trésor (24)

mars
29

Le trésor d'Agatha Christie

  • Par antoine.beguin le

L'histoire aurait certainement plu à l'auteur. A se demander même si elle n'est pas à l'origine de ce mystère de la malle renfermant un trésor.


Nous sommes en 2006 et la fille de la célèbre romancière décide de mettre aux enchères quelques objets dont elle avait hérité, dont une malle.


Allez savoir pourquoi, la malle était close par un verrou et nul ne songea à l'ouvrir, ce qui est quand même très étonnant.


La malle trouva preneur pour une somme de 100 €uros. Il faudra attendre encore quelques années avant que son nouveau propriétaire décide, enfin, d'avoir la curiosité de jeter un oeil à l'intérieur.


Stupeur et tremblement, la malle renferme non pas un cadavre mais une petite boîte aux initiales d'Agatha Christie.

La découverte a de quoi émouvoir toute personne, même anglaise : 35 monnaies d'or, une bague de fiançailles et une broche en forme de boucle.


Il ne fait nul doute que ces objets ont appartenu à Agatha Christie. Outre la valeur sentimentale, ils représentent aussi un fabuleux magot car les objets pourraient être revendus jusqu'à 100.000 €uros dit-on.


L'heureux acquéreur, fan de l'auteur est, on le comprend, ravi.


Ne partageant pas cet enthousiasme, la maison de ventes aux enchères ne décolère pas.


« ce qui était vendu c'était le coffre et non les éléments et bijoux découverts plus tard » a déclaré l'un de ses responsables qui menace d'engager une procédure.


Le droit anglo-saxon a ses particularités en la matière sur lesquelles je ne m'étendrai pas.


Transposons cette histoire en France.


S'agit-il d'un trésor comme l'ont mentionné en long et en large les journaux ? L'objet a bien été volontairement caché et a été découvert par hasard. Les deux premières conditions pour qualifier la découverte de trésor sont caractérisées. Manque cependant la dernière condition : l'identité de celui qui a caché le trésor n'est pas inconnue. Et c'est précisément la renommée d'Agatha Christie qui donne toute sa valeur aux objets mis à jour.


Point de trésor donc. Pour autant, cela ne signifie pas que l'héritière d'Agatha Christie ou encore la maison de ventes aux enchères seraient légitimes à engager une procédure en revendication.


D'abord, l'objet a été mis aux enchères. Ce qui veut dire que son propriétaire, en toute connaissance de cause, a décidé de vendre au plus offrant l'intégralité de l'objet, sous-entendu le contenant mais aussi le contenu éventuel. Comment le vendeur pourrait-il se prévaloir de son ignorance du contenu alors qu'il en était le propriétaire légitime, de surcroit héritier d'Agatha Christie ?


Ensuite, si le propriétaire avait été prévenant, il aurait éventuellement pu spécifier une clause de réserve de propriété pour les objets que contenait la malle.


Il aurait pu aussi, et plus simplement, ouvrir la malle avant de la vendre...


Bienheureux cet acheteur, amateur d'Agatha Christie. Il a sans doute résolu le dernier mystère de l'écrivain.


sept.
24

Utopie vous avez dit ?

  • Par antoine.beguin le
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Une nouvelle m'a encore hérissé le poil aujourd'hui. Pourtant, la nouvelle a de quoi réjouir plus d'un amateur d'histoire.


En cause, la découverte réalisée en juillet par Terry Herbert, anglais de son état. Muni d'un détecteur de métaux, ce passionné a mis au jour un trésor qui daterait du 7ème siècle. Le trésor est historique puisqu'il comprend tout un arsenal guerrier : au moins 84 pommeaux et 71 gardes d'épées avec des décorations complexes et des grenats incrustés dans l'or.


Le site Internet consacré à cette découverte est très beau, à visiter absolument.


Si je suis irrité par cette découverte, c'est précisément parce que la découverte a été réalisé par un prospecteur, lequel, encouragé par un système intelligent, a déclaré sa trouvaille en toute confiance et a été récompensé.


Transposée en France, on aurait tôt fait de placer en garde à vue le prospecteur qualifié de dangereux délinquant en puissance. La trouvaille aurait été confisquée avec pertes et fracas.


Ce que les anglais ont réussi depuis le treasure act de 1996, nous avons de notre côté totalement échoué dans la valorisation des découvertes réalisées par des amateurs.


Pourtant, sans trahir le secret professionnel, nous pourrions nous aussi nous vanter de très belles trouvailles réalisées par des prospecteurs. Oui mais voilà, notre réglementation n'encourage pas, et c'est peu dire, cette activité. Alors les trouvailles restent secrètes, au détriment de tous.


Les difficultés de notre système reposent sur trois constats :

- La loi qui régit l'usage d'un détecteur est inadaptée parce qu'elle ne définit pas les conditions précises dans lesquelles un prospecteur peut utiliser son matériel ;


- D'autre part, la marge de manœuvre concédée par le législateur qui consiste à soumettre les prospections à usage archéologique à l'octroi préalable d'une autorisation administrative s'est soldée par un échec ;


- Enfin, les prospecteurs qui ont le sentiment de pratiquer leur loisir dans une quasi clandestinité ne déclarent pas les objets qu'ils découvrent, ce qui renforce le sentiment d'une pratique illicite.


Pour sortir de cette impasse, il apparaît indispensable d'abord de clarifier les conditions dans lesquelles du matériel de prospection peut être utilisé.


Ainsi, nous pourrions poser deux principes et deux tempéraments :


1er principe : L'usage d'un détecteur sur toutes les zones archéologiques référencées et publiées est interdit sauf si l'utilisateur bénéficie d'une autorisation administrative préalable.


2ème principe : En dehors de cette hypothèse, l'usage d'un détecteur est libre sous réserve des tempéraments suivants.


1er tempérament : en cas de découverte d'un ensemble d'objets laissant présumer sur un lieu l'existence d'une zone archéologique inédite, le prospecteur a l'obligation de stopper la détection et doit procéder à la déclaration de la zone auprès du service régional de l'archéologie.


2ème tempérament : les autorités municipales ou préfectorales ont la possibilité d'interdire l'usage d'un détecteur sur une zone délimitée pour une durée déterminée ou indéterminée et pour des motifs tirés de l'ordre public.


Il est également indispensable de simplifier les déclarations de découvertes fortuites d'un objet d'intérêt historique ou archéologique.


Ainsi, nous pourrions prévoir que doivent être déclarés quelles que soient les circonstances de la découverte l'objet dont l'ancienneté est présumée supérieure à 200 ans et qui est susceptible de présenter un intérêt scientifique.


- La déclaration de l'objet se réaliserait au moyen d'un formulaire unique comprenant l'identité du découvreur, la localisation et la description de l'objet (photo), le nom du propriétaire du terrain et le lieu de stockage de l'objet.


- L'envoi du formulaire se ferait par tous moyens auprès du service régional de l'archéologie territorialement compétent. Un accusé de réception serait adressé au déclarant.


- Dans les 30 jours de la déclaration, le SRA serait tenu d'indiquer au déclarant s'il entend examiner l'objet. En l'absence de réponse dans le délai de 30 jours ou de réponse négative, la dévolution de l'objet serait régie conformément aux dispositions du Code civil.


- Si le SRA manifeste le désir d'examiner l'objet, il serait institué dépositaire précaire pendant une durée maximale de deux ans.


- A l'issue au plus tard du délai de deux ans, l'Etat ou toute autre collectivité publique aurait la faculté d'acquérir l'objet moyennant une juste récompense fixée à l'amiable ou, à défaut, à dire d'expert.


- En l'absence d'acquisition, l'objet devrait être restitué sans délai au déclarant.


- La déclaration spontanée d'un objet dont l'âge serait présumé supérieur à 200 ans et qui serait susceptible de présenter un intérêt scientifique interdirait toute poursuite pénale à l'encontre du déclarant pour les infractions de fouilles archéologiques ou de destructions de site archéologique, sauf déclaration tardive ou frauduleuse.


C'est à ces conditions que nous pourrons enfin apprécier la richesse des découvertes réalisées qui sont jusqu'à présent totalement inconnues.


Utopie vous avez dit ?



sept.
15

Odyssey perd une bataille mais ne désarme pas.

  • Par antoine.beguin le
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L'excellente émission « Complément d'enquête » diffusait hier soir un reportage sur la Société américaine Odyssey dont l'activité pour le moins contestable consiste à pratiquer de « l'archéologie commerciale » et qui, en réalité, exploite le filon des épaves englouties regorgeant de monnaies d'or et d'argent. Le reportage (à 1 heure 24) met en évidence les données de ce dossier et la position ambiguë d'Odyssey.


Nous avions eu l'occasion à plusieurs reprises d'évoquer le coup de maître d'Odyssey : la découverte du « Black Swan » au large de Gibraltar. 17 tonnes d'or de monnaies avaient été récupérées par la société privée et immédiatement rapatriées au siège social de l'entreprise à Tampa en Floride.

Article 1

Article 2


La seule préoccupation de la Sté Odyssey consistait alors à vendre ces monnaies au plus offrant pour une valeur totale estimée à 500 millions de dollars.


Sauf que l'Espagne a vivement réagi à l'annonce de cette découverte et de ce rapatriement sauvage d'une partie de son patrimoine. Car il ne s'agit pas d'un navire inconnu baptisé romantiquement Black Swan comme le prétend Odyssey. Le navire a un nom : la Nuestra Senora de las Mercedes, un galion sous pavillon espagnol coulé au sud du Portugal en octobre 1804. Et ce navire militaire appartient éternellement à son pays d'amarrage.


La bataille judiciaire s'est engagée devant le Tribunal de Tampa. L'Espagne peut compter sur un appui de poids, celui du gouvernement américain qui pris officiellement position pour la restitution du trésor à l'Espagne. C'est dans ce sens que s'est prononcé le Tribunal de Tampa. Cela ne fait évidemment pas les affaires de la Sté Odyssey qui a relevé appel de la décision. La société vit sa survie avec cette découverte.


Gageons que l'Espagne pourra récupérer prochainement son bien et en faire profiter la communauté.



juin
30

La prochaine fois, je sourirai

  • Par antoine.beguin le
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Un titre mystère pour évoquer le dernier « Réponse à tout » dans lequel votre très humble serviteur a osé pondre un quiz « vrai-faux » sur les trésors.


Je n'avais pas beaucoup de photos de moi sous la main pour illustrer l'article, la seule, en robe, n'est guère à mon avantage...



Nom : RAT.JPG
Taille : 3 Mo


mai
29

Petite histoire du trésor

  • Par antoine.beguin le
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Les trésors ont toujours existé et le droit a très tôt cherché à codifier les règles de dévolution de ces biens.


Pourtant, tout semblait à l'origine d'une simplicité évangélique : « le Royaume des Cieux est semblable à un trésor caché dans un champ. L'homme qui l'a trouvé le cache (à nouveau), puis, dans sa joie, il s'en va vendre tout ce qu'il a et achète le champ » (Matthieu, 13, 44).


Avant l'apogée du Droit romain, à l'époque gauloise, on suppose que les chefs élus ou héréditaires décidaient du sort du bien découvert. Les druides devaient alors avoir un rôle de conseiller.


Le droit romain a une approche plus pragmatique en érigeant l'occupation, c'est-à-dire la prise de possession, comme source de propriété. Celui qui trouvait un trésor en était propriétaire. Le trésor est alors considéré comme un « bienfait de Dieu » dans le Code de Justinien. Au début de l'Empire, en application de la théorie des biens en déshérence, c'est l'Etat qui s'empare du trésor : « le citoyen qui découvre un trésor doit le remettre au fisc ».


Mais, il est relativement facile de frauder les droits de l'Etat en cachant sa découverte, c'est pourquoi l'Etat suscite au propriétaire du terrain un concurrent éventuel en la personne du découvreur - l'inventeur -, et stimule par la même le zèle des chercheurs.


Sous les empereurs Claudiens, Flaviens et Antonins, la législation devient ainsi très libérale : le trésor découvert par un Gallo-Romain dans son terrain lui appartient en totalité ; dans le fonds d'autrui, il a droit à une moitié, l'autre partie étant dévolue au propriétaire du terrain.


Selon les époques, l'Etat maintient ses droits (une loi de l'an 315 lui attribue la moitié des trouvailles) ou les abandonne (en 380, si le trésor est découvert sur le fonds d'autrui, l'inventeur reçoit les trois-quart et le propriétaire un quart) et l'on s'arrête à cette sorte de société élémentaire de gains : moitié à l'inventeur, moitié au propriétaire du terrain, solution définitivement adoptée en 474. Si le propriétaire de la chose découverte se révèle, il peut alors réclamer en justice la restitution du prétendu trésor.


On a parfois cherché à étendre le nombre des bénéficiaires. Dans l'ancien droit oriental, on récompensait les inventeurs possibles tout comme l'inventeur effectif, solution coupant court à toute contestation sur la priorité de la découverte. Ainsi, si le trésor était découvert par un groupe se promenant, il devait revenir en entier à l'inventeur effectif si celui-ci était en dernière position ; si l'inventeur était au milieu, il partageait avec ceux qui le suivaient mais non ceux qui le précédaient.


Au Moyen Age, tout trésor trouvé par un paysan était automatiquement remis à son seigneur qui devait à son tour en aviser un suzerain ; par la suite, les agents du pouvoir monarchique prirent le relais du suzerain féodal. Le trésor d'or fut considéré comme devant appartenir traditionnellement au roi : « nul n'a fortune si il n'est roi ». Le trésor d'argent d'argent revenait au seigneur féodal du lieu. Par fidélité romaine, le parlement lutta contre ce principe et un arrêt de la Cour d'Amiens de juillet 1570 admet un partage entre l'inventeur, le propriétaire et le seigneur (à raison d'un tiers chacun). Cependant, au XVIIIème siècle, le procureur du roi ou l'intendant de province s'accaparait encore le bien découvert.


Un arrêt de la Chambre de Grenoble de février 1631 accorda la moitié d'un pot de pièces d'or à un maçon qui l'avait trouvé dans un mur et l'autre moitié au propriétaire du bâtiment, malgré les réclamations du Prince d'Orange.


En 1725, un vase de bronze rempli de monnaies romaines fut découvert à Grommegines-près-Lequesnoy. Le Contrôleur général du roi en réclamait un tiers. Monsieur de Vastan, intendant du Hainaut, l'accorda pour moitié à l'inventeur et pour moitié au propriétaire du terrain, au nom du chapitre 129 du Droit coutumier du Hainaut.


En 1792, deux cas pouvaient encore se présenter : en cas de découverte, sa confiscation en totalité, ou, en cas de dénonciation, le vingtième était attribué au dénonciateur (décret de la Convention Nationale du 23 brumaire An II de la République relatif aux découvreurs de trésors).


De même, le Moniteur et le recueil des actes du comité de Salut Public recèlent de textes qui prouvent que les financiers de la Révolution apportaient au rappel - toujours délicat - du numéraire plus d'obstination que de tact. Pour tenter de limiter la dépréciation des assignats, ils s'épuisaient en de multiples efforts pour décider l'or à prendre le chemin du Trésor Public. Le pouvoir édicta ainsi plusieurs décrets qui, pour certains, déclaraient confisquées toutes les espèces qui seraient découvertes « dans les caves, dans la terre, dans l'intérieur des murs, meubles, parquets et tuyaux de cheminées ». Cette politique eut un succès... très limité.


Enfin, le Code civil de 1804 reprit pour une large part les définitions romaines du trésor ainsi que ses règles de dévolution. C'est pourquoi on peut dire que l'article 716 du Code civil a, aujourd'hui, plus de 1 500 années d'histoire. Les codificateurs ont, dans l'article 716, d'une part défini le trésor et d'autre part réglé son attribution - article autarcique s'il en est -.


- L'alinéa 2 dispose que le trésor est " toute chose cachée ou enfouie sur laquelle personne ne peut justifier sa propriété, et qui est découverte par le pur effet du hasard ".

- L'alinéa 1 énonce que " la propriété d'un trésor appartient à celui qui le trouve dans son propre fonds ; si le trésor est trouvé dans le fonds d'autrui, il appartient pour moitié à celui qui l'a découvert, et pour l'autre moitié au propriétaire du fonds ".


mars
30

Le trésor du maçon

  • Par antoine.beguin le
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Encore une (belle) histoire de trésor.


Aux innocents les mains pleines. L'adage est connu. Paulo, sympathique maçon portugais en est l'illustration. Son histoire est à lire.

Article 1

Article 2


J'ai eu l'occasion de le rencontrer sur un plateau télé et nous avons pu discuter hors antenne. C'est la première fois que je rencontre une personne qui a su gérer aussi bien l'impact psychologique d'une telle découverte. L'homme est équilibré et sans doute bien conseillé. (Un petit conseil : je crois qu'Amanda attend désespérément que tu la demandes en mariage...).


Le seul bémol : je ne suis pas certain qu'il ait beaucoup apprécié les rires des animateurs sur son accent.

mars
27

Le TITANIC n'est pas un trésor...

  • Par antoine.beguin le
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Comme le Figaro, je m'efforce de trouver des titres chocs pour attirer le lecteur (toute autre ressemblance serait fortuite).


L'épave du TITANIC est en passe de devenir un trésor international. C'est le sens d'une décision que devrait rendre un juge fédéral de Norfolk.


Cette décision pourrait mettre fin à un combat juridique qui a débuté en 1985 lorsque l'épave a été isolée au fond de l'océan. La Compagnie RMS Titanic qui est à l'origine de la découverte souhaiterait pouvoir exploiter commercialement les objets récupérés (5900 quand même). Le juge lui accorderait certains droits, mais certainement pas un droit de propriété sur ces objets.


Cette histoire témoigne du problème des épaves maritimes gisant en eaux internationales qui n'ont pas encore de véritable statut.


Le lecteur appréciera une petite phrase dans l'article qui m'a fait sourire : « Alors que des signes de détérioration du navire se font jour... ». Ah diable, moi qui pensais réserver mon billet à bord du paquebot pour la prochaine traversée Southampton-New York...

mars
14

Mille millards de sabords !

  • Par antoine.beguin le
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J'avais abordé sur ce blog la découverte réalisée au large de l'Espagne par la Sté américaine Odyssey, spécialisée dans la recherche d'épaves maritimes aux cales débordant d'objets précieux. Son coup de maître a été de localiser l'épave du Black Swan, en réalité la Nuestra Señora de las Mercedes y las Animas, puis de remonter à la surface sa cargaison, soit 17 tonnes d'or de monnaies, très discrètement rapatriées aux Etats-Unis. C'était le début d'un bras de fer avec l'Espagne (rejoint par le Pérou) qui n'est pas prêt d'être résolu.


Voilà que la Sté ODYSSEY fait de nouveau parler d'elle. La société a jeté l'ancre au large de l'Angleterre pour un nouveau coup de maître. La société aurait localisé le très célèbre HMS Victory, navire phare de la flotte anglaise.


Le 5 octobre 1744, le navire affronte une tempête qui le pousse vers les récifs. Rien ne peut empêcher le navire de se fracasser sur les rochers. La perte du navire est une catastrophe humaine puisque près de 1200 marins y perdent la vie. La tempête est si violente qu'aucune tentative de sauvetage n'a été possible. Au petit jour, il ne reste rien, si ce n'est des débris qui s'échouent sur l'île d'Alderney (à quelques encablures des côtes françaises).


Pendant 264 ans, plus personne n'entendra parler du Victory. Jusqu'au mois de février 2009.


Le 2 février 2009, la société Odyssey annonce non sans fierté avoir localisé l'épave. Bien mieux, le robot explorateur a pu remonter deux pièces de canon : un premier modèle d'un poids de 4 tonnes portant les armes de Georges 1er conçu pour lancer des boulets de 19 kilos ! La deuxième pièce est plus modeste et porte le blason de Georges II.


Ces pièces signent l'identité du navire : il s'agit bel et bien du HMS Victory qui emportait 100 canons. D'autres vestiges sont rapidement isolés : le gouvernail, les deux ancres, un chaudron en cuivre... et même une partie de squelette qui a été pudiquement ré-enfouit dans le sable.


Tout cela n'est sans doute que broutille aux yeux de la société américaine. Le but est de mettre la main sur le magot. Peu de temps avant sa disparition, le Victory avait été envoyé à Lisbonne pour rapporter une énorme somme d'argent, sans doute des monnaies d'or frappées au Portugal et au Brésil. On parle de 100.000 monnaies, soit l'équivalent de 4 tonnes d'or. Une valeur extraordinaire d'un milliard de dollars est évoquée dans la presse !


Les autorités ont réagi promptement. Inutile de se retrouver dans la même situation que le gouvernement espagnol qui a vu partir sous sa barbe 17 tonnes d'or lors de la dernière expédition organisée par Odyssey. Le ministère de la Défense britannique a rappelé sans tarder que les restes du navire étaient « protégés par l'immunité souveraine », l'épave est donc la « propriété de la Couronne ». Très sourcilleux dès qu'il s'agit de la protection de son patrimoine, le gouvernement anglais a indiqué qu'« aucune action intrusive ne devra être menée sans le consentement explicite du Royaume-Uni ».


La société Odyssey a répondu que l'épave gisait dans les eaux internationales, ce qui ressemble un peu trop à un refrain déjà entendu à propos du Black Swan. Mais le Royaume Uni n'est pas l'Espagne. Et, quelle que soit la localisation de l'épave, son statut militaire la protège en théorie contre toute action intrusive. La Royal Navy surveille d'ailleurs autant la zone de l'épave que les activités d'Odyssey.


Tout cela ne fait pas forcément les affaires d'Odyssey qui cherche à négocier un accord pour exploiter les richesses de l'épave.


L'Unesco a ajouté sa voix dans le discours ambiant. L'occasion était trop belle pour mettre en valeur la Convention sur la protection du patrimoine culturelle subaquatique entrée en vigueur en janvier 2009. L'Unesco s'est fermement opposée à toute exploitation commerciale du navire.


La société Odyssey est une société cotée en bourse qui n'est certainement pas animée par une pure intention philanthropique. Si son président clame à qui veut l'entendre qu'il entend se substituer aux archéologues dont les moyens financiers réduits ne permettent pas d'engager de telles recherches, on imagine également sans peine que la société cherche un juste retour sur investissement.


Qu'il s'agisse de vendre les droits pour les documentaires réalisés, cela ne choque pas. Que la société Odyssey soit même associée à la récupération des vestiges, cela est normal. Mais de là à récupérer des monnaies d'or pour les vendre aux plus offrants, il y a un pas qu'on ne saurait franchir.


févr.
9

Coup de flash sur les monnaies du trésor du Mans

  • Par antoine.beguin le
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J'ai évoqué à plusieurs reprises sur ce blog l'histoire de ce trésor découvert dans les années 90 dans la banlieue du Mans et qui connut de nombreuses péripéties judiciaires.


J'ai eu la chance de suivre de près cette histoire et d'accompagner les inventeurs jusqu'à la vente officielle des monnaies. Sur le plan juridique, ce dossier fut passionnant.


L'histoire m'a également donné l'occasion de découvrir l'art gaulois à travers ces monnaies d'or.


Les premières frappes gauloises étaient fortement inspirées des pièces grecques, en particulier les statères d'or d'Alexandre et de Philippe II de Macédoine ( 359-336 av. J.-C. ) qui continuent d'être frappées en grande quantité même après sa mort. Les « philippes » sont des monnaies connues et réputées dans le monde antique. Elles constituent en quelque sorte une monnaie européenne, l'euro avant l'heure. Au cours des échanges commerciaux entre les Celtes, ces monnaies pénètrent en profondeur la Gaule dès le IIIème siècle avant notre ère. D'autres exemplaires ont sans doute été ramenés par des mercenaires celtes qui louaient leur service au plus offrant.


Les artistes gaulois auprès desquels le chef local demandait des monnaies en nombre copiaient presque servilement ces monnaies grecques. Les premiers statères étaient par conséquent assez conformes aux types macédoniens. Ces copies servaient à leur tour de modèles à d'autres frappes, elles-mêmes imitées et ainsi de suite. On assiste ainsi à une progressive déviation des modèles primitifs, ce qui explique les dessins très stylisés que l'on retrouve sur les monnaies gauloises.


Les artistes gaulois ignoraient sans aucun doute que sur les statères grecques figuraient d'un côté la tête d'Apollon ceinte d'une couronne de laurier et de l'autre un bige (char) qui est conduit par un aurige. Cette scène rappelait la victoire remportée par le char de Philippe peut-être aux jeux olympiques.


Sur les monnaies gauloises, les deux chevaux du bige grecs sont remplacés par un seul auquel est parfois affublé une tête humaine lui donnant une allure fantastique. Le char a disparu.


Voici quelques gros plans et des photos d'ensemble du trésor gaulois du Mans. Le groupe des 76 monnaies a été vendu aux enchères pour une somme record de 213.000 euros.


Au-delà de l'argent, admirons ces chefs d'oeuvre.


PS : j'ai réalisé les deux gros plans à l'aide d'un microscope bricolé car les sculptures mesurent 6 mm, ce qui explique quelques flous.

janv.
22

La chance du débutant

  • Par antoine.beguin le
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Je me rends compte en prenant un peu de recul sur les articles publiés que je ne sais pas faire court. J'en suis désolé mais il est difficile de tout raconter en quelques lignes...


Les émissions en plateau présentent un défaut principal : vous ne savez jamais ce qui sera retenu et ce qui sera coupé. Le résultat est parfois (ou souvent) frustrant. En supposant que votre intervention ne soit tout simplement pas passée à la trappe ! Les reportages pris en situation offrent par définition plus de naturel dans les explications mais, là encore, gare au montage. Il est arrivé assez souvent que ces reportages ne soient même pas diffusés alors qu'ils auraient offert un beau spectacle.


Un exemple significatif. Une équipe de deux journalistes travaillant en « free lance » pour le 13H00 de TF1 avait demandé à Alain Cloarec d'assister à la recherche d'un « trésor familial » chez un particulier. Ce type de demande est régulière mais toujours difficile à contenter. Les personnes qui sollicitent Alain pour trouver un magot recherchent plutôt la discrétion. La présence de journalistes, qui plus est équipés de micros et de caméras, a tendance à les faire fuir.


Ce jour-là, le miracle se produisit. Le propriétaire d'un petit château qui souhaitait le transformer en hôtel avait accepté la présence de la caméra. Notre venue était motivée par une bien curieuse découverte. Un chasseur avait trouvé dans un bois jouxtant le château une grosse monnaie en argent qu'il avait montrée au propriétaire, sans pousser l'amabilité jusqu'à la lui laisser. Il est possible que cette monnaie ait été remontée à la surface par l'un des nombreux sangliers d'élevage labourant le sol sablonneux des bois. Ce qui est certain, c'est que cette monnaie pouvait très bien provenir d'un magot caché par l'un des lointains aïeuls de l'actuel propriétaire. Il existait d'ailleurs une tradition familiale tenace en ce sens.


Le jour dit du reportage, j'accompagne l'équipe d'Alain après avoir minutieusement concocté le protocole d'accord habituel. Les deux journalistes nous précédent. Bien imprudemment, nos voitures pénètrent dans la propriété privée. Cri du journaliste : il faut recommencer. Soit, nos voitures reculent et, au signal convenu, nous nous dirigeons à nouveau vers le perron. Nouveau hurlement, nouvelle marche arrière. Il s'agit maintenant de filmer sous un autre angle. Nous nous exécutons. Nouveau cri. Les voitures ne sont pas assez rapprochées, il faut recommencer. La dernière prise n'est pas encore la bonne car le soleil était masqué par un nuage. Ce petit manège était observé de loin par notre hôte qui nous attendait depuis vingt minutes sur le perron de son château. Je ne sais pas s'il comprit vraiment pourquoi nos voitures entrèrent cinq fois dans sa propriété pour ressortir aussitôt en marche arrière !


Nous n'étions pas arrivés au bout de nos peines. La poignée de main avec le propriétaire devait aussi être filmée. Trois fois, je lui serrais la main : plongée, contre-plongée, manque de soleil. La caméra a aussi un effet intimidant. Ce jour-là, personne n'osait plus dire quoi que ce soit. Nous nous en tenions aux banalités d'usage : « il fait beau aujourd'hui, mais froid » et autre « c'est loin mais c'est beau »... Quand, par malheur, l'un d'entre nous prononçait quelque parole intéressante, il fallait reprendre la conversation plusieurs fois avec la même « spontanéité » pour permettre au cameraman de choisir le bon angle. En fin de compte, sans nous passer le message, nous ne parlions plus de peur d'être enregistrés.


Passablement irrité par le temps perdu à faire du « cinéma », chacun avait commencé à promener son détecteur dans les bois. Une jeune femme qui nous accompagnait observait avec inquiétude les meutes de sangliers qui se tenaient en lisière des bois. Le propriétaire avait pourtant tenté de nous rassurer : « s'ils s'approchent, faites comme si de rien n'était ! ». L'effet fut désastreux sur la jeune femme qui s'accrocha au blouson du cameraman.


C'était l'une des premières fois à mon souvenir que je suivais physiquement l'équipe d'Alain. Me prenant au jeu, j'avais apporté mon détecteur pour participer à la quête du Graal, même si j'avais l'impression d'être la cinquième roue du carrosse. Le cameraman suivait chacun de nos pas. Très vite, j'avais décidé de m'éloigner du groupe car la caméra perturbait les appareils et j'étais nerveux à l'idée d'être interrompu au moindre signal. Le sol était jonché de plombs de chasse et le réglage de l'appareil pour éliminer ces déchets nécessitait du calme et de la patience.


Au bout d'une heure, alors que j'approchais la lisière du bois, mon détecteur m'offrit un « bon son », le son d'une monnaie, reconnaissable entre tous. Fébrile, je creusai et trouvai une grosse monnnaie Louis Philippe en argent avec une belle patine verte à près de trente centimètres de profondeur (belle performance pour le détecteur). Mes cris enthousiastes ameutèrent les autres membres de l'équipe... et les journalistes. Le cameraman m'ordonna de remettre la monnaie au fond du trou et de le reboucher, ce que je fis avec un zèle... très excessif. Le cameraman cria presque « action » pour que la découverte soit filmée « en direct », mais rien ne se produisit. J'avais beau balayer la zone, le détecteur restait muet. La monnaie était visiblement hors de portée de mon appareil. Sans me démonter, j'affirmai haut et fort que mon appareil avait détecté une monnaie en profondeur, bien qu'aucun signal ne confirmait mon propos. Un peu au hasard, je creusai et retrouvai la monnaie, à mon grand soulagement, et celui du journaliste qui perdait patience.


L'équipe se concentra sur la zone de la première découverte et celle-ci, correctement fouillée, mit progressivement à jour cent quarante monnaies en argent et vingt en or, près de 5 kilos de monnaies. Le propriétaire était sans doute le plus étonné d'entre nous. Il avait commencé par nous apporter des petits sauts d'enfant pour recueillir les monnaies puis, devant l'ampleur de la trouvaille, revint avec des contenants de plus en plus grands. Au final, débordant d'optimisme, nous le vîmes débarquer avec deux sauts de 50 litres. Les monnaies, en bel état, dataient de Louis-Philippe et, de toute évidence, avaient été cachées par l'arrière arrière grand-père de l'actuel propriétaire.


Nous assistâmes même au curieux manège des sangliers qui, intrigués par ces drôles d'animaux à deux pattes qui faisaient des bruits bizarres, avaient pris le parti de se rapprocher petit à petit de l'excavation. A la fin de la journée, une horde de sangliers marquait le plus grand intérêt pour nos travaux de terrassement et se tenait à une vingtaine de mètres de nous. Leur intérêt était alors à la hauteur de notre inquiétude.


Le partage prévu par le protocole d'accord s'exécuta sans l'ombre d'une discussion. Ce petit trésor familial fut vite investi. Le propriétaire des lieux put rénover la toiture de sa demeure. Belle destinée pour ces monnaies : de la terre au ciel, pourrait-on dire.


Cette recherche aurait dû constituer un magnifique reportage d'autant que le protocole avait été scrupuleusement respecté. « Aurait » car le reportage ne fut jamais diffusé, le journaliste s'étant parait-il fâché avec le rédacteur en chef pour des questions de notes de frais. Nous n'avons même pas pu visionner ce qui constituait quand même un scoop : la découverte « en direct » d'un trésor familial. Depuis, nous évoquons régulièrement ce sujet avec les journalistes que nous rencontrons dans l'espoir de pouvoir un jour récupérer la cassette.


Mon premier trésor familial... découvert lors de ma première participation. C'est la chance du débutant, peut-on dire. Une très grande chance car aucun signe ne permettait de repérer sur le terrain l'emplacement des monnaies. Après, on peut gloser pendant des heures sur la raison pour laquelle mes pas me conduisirent à cet endroit. Toute histoire a une part de mystère. En voilà un de plus.

janv.
22

Le chemin de la raison

  • Par antoine.beguin le
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Comme avocat, j'ai parfois l'honneur et l'avantage de participer à des recherches de trésors familiaux avec l'équipe d'Alain CLOAREC. Mon rôle essentiel est de cadrer juridiquement l'opération, m'assurer que les accords passés sont respectés, etc. Je prendrai un jour un peu de temps pour détailler les questions juridiques liées à ce genre d'aventure.


Alain a écrit un ouvrage passionnant sur ses recherches de trésors familiaux (je tiens à cette dernière précision) et, en près de 25 ans, il a récupéré plus de 250 kilos d'or (véridiques) essentiellement reversés aux ayant droit.


Certaines recherches m'ont marqué, même si nous n'avons rien trouvé. En voici une.


Une vieille dame avait contacté quelques semaines plus tôt Alain afin de retrouver le « trésor » enterré par son grand-père. La propriété étant en passe d'être vendue, nous devions agir rapidement. Une équipe de jeunes journalistes très sympathiques de l'émission « Combien ça coûte » nous accompagne pour l'occasion. Le jour dit, nous arpentons le chemin d'accès à la propriété et nous parvenons au sommet d'une colline dans une cour entourée de bâtiments anciens. Les restes d'un ancien château sont facilement reconnaissables au milieu des ruines. Les propriétaires âgés sont un peu surpris d'assister à un tel débarquement de matériels et d'hommes. Ils nous accueillent cependant avec chaleur et gentillesse.


Malheureusement, la bonne ambiance s'estompe vite : le futur acquéreur des lieux, invité par les anciens propriétaires, est aussi présent et se montre nettement moins enthousiaste à l'idée qu'un reportage soit enregistré... et qu'un éventuel « trésor » lui file sous le nez. L'espace d'un instant, un doute plane sur l'identité du véritable propriétaire. La dame qui nous a contactés nous affirme qu'elle est toujours propriétaire et que l'autre personne n'est bénéficiaire que d'une promesse de vente. J'apprends l'information sur le moment sans savoir comment réagir puisque je n'ai aucun des documents évoqués sous les yeux. Il serait facile de reporter l'opération mais le futur éventuel propriétaire semble nous laisser faire dans un premier temps. Rassurés, nous procédons à la signature des termes du protocole d'accord qui détermine les conditions de notre intervention.


Il s'agit de rechercher les économies du grand-père qu'il a dissimulées dans différentes cachettes. Des liasses de billets de banque ont déjà été récupérées dans des caches au sein de la maison et dans des pots de fleur. Mais il reste la plus grosse partie : des lingots et quelques centaines de « Napoléon » en or que l'on sait exister... quelque part. Les endroits susceptibles de receler cette fortune sont nombreux mais Alain qui nous guide sait par expérience que les trésors sont toujours enterrés aux mêmes endroits. Ces derniers sont rapidement localisés.


Nous nous équipons et commençons nos recherches, flanqués du futur propriétaire qui ne nous quitte plus des yeux et nous donne des consignes sur un ton très déplaisant ! La tension monte au sein de l'équipe car nous ne savons plus très bien s'il est vraiment judicieux de trouver le magot dans cette ambiance électrique ! Et je suis de plus en plus inquiet sur la tournure des événements. D'ailleurs, pour bien montrer son énervement, la personne allumera à fond son autoradio pendant que les journalistes me posent des questions. Répondre sérieusement à des questions sur un fond sonore de Bee Gees chantant Staying alive !, croyez-moi, c'est dur.


Un superbe pigeonnier est passé au peigne fin, sans aucun succès. Je déterre un gros piège rouillé à près de 40 cm de profondeur qui fait le bonheur de la dame. Un signal intéressant est perçu dans le sol d'une cave. Il faut déplacer une à une de grosses pierres qui forment le plancher. Au bout d'une d'heure d'efforts, nous découvrons un très vieux chenet de cheminée en fonte représentant le buste d'une femme. Puis, nous remarquons qu'un éboulis bouche un accès qui semble littéralement descendre dans le sol. La propriétaire se souvient alors qu'il y a très longtemps, il existait des souterrains qui étaient encore accessibles du temps de son grand-père. La piste mérite toute notre attention. Nous dégageons les premières marches d'un escalier en forme de colimaçon. A mesure que nous enlevons de grosses quantités de pierres et de terre, notre excitation grandit. Cela agace visiblement de plus en plus le futur propriétaire qui nous accable de remarques désobligeantes et qui passe beaucoup de temps au téléphone.


Vient enfin l'heure du repas tant attendu. Notre hôte a mis les petits plats dans les grands. L'ambiance se détend un petit peu lorsque le futur propriétaire nous convoque dans une pièce isolée. A son regard, je devine que notre présence ne va pas s'éterniser. Nous entrons dans la pièce et constatons qu'un fusil de chasse trône sur la table. Est-il chargé ? L'atmosphère est glaciale. En quelques mots, le futur propriétaire nous annonce que sa banque vient de débloquer le crédit attendu et qu'il s'estime désormais propriétaire de la maison. Je pourrais rentrer dans un débat juridique avec lui. Mais, est-ce encore utile à ce stade ? Il nous « invite » à partir sur le champ, au besoin en ayant recours à la force. Délicatement, il pose une main sur la crosse du fusil. Les idées tournent très vite à cet instant.


Il menace surtout de traîner les anciens propriétaires devant les tribunaux pour des motifs invraisemblables. Nous ne voulons pas mettre ces gens âgés si gentils dans l'embarras et, après en avoir discuté au sein de l'équipe, nous décidons de partir non sans avoir averti le futur-nouveau propriétaire qu'il ne pourra pas retrouver le trésor seul, car la recherche d'un tel trésor requiert un équipement complet et très cher ainsi qu'une solide expérience. Il ne possède rien de tout cela mais se dit plus fort que quiconque. Sans doute passera-t-il le restant de ses jours à retourner chaque pierre pour trouver le magot. Certains se ruinent dans ce genre d'opérations, ou deviennent fous. Les journalistes sont aussi menacés. Pas question de diffuser le reportage. Le « futur - nouveau » propriétaire est bien décidé à engager toutes les procédures nécessaires pour éviter cette diffusion. A se demander s'il a vraiment la conscience tranquille.


Cette histoire a malgré tout une morale, sinon je ne la raconterais pas. Juste avant de quitter définitivement les lieux, la dame âgée me tire par le bras. Elle m'explique à l'écart qu'elle a confiance en moi et, étant le plus jeune de l'équipe, elle m'a pris en sympathie (ah, le prestige de l'uniforme...). Elle me raconte alors qu'elle sait pertinemment où le trésor a été caché. Par peur des siens, elle n'a jamais osé révéler ce secret et l'attitude du futur propriétaire n'a fait que renforcer son mutisme. Elle espérait juste pouvoir le récupérer avant qu'il ne soit trop tard. Aujourd'hui, et devant l'arrogance de l'imbécile, elle veut se libérer de ce fardeau.


Elle m'indique ainsi l'endroit précis où les économies de son grand-père auraient été enfouies. Bien sûr, il est trop tard pour vérifier les propos. Mais, entre nous, si ce que m'a révélé cette dame est vrai - et je n'ai aucune raison d'en douter - alors je peux sereinement affirmer que le nouveau propriétaire n'a aucune chance de découvrir le magot ! A moins, bien sûr, que, désespéré, et peut-être ruiné, il contacte Alain. Là où il aura mis des années à chercher, il ne nous faudra que quelques minutes pour vérifier la véracité des propos tenus par la dame et, peut être, mettre à jour la fortune enfouie, laquelle n'appartiendra d'ailleurs pas au nouveau propriétaire. Pour l'heure, je garde bien jalousement le secret de la cachette...


Moralité : dans certaines circonstances, il y a des trésors qui méritent de ne pas être découverts. Il faut alors se défaire de la tentation de vouloir aller au bout de l'aventure. Cette histoire en est l'illustration. Nous avons pris la bonne décision et retrouvé le chemin de la raison.

janv.
19

Une émission fantôme (souvenir d'émission 4ème partie)

  • Par antoine.beguin le
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Dans la série "Pierre Bellemare raconte des histoires", encore une nouvelle page de vécu. Désolé, c'est un peu long.

Bien sûr, tout cela est à prendre avec humour.


Avec la sortie de mon livre en 2002, j'ai participé à des émissions de divertissement qui ont eu la particularité pour certaines... de ne jamais être diffusées. Après le stress de l'émission, la frustration de se dire que l'on a fait tout cela pour rien. L'une d'entre elles m'a plus spécialement marqué.


Sans rentrer dans les détails, cette émission produite par une des nombreuses sociétés de production devait être diffusée sur TF1. Le thème : l'argent tombé du ciel. C'était d'ailleurs le titre de l'émission.

J'avais reçu une invitation laquelle comportait des conseils vestimentaires étonnants : « pas de baskets, pas de jean, pas de couleur terne, soyez flash, soyez lumineux » . Je me suis promis de demander à la production le sens de l'expression « être flash ». Qu'il ne compte pas sur moi pour m'habiller en rose fluo ou en jaune !


Je passerai sur les rebondissements qui ont précédé l'émission. A l'origine, j'étais prévu pour figurer dans le public et pour dire deux mots sur le droit des trésors, puis j'ai connu, à mon corps défendant, une promotion, pour être invité sur des gradins. Les raisons de cette promotion seraient là encore trop longues à expliquer. Je n'ai rien fait pour.


A l'origine de ma venue, le Trésor du Mans. Pour aller à l'essentiel, alors que ce trésor avait été découvert par hasard et remis aux autorités par les découvreurs, ces derniers avaient eu toutes les peines du monde à obtenir leur part (50% de la totalité). La justice s'était prononcée en leur faveur et un partage judiciaire des monnaies avaient été ordonnée. Malheureusement, l'avocat (ce n'était pas moi) ne parvenait pas à obtenir l'exécution de ce partage.


C'est là qu'intervient TF1. Aussi extraordinaire que cela paraisse, ce que ni l'avocat ni l'huissier n'avaient pu obtenir en plusieurs mois, la puissante machine TF1 l'obtint en quelques jours. La chaîne voulait en effet des images de ce partage pour les diffuser durant l'émission « Tombé du ciel ». Je ne sus jamais par quel procédé diabolique TF1 avait pu faire accélérer le cours des événements. Quoi qu'il en soit, quelques jours après cette intervention, les monnaies furent "miraculeusement" partagées devant les caméras à la Mairie du Mans. Dans la foulée, les inventeurs étaient invités sur le plateau avec en guest star les monnaies gauloises (estimées 150.000 euros quand même). Les monnaies avaient droit à un traitement de faveur avec véhicule blindé et agents de sécurité portant des bracelets reliés à la pochette. Le grand jeu.


La sortie de mon livre était l'occasion de me donner la parole pour sortir deux-trois banalités.


Le jour de l'enregistrement, j'arrive Plaine Saint Denis, un Disney-land pour enfants avec les studios des émissions fétiches de TF1 (à l'époque) :  Sacré soirée à droite, le Bigdil à gauche... Je me gare sur le parking d'un studio qui ne paye pas de mine aux côtés des Porshes de quelque présentateur. Je suis accueilli par la journaliste qui me harcèle depuis quatre jours, laquelle me conduit sans attendre dans une loge.


On m'invite ensuite sur le plateau pour participer aux répétitions. La fourmilière s'agite. D'un œil professionnel, Arthur conseille Valérie Benhaïm - toujours aussi charmante - qui présentera l'émission. On se sent tout petit. Les découvreurs sont venus avec leurs enfants qui vivent un rêve éveillé : les yeux écarquillés, ils dévorent du regard tout ce qui les entoure. Passé quelques minutes, le spectacle devient vite ennuyeux. La répétition s'éternise puisque l'essentiel du temps consiste pour les présentateurs à repérer les positions des uns et des autres. On n'ose se moucher ni soupirer. On joue les hommes invisibles, de peur de perturber le déroulement.


Je suis arrivé (ou convoqué) à 14h00. Il est près de 18h00. Nous devons répéter parait-il... Soit, mais répéter quoi ? Soudain, le temps presse. On m'invite prestement à me placer sur des gradins à gauche du plateau. Je transpire dans mon costume qui serait parfait pour un dîner mondain mais qui n'est pas adapté aux plateaux télés surchauffés. Marie, la femme qui a trouvé le trésor, doit aussi répéter. On l'emmène à cet effet dans les coulisses afin qu'elle « répète son entrée » : on répète bien ce qu'on peut... Les minutes s'écoulent.


L'animatrice reliée par une oreillette à la régie parle dans le vide. Notre heure est arrivée. On annonce la séquence sur le Trésor du Mans. Discrètement, un technicien m'apporte un micro et me rappelle que je dois bien l'approcher de la bouche. Marie est annoncée. Mais, à la place de Marie, un grand gaillard sort des coulisses aux côtés de l'animatrice. « Bonjour Marie ! ». Le technicien se retient de rire : « bonjour Valérie ». La comedia del arte a commencé. Le technicien raconte n'importe quoi, on travaille les emplacements des uns et des autres, pas le discours... Et Marie a disparu, perdue dans les coulisses...


L'animatrice s'approche de moi, le regard perdu dans ses feuilles. Je n'aurai pas droit à un sourire, tout juste à « Monsieur Béguin, juriste, bla bla bla, ok, c'est bon pour moi ». Jamais mon parcours n'aura été si vite résumé. On se quitte bons amis ? Un technicien vient me reprendre promptement le micro ; je le rassure : je n'avais pas l'intention de partir avec. Ça ne le fait pas rire, moi non plus. On m'invite maintenant à quitter le plateau. Si je résume bien, nous avons attendu quatre heures, Marie pour se perdre dans les coulisses et moi pour tenir dix secondes un micro sans rien dire. La télé est un monde à part.


Nous retournons dans nos loges, quartier libre, sauf que nous ne devons pas sortir. Une belle corbeille de fruits m'attend. Désolé, je n'ai pas envie d'ingurgiter un ananas entier avec un couteau en plastique. On me sert un plateau repas. Ces histoires m'ont coupé l'appétit. J'en profite pour tenter de faire une sieste. J'entends des voix mêlées : des danseuses dans la loge d'à côté. Elles racontent leurs dernières histoires d'amours et d'après ce que j'entends, ce n'est pas la joie. Tout à l'heure, il faudra sourire. Sursaut brutal : on m'apporte du champagne frais. L'intention est délicate et la serveuse très jolie.


19 h 30, retour de la famille des inventeurs de trésors. On échange nos impressions concordantes sur ce monde. L'heure du maquillage approche. Il faut faire la queue. Les danseuses bardées de plumes multicolores racontent toujours leur vie amoureuse : cela devient pathétique. La maquilleuse s'échine à faire disparaître les traces d'une nuit trop courte. Trois quarts d'heure plus tard, je croise Marie : « il faut aller au maquillage ! » me lance-t-elle. Ah bon, ça ne se voit pas ? Pourtant, j'ai l'impression d'avoir la jaunisse quand je me regarde dans le miroir. Cela accroche mieux la lumière, parait-il. Comme nous traînons, des techniciens surexcités nous engueulent : « Asseyez-vous là et ne bougez plus ». Mon sourire se crispe.


Deux cents personnes ont pris place sur les gradins. Le concubin de Marie manque de se faire refouler. Un technicien lui reproche son blouson en jean (souvenez-vous des conseils vestimentaires de l'invitation !). Marie intervient et tout rentre dans l'ordre. Je souffre dans mon costume. La chaleur est insupportable : et si je fais un malaise ? Enfin, l'enregistrement commence. Première entrée de l'animatrice. On coupe et on recommence. Le chauffeur du public nous indique à quel moment il faut applaudir, se taire, rire... agaçant.


Nous répétons les applaudissements. Nouvelle entrée. Le générique ne part pas. On recommence. Les applaudissements se déchaînent. On veut en finir. La troisième prise est la bonne, on la garde. Les séquences sont enregistrées. Une fois sur deux, on recommence. L'animatrice se plante en lisant son prompteur, les touches d'humour ne font pas rire. Pas grave, on ajoutera des rires au montage.


Première pose publicitaire. Un coiffeur et une maquilleuse se précipitent sur l'animatrice. On ne doit pas bouger. Une journaliste vient prendre de mes nouvelles : au bord du malaise, je lui demande si elle peut m'apporter une bouteille d'eau. Ce privilège déchaîne les foudres du public. La pose s'éternise le temps d'abreuver tout le monde. Promis, je ne recommencerai plus. Des dizaines de petites bouteilles sont plus ou moins bien dissimulées derrières les postérieurs.


Minuit et demi. Cela fait trois heures trente qu'on attend, chante, applaudit... La chanteuse du générique Maya l'abeille est venue pour raconter le bonheur de recevoir des droits d'auteur. Je dois me pincer pour croire ce que je vis : il est près d'une heure du matin et nous chantons le générique de Maya l'abeille par quarante degrés à l'ombre... et il n'y a pas d'ombre... et en plus je chante. La fatigue se fait sentir, les applaudissements sont moins fournis. J'ai entamé une grève des applaudissements. Je suis peu suivi pour l'instant mais j'ai l'étoffe d'un meneur.


Le Trésor du Mans est enfin annoncé. Il est vrai que ce genre d'émission garde pour la bonne bouche - si j'ose dire - soit un reportage spectaculaire soit un reportage tendance porno. Pour cette fois, ce sera la première version et j'en suis - à titre personnel - heureux. Ma tension s'élève. Un technicien m'apporte un micro. Se souvenir de bien l'approcher de la bouche. Le reportage tourné au Mans est diffusé sur un écran géant à quelques mètres de moi. Une tête souriante de Marie de deux mètres de haut apparaît. Quand on n'est pas prévenu, cela surprend. Marie est accompagnée dans les coulisses puis laissée seule. J'imagine son anxiété. Le micro tremble dans ma main.


Applaudissements. Marie entre aux côtés de l'animatrice. « Comment avez-vous trouvé ces monnaies ? ». Tiens, la question est originale. Pendant l'interview, les monnaies sont placées sur un présentoir. Le numismate fait son speech et propose une estimation à 150.000 Euros. L'animatrice lève le présentoir afin de mieux exhiber les monnaies aux caméras. La sécurité est derrière moi, prête à bondir si une monnaie tombe à terre ou pire. L'espace d'un instant, je réalise que je suis placé sur l'exacte trajectoire entre les monnaies et les molosses. Les monnaies sont assurées mais moi ?


Marie me regarde : « je voudrais spécialement remercier quelqu'un qui a beaucoup compté pour nous ». Ma main tremble de plus en plus. Mes yeux s'humidifient. Marie continue : « sans lui, nous ne serions pas là aujourd'hui... ». J'ai de plus en plus de mal à calmer mon trouble parkinsonien. Elle annonce mon nom. On peut couper ? L'animatrice plonge dans ses fiches : c'est qui ça « Monsieur Béguin » ? Instant de lucidité : elle me regarde et lance aux caméras : « justement, nous allons le retrouver, M. Béguin ». Ça c'est du boulot. Trois caméras plongent sur moi. On ne peut vraiment pas couper ?


Valérie s'assoit à mes côtés : « ça ne vous ennuie pas si je m'assois à vos côtés ? ». « Tout le plaisir est pour moi... » lui dis-je. Ce n'est pas le moment de faire de l'humour, d'autant que l'animatrice a l'air un peu perdu dans ses fiches. Les deux questions préparées à l'avance me sont posées. Décidément, elles ne sont pas terribles et je regrette de les avoir proposées à la production. Je regarde l'une des caméras et décide de répéter ce que j'avais imaginé. La réponse ne correspond pas forcément à la question mais j'ai appliqué un grand principe inauguré par Thierry le Luron : elle est venue avec ses questions, et moi avec mes réponses. Pour être plus exact, je suis venu avec les questions et les réponses. Applaudissements en règle pour être poli. On me reprend aussitôt le micro, de peur que je parte avec comme souvenir.


Marie repart dans les coulisses avec les monnaies. La sécurité l'accompagne. Le pas s'accélère. La sacoche contenant les monnaies est arrachée des mains de Marie par la sécurité et elles passeront la nuit dans un endroit inconnu de tous.


J'ai envie de partir dans les coulisses mais une cohorte de techniciens me bloque le passage. Le chauffeur s'échauffe à mesure que le public se refroidit. Une heure et demie du matin, nous en sommes à près de 5 heures d'enregistrement. Les ultimes séquences doivent encore être enregistrées. Quelques personnes du public commencent à s'éclipser à chaque ratée qui se multiplie. Le chauffeur du public désespère. Il n'est plus question de chauffer mais de réchauffer l'ambiance tant qu'il peut. Je profite d'une énième interruption pour sortir du plateau. Je retrouve Marie et Stéphane dans les coulisses avec un sandwich qui m'attend. On échange nos impressions.


Deux heures du matin. L'émission s'achève enfin. On est prié de monter une dernière fois sur le plateau et d'agiter la main. Machinalement, assommés par la fatigue, nous jouons aux marionnettes. Valérie Benhaïm, très professionnelle, reste de longues minutes en plateau pour signer les autographes alors qu'elle doit être exténuée.


Le plus dur n'a peut être pas été subi. Marie et son concubin bénéficient d'un chauffeur attitré. Pour le reste des invités, il faut attendre les taxis. Cinquante personnes invitées attendent dans le froid. Des dizaines de voitures s'arrêtent. Chaque taxi est réservé pour une personne. Et la bonne personne n'est bien sûr jamais là. Finalement, éreintés, nous investissons à trois un taxi. Le chauffeur proteste mollement. Après une petite virée, nous sommes enfin déposés devant l'hôtel réservé. Le réceptionniste est surpris de nous voir : mauvais signe. L'adresse donnée par la production est fausse. Il faut parcourir encore cinq cents mètres pour retrouver le bon hôtel. Je m'écroule sur le lit : il est trois heures du matin . J'ai essayé de me laver la figure et la serviette de bain a pris une teinte marron. Le maquillage n'était pas waterproof.


Curieuse expérience que l'enregistrement de cette émission de télévision intitulé « Tombé du ciel ». Ce titre ne vous dit rien et pour cause : vous n'avez pas eu l'occasion de voir cette émission. Mauvais retour après sa diffusion à un groupe représentatif de téléspectateurs. Le service Marketing a tranché ! « Tombé du ciel » est tombé à l'eau. Un million d'euros d'investissement paraît-il englouti pour rien.


Ce qui m'a le plus touché lors de l'enregistrement de cette émission tient aux propos que m'a tenu mon voisin d'infortune. Alors que nous étions assis tous les deux sur des gradins face aux caméras, il m'a raconté son histoire durant les longues minutes d'entracte. Il avait été contacté par la production pour recevoir une grosse somme d'argent provenant d'une épargne salariale. Il n'avait jamais songé à recevoir une telle somme ( « tombée du ciel » ).


Pourtant, la bonne nouvelle ne semblait pas tellement le réjouir. Le souffle court, il m'expliqua alors qu'il souffrait d'une grave maladie en phase terminale et qu'il ne lui restait plus que quelques semaines à vivre. Étrange paradoxe de discuter avec cet homme qui évoquait sa mort prochaine sous les paillettes multicolores d'un studio. Je compris alors quel effort surhumain il avait dû fournir pour feindre une joie - ô combien artificielle - au moment de recevoir le gros chèque alors que l'animatrice évoquait avec lui de multiples et si futiles projets.


Ce dernier échange suffit à relativiser tout le reste.

janv.
18

La chouette ne s'est pas envolée

  • Par antoine.beguin le
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Les amateurs de chasse virtuelle au trésor connaisse cette histoire qui a démarré il y a plus de 15 ans.


Le 24 avril 1993, Max Valentin a caché quelque part en France métropolitaine la contremarque d'une sculpture réalisée par Michel Becker. L'original représente une chouette aux ailes déployées d'environ 50 centimètres d'envergure, pour un poids d'environ 10 kg, en or et argent, rehaussée de diamants. L'objet d'art unique a initialement été estimé à 150.000 euros mais des collectionneurs ont offert jusqu'à 450.000 euros à l'heureux découvreur de l'objet.


Justement, quel est le mode d'emploi pour découvrir la contremarque cachée ? Rien de plus simple, du moins sur le papier. Il « suffit » de résoudre onze énigmes publiées dans un ouvrage d'une quarantaine de pages (réédité à deux reprises, en 1995 et 1997). Ce livre est aujourd'hui épuisé.


Les énigmes ont été conçues par Max Valentin. Chacune d'elles est constituée d'un titre, d'un texte et d'un visuel. Ces visuels sont la reproduction de tableaux originaux du peintre et sculpteur Michel Becker. Ils participent pleinement à la localisation du trésor.


La résolution des onze énigmes permet d'isoler une zone de la taille d'une ville moyenne située en France métropolitaine. Pour localiser le lieu précis de l'enfouissement à l'intérieur de cette zone il convient de résoudre une douzième et ultime énigme « cachée » au sein des précédentes.


Ce n'est pas la Chouette d'Or elle-même qui a été enterrée, mais sa copie grandeur nature en bronze. La personne qui trouvera cette contremarque pourra l'échanger contre la Chouette d'Or auprès de l'huissier de justice chargé du contrôle du jeu. Depuis 1993, des milliers de chercheurs se sont cassés les dents sur les énigmes.


C'est sur le terrain judiciaire que l'on a dernièrement entendu parler de la chouette.


La société d'édition In Folio avec laquelle les auteurs avaient un contrat pour la troisième édition de leur livre d'énigmes, a été mise en liquidation judiciaire en 2004. Le liquidateur judiciaire a alors saisi en tant qu'actif de la société In Folio la chouette d'or qui se trouvait dans un coffre. Posséder un actif monnayable d'une valeur de 150000 euros, voilà qui a dû réjouir le liquidateur.


Pendant près de quatre ans la chouette la plus recherchée de France était donc sous séquestre au grand dam des milliers de chercheurs qui étaient, on le comprend, démotivés : à quoi bon continuer à chercher un trésor auquel de toute façon ils ne peuvent pas avoir accès ?


Le 15 janvier 2009, la Cour d'Appel de Versailles a ordonné la restitution de la Chouette d'Or aux organisateurs du jeu.


La chasse continue. Pour vous aider dans vos recherches, le site de la chouette propose une synthèse des informations disponibles. On sait ainsi que la chouette est cachée à proximité de la ville de Bourges (si j'ai bien compris).


A vos piochons !


janv.
14

Une émission surréaliste (souvenir d'émission 3ème partie)

  • Par antoine.beguin le
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Il y a des émissions de télévision qui marquent dans le bon sens du terme et d'autres qui vous plongent dans un monde quasi surréaliste. Ce fut le cas avec une émission diffusée sur ARTE à laquelle je participais.


La proposition était a priori attractive : un plateau en direct en compagnie d'Alain Cloarec pour discuter en toute liberté du droit des trésors en compagnie de deux animateurs. Nous pouvions également répondre aux questions des téléspectateurs. Ce qui m'interpella très vite, ce fut le concept de l'émission. Plusieurs heures en direct consacrées à une personnalité entrecoupées de plateaux portant sur des sujets accessoires (dont le notre intitulé « le monde de l'étrange » !), jusque là d'accord.


Mais, chose extraordinaire, l'émission se déroulait la nuit ! Elle commençait vers minuit et s'achevait vers 6 ou 7 heures du matin, le tout en direct ! C'est ce que l'on doit appeler une 4ème partie de soirée ou une première partie de matinée, au choix. C'est là que j'aurais dû avoir un doute.


Mais la tentation du direct, donc de pouvoir s'exprimer en toute liberté sans être coupé était vraiment tentante. La personnalité qui aurait droit à sa nuit sur Arte était Catherine Lara. Notre plateau sur les trésors était programmé à 2 heures du matin. Après bien des hésitations, la venue d'Alain m'encouragea à accepter.


Premier problème, trouver le studio. Les lieux du tournage avaient été relégués en banlieue dans un coin particulièrement paumé puisque même le taxi ne put trouver l'adresse. Finalement, à force de tâtonner, nous avons trouvé un immeuble avec, dans sa cour, toute une foule de personnes. Une joyeuse pagaille régnait. L'émission était surtout centrée sur les artistes, ce qui est normal, et Alain et moi détonions un peu dans cette ambiance.


Je me souviens, alors que nous attendions notre tour, qu'une jeune marionnettiste s'intéressa soudain à nous. Alors qu'elle tenait à la main sa marionnette de chien constituée uniquement d'os (je n'irai pas à son spectacle), elle me demanda de quelle troupe j'étais membre et dans quel cabaret nous nous produisions. J'en ris encore.


Nous attendions depuis maintenant deux heures en regardant l'émission sur un écran de contrôle. J'ai remarqué à ce moment là qu'il existait un décalage de quelques minutes entre ce qui se passait sur le plateau et la transmission. Est-ce à dire que ce décalage permettait, en cas de dérapage, de couper la scène ? Par exemple, on pouvait couper un avocat qui, perdant tout self-contrôle, se mettrait à dire tout haut et fort ce qu'il pensait de la réforme de la carte judiciaire (pas de risque, à l'époque elle n'était encore qu'un vague projet).


Dans la loge, Alain était entré en grand conversation avec une sexologue très sympathique qui tenait une chronique juste après notre passage. Je m'interroge encore sur le lien de cause à effet entre notre passage et sa chronique. La production comptait-elle sur nous pour chauffer l'ambiance ? Discrètement, quelques invités profitaient de sa venue pour lui poser des questions quasi-existentielles.


Soudain, c'est notre tour. On nous annonce et nous rentrons dans... une chambre transformée en studio. Nous avons vraiment cru que nous nous étions trompés de pièce. Un gros cube était suspendu et devait s'allumer à chaque appel d'un téléspectateur. Il resta éteint longtemps. L'animatrice avait un accent à couper au couteau et, malgré ses efforts, j'avais du mal à comprendre ses questions. Pas grave, je racontais ce que je voulais.


Le deuxième présentateur était lui très bien sauf qu'il était complètement inculte en histoire. J'avais apporté des monnaies en or de Napoléon III et il me demanda de lui préciser à quel siècle il avait vécu. J'ai failli répondre : « entre Napoléon 2 et Napoléon 4 ». Je crois avoir répondu sur un ton assez ironique, ce à quoi il me répondit : « vous savez, moi et l'histoire ». Gloups...


En quittant le plateau, autre épisode surréaliste, nous avons mangé un tableau... Je m'explique : un artiste new age ou wave concevait de grands tableaux composés uniquement de légumes frais. Le but, après avoir contemplé l'oeuvre, était de la manger. Je ne sais pas encore pourquoi mais, à trois heures du matin, une fringale nous prit. Et chacun s'amusa à dévorer les petits légumes sous l'oeil quasi extasié de l'artiste.


Nous sommes repartis après. Inutile de préciser que personne ne m'a jamais parlé de cette émission, je ne dois pas connaître assez d'insomniaques. Je ne comprends toujours pas comment ARTE a pu avoir cette idée d'une émission en direct toute la nuit. Après quelques numéros, elle fut victime de son audience, disons confidentielle...


Mais, objectivement, l'ambiance était vraiment très agréable et, à cette heure avancée de la nuit, alors que les nerfs se relâchaient, nous ne ressentions plus aucun stress ce qui a sûrement contribué à libérer le ton. La prochaine fois, il faudra enregistrer la nuit et diffuser le jour.

janv.
7

Chose promise

  • Par antoine.beguin le
  • Dernier commentaire ajouté

chose due


J'avais évoqué cette interview avec Carole Gessler (voir le post).


Voici maintenant la video.


Un grand merci à Nico pour le transfert.



janv.
6

Interview sur le droit du trésor

  • Par antoine.beguin le

Si vous avez toujours voulu tout savoir sur le droit du trésor, détecteurs de métaux et autres, cette interview est pour vous.


La qualité est assez mauvaise puisqu'il s'agit en réalité d'une video réalisée par un portable pendant que j'étais interviewé. Vous avez la version intégrale avec les ratés.


Vous verrez que l'exercice n'est pas facile car il faut essayer de rester clair, même quand les questions ne le sont pas, et, ce qui est toujours perturbant, reprendre les éléments de la question dans la réponse. Les questions sont en effet souvent coupées au montage.


Cette interview avait été réalisée il y a 2 ou 3 ans et j'assume toujours mes propos (moins mes gestes mécaniques). A la fin, j'explique à quelqu'un que sur 17 minutes ils ne garderont que 35 secondes. Je n'étais pas loin de la réalité puisqu'ils ont gardé de mémoire 30 secondes...


Soyez indulgents !


1ère partie

2ème partie

janv.
5

Dimanche Midi Amard (souvenirs d'émission 2ème partie)

  • Par antoine.beguin le


L'autre souvenir que je voulais évoqué est lié à une émission aujourd'hui disparue : DMA (Dimanche Midi Amard) animée par Paul AMARD. Dommage qu'elle ait disparu, comme tant d'autres. Paul Amard est un bon journaliste qui posait de bonnes questions dans une bonne émission.


Revenons au point de départ : Alain Cloarec, chercheur de trésors familiaux depuis 20 ans et avec lequel je collabore, avait été contacté par la production de cette émission car ils étaient intéressés par le suivi d'une recherche de trésors. Ce genre de demande est récurrent. Alain s'était mis en chasse et avait repéré deux dossiers intéressants, l'un dans le Saumurois, l'autre en région parisienne. J'avais pour l'occasion effectué le déplacement dans la proche région de Saumur (je n'étais pas encore avocat si je ne me trompe pas). La première recherche avait pour cadre les caves et troglodytes d'un viticulteur ami d'Alain. Officiellement nous étions sur la piste très improbable de la lame de la dernière guillotine utilisée en Maine et Loire sous la Révolution. Selon la tradition locale, cette lame avait été cachée derrière un mur, dans une cave de la région de Saumur. De toute évidence, il y avait très peu de chances pour que nous trouvions un tel objet. Outre que nous n'aurions pas su quoi faire d'un tel objet, il aurait rappelé quelques pages parmi les plus noires de notre histoire et nous ne tenions pas y être associés.


Les caves de la propriété ont reçu notre visite, le puits aussi grâce à une astucieuse caméra bricolée par Alain. Notre empressement fut tel que le propriétaire n'hésita pas à percer un trou dans un mur en tuffeau qui sonnait creux. Nous ne récupérâmes que quelques petits objets sans grande valeur pécuniaire mais qui témoignaient d'une occupation fort ancienne du site. Ces objets ont été laissés au propriétaire qui prend toujours un grand plaisir à les exposer au public.


La fin de l'après-midi fut consacrée à la recherche d'une bague estimée à 25.000 €uros qui avait été perdue par une visiteuse par trop enthousiaste quelques mois plus tôt. Juchée sur un promontoire, elle avait écarté énergiquement les bras devant elle sans doute pour déclamer quelque poème. Sa représentation avait pris fin à l'instant précis où elle avait aperçu sa bague voler à travers les airs puis retomber lourdement dans un bosquet particulièrement touffu situé en contrebas. Malgré des heures de recherches avec des détecteurs de métaux, nous ne pûmes retrouver le bijou. Je mis simplement la main sur un flacon sans étiquette contenant quelques pilules de toutes les couleurs protégées dans du coton, souvenir d'une soirée techno d'après le propriétaire.


Lors de la deuxième recherche en région parisienne, Alain eut plus de chances. Il s'agissait de retrouver six lingots d'or et la recherche s'annonçait prometteuse. Après le décès du propriétaire, ses enfants avaient retrouvé des certificats d'achats des lingots dans le placard d'une cuisine. Or la vente des lingots sans certificat est beaucoup plus difficile puisqu'ils attestent du titre d'or. Dans le cas présent, cela signifiait que les lingots avaient de grandes chances d'être encore en place. Je ne peux malheureusement pas être de la partie.


Je rédige néanmoins à l'attention d'Alain un protocole d'accord à faire signer avec le propriétaire des lieux. L'équipe dirigée par Alain commence par se perdre dans les rues de Dreux, puis réussit à atteindre bon port. Dans la précipitation et sous le feu de l'action, Alain oublie de faire signer le protocole d'accord qui reste dans son sac, une erreur qui lui coûtera cher. Sous l'œil de la caméra, l'équipe passe toute la maison au peigne fin. Chaque pièce, chaque recoin a droit à la visite d'un prospecteur. Alain trouve un endroit qui aurait été susceptible de pouvoir renfermer un trésor, une belle cachette qui aurait dû contenir quelque chose mais qui n'a manifestement pas éveillé l'attention de l'ancien propriétaire à moins qu'il ait récupéré ce qui s'y trouvait.


C'est alors que le 6ème sens d'Alain entre en action. Il a un fort pressentiment : il pense que les lingots doivent être cachés dans le jardin, et plus précisément à proximité du chenil. Le vieil homme élevait des chiens de race et c'est dans cette direction qu'il pousse ses recherches. Les chiens pouvaient faire barrage ou alerter le propriétaire d'une quelconque intrusion. D'ailleurs, la maison ressemble plus à une passoire qu'à un bunker, les portes s'ouvrent toutes seules... Dans sa chambre, sont retrouvés deux fusils et un pistolet... chargé. Un judas a été percé d'où l'on peut apercevoir les bâtiments annexes et... le chenil en plein milieu du jardin. A mesure que le temps passe, les chances de découvrir les lingots s'amenuisent mais, sans perdre espoir, Alain continue de chercher avec son intuition comme seul guide.


Il s'oriente vers deux énormes niches qui lui hantent l'esprit. Il entre la tête la première et constate que, manifestement, il n'existe aucune possibilité de cache. Il se relève et sans trop y croire passe les doigts sous la niche qui pèse plusieurs dizaines de kilos. Il accroche avec ses gants un paquet suspect qu'il confond sur l'instant avec une grosse plaque de mastique de vitrier. Le tout est enveloppé dans un sac plastique. C'est en le prenant dans ses mains une fois sorti qu'il constate qu'avec ce poids, il ne peut rien contenir d'autre que les lingots. Il alerte tout le monde avant d'aller plus loin dans sa recherche puisqu'il comprend que les autres lingots sont cachés là !


Première mauvaise impression, le propriétaire qui arrive sur les lieux lui arrache littéralement le sac des mains. Puis il commence à vouloir ouvrir le sac alors que l'équipe aimerait fixer l'instant de la découverte sur la bande vidéo. L'individu est visiblement très perturbé et ne semble pas comprendre ce qu'on lui demande. Il finit quand même par s'exécuter. Alain replace le lingot où il l'a découvert puis le « redécouvre » cette fois-ci devant les caméras. En soulevant la niche qui pèse pas moins de 60 kilos, il se fait au passage une entorse du genou mais sort le deuxième paquet de sa cachette. Deuxième mauvaise impression, le propriétaire lui arrache de nouveau les deux sacs des mains et sort immédiatement du local. Toujours pour les fameuses images, les journalistes lui demandent de laisser Alain ouvrir un paquet pendant que lui ouvrira l'autre. Il s'exécute après avoir enfin compris ce que l'on attend de lui. Alors arrive ce moment magique où les lingots apparaissent scintillant de leur bel éclat jaune.


C'est aussi à ce moment précis qu'Alain réalise qu'aucun protocole d'accord n'a été signé, le protocole que j'ai rédigé et qu'il a dans sa poche. Et plus Alain voit le propriétaire avec ses lingots qu'il ne lâche plus des mains, plus il se fait du souci. L'individu se renseigne discrètement sur la récompense qu'il doit lui céder, semble d'accord, puis fait marche arrière quelques minutes plus tard en indiquant que ce n'est pas du tout ce qui avait été convenu. Le pire est à craindre au moment où l'individu leur propose de régler ce problème la semaine suivante.


Après une petite séance photos, le propriétaire remballe le tout et propose que ce soit l'équipe qui ferme la porte de la propriété... Il veut absolument retourner chez lui au plus vite pour montrer les lingots à ses enfants. Il invite néanmoins l'équipe de chercheurs à venir le rejoindre chez lui le soir venu. Tout n'est pas perdu. Cinq minutes plus tard, l'équipe se retrouve seule - comme des imbéciles - devant le portail de la propriété. Le dîner se passe bien, mais Alain m'avouera avoir laisser beaucoup de plumes dans la bataille. La leçon a été dure mais elle a été depuis bien apprise. Les journalistes sont donc satisfaits puisqu'ils ont un bel éventail d'histoires à raconter. Le fait qu'Alain ait véritablement trouvé un « trésor » rend crédible son action.


La production me contacte quelques jours plus tard pour être sur le plateau de l'émission. Pour une fois, l'aspect juridique des différents problèmes évoqués avec la journaliste les a intéressés et ils souhaiteraient me poser des questions sur les trésors en général et sur celui du Mans en particulier. Je reconnais aujourd'hui que j'ai pris cette émission plus à la légère que les journalistes. Le matin du jour de l'enregistrement, je suis encore en Bretagne en villégiature... et la S.N.C.F. est en grève. La production s'affole et m'assaille de coups de fils inquiets ou agressifs suivant l'humeur. Je suis le seul invité en plateau prévu et si je suis absent, tout l'enregistrement tombe à l'eau, ce qui coûte très cher...


Je parviens à attraper au vol le seul train en partance et débarque à l'heure sur le plateau après un parcours plus que chaotique. Plus l'heure de l'enregistrement s'approche, plus je propose aux journalistes qui s'affairent autour de moi de prendre très sérieusement ma place. Je suis prêt à leur souffler les réponses. Le trac m'envahit tandis que la ruche s'anime autour de moi. Les essais lumière et micro se prolongent et personne ne se force à me rassurer. Par deux fois, deux techniciens s'affaireront sur mon arrière train sur lequel est fixé un émetteur défaillant. J'espère que le photographe de plateau aura la délicatesse de ne pas réaliser de clichés de la scène. Paul Amard est annoncé comme au théâtre. Concentré et sympathique, il m'explique en deux mots le genre de questions qu'il me posera, histoire de tester mes réponses.


Nous sommes seuls sur le plateau, lui concentré, moi mort de trac qui essaye de donner le change. On m'apporte une bouteille d'eau reprise quelques secondes plus tard sans que j'ai pu l'ouvrir. J'exprime, tel un condamné à mort, une dernière volonté qui ne reçoit aucun écho favorable. Je tente de discuter avec le présentateur le temps de diffusion du générique et des reportages mais lui est en pleine discussion avec le réalisateur qui lui parle via l'oreillette. L'effet est déstabilisant. Alors que je lui parle face à face, lui répond au réalisateur. Évidemment, les réponses ne collent pas aux questions. L'interview commence juste après que Paul Amard m'ait informé que rien ne serait coupé au montage, quoi qu'il arrive. Charmante entrée en matière ! Des questions souvent pertinentes me sont posé. Sur le Trésor du Mans, les questions appelleraient de trop longues explications. J'esquive plus ou moins le débat pour me cantonner à quelques idées fortes. Naïvement, j'avais communiqué au présentateur avant l'interview une formule que je trouvais pertinente et que je voulais replacer. Perfidement, Paul Amard la reprend à son compte, ce qui a pour effet de me déstabiliser quelques secondes. Finalement, tout se déroule très bien, sans coupure. On se quitte, chacun satisfait de ce qui a été dit.


La diffusion de l'émission apporta un succès d'estime et aussi une leçon d'humilité, certains de mes interlocuteurs ne se souvenant plus du thème de l'émission, telle cette personne qui avait trouvé très pertinents mes propos sur les sectes...

janv.
4

Pour les beaux yeux de Carole (souvenirs d'émission 1ère partie)

  • Par antoine.beguin le
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Un titre énigmatique pour aborder une série de sujets sur les rapports entre l'avocat et les médias. Pour aborder ce thème d'une façon plus aisée pour moi, je parlerai de mes modestes interventions. Après tout, on ne parle bien que de ce que l'on connaît.


L'un de mes domaines de prédilection est le droit de l'archéologie et du trésor (pas public, le trésor que l'on trouve). Un jour où j'aurai le temps, j'expliquerai pourquoi. J'ai eu la chance d'intervenir dans un certain nombre de dossiers relatifs à des découvertes trésoraires et j'ai également écrit pas mal sur le sujet. Cet intérêt m'apporte beaucoup de satisfaction (plus que de l'argent) et, accessoirement, m'a amené à participer à quelques émissions. J'ai trouvé intéressant de raconter l'envers du décor. Les émissions intéressantes, et les autres... Dire que je maîtrise l'exercice serait très très exagéré. J'ai simplement appris les quelques pièges à éviter après être tombé dedans. La télévision, tout particulièrement, est une école de l'humilité pour les invités. Entre les questions, pas toujours très pertinentes, et les nombreuses coupures décidées par le réalisateur dans les réponses, il ne reste souvent pas grand chose de ce que l'on a voulu dire.


Lorsque le résultat n'aura pas été catastrophique, je diffuserai les vidéos qui valent mieux qu'un long discours.


Commençons par un bon souvenir.


J'ai participé à cette émission il y a quelques années dans le cadre de l'émission « La France en héritage », émission à vocation culturelle diffusée à l'occasion des « journées du patrimoine » sur France 2. La production de l'émission m'avait contacté pour que j'intervienne sur le thème des trésors. L'enregistrement était fixé un mois avant la diffusion. Voici les coulisses, non pas de l'exploit, mais de cette « aventure » assez originale puisque l'enregistrement se déroula à Versailles.


Le rendez-vous était fixé avec la production à 15h00 à l'Orangerie du château de Versailles. Je débarque donc à 14h45 à la station RER Versailles Rive gauche et me dirige d'un pas décidé vers le Château de Versailles. Plus je marche, plus j'ai l'impression que la distance à parcourir s'allonge. Après tout, je ne suis pas pressé, le temps est magnifique et il convient de profiter de ces lieux magiques. Je remonte à gauche du château puis redescends l'avenue de l'Indépendance américaine (pour ceux qui connaissent). Arrivé au feu, je tourne à droite et me trouve devant une imposante grille qui protège l'accès à une allée de palmiers - le point de repère indiqué par la journaliste -.


Un agent de sécurité barre le passage. Heureux d'être arrivé à l'heure au bon endroit, je me dirige d'un pas toujours décidé vers lui et lui explique que je suis attendu. Il n'a pas l'air de me croire, ne semble pas informé qu'il y a une émission en préparation. Pendant qu'il appelle son chef et vérifie si mon nom est inscrit quelque part, je contacte de mon côté la journaliste qui doit venir m'accueillir. Elle aussi est surprise de savoir que je suis déjà là. Pourtant on avait bien rendez-vous à 15h00 ? J'ai l'impression d'être le seul à l'heure. Le vigile revient vers moi et s'excuse. Il était prévu que j'arrive en taxi et non à pied. C'est pourquoi il n'a pas « percuté » tout de suite. Mais mon nom figure bien sur la 5ème et dernière page en bas de la liste. Il m'invite donc à rentrer et à aller à la rencontre de la journaliste.


Je parcours les majestueuses allées du parc à la recherche de mon guide, un peu perdu. J'en profite pour admirer les nombreux arbres en pot qui sont de sortie. Je vois bientôt débouler une Smart qui passe en trombe à côté de moi sans me voir et me laisse comme seul souvenir un épais nuage de poussière. Me voilà dans l'ambiance, poudré. Persuadé qu'il s'agit de la journaliste (quelle perspicacité...), je retourne à la grille et nous parvenons enfin à nous retrouver. Je monte avec elle en direction du PC installé dans les orangeries de Versailles. Etrange sensation que de parcourir les allées de Versailles à bord d'une Smart – à chaque époque son carrosse -. Les orangeries sont impressionnantes. Vidées de tout arbuste, elles en paraissent d'autant plus vastes. La baignoire en marbre de Louis XIV trône dans un coin. Le Roi, dit-on, venait prendre son bain trois fois par semaine, après les chasses. Le repose savon a été dérobé il y a peu ce qui met en rogne la directrice du Château.


Une partie des orangeries est aménagée depuis plusieurs années pour pouvoir recevoir les tournages télé et cinéma. Ainsi, on peut y trouver des toilettes, des loges et une salle de maquillage. La journaliste me propose de passer tout de suite au maquillage « ce sera fait », ce qui ne semble pas enthousiasmer la maquilleuse : « ça va pas tenir », lui lance-t-elle. La maquilleuse s'échine à masquer mes cernes. Il est vrai que tout le monde a l'air reposé et détendu et que mon teint un peu blafard dénote. La coiffeuse prend le relais et me verse une bonne dose de gel, histoire de faire tenir les cheveux même par grand vent. Je suis prié après d'attendre une voiture chargée de nous conduire au hameau de la Reine, à l'opposé du Château.


J'en profite pour discuter avec un autre invité, habitant troglodyte. Il est très sympathique et affable. Une voiture arrive enfin pour nous conduire au fameux hameau de la Reine. Nous sommes précédés par une voiture de la sécurité qui doit accompagner toutes les voitures circulant dans le parc. Le passage des voitures sur les routes terreuses finit de nous poudrer ; adieu le maquillage « retour de vacances ensoleillées ». Sur place, nous rencontrons le reste de l'équipe au grand complet. Cela va du simple stagiaire au grand producteur. Il doit y avoir en tout pas moins de 50 personnes qui s'affairent.


Puis on nous (nous = les 3 invités) demande de nous déplacer vers le deuxième lieu de tournage. Sur le trajet, nous croisons Carole Gessler à qui un collaborateur nous présente très rapidement. Elle nous regarde à peine et lance « ça va ». Moi aussi, je suis très heureux de faire sa connaissance. Tout le monde s'extasie devant la centaine de carpes agglutinées sous le pont. Le temps est au beau fixe et tout le monde est de bonne humeur.


Les interviews des trois invités commencent. Un agent immobilier est d'abord interviewé sur un balcon. Trois caméras sont braquées sur le couple Gessler-agent immobilier. Les cameramen lui crient de se rapprocher de la balustrade, de s'éloigner du poteau, de se tourner à droite, puis à gauche, de sourire à la caméra... L'interview s'éternise et l'on s'ennuie ferme.


Nous nous dirigeons après vers le troisième lieu de tournage à savoir le potager de la Reine. A voir l'évolution des lieux de tournage, j'ai peur de me retrouver filmé dans la marre aux canards au milieu des carpes. C'est donc au tour du propriétaire d'une maison troglodyte de s'expliquer. Je commence à sentir la pression monter puisque je suis le prochain et dernier invité. Un léger trac m'envahit. Je réfléchis sur le message que je veux délivrer, les formules que je dois replacer, les pointes d'humour que je peux me permettre.


En pleine concentration, un assistant du réalisateur vient me parler de ma cravate. Il n'est pas du tout convaincu de son opportunité. Elle n'irait pas avec un tournage à l'extérieur, et ne collerait pas avec mon personnage (reste cette grande question : qu'est-ce qui colle à mon personnage ?). Après avoir recueilli plusieurs avis, je décide donc de l'enlever. La maquilleuse se précipite pour brunir mon cou trop blanc. Le coiffeur suit la cadence et me verse une nouvelle rasade de gel même si aucun avis de tempête n'a été annoncé. Un autre assistant me brieffe sur l'attitude à adopter. Il trouve les précédents invités trop longs, confus, ce qui explique la longueur des interviews (plus de 45 minutes d'enregistrement par personne pour n'en garder que 5 minutes). Il me demande donc d'être « punchy », c'est-à-dire, selon ma propre traduction, d'être incisif, drôle, dans le rythme. Merci de me rajouter de la pression... Il revient plusieurs fois à la charge d'autant que mon intervention clôturera l'émission à 19h55 diffusée un dimanche soir. Pas question d'être sinistre ou ennuyeux, il faut réveiller la ménagère de moins de 50 ans pour qu'elle regarde le journal télévisé... et plus si affinité.


C'est enfin à mon tour. Jusque là, tout le monde se fichait de moi, maintenant, je suis au centre des préoccupations de tous. Le réalisateur a choisi un moulin très pittoresque comme cadre. Il tente de s'appuyer contre une rambarde qui, visiblement, ne tient pas et cède sous son poids. On pousse les débris hors champ. Tant pis pour le monument historique. Les cameramen prennent place à trois endroits différents. Seul souci, le réalisateur voudrait que la roue du moulin tourne, certes, mais il n'y a plus d'eau. Qu'à cela ne tienne, un assistant est désigné d'office pour faire tourner la roue du moulin. Comme il est dans le champ, il entre à l'intérieur du moulin et la roue tourne comme par magie - sans eau -. Carole Gessler prend place. Après avoir lu ses fiches, elle me cherche du regard, me trouve et me lance un grand sourire. Autant le dire, je suis sous le charme et je défis quiconque de résister à son sourire - et à ses yeux bleus intense -. Elle se montre très chaleureuse et me propose de répéter les questions et les réponses.


A la fin de la répétition, je lui parle de mon livre (je suis venu un peu pour ça) mais elle fait la moue. Le réalisateur et le producteur se précipitent sur nous et s'associent au discours. Officiellement, le CSA s'opposerait à la présentation de livre à l'antenne. Devant mon mécontentement, ils me proposent de le faire figurer sur le site Internet et, éventuellement, en banc titre. Mais je n'ai aucune assurance de ces promesses et ai l'impression de m'être fait avoir en beauté (ils m'avaient assuré avant que cela ne poserait aucun problème). Comment réagir ? Je me vois mal partir en claquant la porte (y'a pas de porte)... Je laisse le livre à l'assistant et me concentre sur l'interview. Moteur, action... Quelques secondes s'écoulent avant que Carole ne me sourit à nouveau et me pose les questions attendues.


Les questions et les réponses s'enchaînent à un rythme soutenu. Pas de temps mort, j'ai vraiment le sentiment d'être « punchy ». Tout va bien. A un moment, elle me parle de l'histoire de Gérard et Marie-France. Dans mon esprit, et bien que je ne connaisse pas ces prénoms, elle parle du Trésor du Mans et je raconte donc cette histoire. Visiblement, nous ne sommes pas sur la même longueur d'onde bien qu'elle ne montre aucun signe d'incompréhension (grande professionnelle). Fin de l'interview. Le réalisateur et le producteur s'approchent et nous font part de leur sentiment. Nous avons la mention « honorable » et ils proposent que nous recommencions en insistant sur le plus gros trésor jamais découvert. Ils souhaitent aussi que je parle un peu plus de la protection du patrimoine et de ce qu'il ne faut pas faire. Je connais mal l'affaire du plus gros trésor qui remonte aux années 50 et suis tenté d'improviser sur le sujet. Sur la protection du patrimoine, je suis plus à l'aise.


Carole Gessler pose à nouveau des questions et commence, elle aussi, à improviser sur des thèmes qui n'avaient pas du tout été évoqués jusqu'à présent. J'essaye de ne pas perdre le fil de la conversation et de garder mon calme. Mais, au fond de moi, je me demande ce qu'elle va encore inventer comme questions et je commence à m'inquiéter de la suite. Surtout ne pas paniquer. J'ai prévu de balancer quelques expressions. D'abord, évoquer l'aspect impôt : « le trésor est un don du ciel et ce que le ciel nous envoie n'est heureusement pas encore imposable ». La formule fait mouche et déclenche l'hilarité de Carole Gessler. J'ai marqué un point. Puis, je rappelle « qu'il n'est pas question de jouer à Indiana Jones. Nous ne sommes que des dépositaires précaires du patrimoine et nous devons le laisser en l'état pour les générations futures ». Là encore, la formule fait mouche. Elle devrait satisfaire la direction de la chaîne. Carole me quitte du regard et annonce le journal de 20 h. Le réalisateur et le producteur nous rejoignent et nous félicitent : j'ai été « punchy ». Le tout n'a pas duré 10 minutes.


J'ai la satisfaction égoïste du travail bien fait. Ils ont eu ce qu'ils voulaient entendre. Si ce n'était l'histoire du livre, je garderais un très bon souvenir de cette journée. Le preneur de son vient me voir. Il se souvient de moi et il est persuadé d'avoir déjà travaillé avec moi pour une émission de M6. Je n'ai gardé aucun souvenir de cette émission qui remonterait à cinq ans. Lui a meilleure mémoire que moi. D'ailleurs, il se remémore très bien ma chemise bleue. Voilà à quoi tient la popularité. Cinq ans et il se souvient de la couleur de ma chemise, pas de ce que j'ai dit. Cela ne peut que rendre modeste. La maquilleuse me propose des lingettes qui ont tôt fait de me rendre mon teint naturel. Je suis raccompagné à la grille d'entrée par un producteur aussi sympathique qu'une porte de prison puisqu'il ne prononcera aucun mot durant tout le trajet.


L'émission a été diffusée quelques semaines plus tard en « access prime time ». Bonne surprise, ils n'ont presque rien coupé. Mais la prochaine fois, je mettrai moins de choses dans mes poches de veste, on a l'impression que j'ai caché mes altères...


Je mettrai la vidéo en ligne très bientôt.

sept.
8

Bien des convoitises autour de 17 tonnes d'or.

  • Par antoine.beguin le
  • Dernier commentaire ajouté

Nous avons déjà évoqué dans ces colonnes ce fabuleux trésor mis au jour par la Société ODYSSEY au large de l'Espagne.


Rappelons simplement que le 18 mai 2007, pas moins de 17 tonnes d'or de monnaies d'or et d'argent ont été remontées à la surface par la société américaine spécialisée dans la recherche de galions et discrètement rapatriées au siège social en Floride.


500.000 monnaies pour une valeur estimée entre 500 et 700 millions de dollars.


Pendant quelques mois, la société américaine avait prétendu que le trésor avait été trouvé dans les eaux internationales, loin de toute revendication possible émanant de l'Etat espagnol. Madrid ne croit pas cette localisation qui ressemble à un scénario parfaitement écrit pour éviter tout problème juridique. Un détail va apporter de l'eau au moulin des autorités espagnoles. Alors que les quelques 2.800 caisses de monnaies s'apprêtent à être embarquées dans un avion, un employé de l'aéroport a l'opportunité de prendre la photo d'une monnaie. On y voit une monnaie du XVIIIème avec le profil du roi Charles V, un roi espagnol...


L'histoire bascule à ce moment-là.


De toute vraisemblance, le navire était espagnol et il aurait coulé dans les eaux territoriales du pays. Forte de ses convictions, l'Espagne dépose le 29 mai 2007 une requête auprès du tribunal civil de Tampa (Floride) et demande à connaître précisément la localisation de la découverte. Le suspense n'aura pas duré longtemps. On sait maintenant que le butin ne provient pas d'un galion du XVIIème mais de la « Nuestra Senora de las Mercedes ».


Nous sommes le 5 octobre 1804. La frégate espagnole revient du Pérou, les cales remplies de pièces d'or et d'argent et de lingots de cuivre. Cette fortune avait été « collectée » par des commerçants espagnols installés en Amérique Latine. Mais, à quelques encablures de la côte, les navires anglais sont à l'affut. Puis ils passent à l'attaque et coulent en quelques minutes la Nuestra Senora. Cet événement catalyse les tensions entre les deux pays et conduit l'Espagne à déclarer la guerre à l'Angleterre. Deux siècles plus tard, la guerre entre les deux pays s'est transposée devant les tribunaux américains.


Sur le plan juridique, l'affaire se présente de la façon suivante : si le butin a été découvert dans les eaux internationales ou bien si aucun Etat ne parvient à démontrer que le navire arborait son pavilon lors du naufrage, le découvreur récupère le tout. C'est pourquoi la société Odyssey clame à qui veut l'entendre que le navire, surnommé « black swann » (le cyne noir), serait totalement inconnu. Cela rassure également les investisseurs de la Société qui voient avec intérêt le cours de l'action grimper en flèche.


L'avis n'est pas partagé par l'Espagne pour laquelle le Black Swan et la Nuestra Senora ne feraient qu'un. Les experts semblent d'ailleurs pencher pour cette dernière hypothèse puisque les monnaies ont été frappées à Lima au XVIIIème siècle.


Depuis, les 17 tonnes d'or ont vu affluer quantité de prétendants.


Après l'Espagne, c'est au tour du Pérou de présenter ses revendications. Au XIXème siècle, le Pérou était encore une colonie espagnole. L'or rapatrié aurait été simplement pillé. D'où la demande de l'Etat péruvien de voir cet argent revenir à Lima. Cette demande a été prise en considération par l'Espagne qui a accepté le principe d'un partage du fabuleux butin.


Ce n'est pas tout.


Le quotidien « El Pais » a jeté dernièrement un pavé dans la mare en révélant le nom des 130 marchands qui avaient embarqué à bord du navire fortune faite. Le journal suggère que les quelques milliers de descendants de ces marchands se regroupent pour faire valeur leurs droits sur ce trésor.


Suite au prochain épisode.

sept.
1

Le Trésor Gaulois du Mans

  • Par antoine.beguin le

Après tout, autant se faire un peu de pub. Alors, si vous voulez connaître l'histoire vraie d'un trésor Gaulois découvert en 1997 au Mans qui a donné bien du fil à retordre à ses inventeurs, je vous invite à lire ce livre.

En prime, j'aborde les questions juridiques liées à cette trouvaille et le parcours judiciaire suivi par les découvreurs.

bonne lecture.

Remboursé si déçu ! (faut juste que je prévienne l'éditeur)

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