'existaient pas, qu'aucune personnalité ouvertement homosexuelle n'avait accès aux médias, ou que les pouvoirs publics ne disposaient pas de moyens suffisants pour identifier et traquer un maximum d'homosexuels connus des services de police?

Soyons sérieux, certains militants de longue date se gargariseraient aujourd'hui de leur passé de prisonniers politiques, s'ils avaient vécu un chouia de ce que vous racontez. Citez moi des noms de personnalités ayant été arrêtées en france en raison de leur seule homosexualité, post régime Vichyste bien entendu. Et tout ceci n'explique pas pourquoi après 1982, date à compter de laquelle on peut s'accorder pour dire que les homosexuels n'étaient plus de pauvres opprimés, il a fallu attendre Noel Mamère pour que cette question du mariage soit débattue devant les tribunaux. Je ne vois qu'une seule réponse : c'était perdu d'avance en raison des textes de lois parfaitement clairs qui font de l'union d'un couple de même sexe un mariage blanc.

Pour débattre sereinement, commençons déjà par ne pas déformer la réalité svp !


RE: @ Mathieu

  • Par Mathieu le

Vous ne pouvez pas dire des textes de loi qu'ils sont parfaitement clairs puisque c'est le propre des textes de loi de ne pas être clairs afin de pouvoir être interprétés ! On va les prendre dans l'ordre :


- Art. 144 C. civ. : "L'homme et la femme ne peuvent contracter mariage avant dix-huit ans révolus." Je regrette mais cette disposition est loin d'être explicite...


- Art. 162 C. civ. : "En ligne collatérale, le mariage est prohibé, entre le frère et la soeur." Effectivement, la loi semble ignorer le mariage des frères entre eux et des soeurs entre elles.


- Art. 163 C. civ. : "Le mariage est encore prohibé entre l'oncle et la nièce, la tante et le neveu." Idem avec les cas de l'oncle et du neveux, de la tante et la nièce.


- Art. 75 al. 6 C. civ. : "Il [l'officier de l'état civil] recevra de chaque partie, l'une après l'autre, la déclaration qu'elles veulent se prendre pour mari et femme : il prononcera, au nom de la loi, qu'elles sont unies par le mariage, et il en dressera acte sur-le-champ." Il peut être difficile pour deux femmes ou deux hommes de se prendre pour mari et femme, mais tout est possible de nos jours.


Bref, tout ça pour dire que ces dispositions sont loin d'être claires et permettent difficilement d'affirmer que la loi prohibe le mariage homosexuel.


Concernant l'égalité de droit assurée par le Code civil, je ne comprends pas ce que vous entendez par "c'est à la société de s'adapter" ?


Vous vous trompez !

  • Par babeil le

Et il est dommage que le propre des textes de loi est de ne pas être clairs, car cela conduit à des interprétations subjectives. Toutefois, il ne faut pas généraliser et surtout ne pas en profiter pour affirmer n'importe quoi.

L'Art. 75 al. 6 C. civ. stipule que l'officier de l'état civil recevra de chaque partie la déclaration qu'elles veulent se prendre pour mari et femme. Cet article est explicite, cite les deux parties constituant le couple autorisé à se marier et mentionne leurs sexes distincts et déterminés. Je vous confirme, puisque vous semblez l'ignorer, qu'il est plus que difficile voire impossible d'assimiler un mari et sa femme à un couple de même sexe.


Quant aux autres articles, ils posent le problème de la cosanguinité et démontrent justement le contraire de l'interprétation que vous en faites. S'il n'est pas précisé que deux frères, un père et son fils, un oncle et son neveu et leur équivalent féminin n'ont pas le droit de se marier, il ne faut pas en déduire que le mariage homosexuel incestueux est légal. Il faut comprendre que le législateur n'a pas jugé utile d'alourdir le code civil en rappelant à chacun des articles que le mariage était l'union d'un homme et d'une femme. Du moment que ce fait est dit une seule fois ou même ne serait ce que sous entendu comme dans l'article pré-cité 75 al. 6 C. civ, nul besoin de préciser qu'un couple de même sexe issu d'une même famille sera exclue du mariage, car il l'est d'office de par sa composition sexuelle. Le caractère cosanguin n'y change rien. Le législateur a voulu éviter de se répéter.


Il ne faut pas toujours attendre qu'une loi mentionne ce qui est interdit, car est logiquement interdit ce qui n'est pas autorisé, c'est à dire tout ce qui dépasse les limites et le cadre fixés par la loi. On peut faire appel à un minimum de jugeotte pour en tirer ce genre de conclusions, sans pour autant dire que cela relève d'une interprétation nécessitant des capacités intellectuelles hors du commun. Maître Macary n'est certes pas la seule à penser que l'institution du mariage français est ouverte aux couples de même sexe. D'autres juristes militants pour la cause gay partagent son point de vue. Mais ce n'est pas parce que quelques brebis égarées minoritaires ne pensent pas comme le gros du troupeau qu'elles ont raison. Une minorité de scientifiques continuent leurs recherches sur l'inégalité des races. Heureusement qu'on n'écoute pas toujours ceux qui contestent la version officielle mais ça ne les empêche pas de parler. Dans notre débat, il ne s'agit même pas de recherche mais d'explication de textes techniques, ce qui devrait laisser moins de marge aux fantasmes et délires. Je fais davantage confiance à la majorité de juristes, magistrats, juges, tous homophobes cela va de soi, qui ont dû appliquer ces lois depuis des décennies plutôt qu'à une minorité partisane qui tente de convaincre par des tours de passe passe, mais sans y parvenir, que la majorité est trop bête et devrait retourner sur les bancs de l'université.


Vous vous trompez !

  • Par babeil le

J'oubliais : "c'est à la société de s'adapter" signifie que c'est aux homosexuels de s'intégrer.


RE: Vous vous trompez !

  • Par Mathieu le

Ha ! Ha ! C'est incroyable ! Je n'avais pas mal compris finalement : c'est à la société de s'adapter signifie que c'est aux homosexuels de s'adapter à la loi, donc de devenir hétérosexuels pour pouvoir se marier ?


Vous êtes ridicule... D'autant plus ridicule que vous pensez que les homosexuels défendent un égalitarisme et non une égalité de droit assurée, selon vous, par le Code civil. Or c'est faux, on ne peut pas nier que les homosexuels représentent une "catégorie juridique de personnes physiques" et qu'il faut donc les prendre en considération lorsque l'on parle d'égalité et non simplement de considérer les hommes/femmes ; en fait, il faudrait apprécier l'égalité homme/femme dans un premier temps, l'égalité hétérosexuel/homosexuel dans un second. Pourquoi ? Parce que les autorités administratives considèrent déjà les homosexuels comme une catégorie tierce, différente de la catégorie des hétérosexuels : savez-vous que lorsque vous donnez votre sang, on vous demande, lorsque vous êtes un homme (premier temps), si vous êtes homosexuel (second temps) ? Si oui, vous ne pouvez pas donner votre sang, parce que vous êtes statistiquement plus sûr d'avoir le SIDA...


Vous avez dit une autre bêtise, mais c'est normal, vous n'êtes pas juriste : "Il ne faut pas toujours attendre qu'une loi mentionne ce qui est interdit, car est logiquement interdit ce qui n'est pas autorisé, c'est à dire tout ce qui dépasse les limites et le cadre fixés par la loi." Qu'il est drôle cet adage sans aucune valeur juridique. Plutôt que de tergiverser, autant le contrer avec une disposition constitutionnelle (depuis la décision "liberté d'association" du Conseil constitutionnel du 16 juillet 1971), l'article 5 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 : "La Loi n'a le droit de défendre que les actions nuisibles à la Société. Tout ce qui n'est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu'elle n'ordonne pas." A moins que vous ne défendiez l'autoritarisme...


Dernière chose, seules les conventions "stipulent" car elle sont faites entre deux personnes ; la loi, la Constitution, les actes administratifs (décrets, arrêtés, circulaires éventuellement) "disposent". Demandez à votre amie avocate. Et pourtant, moi, je n'ai jamais osé dire que la majorité est trop bête et devrait retourner sur les bancs de l'université...


RE: Vous vous trompez !

  • Par babeil le

Et vous n'êtes pas plus juriste que moi, ni plus calé que moi en droit sans quoi vous n'en seriez pas encore à nier l'égalité de droit assurée par le code civil, qui est une certitude. Je vous répète que tout juriste IMPARTIAL peut vous le confirmer.


Apprécier l'égalité homosexuel/hétérosexuel est ce que je n'ai cessé de faire dans ce débat. Qui d'ailleurs aurait l'idée de nier l'existence des homosexuels en tant que catégorie juridique de population?? Où avez vous lu cela?? Certainement pas dans mes commentaires. Nous parlons de leurs droits, donc forcément cela passe par une reconnaissance juridique !!


L'égalité dont vous parlez est une égalité de droits, et il n'est écrit dans aucun article que le mariage est refusé à la population homosexuelle. N'avez vous jamais entendu parler de ces homosexuels qui se marient avec une personne du sexe opposé? N'étiez vous pas au courant de leur existence? Ce sont des cas rares, presque jamais basés sur l'amour, presque toujours motivés par des intérêts personnels, des obligations sociales, les apparences, mais l'égalité de droit a une définition bien précise, et ne tient pas compte des discriminations indirectes ni du fait que les gens n'y trouvent pas entièrement leur bonheur.

Si la quasi-totalité des prostitués est féminine, allez vous dire que le droit à l'activité de la prostitution est inégalitaire?

Je ne vois vraiment pas ce qu'il y a de difficile à comprendre, et si vous n'avez pas compris, cela me conforte dans l'idée que vous n'êtes pas juriste.


Les droits de couple n'existant pas, on ne peut parler d'inégalité sur le seul constat de la constitution sexuelle du couple imposée par le code civil. Vous parlez d'actions nuisibles à la société, une formulation bien vague qui peut tout englober, notamment les couples de même sexe ne pouvant procréer.

"Tout ce qui n'est pas défendu par la loi ne peut être empêché", merci de me l'apprendre mais je m'en doutais un peu. Sauf que ce qui n'est pas défendu peut ne pas être explicitement dit mais sous entendu. C'était le sens de mes propos. Et de vos propres mots, "le propre des textes de lois est de ne pas être clairs".

Quand le code de la route dit : "vous devez conduire à droite" et ne précise pas qu'il est interdit de conduire à gauche, en déduisez vous que vous y avez droit?


RE: Vous vous trompez !

  • Par Mathieu le

Art R412-9 al. 5 du Code de la route : "Le fait, pour tout conducteur, de circuler, en marche normale, sur la partie gauche d'une chaussée à double sens de circulation est puni de l'amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe." Vous voyez, le Code est clair, je ne déduis donc rien du tout car"interpretatio cessat in claris"


Pour le reste, je ne vois plus très bien quoi vous répondre. Je ne comprends pas ce que vous recherchez sur ce blog à part affirmer que vous êtes contre le mariage gay. Vous cherchez à contrer des arguments juridiques qui permettraient de justifier l'ouverture du mariage aux couples homosexuels sans vraiment y parvenir... Peut-être feriez-vous mieux de partager vos idées sur un blog de réactionnaires.


Maintenant, il est vrai que ce n'est pas à moi que vous vous adressiez initialement, quoi qu'il en soit, je ne vous répondrai plus.


Très sincèrement,


Mathieu,

Etudiant en droit.


Un grand principe général du droit français et quelques observations en vrac

  • Par caroline.mecary le

Ce qui n'est pas interdit est permis.


Par ailleurs on n'interprete pas une règle de droit aujourd'hui comme il y a 200 ou 100 ans heureusement que notre appréhension du monde change.


Qu'un/E homosexuel/lene veuille pas se marier soit, mais qu'il /elle n'impose pas sa vision du monde à ceux qui le souhaiteraient, sinon il/elle fait comme tous les réactionnaires et autres religieux de tout poil qui pense détenir la vérité et veulent à toute force que l'on pense comme eux / NON.


Ouvrir le mariage à tous ne redire aucun droit ni devoir à ceux qui peuvent déja se marier.


RE: Un grand principe général du droit français et quelques observations en vrac

  • Par LT25 le

Ouvrir le mariage à tous ne retire aucun droit ni devoir à ceux qui peuvent déja se marier.


Merci, Maître Mecary, de le rappeler !

Surtout quand la "Justice" prétendrait obliger quelqu'un DEJA mariée depuis bientôt 40 ans avec une "personne de même sexe" à divorcer pour pouvoir obtenir un état civil conforme !

Parce que ça CREERAIT une union homosexuelle !!!

Trop c'est trop...

Marre d'être dans un état de droit à deux vitesses !


RE: Un grand principe général du droit français et quelques observations en vrac

  • Par babeil le

Certes ce qui n'est pas interdit est permis, mais comme j'y ai déjà répondu, je vous renvoie au commentaire précédent en réponse à Mathieu. L'interdit n'est pas toujours exprimé littéralement, il est parfois à interpréter ou déduire d'un article de loi.

Pour reprendre l'Art. 75 al. 6 C. civ. cité par Mathieu : "Il [l'officier de l'état civil] recevra de chaque partie, l'une après l'autre, la déclaration qu'elles veulent se prendre pour mari et femme". Et Mathieu de conclure lui-même qu'il est difficile pour un couple de même sexe d'être assimilé au mari et à la femme composant chaque partie du couple ayant accès au mariage.

Si un seul article du code civil laisse entendre que seul un couple de sexes différents a accès au mariage, je vois mal comment d'autres articles pourraient donner une impression inverse. Il ne peut y avoir une succession d'articles de lois contradictoires, à mon humble avis.

Il faut comprendre de cet article qu'il IMPOSE à chaque partie que l'une soit le mari et l'autre la femme. Cette obligation engendre bien l'interdit que chaque partie soit du même sexe. De plus, je ne vois dans cet article aucun vocabulaire technique de droit qui différencierait son interprétation de celle d'un simple texte classique littéraire. L'interprétation logique et cohérente l'emporte sur un raisonnement qui serait plus complexe et hors de portée d'un lecteur en manque de connaissances juridiques.


A MEDITER

  • Par caroline.mecary le

Chacun creuse sa tombe.


Faut il tantôt mépriser le Code Civil tantôt l'opposer ?

  • Par LT25 le

La bigamie comme la polygamie, c'est-à-dire la possibilité d'avoir en même temps plusieurs épouses ou plusieurs maris, sont interdites.

Le mariage avec un homme ou une femme marié(e) est prohibé (art. 147 C.civ). Il y a notamment impossibilité de se remarier après un divorce tant que le jugement de divorce n'est pas inscrit en marge de l'acte de mariage et de naissance de l'époux divorcé.

La polygamie, parfois admise dans des législations étrangères est contraire à l'ordre public français. Elle constitue une cause de nullité absolue de la seconde union qui entraîne l'annulation de cette union dès son origine."

(source: http://www.mariage.gouv.fr/rubrique.php3?id_rubrique=8 )

....

Suite: (source: http://www.europe1.fr/Politique/Nationalite-Sarkozy-non-a-Hortefeux-264412/ )

Le chef de l'Etat a décidé lundi que la déchéance ne serait pas étendue à la polygamie.

Nicolas Sarkozy a rendu son arbitrage lundi sur l'extension de la déchéance de la nationalité. Et a refusé les propositions de Brice Hortefeux de l'étendre aux cas de polygamie.


par contre: Code Civil: Article 144

L'homme et la femme ne peuvent CONTRACTER mariage avant dix-huit ans révolus.


Et on interdit par ailleurs à des gens (comme moi) ayant changé de genre de rester mariés s'ils veulent obtenir un changement complet d'état civil ????


Y'a pas comme un problème là ???

On peut être Français et polygame, au mépris de l'article 147 du Code Civil

mais

on ne peut pas être FrançaisE et mariéE avec une femme à cause de l'article 144 du même Code Civil (qui ne parle que de CONTRACTER mariage, et pas de mariage contracté il y a longtemps !!!)

Bon, ça va faire l'objet de quelque littérature ça !!


RE: Un grand principe général du droit français et quelques observations en vrac

  • Par LT25 le

Les termes même de "mari" et de "femme" sont le reflet exact du fait que la législation actuelle est basée sur une approche du couple uniquement basée sur la notion de REPRODUCTION SEXUEE, héritée de l'emprise ancienne de la religion sur la société.

Plus largement, c'est la méconnaissance (délibérée) de la différence entre sexe et genre qui aboutit à ces discriminations.

Et par dessus le marché quand on confond également l'identité de genre avec l'orientation sexuelle !

Le "principe d'ordre public d'indisponibilité de l'état des personnes" (qui n'est écrit nulle part à ma connaissance) est largement responsable du caractère aberrant de ces situations !

Il faudra bien qu'un jour ou l'autre le Législateur cesse de subordonner sa vision des choses à des diktats religieux (à moins qu'on ne veuille imposer (certains le souhaiteraient sans doute) une Loi "religieuse" (voire "naturelle"))

D'autres pays, notamment certains marqués pourtant par une longue tradition catholique (Espagne, Portugal...) ont bien été capables de le faire.

Et comme le souligne Maître Mecary, chacun creuse sa tombe...


votre avis

  • Par ffecsa le

L arret "Schalk et Kopf c. Autriche" est il devenu définitif? Si oui n´est ce pas "perdu d´avance" pour les mariés de Bègles?


Que pensez vous de la saisie du conseil constitutionel par un couple francais? Une réponse négative de celui ci ne scellerait t il pas l´ouverture du mariage pour les couples de meme sexe à l´instar de ce qui pourrait se passer aux USA avec la cour suprème?



A moitié plein ou à moitié vide ???

  • Par LT25 le

La première chambre civile de la Cour de Cassation considère que les questions soulevées par cette question prioritaire de constitutionnalité “font aujourd'hui l'objet d'un large débat dans la société, en raison, notamment, de l'évolution des moeurs et de la reconnaissance du mariage entre personnes de même sexe dans les législations de plusieurs pays étrangers”.


.....

En tout état de cause, ça ne peut pas être regardé comme un “circulez, y'a rien à voir!” et l'analyse de Caroline Mecary (le verre à moitié vide ou à moitié plein) est pertinente.

Sans oublier (et c'est, pour moi, fondamental) que cette évolution conditionne aussi l'application de la sixième recommandation d'Hammarberg:


6. Supprimer les dispositions portant atteinte au droit des

personnes transgenres à demeurer mariées à la suite d'un

changement de genre recon


Argumentation spécieuse

  • Par T-A-M de Glédel le

Chère Madame,


Comment d'après vos principes constitutionnels ou ceux de la CEDH, en arrive-t-on à des situations de stigmatisation ou d'iniquité pour les potentiels polygames, polyandres ou couples incestueux ? (j'en passe et des meilleurs)

Eux non plus n'ont pas le droit de se marier. Personne n'en veut au législateur pour cela. D'ailleurs, certains d'entre eux vont en prison pour ça... Pourtant, où est la différence dans l'absolu ?


On retire bien à des gens la liberté de se marier, le droit d'avoir une vie privée et familiale, sur le motif d'une certaine orientation sexuelle (désir charnel fraternel, pour plusieurs hommes ou femmes...).



L'interdiction de ces pratiques par le Code Civil repose donc sur autres choses que des critères juridiques. Bizarrement, j'ai tendance à penser que la question du mariage homosexuel se traitera de la même manière. De beaux débats en perspective, et probablement que ceux qui se pensent dans leur bon droit risquent de sortir constristés de cette faconde joute.


Le Conseil Constitutionnel ne peut donner de réponse à cette question. Ceux qui sont déjà en train de le tancer par anticipation pour conservatisme ou sénilité sont les premiers crétins.



Connexion
Création d'un membre
Création d'un espace
Inscription à une communauté
Partage d'une publication
Modification d'une publication
Suppression d'une publication
Suivi des modifications d'une publication
Suivi des modifications d'un commentaire
Ajout d'un commentaire
Réponse à un commentaire