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Le portage salarial en question

  • Par avocat.jalain le
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Le contrat de travail comporte pour l'employeur l'obligation de fournir du travail au salarié.


La cour de casstion a jugé que le fait pour le salarié de ne pas avoir travaillé pendant plusieurs périodes faute d'avoir trouvé des missions ne constitue pas une cause réelle et sérieuse de licenciement, alors que c'était à la société A. en sa qualité d'employeur de lui fournir du travail.


En savoir plus : www.avocat-jalain.fr


Cass. soc., 17 février 2010, n°08-45.298


Attendu, selon l'arrêt attaqué, que M. X... a fait acte de candidature auprès de la société AVS Concept, qui exerce l'activité de sélection et mise à disposition de personnel dans le secteur du bâtiment, et a été engagé par elle, dans le cadre d'un portage salarial, à compter du 5 avril 2004 en qualité de maçon aux termes d'un contrat à durée indéterminée auquel était annexée une " charte de collaboration ", paraphée par le salarié, qui fixait ses conditions d'emploi, son mode de rémunération ainsi que ses obligations professionnelles ; qu'il a été licencié le 16 juin 2005 ; que M. X... a saisi la juridiction prud'homale de diverses demandes tendant au paiement d'un rappel de salaire et de dommages-intérêts pour licenciement abusif ainsi qu'au remboursement de prélèvements indus ;


Sur les deux premiers moyens réunis :


Vu les articles L. 1221-1 et L. 1211-1 du code du travail ;


Attendu que le contrat de travail comporte pour l'employeur l'obligation de fournir du travail au salarié ;


Attendu que pour juger que le licenciement de M. X... était fondé sur une cause réelle et sérieuse, le débouter de ses demandes et le condamner à rembourser à la société AVS Concept les salaires perçus pour la période de mars à juillet 2005, la cour d'appel a, après avoir mentionné que la charte de collaboration, paraphée et signée par M. X..., prévoyait que le collaborateur recherchait ses missions et les exécutait dans le respect des règles en vigueur dans son domaine d'activité, retenu, d'une part, qu'eu égard aux dispositions contractuelles, le fait d'être demeuré sans activité plus de deux mois consécutifs et de ne pas avoir réalisé la somme de 500 euros de marge par mois, fixée dans le dossier d'inscription, caractérisent la non-atteinte de l'objectif ayant motivé le licenciement du 16 juin 2005, d'autre part que M. X... n'ayant pas justifié avoir adressé à la société AVS Concept une attestation des heures effectuées du 1er au 31 juillet 2004, aucune rémunération n'avait été versée en l'absence de démonstration d'une activité exercée, et que, s'agissant des mois de mars à juin 2005, il ne pouvait recevoir de rémunération dans la mesure où il ne justifiait pas avoir adressé à la société AVS Concept les attestations d'heures effectuées ;


Qu'en statuant ainsi par des motifs tirés de ce que M. X... n'avait pas travaillé pendant plusieurs périodes faute d'avoir trouvé des missions à effectuer alors que c'était à la société AVS Concept, en sa qualité d'employeur, de lui fournir du travail, la cour d'appel a violé les textes susvisés ;


Et sur le troisième moyen :


Vu l'article L. 3211-1 du code du travail ;


Attendu que pour débouter M. X... de ses demandes de remboursement au titre des prélèvements sur ses salaires d'avril 2004 à février 2005 et de paiement de dommages-intérêts, la cour d'appel a relevé que l'employeur avait procédé à des retenues prévues par l'article 18 de la charte de collaboration qui fixe le tableau des rémunérations applicables pour le calcul des salaires des collaborateurs, que M. X..., qui avait approuvé ces dispositions, ne pouvait s'opposer à l'application des prélèvements opérés sur le chiffre d'affaires qu'il avait réalisé ; qu'il n'y avait pas davantage lieu d'allouer des dommages-intérêts à M. X..., qui ne justifiait pas d'un préjudice, en l'absence de démonstration de prélèvements indus sur la rémunération lui revenant aux termes du contrat ;


Qu'en se déterminant ainsi sans rechercher si les conditions de la rémunération de M. X... découlant des dispositions contractuelles régissant sa relation de travail salariée avec la société AVS Concept, et notamment si les prélèvements opérés par cette dernière dans ce cadre, étaient conformes aux dispositions légales, la cour d'appel n'a pas donné de base légale à sa décision ;


PAR CES MOTIFS :


CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 24 janvier 2008, entre les parties, par la cour d'appel de Pau ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Toulouse ;


Condamne la société AVS Concept aux dépens ;


Vu l'article 700 du code de procédure civile, condamne la société AVS Concept à payer à M. X... la somme de 200 euros ;


Et vu l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 : condamne la société AVS Concept à payer à la SCP Richard la somme de 2 300 euros ;


Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l'arrêt cassé ;


Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre sociale, et prononcé par le président en son audience publique du dix-sept février deux mille dix.


3 commentaires

en question peut être mais pas en cause

  • Par catherine.clavin le

Il est entendu que le portage salarial ne doit pas être dérogatoire du droit commun sur les grands principes.


CDD en CDI : Et il possible d'obtenir ces salaires de retards ?

  • Par Claude Poulard le

Bonjour Madame,

Je suis enseignant en CDD et j'ai les 6 années demander pour le CDI.

L'Education Nationale tarde à me faire passer en CDI. Deux années après je devrais passer au CDI.

Comme pendant ces deux années j'ai touché le chômage, puis le Rmi et enfin le RSA. Et il possible d'obtenir ces salaires de retards ? MercI.

Très cordialement,

Claude Poulard


poulardclaude@yahoo.fr



CDD EN CDI: Et il possible d'obtenir ces salaires de retards ? MercI.

  • Par Claude Poulard le

Bonjour Madame,

Je suis enseignant en CDD et j'ai les 6 années demander pour le CDI.

L'Education Nationale tarde à me faire passer en CDI. Deux années après je devrais passer au CDI.

Comme pendant ces deux années j'ai touché le chômage, puis le Rmi et enfin le RSA. Et il possible d'obtenir ces salaires de retards ? MercI.

Très cordialement,

Claude Poulard


poulardclaude@yahoo.fr


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