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nov.
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Du départ d’Othello au Retour du désert… un comédien doit-il ressembler à son personnage ?

  • Par abraun le
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Dans un jugement du 20 Juin dernier, le Tribunal de grande instance de Paris donne une illustration intéressante de l'exercice du droit moral d'un auteur à titre posthume, appliqué à une œuvre théâtrale.


Dans un jugement du 20 Juin dernier, le Tribunal de grande instance de Paris donne une illustration intéressante de l’exercice du droit moral d’un auteur à titre posthume, appliqué à une œuvre théâtrale.


Rappelons que, au titre de ses droits moraux (par opposition à ses droits patrimoniaux), l’auteur à notamment droit au respect de son œuvre, ce qui lui donne « le pouvoir de veiller à ce que celle ci soit respectée, c’est à dire qu’elle ne soit ni déformée ni altérée », comme le résume une formule jurisprudentielle classique. Après le décès de l’auteur, ce droit perpétuel est exercé par ses héritiers.


En l’espèce, le frère du dramaturge Bernard-Marie KOLTES reprochait à la Comédie française d’avoir confié à un comédien d’origine européenne l’interprétation d’un personnage algérien, dans une mise en scène de la Pièce Le retour du désert.


Pour rejeter ses prétentions, le Tribunal procès à une analyse du texte et constate qu’ « aucune indication (de celui ci) n’impose que le personnage d’Aziz soit joué par un Arabe ou un Algérien » et que, plus largement « rien ne démontre que M. KOLTES ait systématiquement voulu que le personnage d'Aziz soit tenu obligatoirement par un arabophone algérien ».


La démarche du Tribunal, en faisant prévaloir l’analyse concrète de la volonté de l’auteur sur l’interprétation de celle ci par ses héritiers, est louable.


On pourra, en revanche, avoir des réserves sur l’analyse du Tribunal au terme de laquelle l’action de l’héritier serait non seulement mal fondée mais en outre abusive. Il semble en effet que KOLTES, au delà du Retour du désert, ait été particulièrement critique sur la question du choix des comédiens de ses pièces, en fonction notamment du problème de l’ « origine ethnique ».


Dès lors, l’action de son frère, qui s’inscrit dans la continuité d’une réelle préoccupation artistique de l’auteur ne résulte pas d’une volonté de nuire et, même mal fondée, ne nous parait pas abusive.



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