oct.
24

Lisez les magistrats

  • Par brigitte.bogucki le
  • Dernier commentaire ajouté

L'illustre Maitre EOLAS leur a ouvert son blog pour cette journée d'action.


Il a reçu 64 témoignages, qu'il met en ligne ICI.


C'est une lecture salutaire et, quelque part rassurante, j'ai choisi mon métier pour les mêmes raisons qu'eux, nous y croyons en cette justice malmenée par un pouvoir méconnaissant les réalités du quotidien et pronant la productivité au mépris de l'humain.


11 commentaires

Je suis en revanche bouleversée à la lecture des commentaires

  • Par sylvie.lore le

de certains de nos concitoyens suite aux reportages sur la manifestation du 23 octobre 2008: les magistrats sont traités de fonctionnaires ne voulant pas que l'on touche à leurs prérogatives, tous sont naturellement des "juges rouges". Quant à nous, avocats, vaut mieux pas en parler. A croire que tous ces commentaires émanent de la Chancellerie tant ils encensent systématiquement la Garde des Sceaux.


c'est sidérant

  • Par veronique.levrard le

quand la politique se fait spectacle, évidemment, les gens ne s'y retrouvent pas. il faut communiquer, et expliquer pour être lisible du grand public.

La Justice est un pilier de la Démocratie.


fondateur

  • Par brigitte.bogucki le

la Justice et la Défense sont les deux faces du même Janus, il serait temps que cela soit compris et entendu...


c'est tres dommage que nos concitoyens ne se rendent pas compte du double discours et des faibles moyens

on ne peut pas à la fois demander des peines plus lourdes et leur imputer les suicides de prisons surpeuplées qui sont la honte nationale. quant aux moyens 45 000 avocats pour pas 8000 magistrats donne une idée de leurs tâches.

il faudrait comparer avec des Etats qui nous entourent pour se rendre compte du problème. le dernier rapport de 'lUE est consternant.

le problème c'est que tout le monde peut descendre dans la rue pour se plaindre et attirer l'attention sur les difficultés professionnelles mais apparemment nous, non.

cherchez l'erreur !


Justice mauvaise image et double discours

  • Par brigitte.bogucki le

le problème est que nous avons une mauvaise image, une image de nantis sans coeur et sans honnêteté, que ce soient les avocats, professions libérales profiteurs, ou les magistrats, les fonctionnaires à l'abri de tout...


le justiciable est comme le citoyen (qu'il est souvent), mécontent de ce qui existe mais ignorant de ce qui est fondamental.


il voit les dysfonctionnement, est prompt à juger mais ne s'aperçoit pas que le Justice d'un pays est à l'image de sa démocratie et est l'un des meilleurs remparts de sa liberté.


parlons en

  • Par kasa le

de notre démocratie:"cause toujours"


La justice traite ses concitoyens de la meme façon.


Il existe bien un fossé profond entre le citoyen et la justice

  • Par Attention le


La médiatisation de plus en plus fréquente de "faits divers" qui concernent la justice en est certainement une des raisons.

Mais au-delà, il semble que pour nos concitoyens c''est le sentiment diffus que la "morale" est aux antipodes voire antinomique du "droit".

Ce sentiment est généré par le discours de certains magistrats ou avocats lors d'affaires comme celle qui fait la une de l'actualité aujourd'hui.

Je me rappelle, par exemple, d'une émission sur une affaire de meutre où la magistrate expliquait qu'elle n'avait pas accepté le rapport d'un expert psychiatre qui décrivait l'homme comme très dangereux, parce que ce rapport lui avait été remis après la date prévue ( sic) !!!!


Autrement dit, il apparait que pour certains les points de droits sont plus importants que le simple bon sens, quelles qu'en soient les conséquences.


Voici le commentaire dans le Figaro d'hier :


L'éditorial d'Yves Thréard du 25 octobre.


Non, Monsieur le Président de l'Union syndicale des magistrats, la remise en liberté d'un violeur présumé multirécidiviste n'est pas, comme vous l'avez dit, une «erreur idiote» imputable à l'inattention d'un greffier. Pas plus qu'elle n'est la conséquence d'un dysfonctionnement dû à un manque de moyens, et donc à la politique de la garde des Sceaux. La libération de Jorge Montes, condamné en 2007 pour agressions sexuelles, puis soupçonné à sa sortie de prison de 40 viols en douze jours sur une même femme, d'enlèvement et de séquestration contre une autre, est une faute grave. Dont ni le greffier ni encore moins Rachida Dati ne sont les auteurs.


Le responsable est le président de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris qui a signé l'ordonnance de libération, sans prendre la mesure du dossier. Mais de cette responsabilité on parlait peu hier. Les avocats des victimes ont décidé d'attaquer l'État ; et le landerneau judiciaire comme certains politiques préféraient s'en prendre à l'action conduite par la ministre de la Justice, bouc émissaire permanent depuis son entrée en fonction.


Aujourd'hui, un dangereux criminel court les rues. On sait pourquoi. Mais y aura-t-il sanction ? Le hasard fait que, jeudi, pendant qu'il signait la libération de Montes, ce même juge était promu par ses pairs conseiller à la Cour de cassation. Et que des manifestations de magistrats perturbaient, ici et là en France, la bonne marche des tribunaux pour protester contre le «style» Dati.


On peut, bien sûr, critiquer la politique judiciaire d'un gouvernement. À de rares exceptions près, cela a toujours été le cas. À la charnière des années 2000, la socialiste Élisabeth Guigou fut parmi les plus chahutés des gardes des Sceaux. Mais l'hostilité exprimée actuellement par les professionnels de la justice à l'endroit de leur ministre relève autant de la psychologie que de désaccords sur le fond.


La réalité, c'est que les magistrats sont opposés à toute réforme qui pourrait les toucher. Oublié, le scandale d'Outreau. Accusés, souvent à juste titre, de corporatisme, ils font valoir leur nécessaire indépendance. Nul ne la conteste. Mais jusqu'où ? Dès qu'un procureur est rappelé à l'ordre par son ministre, qui n'est autre que son supérieur hiérarchique, la profession crie au scandale. Quant aux juges du siège, ils ont peu à craindre du Conseil supérieur de la magistrature, qui brille par sa timidité. Le CSM va-t-il sanctionner le «libérateur» de Montes ? En l'état actuel du droit, lui seul le peut. Bientôt, quand la réforme des institutions entrera en application, les justiciables pourront le lui demander.


La réalité, c'est aussi que le cas de ce violeur, après quelques autres, donne toute leur justification aux peines planchers instaurées contre les récidivistes et aux mesures de rétention de sûreté visant les criminels les plus dangereux. Deux textes qui ont pourtant fait voir rouge de nombreux magistrats. C'est dire s'il est urgent qu'ils se remettent en question avant de manifester."






l'un n'empêche pas l'autre

  • Par brigitte.bogucki le

@Attention, votre commentaire me semble purement et simplement mal placé. J'ai fait hier un article ICI sur la responsabilité des magistrats, votre note y aurait été plus à sa place.


Je partage votre avis, le magistrat signataire de la décision est responsable mais cela n'enlève rien à la légitime grogne des magistrats


Pardonnez-moi d'avoir choisi le mauvais fil

  • Par Attention le

Ayant des magistrats dans ma famille, je partage, pour ma part, leur grogne. Ils ont en effet de bonnes raisons de l'être. Encore faut-il que le citoyen connaisse les conditions dans lesquelles ils travaillent mais leur communication n'est pas au top loin s'en faut.

J'ai aussi quelques médecins dans la famille : le problème est quasiment identique. Les gouvernements successifs leur imposent de plus en plus de contraintes mais sans donner un seul moyen supplémentaire ! Mais ces derniers savent mieux en faire part et toucher l'opinion......


ideologie contre corporatisme.

  • Par el pigeon le

Les magistrats ont raison de se plainde du traitement qui leur est infligé par Rahcida Dati. La ou ils se trompent est de personaliser ce qui leur arrive. Cela est la conséquence de choix idéologiques que nous avons fait à droite depuis une eptite dizaien d'années face à l'évolution à la fois gauchisante et il faut le dire au gouvernement des juges .

L'angle d'attaque choisi fut de s'emparer du populisme qui ne demandait qu' a s'emballer est de le focaliser sur l'écart entre la réalité ressenti de la montée de la violence et de la délinquance et d'autre part des formalismes plus protecteurs de slibertés ( jurisprudence CEDH notamment) .

D'ou la campagne de 2002 par exemple. Je dois dire que ce n'est pas le moinde paradoxe qu'un avocat (notre président) ait fait le choix audacieux d' y ajouter de temps en temps la question de la dejudiciarisation de certaines démarches ou actes ( par exemple le divorce) .


La ou vous avez raison Maitre Bogucki est toutes les professions judiciaires sont les garantes de principes fondamentaux mais ce qui les perd et les perdra et l'écart avec le citoyen lambda , de plus en plus lambda ....


Combien de justiciables ayant connu un divorce ont encore une opinion positive de la justice au bout de la procédure ....






Si vous le dites..

  • Par flecher83 le

En "feuilletant" ce blog et les commentaires qui y fleurissent, je m'aperçois que, selon donc ces commentateurs, nous serions tous victimes d'une passionaria activiste (sans doute d'extrème droite malgré son patronyme) et liberticide..


Que de pensées bien pensantes que voilà!


Regardez donc un peu autour de vous (ailleurs bien sûr que dans les couloirs du Palais): les Français en ont assez de leur Justice lente, chère, inefficace sinon laxiste. Ils souhaitent un corps solide, pas un grand corps malade.


Cordialement tout de même


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