mai
31

Visage, regard et éthique

  • Par aurelie.mahe le


S'il est un livre à relire, c'est bien Ethique et Infini, l'éthique du visage selon Levinas. Le visage, "ce qui nous interdit de tuer". Le visage, qui est "sens à lui seul". La peau du visage, celle qui reste "la plus nue bien que d'une nudité décente".


Le visage, présence physique de l'être, est aussi l'être de l'être, sa profondeur, sa douleur, il est sa métaphysique, sa transcendance et son conscient, son inconscient, sa confidence qu'il ignore, la présence métaphysique de l'être.


Le visage, lieu du questionnement de l'autre. Le visage serait cette façade, ternie ou scintillante, selon la lumière du regard.


Visage et regard sont si liés que l'un définit l'autre : deux visages qui s'entrecroisent car ils sont d'abord deux regards, "le regard fait prise sur les visages, en est bouleversé ou les bouleverse. Il fait peur, induit la confiance, terrifie, rapproche ou sépare. (...). C'est le regard dans un autre regard qui crée la réaction affective et partant symbolique. " (Affergan)


Peut-être ne serez-vous pas non plus indifférents à ces mots de Merleau-Ponty, dans l'Oeil et l'Esprit : l'oeil, comprenez la "fenêtre de l'âme", "Un corps humain est là quand, entre voyant et visible, entre touchant et touché, entre un oeil et l'autre, entre la main et la main se fait une sorte de recroisement, quand s'allume l'étincelle du sentant-sensible, quand prend ce feu qui ne cessera pas de brûler, jusqu'à ce que tel accident du corps défasse ce que nul accident n'aurait suffi à faire ...."


Pourriez-vous y déceler le "Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien" de Jankelevitch ?









0 commentaire