Tout à fait d'accord. C'est ce qui se passe en général en présence d'incitations économiques à courte vue : un effet de bulle financière, ni plus ni moins.
Tous les analystes financiers ont caractérisé les risques résultant de la crise des "subprime" pour le marché français qui devrait subir des tensions essentiellement dues à une baisse de l'offre de prêt consécutive au manque de liquidités des banques impactées par la crise américaine.
Mais n'y aurait-il pas des facteurs marginaux franco français qui pourraient aggraver le ralentissement de l'immobilier en France ?
Si l'on recherche les caractéristiques particulières du bon niveau d'activité du marché immobilier français, on doit signaler un facteur spécifique : la défiscalisation. Qu'il s'agisse du système Mehaignerie, de Robien, Borlo, Besson, Malraux ou Girardin, l'idée essentielle est d'offrir aux contribuables l'opportunité de défiscaliser en investissant dans l'immobilier qui, selon l'adage populaire, aurait le mérite de ne pas mentir. Or, en traitant l'immobilier comme n'importe quel produit financier, en achetant dans une ville ou un département d'outre mer que l'on ne connaît pas, un bien situé à des centaines voire des milliers de kilomètres de leur lieu de résidence, les contribuables français risquent de découvrir que la défiscalisation peut être trompeuse.
Pour ne parler en effet que du plus populaire, parce que censément le plus sûr, dans le système de Robien, l'administration fiscale peut remettre en cause l'amortissement si le bien n'est pas loué dans l'année de la livraison. Or dans des quartiers ou l'on a bâti sans se préoccuper de la capacité du marché locatif à absorber l'offre de logement aux tarifs fixés à un moment où la demande était plus forte que l'offre ce qui n'est plus aujourd'hui le cas, nous rencontrons un grand nombre d'appartements vacants. Quand cette vacance dépasse l'année, la douche fiscale est rude : remise en cause de l'amortissement, taxation sur les immeubles vacants.
Le fiasco financier et immobilier peut alors être très sévère : obligation de rembourser un prêt pour l'acquisition d'un bien non loué, coûteux en charges et services.
Si cette spirale vient se superposer aux difficultés que connaissent les banques françaises du fait de la crise américaine, on peut craindre une crise de l'immobilier en France.


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