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DOSSIER JUSTICE : COMME IL EST DUR DE RECUSER LES JUGES

  • Par bernard.kuchukian le
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Le droit interne français a transposé l'art. 6-1 de la convention européenne des droits de l'homme dans le Code de procédure civile. C'est aux articles 341 et suivants. Toute partie peut récuser mais impérativement avant l'audience, y compris le parquet partie jointe, directement au greffe en motivant ou par un mandataire muni d'un pouvoir écrit spécial. Dès qu'il a communication de la demande le juge doit s'abstenir et statuer sur la récusation dans les huit jours.


Deux hypothèses. Il accepte et il faut le remplacer ce qui peut conduire au renvoi de l'affaire. Ou bien il s'oppose à la récusation et alors on transmet immédiatement au premier président de la Cour d'appel, cette transmission bloquant tous le processus en attendant la décision qu'il doit prendre. Tout cela est bien et beau. Sauf que l'avocat qui récuse -je connais un peu la matière- le fait sous le regard assassin des juges et à l'audience sur le regard mi réprobateur de la majorité des confrères habituellement courbés et sous celui terrorisé des autres.


Bon, on passe.


Il y a un tas de raisons de récuser, listées à l'art. 341 du Code de procédure civile.


A l'exception d'une seule, celle dans l'hypothèse om on se retrouve devant le juge qui a déjà connu de l'affaire, ce qui veut dire qu'on sait plus ou moins à l'avance comment il s'appelle, tandis qu'on peut préparer sa récusation, les autres cas placent l'auteur de la récusation dans l'incertitude la plus grande.


Ceci est particulièrement vrai dans les juridictions non professionnelles. En effet, dans les juridictions judiciaires Cour d'appel compris, en tout cas celles que je pratique ici, on connait chaque année à l'avance les noms des magistrats, chambre par chambre. L'information est donnée à l'ordre des avocats qui la relaie. Et ce sont des professionnels qui n'ont donc pas d'autre activité en principe. On a donc quelques éléments.


Mais dans les conseils de prudhommes et dans les tribunaux de commerce, où les juges sont élus et ont d'autres activités, comment savoir à l'avance ? Je ne connais guère que le Tribunal de commerce de BOBIGNY qui édite chaque année une liste des juges consulaires avec leurs noms et activités professionnelles. Rien de tel ailleurs. Alors comment faire pour imaginer qui est au juste le juge, comment il s'appelle, ce qu'il fait dans la vie. Et ensuite s'il est créancier, débiteur, de l'une des parties ? S'il y a eu procès entre lui et l'une des parties ? S'il existe un lien de subordination avec l'une des parties ? S'il y a amitié notoire avec l'autre partie ? Idem avec les conjoints.


Pire. Je sais que je vais déplaire, mais une fois encore, je m'en fous. Imaginons que le juge soit petit frère d'une loge maçonnique, avec la règle du secret correspondant. C'est un peu de secret de polichinelle, et on finit toujours par savoir, mais après. Comment faire son enquête puisqu'avant de passer devant le juge, (et même souvent après) on ignore son nom et ce qu'il fait dans la vie.


Si on commençait déjà à afficher le nom des juges à l'audience ?


Tout cela n'est pas de la simple théorie. J'ai le parfait souvenir comme avocat d'une importante société de travail temporaire d'avoir défendu ma cliente, à qui on faisait un mauvais procès en pseudo concurrence déloyale, devant le Tribunal de commerce de GRENOBLE, à la demande d'une société concurrente dont le président était justement juge audit Tribunal. Il avait fallu enquêter pour menacer d'une récusation qui s'est terminée dans une délocalisation, et devant la chambre commerciale, d'un autre tribunal dont je puis vous garantir (dommages-intérêts obtenus à l'appui) qu'il n'avait pas du tout, mais alors pas du tout, apprécié la façon de faire.


12 commentaires

Ah, les frères la gratouille.... ça n'arrive jamais ça!

  • Par Papageno le

JE SENS BIEN QU'ON VA DEVIER SUR LA MACONNERIE

  • Par bernard.kuchukian le

Laquelle n'est ici qu'une partie de la question posée.


La réponse est simple à trouver.


Elle doit passer par la révélation obligatoire qu'on doit faire dès qu'on a une activité publique de son appartenance à une loge.


Je sais bien que la règle est celle du secret, mais ce secret est désormais plein de trous.


Alors, l'honneteté y trouverait son compte.


Comment savoir ?

  • Par patrice.giroud le

Ce que vous dites est vrai s'agissant particulièrement des juridictions non professionnelles !


Le Juge au Tribunal de Commerce de Grenoble auquel vous faites allusion était en outre membre employeur du Conseil des Prud'hommes et PDG de plusieurs sociétés.


C'était une personnalité influente jusqu'à ce que ses affaires tournent mal.



Bof!

  • Par Il Dottore le

Et après il faudra publier sa confession religieuse, ses pratiques sexuelles, ses voyages à l'étranger, sa déclaration de revenus (ça va vous plaire Bernard, ça), la carte grise de sa voiture...

Le problème, c'est pas les francs macs, ni le Rotary, ni les Eglises, ni les lobbys très divers et variés et beaucoup plus pluissants que les autres réunis. C' est que la corruption est partout dans ce pays du balayeur qui a eu son job par piston et qui va coller les affiches électorales le soir de l'élu qui a facilité son recrutement, jusqu'aux plus hautes sphères de l'Etat.

Assez d'interdits et de flicage!

Ca ne résout rien.


MAIS QUI PARLE D'INTERDIRE ?

  • Par bernard.kuchukian le

Moi, je demande à ce qu'on s'exprime franchement.


Et que le droit au silence n'ait aucune incidence sur une fonction publique.


Vous avez le troit de vous taire. Alors vous fermez votre gueule, vous restez dans votre coin et ne prétendez poas juger les autres.


RE: MAIS QUI PARLE D'INTERDIRE ?

  • Par Il Dottore le

Arf! Vous savez quel régime politique j'appelle de mes voeux!


RE: MAIS QUI PARLE D'INTERDIRE ?

  • Par bernard.kuchukian le

Justement, je n'en veux pas. Parce qu'aussitot élu, vous chercheriez à me faire taire. C'est comme au barreau.


Finalement, en 40 ans de pratique, sur 20 batonniers, 19 ont cherché à me faire taire. Et un seul ... à me faire parler.


Marrant non ?


RE: MAIS QUI PARLE D'INTERDIRE ?

  • Par patrice.giroud le

Les 19 qui ont cherché à vous faire taire étaient dans l'erreur absolue !


RE: MAIS QUI PARLE D'INTERDIRE ?

  • Par Il Dottore le

Vous faire taire? Je crois que personne n'a ce pouvoir en ce bas monde.

Si vous deviez aller en enfer (ce dont je doute car nous y sommes déjà), le diable vous renverrait car vous êtes bien trop bon contradicteur! Si vous deviez aller au paradis, ce que je vous souhaite.... Saint Pierre vous donnerait ses fichues clefs tellement votre verve l'impressionnerait.

Vous faire taire? Quelle blague!

Quant à mon régime politique idéal... il n'a pas besoin d'élection!


RE: MAIS QUI PARLE D'INTERDIRE ?

  • Par bernard.kuchukian le

Merci pour Pierre. C'est mon troisième prénom. Bernard, Marie, Pierre. Plus Joseph lors de mon baptème (une idée du curé qui avait retrouvé dans son église lors du baptème à Bab-el-Oued mon oncle Pierre (décidemment) Kuchukian - c'est un nom qui marque - alors agé de 30 ans, qu'il avait connu comme son enfant de coeur, dans le temps, et alors immédiatement embauché pour servir la messe avec lui: l'histoire familiale est authentique).


COUR DES COMPTES

  • Par Il Dottore le

Avez vous lu le rapport de la Cour des Comptes sur l'Assistance publique des hopitaux de Marseille?

E L O Q U E N T!


BERLIOZ mon idole

  • Par bernard.kuchukian le

« Les MEDICIS sont morts. Ce ne sont pas nos députés qui les remplaceront ».


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