questions de société (2)

juil.
14

MISCELLANEES: LA TERREUR DE LA DELOCALISATION

  • Par bernard.kuchukian le



On vient d'apprendre qu'un hôpital parisien veut faire traiter certaines de ses opérations administratives au Maroc. Facile à comprendre, on y parle bien le français, c'est pas cher, le personnel a envie de travailler dans ce pays là, c'est à coté et en cas de problème on saute dans un avion, et on se paie trois ou quatre jours de vacances aux frais de l'entreprise. Bien entendu, j'aurais du commencer là, la communication est impeccable par l'informatique.


Cette histoire n'est pas bien nouvelle, mais comme toujours, on raisonne lentement en France. Car les grandes entreprises du bâtiment ont déjà délocalisé depuis longtemps certains des travaux de leurs bureaux d'étude en Tunisie ou au Maroc, et il existe aussi du secrétariat en ligne pareil.


On n'évoque pas ici la délocalisation des centres d'appel téléphonique qui elle commence à déranger. Oui, parce que tout surtout pas racistes qu'il ne faut pas être, c'est bien vilain, n'est-ce pas, se faire répondre en pseudo français auquel on ne comprend rien parce que l'interlocuteur est Dieu ou Allah ou les deux ensemble savent où, c'est désordre.


Là encore, c'est de la délocalisation de services.


Et non seulement hors de France, mais encore hors du périmètre de l'Union européenne.


Je fais le rapprochement finalement évident avec les réticences du monde judiciaire pour passer à l'informatique.


Dans le subconscient des magistrats, des greffiers, des avocats, qui traitent à l'évidence les pieds sur ce coup là, il y a la terreur non exprimée, mais bien établie, de ne plus maitriser la question et localement s'il vous plait. A terme, c'est vrai, comment garantir l'origine ou le suivi des informations.


Je ne change surtout pas de camp et je ne donne pas ici un argument aux tenants du boitier NAVISTA. Car ce machin là, d'ailleurs fabriqué en Chine, n'est surtout pas le rempart, dès lors qu'il ne garantit pas l'origine première des données. Certes, c'est passé par un cabinet d'avocat à moment donné. Ce n'est pas pour autant que ça venait de là ou que ça allait là (seulement).


J'essaie d'élever le débat, un peu trop haut sans doute, pour inviter à une réflexion commune sur le sujet.


Dans ce débat là, il y a aussi la question de la postulation et du rôle de l'avocat de proximité.


Je m'interroge et j'aimerais qu'on puisse interroger nos confrères américains qui ont trouvé, je crois, comment concilier le tout : voyagez aux Etats-unis, passez dans des trous pas possibles, il y a plein d'avocats locaux. Des attorney at law.


Je pense au cabinet en libre ouverture d'un confrère installé dans un local professionnel en forme de petit magasin en rez de chaussée à l'angle de deux rues vu un soir voici quelques années à West-Point (150 km de New-York sur l'Hudson river) à coté du restaurant mexicain où j'allais diner. Libre ouverture, c'est-à-dire avec un panonceau visible de la rue sur la porte d'entrée : d'un coté, l'avocat est au bureau, de l'autre, l'avocat est au tribunal. C'est tout. Donc l'informatique n'a pas tout détruit. Ils ont fait comment ?

juin
3

LA VENTE AUX ENCHERES A LA BURQA

  • Par bernard.kuchukian le
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La technique étant ce qu'elle est, et le monde ce que nous savons malheureusement, nous avons été à deux doigts, de souhaiter une burqa aux ventes d'immeubles aux enchères du Tribunal.


Pas de panique, explication.


Le progrès aidant, on a supprimé, voici quelques mois, les célèbres bougies historiques qui marquaient le temps de chaque enchère. On est passé du moyen âge aux temps modernes, et on a fait appel au chronomètre électronique.


D'abord, on s'est servi d'un écran cathodique de récupération, bon c'était mieux que rien, et les secondes s 'écoulaient dans la limite de quatre vingt dix.


Et puis, le Tribunal s'est payé un écran mural SPECIAL plus fonctionnel et visible, doté, nec plus ultra, d'une sonnerie retentissante pour annoncer l'expiration de la minute trente, donc la fin des enchères et permettant au juge de déclarer que Maitre UNTEL avait acheté. Grandiose.


Mais la technique est humaine. Voici que notre écran mural spécial ne voulait plus fonctionner ce matin, au point d'annoncer invariablement trente minutes d'enchères. Rien à faire, y compris les deux techniciens de service venus essayer d'y comprendre quelque chose. La salle qui attendait a même pali lorsqu'ils ont sorti un pavé en forme de notice pour y découvrir une solution, qu'ils n'ont pas trouvée. Impossible de remettre en fonction cette foutue machine, qu'on ne pouvait pas débrancher non plus.


Plus personne n'allait comprendre ses trente minutes annoncées et invariablement fixées. Comment cacher l'écran devenu fou ?


On a bien pensé un instant à une burqa, pour mettre dessus et ainsi cacher l'erreur à la salle. Voyez à quelles limites extrêmes nous étions réduits. Mais heureusement, point de burqas pour notre secours dans la salle.


Et puis finalement, on a réussi à déconnecter la machine murale qui s'est éteinte définitivement, enfin pour aujourd'hui.


Faute de pouvoir aller chercher les bougies anciennes, que notre sympathique appariteur a annoncé avoir prudemment rangées dans un placard dont il a le secret, sait-on jamais un jour, on a finalement retrouvé l'écran cathodique qui trainait dans un coin, bidouiller une connexion avec un ordinateur et on a eu finalement notre minute trente.


Dans la salle était le délégué de notre bâtonnier pour les enchères, qui est également notre mentor pour l'informatique, donc maitre à la fois des ventes et de l'informatique, qui a avancé l'idée que ce sabotage ressemble à un coup de NAVISTA.


Après tout, il a peut être raison.


C'est bien NAVISTA, non, qui a interrompu brusquement notre connexion à « e-barreau », nous autres pauvres avocats marseillais.

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