odyssey (3)
L'excellente émission « Complément d'enquête » diffusait hier soir un reportage sur la Société américaine Odyssey dont l'activité pour le moins contestable consiste à pratiquer de « l'archéologie commerciale » et qui, en réalité, exploite le filon des épaves englouties regorgeant de monnaies d'or et d'argent. Le reportage (à 1 heure 24) met en évidence les données de ce dossier et la position ambiguë d'Odyssey.
Nous avions eu l'occasion à plusieurs reprises d'évoquer le coup de maître d'Odyssey : la découverte du « Black Swan » au large de Gibraltar. 17 tonnes d'or de monnaies avaient été récupérées par la société privée et immédiatement rapatriées au siège social de l'entreprise à Tampa en Floride.
La seule préoccupation de la Sté Odyssey consistait alors à vendre ces monnaies au plus offrant pour une valeur totale estimée à 500 millions de dollars.
Sauf que l'Espagne a vivement réagi à l'annonce de cette découverte et de ce rapatriement sauvage d'une partie de son patrimoine. Car il ne s'agit pas d'un navire inconnu baptisé romantiquement Black Swan comme le prétend Odyssey. Le navire a un nom : la Nuestra Senora de las Mercedes, un galion sous pavillon espagnol coulé au sud du Portugal en octobre 1804. Et ce navire militaire appartient éternellement à son pays d'amarrage.
La bataille judiciaire s'est engagée devant le Tribunal de Tampa. L'Espagne peut compter sur un appui de poids, celui du gouvernement américain qui pris officiellement position pour la restitution du trésor à l'Espagne. C'est dans ce sens que s'est prononcé le Tribunal de Tampa. Cela ne fait évidemment pas les affaires de la Sté Odyssey qui a relevé appel de la décision. La société vit sa survie avec cette découverte.
Gageons que l'Espagne pourra récupérer prochainement son bien et en faire profiter la communauté.
J'avais abordé sur ce blog la découverte réalisée au large de l'Espagne par la Sté américaine Odyssey, spécialisée dans la recherche d'épaves maritimes aux cales débordant d'objets précieux. Son coup de maître a été de localiser l'épave du Black Swan, en réalité la Nuestra Señora de las Mercedes y las Animas, puis de remonter à la surface sa cargaison, soit 17 tonnes d'or de monnaies, très discrètement rapatriées aux Etats-Unis. C'était le début d'un bras de fer avec l'Espagne (rejoint par le Pérou) qui n'est pas prêt d'être résolu.
Voilà que la Sté ODYSSEY fait de nouveau parler d'elle. La société a jeté l'ancre au large de l'Angleterre pour un nouveau coup de maître. La société aurait localisé le très célèbre HMS Victory, navire phare de la flotte anglaise.
Le 5 octobre 1744, le navire affronte une tempête qui le pousse vers les récifs. Rien ne peut empêcher le navire de se fracasser sur les rochers. La perte du navire est une catastrophe humaine puisque près de 1200 marins y perdent la vie. La tempête est si violente qu'aucune tentative de sauvetage n'a été possible. Au petit jour, il ne reste rien, si ce n'est des débris qui s'échouent sur l'île d'Alderney (à quelques encablures des côtes françaises).
Pendant 264 ans, plus personne n'entendra parler du Victory. Jusqu'au mois de février 2009.
Le 2 février 2009, la société Odyssey annonce non sans fierté avoir localisé l'épave. Bien mieux, le robot explorateur a pu remonter deux pièces de canon : un premier modèle d'un poids de 4 tonnes portant les armes de Georges 1er conçu pour lancer des boulets de 19 kilos ! La deuxième pièce est plus modeste et porte le blason de Georges II.
Ces pièces signent l'identité du navire : il s'agit bel et bien du HMS Victory qui emportait 100 canons. D'autres vestiges sont rapidement isolés : le gouvernail, les deux ancres, un chaudron en cuivre... et même une partie de squelette qui a été pudiquement ré-enfouit dans le sable.
Tout cela n'est sans doute que broutille aux yeux de la société américaine. Le but est de mettre la main sur le magot. Peu de temps avant sa disparition, le Victory avait été envoyé à Lisbonne pour rapporter une énorme somme d'argent, sans doute des monnaies d'or frappées au Portugal et au Brésil. On parle de 100.000 monnaies, soit l'équivalent de 4 tonnes d'or. Une valeur extraordinaire d'un milliard de dollars est évoquée dans la presse !
Les autorités ont réagi promptement. Inutile de se retrouver dans la même situation que le gouvernement espagnol qui a vu partir sous sa barbe 17 tonnes d'or lors de la dernière expédition organisée par Odyssey. Le ministère de la Défense britannique a rappelé sans tarder que les restes du navire étaient « protégés par l'immunité souveraine », l'épave est donc la « propriété de la Couronne ». Très sourcilleux dès qu'il s'agit de la protection de son patrimoine, le gouvernement anglais a indiqué qu'« aucune action intrusive ne devra être menée sans le consentement explicite du Royaume-Uni ».
La société Odyssey a répondu que l'épave gisait dans les eaux internationales, ce qui ressemble un peu trop à un refrain déjà entendu à propos du Black Swan. Mais le Royaume Uni n'est pas l'Espagne. Et, quelle que soit la localisation de l'épave, son statut militaire la protège en théorie contre toute action intrusive. La Royal Navy surveille d'ailleurs autant la zone de l'épave que les activités d'Odyssey.
Tout cela ne fait pas forcément les affaires d'Odyssey qui cherche à négocier un accord pour exploiter les richesses de l'épave.
L'Unesco a ajouté sa voix dans le discours ambiant. L'occasion était trop belle pour mettre en valeur la Convention sur la protection du patrimoine culturelle subaquatique entrée en vigueur en janvier 2009. L'Unesco s'est fermement opposée à toute exploitation commerciale du navire.
La société Odyssey est une société cotée en bourse qui n'est certainement pas animée par une pure intention philanthropique. Si son président clame à qui veut l'entendre qu'il entend se substituer aux archéologues dont les moyens financiers réduits ne permettent pas d'engager de telles recherches, on imagine également sans peine que la société cherche un juste retour sur investissement.
Qu'il s'agisse de vendre les droits pour les documentaires réalisés, cela ne choque pas. Que la société Odyssey soit même associée à la récupération des vestiges, cela est normal. Mais de là à récupérer des monnaies d'or pour les vendre aux plus offrants, il y a un pas qu'on ne saurait franchir.
Nous avons déjà évoqué dans ces colonnes ce fabuleux trésor mis au jour par la Société ODYSSEY au large de l'Espagne.
Rappelons simplement que le 18 mai 2007, pas moins de 17 tonnes d'or de monnaies d'or et d'argent ont été remontées à la surface par la société américaine spécialisée dans la recherche de galions et discrètement rapatriées au siège social en Floride.
500.000 monnaies pour une valeur estimée entre 500 et 700 millions de dollars.
Pendant quelques mois, la société américaine avait prétendu que le trésor avait été trouvé dans les eaux internationales, loin de toute revendication possible émanant de l'Etat espagnol. Madrid ne croit pas cette localisation qui ressemble à un scénario parfaitement écrit pour éviter tout problème juridique. Un détail va apporter de l'eau au moulin des autorités espagnoles. Alors que les quelques 2.800 caisses de monnaies s'apprêtent à être embarquées dans un avion, un employé de l'aéroport a l'opportunité de prendre la photo d'une monnaie. On y voit une monnaie du XVIIIème avec le profil du roi Charles V, un roi espagnol...
L'histoire bascule à ce moment-là.
De toute vraisemblance, le navire était espagnol et il aurait coulé dans les eaux territoriales du pays. Forte de ses convictions, l'Espagne dépose le 29 mai 2007 une requête auprès du tribunal civil de Tampa (Floride) et demande à connaître précisément la localisation de la découverte. Le suspense n'aura pas duré longtemps. On sait maintenant que le butin ne provient pas d'un galion du XVIIème mais de la « Nuestra Senora de las Mercedes ».
Nous sommes le 5 octobre 1804. La frégate espagnole revient du Pérou, les cales remplies de pièces d'or et d'argent et de lingots de cuivre. Cette fortune avait été « collectée » par des commerçants espagnols installés en Amérique Latine. Mais, à quelques encablures de la côte, les navires anglais sont à l'affut. Puis ils passent à l'attaque et coulent en quelques minutes la Nuestra Senora. Cet événement catalyse les tensions entre les deux pays et conduit l'Espagne à déclarer la guerre à l'Angleterre. Deux siècles plus tard, la guerre entre les deux pays s'est transposée devant les tribunaux américains.
Sur le plan juridique, l'affaire se présente de la façon suivante : si le butin a été découvert dans les eaux internationales ou bien si aucun Etat ne parvient à démontrer que le navire arborait son pavilon lors du naufrage, le découvreur récupère le tout. C'est pourquoi la société Odyssey clame à qui veut l'entendre que le navire, surnommé « black swann » (le cyne noir), serait totalement inconnu. Cela rassure également les investisseurs de la Société qui voient avec intérêt le cours de l'action grimper en flèche.
L'avis n'est pas partagé par l'Espagne pour laquelle le Black Swan et la Nuestra Senora ne feraient qu'un. Les experts semblent d'ailleurs pencher pour cette dernière hypothèse puisque les monnaies ont été frappées à Lima au XVIIIème siècle.
Depuis, les 17 tonnes d'or ont vu affluer quantité de prétendants.
Après l'Espagne, c'est au tour du Pérou de présenter ses revendications. Au XIXème siècle, le Pérou était encore une colonie espagnole. L'or rapatrié aurait été simplement pillé. D'où la demande de l'Etat péruvien de voir cet argent revenir à Lima. Cette demande a été prise en considération par l'Espagne qui a accepté le principe d'un partage du fabuleux butin.
Ce n'est pas tout.
Le quotidien « El Pais » a jeté dernièrement un pavé dans la mare en révélant le nom des 130 marchands qui avaient embarqué à bord du navire fortune faite. Le journal suggère que les quelques milliers de descendants de ces marchands se regroupent pour faire valeur leurs droits sur ce trésor.
Suite au prochain épisode.
