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DOSSIER AVOCATS : L'AFFAIRE DU BICENTENAIRE

  • Par bernard.kuchukian le
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Quelques barreaux ont célébré, plus ou moins pompeusement, l'anniversaire du rétablissement des ordres en 1810 par NAPOLEON 1er.


Soit dit au passage, gloire au bâtonnier de MARSEILLE (1) et à son conseil de l'ordre tout entier de l'époque, pour n'avoir rien fait à cette occasion là. Mais alors rien du tout.


Localement, gloire aussi et même à ceux qui ont suivi (2), pour n'avoir pas « rattrapé » le coup en 2011 ou 2012. En jouant sur les dates (oui, parce qu'on dirait bien que le rétablissement marseillais n'est pas intervenu exactement en même temps que celui de PARIS), ils auraient pu. Et bien à part deux pages historiques (3) dans le bulletin de l'ordre sur papier glacé, rien d'autre.


Parce que si on veut bien y réfléchir cinq minutes, et il le faudrait, non ?, au-delà des festivités, des discours, des petits fours et des boissons, des célébrations correspondantes, cet anniversaire n'est jamais que est celui de la fin de la liberté totale dont nos prédécesseurs avocats d'ancien Régime avaient joui à compter de la Révolution, après avoir subi une longue et première organisation obligatoire depuis 1344.


En d'autres termes, ça et là, on n'a jamais célébré dans ce bicentenaire que l'anniversaire de la privation des libertés communes de tous les avocats, qu'ils avaient heureusement acquises à la fin de la monarchie.


Ce n'est tout de même pas banal que de célébrer en grandes pompes l'anniversaire d'une perte de liberté. Seuls les avocats le peuvent.


C'est vrai quoi.


Voyez, l'an dernier, par exemple, on aurait pu célébrer dans ce registre le 70ème anniversaire du décret du 28 juin 1941 du maréchal PETAIN, qui instaurait le certificat d'aptitude professionnelle d'avocat, le C.A.P.A.


Parce que même si une quantité considérable d'avocats ne l'ont pas ce C.A.P.A. (les anciens conseils juridiques, les politiques qui deviennent de plus en plus nombreux, les anciens professionnels, praticiens, etc.), ce machin là était à l'époque et reste aujourd'hui une servitude de plus.


Finalement, une grande majorité d' avocats aiment bien les contraintes.


C'est ce que notre ami Pierre DOYEN appelle avec juste raison "la caporalisation".


La preuve.




___________________________________

(1) Du calme, en 2010, le bâtonnier, c'était Dominique MATTEI.

(2) Voyez comme je suis juste.

(3) Evidemment, sans aucune critique. Surtout pas de vagues.


13 commentaires

C'était une erreur !

  • Par patrice.giroud le

IL N'EST PAS INTERDIT DE DIRE ET DE REDIRE

  • Par bernard.kuchukian le

Et j'ai une fois encore le vif plaisir de constater que nous disons pareil vous et moi, quelquefois pas sur le meme ton. Mais c'est la seule différence.


LE SYNDROME DE TOPKAPI

  • Par Pierre DOYEN le

Napoléon voulait que l'on coupât la langue à l'avocat qui s'en sert contre le gouvernement. C'était en ces termes courroucés, qu'il s'adressa à son Archichancelier Jean-Jacques de Cambacérès, fulminant contre son projet de décret portant restauration de l'Ordre des avocats. Ce décret, vitupéra l'autocrate, ne permet aucune action contre les avocats!


Et l'Ordre des avocats ressuscita de ses cendres révolutionnaires dix ans plus tard, le 14 décembre 1810. Et les avocats à leur maître, rentrés dans l'Ordre prêtèrent serment, comme à Rome l'affranchi à son patron le jusjurandum liberti!


Les avocats sont -ils masochistes ou esclaves chromosomiques? On ne sait. C'est incompréhensible, ils commémorent le bicentenaire de leur chute dans la servitude. Alors que les esclaves romains, eux, faisaient chaque année la fête entre les 17 et 23 décembre. C'étaient les Saturnales, jours pendant lesquels les esclaves commandaient leurs maîtres!

Le comportement servile des avocats n'a aucun lien phylogénétique avec les esclaves romains. Il nous faut examiner l'histoire des esclaves et des hommes d'une autre contrée: la Turquie ottomane.


L'empereur ottoman, prince de l'Etat et en l'art du déduit avait en son palais de Topkapi quatre cents hétaïres, sur lesquelles il avait oeil et monopole viril! Comment recruter de vertueux gardiens du harem? La question fut impérialement tranchée, pour la sublime tâche, on choisit des eunuques! C'étaient de pauvres hères, castrés sur ordre du monarque, avant qu'ils ne fussent adolescents, pour qu'ils ne pussent copuler. Encore que la pratique fut de choisir des eunuques, dont le priape était coupé au ras du ventre. Cette façon de faire avait toutefois ses limites, en raison du taux de mortalité particulièrement élevé.


Ainsi la distinction impériale faisait elle garantir son monopole viril sur le harem de Topkapi, à ceux-là mêmes, qu'elle avait privé de leur virilité. En tout bien tout honneur, les eunuques remplirent leur impériale mission, s'il nous est permis de nous exprimer ainsi, garantissant sans encombre l'exclusivité virile de leur princier commettant.


Voici exposé en quelques lignes l'histoire misérable du syndrome des eunuques du sultan ottoman. Sultan et empire ottomans ont disparu, mais le syndrome demeure!


Les avocats fêtent leur asservissement. Ils sont les témoins vivants du passé des eunuques de Topkapi. Car à l'instar de ceux-ci, ils louent le système politique et social qui les a dévirilisés! Au fait en Turquie, le syndrome de Topkapi n'est pas aussi vivace que chez nous, puisque les avocats peuvent y exercer leur profession, sans être obligatoirement inscrits à l'Ordre.


RE: LE SYNDROME DE TOPKAPI

  • Par patrice.giroud le

J'ignore encore aujourd'hui les raisons qui ont poussé certains Ordres (ils sont peu nombreux) dont PARIS à vouloir cette fête.


Une erreur historique !


RE: LE SYNDROME DE TOPKAPI

  • Par laurent.epailly le

Non.


Ce n'est pas une erreur historique.


Il est normal de célébrer la restauration des ordres et, quasi, des avocats (et, du reste, sans ordre, pas de Bâtonnier, mon Bâtonnier...), car on ne peut que se réjouir que les avocats aient pu retrouver des conditions d'existence.


Le fait qu'ils soient recrées dans des conditions d'asservissement n'est pas important : c'était avant, c'était il y a longtemps. Ce qui compte, c'est le développement qui en est issu.


Doit-on cesser de célébrer les femmes parce qu'elles ont été nos esclaves pendant des siècles ?


Quant à Montpellier, qui a célébré ce rétablissement des ordres sur 3 jours et avec moult évènements, sa motivation est simple : nous sommes heureux d'être avocats.


OUI MAIS

  • Par bernard.kuchukian le

Ce n'est pas pour autant qu'on doive accepter en 2012 la pérénité des condititions d'asservissement de 1810.



ceci veut dire notamment qu'on doit pouvoir remettre en cause les règles dites incontournables en fonction de la législation européenne, voire le principe d'unicité des ordres.


Sommes nous bien d'accord ? Si nous ne le sommes pas, c'est pas grave: le tout volera un jour en éclats avec l'Europe.


On poursuivra ensuite.


Oui. Ca, d'accord.

  • Par laurent.epailly le

Il nous faut, bien sur, évoluer, et de préférence dans le respect de la CEDH...


RE: LE SYNDROME DE TOPKAPI

  • Par patrice.giroud le

Heureux d'être avocats, certes, mais était-il besoin de célébrer un décret impérial ?


Je pense que vous ne manquez pas d'occasions pour vous retrouver collectivement !


C'EST VRAI

  • Par bernard.kuchukian le

Ceux qui ont célébré le bicentenaire auraient pu tout aussi bien célébrer la convention européenne des droits de l'homme, ou la Q.P.C.


Pour celle-ci, ne pas hésiter à inviter Monsieur DEBRé président du Conseil constitutionnel : il aime le bordeaux et le bourgogne, et apprécie toutes sortes de crèmes glacées. Il n'est donc pas difficile.


RE: LE SYNDROME DE TOPKAPI

  • Par laurent.epailly le

Etait il nécessaire de célébrer un décret impérial ?


bein si, vu qu'à cette époque, la France était un Empire. cela aurait été une Monarchie toute simple, nous aurions fait tout pareil. Ce qui compte, ce n'est pas le régime à l'origine, mais le sens du texte.


On a bien validé des Lois pétainistes après la guerre...


DESOLE

  • Par bernard.kuchukian le

Ce n'est pas ce qu'on a fait de mieux.


L'art. 99, le CAPA, et bien d'autres.


RE: LE SYNDROME DE TOPKAPI

  • Par patrice.giroud le

Nous sommes en désaccord sur cette affaire mais ce n'est pas grave.


Le décret dont s'agit et à la lecture duquel je vous renvoie ne méritait pas selon moi d'être célébré :


"14. La réception aura lieu à l'audience publique , sur la présentation d'un ancien avocat, et sur les conclusions du ministère public ; le récipiendaire y prêtera serment en ces termes : « Je jure obéissance aux constitutions de » l'empire, et fidélité à l'empereur ; de ne rien » dire ou publier de contraire aux lois, aux règleii mens, aux bonnes moeurs , à la sûreté de l'état » et à la paix publique ; de ne jamais m'écarter » du respect dùaux tribunaux et aux autorités » publiques ; de ne conseiller ou défendre au» cune cause que je ne croirai pas j uste en mon » âme et conscience. »"


"33. L'Ordre des avocats ne pourra s'assembler que sur la convocation de son bâtonnier et pour l'élection des candidats au conseil de discipline, ainsi qu'il est dit art. 19.

Le bâtonnier ne permettra pas qu'aucun autre objet soit mis en délibération. Les contrevenans à la disposition du présent article pourront être poursuivis et punis conformément à l'article 293 du Code pénal, sur les associations ou réunions illicites."


"37. Les avocats exerceront librement leur ministère pour la défense de la justice et de la vérité ; nous voulons en même temps qu'ils s'abstiennent de toutes suppositions dans les faits , de toute surprise dans les citations , et autres mauvaises voies, même de tous discours inutiles ou superflus."


"39. Si un avocat, dans ses plaidoiries ou dans ses écrits, se permettait d'attaquer les principes de la monarchie , et les constitutions de l'empire , les lois et les autorités établies. le tribunal saisi de l'affaire prononcera sur-lechamp , sur les conclusions du ministère public , l'une des peines portées par l'art. 25 ci-dessus, sans préjudice des poursuites extraordinaires, s'il y a lieu."


























RE: LE SYNDROME DE TOPKAPI

  • Par bernard.kuchukian le

Le pire de l'histoire est que le contenu de ce décret, pourtant abrogé, et "adouci" reste dans l'inconscient collectif passif, comme pourrait écrire notre ami Pierre DOYEN.


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