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FEMMES, METIERS, PROFILS

  • Par atiback le
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Me Aline ATIBACK était l'invitée de l'émission télévisée « Lady vous écoute » du 25 mai 2010 sur la chaîne Télé Sud sur le thème "femmes, métiers, profils"


Elle est intervenue notamment sur :


- la perception de la femme dans le métier d'avocat,


- la manière dont les femmes se sont imposées dans la profession d'avocat qui leur était initialement interdite,


- le fait que les femmes soient aujourd'hui plus nombreuses que les hommes au barreau de Paris (qui est composé de plus de la moitié des avocats de France),


- les difficultés des femmes à trouver une collaboration en tant qu'avocates, certains patrons se méfiant des femmes projetant de faire des enfants dans un avenir proche, compte tenu des congés maternité qui s'en suivront,


- l'inégalité de rémunération entre les avocats collaborateurs hommes et femmes, les premiers étant considérés comme plus ambitieux et mettant la barre plus haut,


- la difficulté pour les avocats à concilier tous les aspects de la profession :


* gestion du cabinet,


* actes juridiques et juridictionnels,


* nombreux déplacements pour plaidoiries et rendez-vous extérieurs,


* prospection active des clients.


- la difficulté pour les femmes à concilier un emploi du temps professionnel très chargé avec la vie de compagne et de mère,


- les conseils aux femmes victimes d'agressions sexuelles et de viols.


6 commentaires

l'avocate pénaliste

  • Par Alexandre RAMSAMY le

Maître Atiback;


Bravo pour votre participation à cette émission.


J'ai une question à vous poser par rapport au role de l'avocate pénaliste.


Peu de femmes choisissent cette spécialité. Défendre des individus qui ont donné la mort, affronter des conflits, souvent violents, en cour d'assises, se faire respecter dans un monde misogyne où confrères et délinquants doutent à priori de vos compétences, voilà qui en dissuade plus d'une.


Dans votre cas avez vous des affaires criminelles ou correctionnelles et comment vous vous y préparer faut il être d'un tempérament bien trempé, j'aimerai bien avoir votre sentiment sur ce point.


Votre confrère.


RE: l'avocate pénaliste

  • Par atiback le

Cher Monsieur,


Le regard de la profession sur la femme a beaucoup changé. La preuve, il y a plus d'avocats femmes que d'hommes au barreau de Paris, qui comporte plus de la moitié des avocats de France. Les hommes n'ont pas le monopole de la parole. Les femmes ont d'ailleurs tendance à exceller dans cet exercice. Imaginez une querelle entre un homme et une femme. En général, la femme s'en sort bien. Une plaidoirie avec un confrère masculin est une sorte de bataille du verbe et à cet exercice, la femme n'est pas en reste.


Par ailleurs, il m'arrive effectivement de défendre de grands criminels. Il faut rester froide et ne pas se laisser submerger par l'émotion. Lorsque l'on rentre chez soi, on doit oublier le travail et se détendre. Quelle que soit la gravité de l'affaire, ça reste un dossier.


J'ai la chance d'avoir fait un DEA de Sciences criminelles où l'on apprend en criminilogie qu'un délinquant n'est pas un monstre, mais un déviant, une sorte de victime de la société. Si on est son avocat, on s'attache d'abord à trouver d'éventuelles nullités de procédure, puis on lui cherche des circonstances atténuantes.


Bien entendu, je défends également les victimes et il est enrichissant de pouvoir être à l'aide des deux côtés de la barre.


J'espère avoir répondiu à vos interrogations.


Merci de votre intérêt pour mon blog.


Aline ATIBACK


RE: l'avocate pénaliste

  • Par Alexandre RAMSAMY le

Merci pour votre réponse compléte...


Néammoins un questionnement me vient encore à l'esprit.


Vous avez dit défendre aussi des parties civiles...


Votre illustre confrère Jacques VERGES a dit lors d'une de ses multiples entrevues qu'il était l'avocat de la défense, et non de la partie civile car de ce côté là il n'y rien à défendre...


Pour lui il n'y a aucun intérêt à défendre la victime, sauf la victime persécutés par le ministère public qui représente la société.


Qu'en pensez vous?


Merci de votre réponse.


Etudiante

  • Par Gladys le

Bonjour Maître,


Je suis étudiante en droit, et je me pose beaucoup de questions. Je souhaite devenir avocat et j'ai l'impression que ce metier est assez hostile aux femmes qui ont décidé d'avoir une vie de femme.

Comment concilier vie de famille, vie personnelle et vie professionnelle lorsque l'on est une femme au sein de la profession d'avocat?

En est-on encore à devoir entre faire des enfants ou constuire sa carriere, alors que nous sommes en 2010?

Merci de votre réponse


RE: Etudiante

  • Par atiback le

Bonjour,


Mon confrère VERGES, qui est généralement présenté comme étant "l'avocat du diable", a l'art de la provocation, ce qui entretient sa notoriété. Il est présenté comme l'avocat des causes perdues et, suivant l'adage "qui peut le plus peut le moins", on peut penser qu'il est moins intéressant intellectuellement de défendre les victimes, dont la cause est généralement plus facile.


Personnellement, je pense qu'en se mettant tour à tour d'un côté de la barre, puis une autre fois de l'autre, on apprend à manier les armes de l'adversaire et l'exercice n'est pas inutile, car on peut la prochaine fois battre l'adversaire avec ses propres armes. Par ailleurs, il peut être usant moralement d'être toujours du côté de la défense. Cela rejailli parfois sur le caractère de certains ténors du barreau qui, à force de se familiariser avec l'univers des crimes les plus atroces, deviennent caractériels et ont besoin d'un suivi psychologique régulier.

Je n'ai aucun état d'âme à défendre des criminels, mais il peut arriver que certaines causes heurtent ma conscience. C'est pourquoi j'essaye d'équilibrer la charge émotionnelle en défendant également la cause des victimes.


Bonne soirée.


Aline ATIBACK


RE: Etudiante

  • Par atiback le

Bonjour,


Il est tout à fait compatible de mener une belle carrière d'avocat et de fonder une famille. Lors des années de collaboration, cela peut être difficile, mais les règles de déontologie régissant la profession protègent la collaboratrice enceinte.

Cela dit, si vous tonbez enceinte quelques temps après votre recrutement ou si vous enchainez deux grossesses en deux années de collaboration, l'employeur ne le verra pas d'un bon oeil et vous risquez de perdre votre collaboration. Toutefois, si vous être très compétente, difficilement remplaçante, vous trouverez votre place à votre retour de congé maternité.


Une fois installée à votre compte, vous pouvez très bien gérer votre temps de travail en fonction de vos obligations familiales. Si votre activité fonctionne bien et que vous avez un ou plusieurs collaborateurs, vous pouvez déléguer.


Personnellement, je pense qu'avec de l'organisation, il n'est pas si difficile que cela de cumuler le métier d'avocat et la vie de famille quand on est une femme.


Bonne soirée.


Aline ATIBACK


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