or (5)
C'est l'histoire d'une pépite. Une pépite d'or, une vraie, de type « fillonnaire », autrement dit issue d'un filon.
Cette pépite a, ou aurait été découverte en 2006 par un promeneur en périphérie d'Angers.
Nul détail ne filtre sur les circonstances précises. J'avais été contacté à l'époque avant la déclaration officielle mais, évidemment, je ne divulguerai aucune information.
La particularité de cette pépite réside dans sa taille : 57,5 grammes. Elle fut le point fort d'une exposition minéralogique en 2007 au cours de laquelle son existence fut officiellement révélée.
En juin 2008, la ville d'Angers l'achète pour la rondelette somme de 15.000 €uros, une somme bien entendu sans aucun rapport avec le poids de l'or. La ville a ainsi voulu éviter que cet objet unique ne quitte le département.
Depuis, le calme était revenu et nul n'entendait plus parler de l'objet, jusqu'à ces dernières semaines.
On apprit en effet que l'épouse de l'ancien PDG du groupe l'Oréal revendiquait la propriété de la pépite, et tout se compliqua.
Selon les explications de son avocat, la pépite aurait été découverte non pas en France mais en Guinée avant d'être offerte il y a 50 ans à sa cliente.
L'objet aurait par la suite été confié à la mère de la plaignante. Cette dame habitait un hôtel particulier à Angers. A la suite d'une escroquerie dont elle aurait été victime, la pépite aurait mystérieusement disparu... pour réapparaître dans les circonstances décrites.
On se dirigerait vers une expertise pour identifier la provenance de l'objet.
L'autre souvenir que je voulais évoqué est lié à une émission aujourd'hui disparue : DMA (Dimanche Midi Amard) animée par Paul AMARD. Dommage qu'elle ait disparu, comme tant d'autres. Paul Amard est un bon journaliste qui posait de bonnes questions dans une bonne émission.
Revenons au point de départ : Alain Cloarec, chercheur de trésors familiaux depuis 20 ans et avec lequel je collabore, avait été contacté par la production de cette émission car ils étaient intéressés par le suivi d'une recherche de trésors. Ce genre de demande est récurrent. Alain s'était mis en chasse et avait repéré deux dossiers intéressants, l'un dans le Saumurois, l'autre en région parisienne. J'avais pour l'occasion effectué le déplacement dans la proche région de Saumur (je n'étais pas encore avocat si je ne me trompe pas). La première recherche avait pour cadre les caves et troglodytes d'un viticulteur ami d'Alain. Officiellement nous étions sur la piste très improbable de la lame de la dernière guillotine utilisée en Maine et Loire sous la Révolution. Selon la tradition locale, cette lame avait été cachée derrière un mur, dans une cave de la région de Saumur. De toute évidence, il y avait très peu de chances pour que nous trouvions un tel objet. Outre que nous n'aurions pas su quoi faire d'un tel objet, il aurait rappelé quelques pages parmi les plus noires de notre histoire et nous ne tenions pas y être associés.
Les caves de la propriété ont reçu notre visite, le puits aussi grâce à une astucieuse caméra bricolée par Alain. Notre empressement fut tel que le propriétaire n'hésita pas à percer un trou dans un mur en tuffeau qui sonnait creux. Nous ne récupérâmes que quelques petits objets sans grande valeur pécuniaire mais qui témoignaient d'une occupation fort ancienne du site. Ces objets ont été laissés au propriétaire qui prend toujours un grand plaisir à les exposer au public.
La fin de l'après-midi fut consacrée à la recherche d'une bague estimée à 25.000 €uros qui avait été perdue par une visiteuse par trop enthousiaste quelques mois plus tôt. Juchée sur un promontoire, elle avait écarté énergiquement les bras devant elle sans doute pour déclamer quelque poème. Sa représentation avait pris fin à l'instant précis où elle avait aperçu sa bague voler à travers les airs puis retomber lourdement dans un bosquet particulièrement touffu situé en contrebas. Malgré des heures de recherches avec des détecteurs de métaux, nous ne pûmes retrouver le bijou. Je mis simplement la main sur un flacon sans étiquette contenant quelques pilules de toutes les couleurs protégées dans du coton, souvenir d'une soirée techno d'après le propriétaire.
Lors de la deuxième recherche en région parisienne, Alain eut plus de chances. Il s'agissait de retrouver six lingots d'or et la recherche s'annonçait prometteuse. Après le décès du propriétaire, ses enfants avaient retrouvé des certificats d'achats des lingots dans le placard d'une cuisine. Or la vente des lingots sans certificat est beaucoup plus difficile puisqu'ils attestent du titre d'or. Dans le cas présent, cela signifiait que les lingots avaient de grandes chances d'être encore en place. Je ne peux malheureusement pas être de la partie.
Je rédige néanmoins à l'attention d'Alain un protocole d'accord à faire signer avec le propriétaire des lieux. L'équipe dirigée par Alain commence par se perdre dans les rues de Dreux, puis réussit à atteindre bon port. Dans la précipitation et sous le feu de l'action, Alain oublie de faire signer le protocole d'accord qui reste dans son sac, une erreur qui lui coûtera cher. Sous l'œil de la caméra, l'équipe passe toute la maison au peigne fin. Chaque pièce, chaque recoin a droit à la visite d'un prospecteur. Alain trouve un endroit qui aurait été susceptible de pouvoir renfermer un trésor, une belle cachette qui aurait dû contenir quelque chose mais qui n'a manifestement pas éveillé l'attention de l'ancien propriétaire à moins qu'il ait récupéré ce qui s'y trouvait.
C'est alors que le 6ème sens d'Alain entre en action. Il a un fort pressentiment : il pense que les lingots doivent être cachés dans le jardin, et plus précisément à proximité du chenil. Le vieil homme élevait des chiens de race et c'est dans cette direction qu'il pousse ses recherches. Les chiens pouvaient faire barrage ou alerter le propriétaire d'une quelconque intrusion. D'ailleurs, la maison ressemble plus à une passoire qu'à un bunker, les portes s'ouvrent toutes seules... Dans sa chambre, sont retrouvés deux fusils et un pistolet... chargé. Un judas a été percé d'où l'on peut apercevoir les bâtiments annexes et... le chenil en plein milieu du jardin. A mesure que le temps passe, les chances de découvrir les lingots s'amenuisent mais, sans perdre espoir, Alain continue de chercher avec son intuition comme seul guide.
Il s'oriente vers deux énormes niches qui lui hantent l'esprit. Il entre la tête la première et constate que, manifestement, il n'existe aucune possibilité de cache. Il se relève et sans trop y croire passe les doigts sous la niche qui pèse plusieurs dizaines de kilos. Il accroche avec ses gants un paquet suspect qu'il confond sur l'instant avec une grosse plaque de mastique de vitrier. Le tout est enveloppé dans un sac plastique. C'est en le prenant dans ses mains une fois sorti qu'il constate qu'avec ce poids, il ne peut rien contenir d'autre que les lingots. Il alerte tout le monde avant d'aller plus loin dans sa recherche puisqu'il comprend que les autres lingots sont cachés là !
Première mauvaise impression, le propriétaire qui arrive sur les lieux lui arrache littéralement le sac des mains. Puis il commence à vouloir ouvrir le sac alors que l'équipe aimerait fixer l'instant de la découverte sur la bande vidéo. L'individu est visiblement très perturbé et ne semble pas comprendre ce qu'on lui demande. Il finit quand même par s'exécuter. Alain replace le lingot où il l'a découvert puis le « redécouvre » cette fois-ci devant les caméras. En soulevant la niche qui pèse pas moins de 60 kilos, il se fait au passage une entorse du genou mais sort le deuxième paquet de sa cachette. Deuxième mauvaise impression, le propriétaire lui arrache de nouveau les deux sacs des mains et sort immédiatement du local. Toujours pour les fameuses images, les journalistes lui demandent de laisser Alain ouvrir un paquet pendant que lui ouvrira l'autre. Il s'exécute après avoir enfin compris ce que l'on attend de lui. Alors arrive ce moment magique où les lingots apparaissent scintillant de leur bel éclat jaune.
C'est aussi à ce moment précis qu'Alain réalise qu'aucun protocole d'accord n'a été signé, le protocole que j'ai rédigé et qu'il a dans sa poche. Et plus Alain voit le propriétaire avec ses lingots qu'il ne lâche plus des mains, plus il se fait du souci. L'individu se renseigne discrètement sur la récompense qu'il doit lui céder, semble d'accord, puis fait marche arrière quelques minutes plus tard en indiquant que ce n'est pas du tout ce qui avait été convenu. Le pire est à craindre au moment où l'individu leur propose de régler ce problème la semaine suivante.
Après une petite séance photos, le propriétaire remballe le tout et propose que ce soit l'équipe qui ferme la porte de la propriété... Il veut absolument retourner chez lui au plus vite pour montrer les lingots à ses enfants. Il invite néanmoins l'équipe de chercheurs à venir le rejoindre chez lui le soir venu. Tout n'est pas perdu. Cinq minutes plus tard, l'équipe se retrouve seule - comme des imbéciles - devant le portail de la propriété. Le dîner se passe bien, mais Alain m'avouera avoir laisser beaucoup de plumes dans la bataille. La leçon a été dure mais elle a été depuis bien apprise. Les journalistes sont donc satisfaits puisqu'ils ont un bel éventail d'histoires à raconter. Le fait qu'Alain ait véritablement trouvé un « trésor » rend crédible son action.
La production me contacte quelques jours plus tard pour être sur le plateau de l'émission. Pour une fois, l'aspect juridique des différents problèmes évoqués avec la journaliste les a intéressés et ils souhaiteraient me poser des questions sur les trésors en général et sur celui du Mans en particulier. Je reconnais aujourd'hui que j'ai pris cette émission plus à la légère que les journalistes. Le matin du jour de l'enregistrement, je suis encore en Bretagne en villégiature... et la S.N.C.F. est en grève. La production s'affole et m'assaille de coups de fils inquiets ou agressifs suivant l'humeur. Je suis le seul invité en plateau prévu et si je suis absent, tout l'enregistrement tombe à l'eau, ce qui coûte très cher...
Je parviens à attraper au vol le seul train en partance et débarque à l'heure sur le plateau après un parcours plus que chaotique. Plus l'heure de l'enregistrement s'approche, plus je propose aux journalistes qui s'affairent autour de moi de prendre très sérieusement ma place. Je suis prêt à leur souffler les réponses. Le trac m'envahit tandis que la ruche s'anime autour de moi. Les essais lumière et micro se prolongent et personne ne se force à me rassurer. Par deux fois, deux techniciens s'affaireront sur mon arrière train sur lequel est fixé un émetteur défaillant. J'espère que le photographe de plateau aura la délicatesse de ne pas réaliser de clichés de la scène. Paul Amard est annoncé comme au théâtre. Concentré et sympathique, il m'explique en deux mots le genre de questions qu'il me posera, histoire de tester mes réponses.
Nous sommes seuls sur le plateau, lui concentré, moi mort de trac qui essaye de donner le change. On m'apporte une bouteille d'eau reprise quelques secondes plus tard sans que j'ai pu l'ouvrir. J'exprime, tel un condamné à mort, une dernière volonté qui ne reçoit aucun écho favorable. Je tente de discuter avec le présentateur le temps de diffusion du générique et des reportages mais lui est en pleine discussion avec le réalisateur qui lui parle via l'oreillette. L'effet est déstabilisant. Alors que je lui parle face à face, lui répond au réalisateur. Évidemment, les réponses ne collent pas aux questions. L'interview commence juste après que Paul Amard m'ait informé que rien ne serait coupé au montage, quoi qu'il arrive. Charmante entrée en matière ! Des questions souvent pertinentes me sont posé. Sur le Trésor du Mans, les questions appelleraient de trop longues explications. J'esquive plus ou moins le débat pour me cantonner à quelques idées fortes. Naïvement, j'avais communiqué au présentateur avant l'interview une formule que je trouvais pertinente et que je voulais replacer. Perfidement, Paul Amard la reprend à son compte, ce qui a pour effet de me déstabiliser quelques secondes. Finalement, tout se déroule très bien, sans coupure. On se quitte, chacun satisfait de ce qui a été dit.
La diffusion de l'émission apporta un succès d'estime et aussi une leçon d'humilité, certains de mes interlocuteurs ne se souvenant plus du thème de l'émission, telle cette personne qui avait trouvé très pertinents mes propos sur les sectes...
Un titre énigmatique pour aborder une série de sujets sur les rapports entre l'avocat et les médias. Pour aborder ce thème d'une façon plus aisée pour moi, je parlerai de mes modestes interventions. Après tout, on ne parle bien que de ce que l'on connaît.
L'un de mes domaines de prédilection est le droit de l'archéologie et du trésor (pas public, le trésor que l'on trouve). Un jour où j'aurai le temps, j'expliquerai pourquoi. J'ai eu la chance d'intervenir dans un certain nombre de dossiers relatifs à des découvertes trésoraires et j'ai également écrit pas mal sur le sujet. Cet intérêt m'apporte beaucoup de satisfaction (plus que de l'argent) et, accessoirement, m'a amené à participer à quelques émissions. J'ai trouvé intéressant de raconter l'envers du décor. Les émissions intéressantes, et les autres... Dire que je maîtrise l'exercice serait très très exagéré. J'ai simplement appris les quelques pièges à éviter après être tombé dedans. La télévision, tout particulièrement, est une école de l'humilité pour les invités. Entre les questions, pas toujours très pertinentes, et les nombreuses coupures décidées par le réalisateur dans les réponses, il ne reste souvent pas grand chose de ce que l'on a voulu dire.
Lorsque le résultat n'aura pas été catastrophique, je diffuserai les vidéos qui valent mieux qu'un long discours.
Commençons par un bon souvenir.
J'ai participé à cette émission il y a quelques années dans le cadre de l'émission « La France en héritage », émission à vocation culturelle diffusée à l'occasion des « journées du patrimoine » sur France 2. La production de l'émission m'avait contacté pour que j'intervienne sur le thème des trésors. L'enregistrement était fixé un mois avant la diffusion. Voici les coulisses, non pas de l'exploit, mais de cette « aventure » assez originale puisque l'enregistrement se déroula à Versailles.
Le rendez-vous était fixé avec la production à 15h00 à l'Orangerie du château de Versailles. Je débarque donc à 14h45 à la station RER Versailles Rive gauche et me dirige d'un pas décidé vers le Château de Versailles. Plus je marche, plus j'ai l'impression que la distance à parcourir s'allonge. Après tout, je ne suis pas pressé, le temps est magnifique et il convient de profiter de ces lieux magiques. Je remonte à gauche du château puis redescends l'avenue de l'Indépendance américaine (pour ceux qui connaissent). Arrivé au feu, je tourne à droite et me trouve devant une imposante grille qui protège l'accès à une allée de palmiers - le point de repère indiqué par la journaliste -.
Un agent de sécurité barre le passage. Heureux d'être arrivé à l'heure au bon endroit, je me dirige d'un pas toujours décidé vers lui et lui explique que je suis attendu. Il n'a pas l'air de me croire, ne semble pas informé qu'il y a une émission en préparation. Pendant qu'il appelle son chef et vérifie si mon nom est inscrit quelque part, je contacte de mon côté la journaliste qui doit venir m'accueillir. Elle aussi est surprise de savoir que je suis déjà là. Pourtant on avait bien rendez-vous à 15h00 ? J'ai l'impression d'être le seul à l'heure. Le vigile revient vers moi et s'excuse. Il était prévu que j'arrive en taxi et non à pied. C'est pourquoi il n'a pas « percuté » tout de suite. Mais mon nom figure bien sur la 5ème et dernière page en bas de la liste. Il m'invite donc à rentrer et à aller à la rencontre de la journaliste.
Je parcours les majestueuses allées du parc à la recherche de mon guide, un peu perdu. J'en profite pour admirer les nombreux arbres en pot qui sont de sortie. Je vois bientôt débouler une Smart qui passe en trombe à côté de moi sans me voir et me laisse comme seul souvenir un épais nuage de poussière. Me voilà dans l'ambiance, poudré. Persuadé qu'il s'agit de la journaliste (quelle perspicacité...), je retourne à la grille et nous parvenons enfin à nous retrouver. Je monte avec elle en direction du PC installé dans les orangeries de Versailles. Etrange sensation que de parcourir les allées de Versailles à bord d'une Smart – à chaque époque son carrosse -. Les orangeries sont impressionnantes. Vidées de tout arbuste, elles en paraissent d'autant plus vastes. La baignoire en marbre de Louis XIV trône dans un coin. Le Roi, dit-on, venait prendre son bain trois fois par semaine, après les chasses. Le repose savon a été dérobé il y a peu ce qui met en rogne la directrice du Château.
Une partie des orangeries est aménagée depuis plusieurs années pour pouvoir recevoir les tournages télé et cinéma. Ainsi, on peut y trouver des toilettes, des loges et une salle de maquillage. La journaliste me propose de passer tout de suite au maquillage « ce sera fait », ce qui ne semble pas enthousiasmer la maquilleuse : « ça va pas tenir », lui lance-t-elle. La maquilleuse s'échine à masquer mes cernes. Il est vrai que tout le monde a l'air reposé et détendu et que mon teint un peu blafard dénote. La coiffeuse prend le relais et me verse une bonne dose de gel, histoire de faire tenir les cheveux même par grand vent. Je suis prié après d'attendre une voiture chargée de nous conduire au hameau de la Reine, à l'opposé du Château.
J'en profite pour discuter avec un autre invité, habitant troglodyte. Il est très sympathique et affable. Une voiture arrive enfin pour nous conduire au fameux hameau de la Reine. Nous sommes précédés par une voiture de la sécurité qui doit accompagner toutes les voitures circulant dans le parc. Le passage des voitures sur les routes terreuses finit de nous poudrer ; adieu le maquillage « retour de vacances ensoleillées ». Sur place, nous rencontrons le reste de l'équipe au grand complet. Cela va du simple stagiaire au grand producteur. Il doit y avoir en tout pas moins de 50 personnes qui s'affairent.
Puis on nous (nous = les 3 invités) demande de nous déplacer vers le deuxième lieu de tournage. Sur le trajet, nous croisons Carole Gessler à qui un collaborateur nous présente très rapidement. Elle nous regarde à peine et lance « ça va ». Moi aussi, je suis très heureux de faire sa connaissance. Tout le monde s'extasie devant la centaine de carpes agglutinées sous le pont. Le temps est au beau fixe et tout le monde est de bonne humeur.
Les interviews des trois invités commencent. Un agent immobilier est d'abord interviewé sur un balcon. Trois caméras sont braquées sur le couple Gessler-agent immobilier. Les cameramen lui crient de se rapprocher de la balustrade, de s'éloigner du poteau, de se tourner à droite, puis à gauche, de sourire à la caméra... L'interview s'éternise et l'on s'ennuie ferme.
Nous nous dirigeons après vers le troisième lieu de tournage à savoir le potager de la Reine. A voir l'évolution des lieux de tournage, j'ai peur de me retrouver filmé dans la marre aux canards au milieu des carpes. C'est donc au tour du propriétaire d'une maison troglodyte de s'expliquer. Je commence à sentir la pression monter puisque je suis le prochain et dernier invité. Un léger trac m'envahit. Je réfléchis sur le message que je veux délivrer, les formules que je dois replacer, les pointes d'humour que je peux me permettre.
En pleine concentration, un assistant du réalisateur vient me parler de ma cravate. Il n'est pas du tout convaincu de son opportunité. Elle n'irait pas avec un tournage à l'extérieur, et ne collerait pas avec mon personnage (reste cette grande question : qu'est-ce qui colle à mon personnage ?). Après avoir recueilli plusieurs avis, je décide donc de l'enlever. La maquilleuse se précipite pour brunir mon cou trop blanc. Le coiffeur suit la cadence et me verse une nouvelle rasade de gel même si aucun avis de tempête n'a été annoncé. Un autre assistant me brieffe sur l'attitude à adopter. Il trouve les précédents invités trop longs, confus, ce qui explique la longueur des interviews (plus de 45 minutes d'enregistrement par personne pour n'en garder que 5 minutes). Il me demande donc d'être « punchy », c'est-à-dire, selon ma propre traduction, d'être incisif, drôle, dans le rythme. Merci de me rajouter de la pression... Il revient plusieurs fois à la charge d'autant que mon intervention clôturera l'émission à 19h55 diffusée un dimanche soir. Pas question d'être sinistre ou ennuyeux, il faut réveiller la ménagère de moins de 50 ans pour qu'elle regarde le journal télévisé... et plus si affinité.
C'est enfin à mon tour. Jusque là, tout le monde se fichait de moi, maintenant, je suis au centre des préoccupations de tous. Le réalisateur a choisi un moulin très pittoresque comme cadre. Il tente de s'appuyer contre une rambarde qui, visiblement, ne tient pas et cède sous son poids. On pousse les débris hors champ. Tant pis pour le monument historique. Les cameramen prennent place à trois endroits différents. Seul souci, le réalisateur voudrait que la roue du moulin tourne, certes, mais il n'y a plus d'eau. Qu'à cela ne tienne, un assistant est désigné d'office pour faire tourner la roue du moulin. Comme il est dans le champ, il entre à l'intérieur du moulin et la roue tourne comme par magie - sans eau -. Carole Gessler prend place. Après avoir lu ses fiches, elle me cherche du regard, me trouve et me lance un grand sourire. Autant le dire, je suis sous le charme et je défis quiconque de résister à son sourire - et à ses yeux bleus intense -. Elle se montre très chaleureuse et me propose de répéter les questions et les réponses.
A la fin de la répétition, je lui parle de mon livre (je suis venu un peu pour ça) mais elle fait la moue. Le réalisateur et le producteur se précipitent sur nous et s'associent au discours. Officiellement, le CSA s'opposerait à la présentation de livre à l'antenne. Devant mon mécontentement, ils me proposent de le faire figurer sur le site Internet et, éventuellement, en banc titre. Mais je n'ai aucune assurance de ces promesses et ai l'impression de m'être fait avoir en beauté (ils m'avaient assuré avant que cela ne poserait aucun problème). Comment réagir ? Je me vois mal partir en claquant la porte (y'a pas de porte)... Je laisse le livre à l'assistant et me concentre sur l'interview. Moteur, action... Quelques secondes s'écoulent avant que Carole ne me sourit à nouveau et me pose les questions attendues.
Les questions et les réponses s'enchaînent à un rythme soutenu. Pas de temps mort, j'ai vraiment le sentiment d'être « punchy ». Tout va bien. A un moment, elle me parle de l'histoire de Gérard et Marie-France. Dans mon esprit, et bien que je ne connaisse pas ces prénoms, elle parle du Trésor du Mans et je raconte donc cette histoire. Visiblement, nous ne sommes pas sur la même longueur d'onde bien qu'elle ne montre aucun signe d'incompréhension (grande professionnelle). Fin de l'interview. Le réalisateur et le producteur s'approchent et nous font part de leur sentiment. Nous avons la mention « honorable » et ils proposent que nous recommencions en insistant sur le plus gros trésor jamais découvert. Ils souhaitent aussi que je parle un peu plus de la protection du patrimoine et de ce qu'il ne faut pas faire. Je connais mal l'affaire du plus gros trésor qui remonte aux années 50 et suis tenté d'improviser sur le sujet. Sur la protection du patrimoine, je suis plus à l'aise.
Carole Gessler pose à nouveau des questions et commence, elle aussi, à improviser sur des thèmes qui n'avaient pas du tout été évoqués jusqu'à présent. J'essaye de ne pas perdre le fil de la conversation et de garder mon calme. Mais, au fond de moi, je me demande ce qu'elle va encore inventer comme questions et je commence à m'inquiéter de la suite. Surtout ne pas paniquer. J'ai prévu de balancer quelques expressions. D'abord, évoquer l'aspect impôt : « le trésor est un don du ciel et ce que le ciel nous envoie n'est heureusement pas encore imposable ». La formule fait mouche et déclenche l'hilarité de Carole Gessler. J'ai marqué un point. Puis, je rappelle « qu'il n'est pas question de jouer à Indiana Jones. Nous ne sommes que des dépositaires précaires du patrimoine et nous devons le laisser en l'état pour les générations futures ». Là encore, la formule fait mouche. Elle devrait satisfaire la direction de la chaîne. Carole me quitte du regard et annonce le journal de 20 h. Le réalisateur et le producteur nous rejoignent et nous félicitent : j'ai été « punchy ». Le tout n'a pas duré 10 minutes.
J'ai la satisfaction égoïste du travail bien fait. Ils ont eu ce qu'ils voulaient entendre. Si ce n'était l'histoire du livre, je garderais un très bon souvenir de cette journée. Le preneur de son vient me voir. Il se souvient de moi et il est persuadé d'avoir déjà travaillé avec moi pour une émission de M6. Je n'ai gardé aucun souvenir de cette émission qui remonterait à cinq ans. Lui a meilleure mémoire que moi. D'ailleurs, il se remémore très bien ma chemise bleue. Voilà à quoi tient la popularité. Cinq ans et il se souvient de la couleur de ma chemise, pas de ce que j'ai dit. Cela ne peut que rendre modeste. La maquilleuse me propose des lingettes qui ont tôt fait de me rendre mon teint naturel. Je suis raccompagné à la grille d'entrée par un producteur aussi sympathique qu'une porte de prison puisqu'il ne prononcera aucun mot durant tout le trajet.
L'émission a été diffusée quelques semaines plus tard en « access prime time ». Bonne surprise, ils n'ont presque rien coupé. Mais la prochaine fois, je mettrai moins de choses dans mes poches de veste, on a l'impression que j'ai caché mes altères...
Je mettrai la vidéo en ligne très bientôt.
La crise financière a poussé les épargnants fébriles vers des valeurs refuges, tel l'or. La demande étant soutenue sur ce marché, on a assisté à une hausse spectaculaire des cours. Les officines ne désemplissent plus où l'on peut échanger un lingot contre 19.000 €. Ces dernières semaines, une certaine accalmie a fait suite à des cours en yoyo où l'on pouvait constater de brusques variations. Le « Napoléon » est ainsi passé en quelques jours de 100 € la monnaie à 190 €. 190% d'augmentation, qui dit mieux ? (si seulement l'UV de l'aide juridictionnelle pouvait connaître la même hausse).
J'ai déjà expliqué dans un post les règles juridiques et fiscales qui s'appliquent à la vente et à l'achat de l'or. Résultat, pour faire face à la demande, les professionnels ont en permanence des liquidités et des stocks d'or élevés. La tentation est trop forte pour certains et les braquages se multiplient dans ces échoppes bien moins bien surveillées que les banques. Le dernier exemple concerne Nantes.
Vous me direz : chacun a ses petits problèmes. Certes, mais il serait certainement très judicieux que la surveillance de ces boutiques soit rapidement renforcée, au grand dam peut-être d'une discrétion recherchée par les clients !
La crise économique actuelle a paradoxalement un effet bénéfique : l'or est de nouveau une valeur refuge et on assiste à des envolées du cours de l'or (avec des retombées brutales il est vrai).
Les officines où l'on peut discrètement échanger ses pièces d'or ne désemplissent plus. Chacun vient avec ses petits rouleaux de monnaies espérant vendre au meilleur moment des économies parfois conservées depuis plusieurs décennies.
Actuellement, un certain nombre de pièces en or sont cotées quotidiennement à la Bourse de Paris vers 13h00. Pour les plus connues, il s'agit du Napoléon, du 20 Francs Suisse, du Souverain, du 10 et 20 dollars Américains, du Florins, du Demi-Napoléon, du 50 pesos Mexicains, du Souverain et du 20 Marks.
Pour vendre, le possesseur de monnaies cotées doit prendre attache avec un intermédiaire qui lui proposera trois possibilités :
- La transaction peut avoir lieu immédiatement chez l'intermédiaire et le règlement intervient dans la foulée selon le cours de la veille, si l'opération est réalisée avant 13h00, ou bien selon le cours du jour pour les opérations réalisées l'après-midi (le cours du vendredi est valable jusqu'au lundi midi).
- la vente peut aussi être réalisée « au mieux ». Dans ce cas, le numismate vous demandera de lui confier vos pièces contre un reçu indiquant le nombre et le type de pièces, la date du cours du jour de référence et l'ordre de vente « au mieux ». C'est un coup de Poker puisque nul ne peut déterminer à l'avance un cours. Seules des tendances à la hausse ou à la baisse sont envisageables. Les monnaies sont alors vendues au cours suivant quel qu'il soit.
- Une alternative consiste à fixer un cours limité au-dessous duquel la transaction ne se fera pas. Le reçu mentionne cette limite. Tant que le seuil n'a pas été atteint, les monnaies ne sont pas vendues, sauf pour le propriétaire à interrompre le processus. Certes, ce système constitue une sécurité mais, dans un marché très aléatoire, il présente le risque de mal appréhender une baisse brutale des cours.
S'agissant des règles fiscales, les règles relatives à la vente de l'or en France sont claires.
La TVA
Sont exonérés de TVA les lingots d'un titre supérieur à 995/1000ème et les pièces cotées à la Bourse. Sont également concernées les monnaies d'or frappées après 1800, ayant eu cours légal.
La taxation à la vente
Les particuliers sont soumis à un prélèvement forfaitaire de 8% du montant brut de la transaction. Ce prélèvement se décompose en 2 éléments distincts :
- La TMP, Taxe sur les Métaux Précieux, dont le taux s'élève à 7,5 %
- La RDS, Réduction de la Dette Sociale, dont le taux est fixé à 0,5 %.
Toutefois, les détenteurs d'or peuvent opter pour un autre régime de taxation, appelé TPV pour « taxation sur les plus values réelles ». Pour cela, il faut être capable de justifier du prix d'acquisition. La TPV est de 27 % sur la plus value avec un abattement de 10 % par an à partir de la troisième année de détention et une exonération totale au bout de 12 ans. Ce système s'avère donc intéressant pour ceux qui possèdent depuis longtemps des monnaies régulièrement acquises.
La commission
L'intermédiaire prélève une commission sur les opérations effectuées, entre 0,5% et 3,5% selon la quantité. Au-delà de ce pourcentage, fuyez !
Le plafonnement des règlements en espèces
L'acquéreur peut payer en espèces tout achat d'or inférieur à la somme de 3.000 €. Au-delà de ce seuil, la loi l'oblige en principe à régler par chèque. Le vendeur peut se faire payer en espèces toute vente d'or inférieure à 1.100 €. Au-delà de ce seuil, il sera réglé par chèque.
L'anonymat
En France, les opérations d'achat et de vente d'or inférieures à 15.000 € bénéficient de l'anonymat administratif. Mais, attention, une pièce d'identité sera demandée pour tout paiement par chèque.
Avis aux possesseurs de bas de laine : scrutez les cours actuels de l'or et saisissez l'opportunité.
