agonistes dopaminergiques (8)
Sans être complètement "maso", je livre le lien vers l'interview de France Info consacrée au livre.
L'exercice est redoutable : délivrer un message en 7 minutes chrono.
Petite explication sur le début de l'interview : je ne me livre pas à une pâle imitation de Gilbert Montagné, je cherche juste où sont placées les caméras... je sais, ça fait bizarre d'être filmé à la radio.
L'Afssaps a actualisé la liste des médicaments sous surveillance renforcée.
Cette liste se veut plus réduite et plus lisible.
Cette liste répond à un une nécessité : "Suite à l'identification de signaux de pharmacovigilance, une analyse approfondie du profil de sécurité de ces médicaments est en cours et peut conduire à la prise de mesures adaptées (renforcement des précautions d'emploi et mises en garde, restriction des conditions de prescription et de dispensation, voire suspension ou retrait du produit)."
Figurent en premier sur la liste (par ordre alphabétique) les traitements parkinsoniens : agonistes dopaminergiques et levodopa en raison du "risque de troubles compulsifs".
On ne peut que saluer cette mise à jour.
On attend désormais de pied ferme les mesures concrètes : information ciblée à destination des patients et des professionnels de santé, demande d'étude complémentaire auprès des labos, réévaluation du bénéfice/risque, etc.
Des journalistes recherchent des personnes victimes de la maladie de Parkinson (ou des proches) qui accepteraient de témoigner des troubles du comportements endurés.
La diffusion d'une meilleure information sur ces troubles passe aussi par les témoignages.
si vous êtes intéressé, merci de m'adresser vos coordonnées par mail : avocat@antoinebeguin.fr
Si vous avez manqué l'interview (ce n'est pas dramatique en soit), voilà la video.
Je retiens surtout les minutes qui ont précédé l'interview puisque j'étais assis dans un salon en face de François Hollande.
Parler de "sexe et addictions" à 8h30 avec François Hollande, ce n'est pas donné à tout le monde !
Une naissance est toujours un événement dans la vie d'un homme.
La grossesse fut courte, quelques semaines, et l'accouchement précipité.
Mais le père est fier de vous présenter le nouveau né.
Bonne lecture !
L'intégralité des droits d'auteur est reversée à une association caritative.
L'AFSSAPS n'est pas connue pour avoir été à l'avant garde dans l'information destinée aux malades de la maladie de Parkinson.
Alors que les effets indésirables liés aux agonistes dopaminergiques sont répertoriés depuis les années 90, il faudra attendre 2009 pour qu'une première lettre circulaire soit adressée à tous les professionnels de santé pour les alerter sur ces effets indésirables.
L'AFSSAPS a franchi une nouvelle étape aujourd'hui en éditant un dépliant plutôt bien conçu à destination cette fois-ci des patients.
Mais que de retard pris depuis que l'information est connue du corps médical !
Et combien de victimes ont développé des effets indésirables graves en lien avec les traitements médicamenteux depuis la mise sur le marché de ces médicaments ?
La décision du Tribunal de grande instance de Nantes dans le dossier de Monsieur Didier JAMBART a été annoncée aujourd'hui à 14h00.
Pour l'essentiel, le Tribunal indique :
1- sur la réalité des troubles présentés par Monsieur JAMBART :
« La matérialité des troubles rencontrés par Monsieur JAMBART à compter de l'été 2004 n'est pas contestable ».
- Sur l'imputabilité des troubles à la prise du médicament REQUIP :
« Ces constatations médicales établissent de manière certaine qu'avant la prise du médicament litigieux, Monsieur JAMBART n'avait jamais présenté de troubles addictifs et compulsifs et que ceux-ci se sont arrêtés après qu'il ait cessé de le prendre dans les conditions ci-dessus décrites, par les médecins qui l'ont suivi.
(...)
"Les documents médicaux qui sont produits aux débats établissent que ces effets étaient connus de la communauté scientifique avant 2003."
(...)
"En sa qualité de producteur d'un médicament tenu à une obligation de sécurité, le laboratoire ne pouvait les méconnaître, et en ne renseignant pas sa notice sur ces effets secondaires possibles, il a failli à cette obligation.
Il en résulte qu'au sens du texte ci-dessus (article 1386-4 du Code civil), le Requip présentait en 2003 et jusqu'en 2006, le caractère d'un produit défectueux. »
PAR CES MOTIFS
(...)
CONSTATE que Monsieur JAMBART a fait l'objet d'un traitement par le Requip au cours des années 2003 à 2005.
CONSTATE qu'au cours des années 2003 à 2006, la notice du médicament Requip n'était pas renseignée sur les risques d'effets d'addiction aux jeux et d'hypersexualité.
DIT qu'en conséquence au sens des dispositions des articles 1386-1 et suivants du Code civil, le Requip avait le caractère d'un produit défectueux.
DIT que le laboratoire X est entièrement responsable des conséquences dommageables subis par Monsieur JAMBART consécutifs aux troubles du comportement qu'ils a présentés en relation de cause à effet direct avec la prise du médicament Requip.
En conséquence, CONDAMNE le laboratoire à payer :
- à Monsieur JAMBART la somme de 117.100,00 euros, outre 4.000,00 euros au titre de l'article 700 du Code de Procédure Civile.
- à la CPAM de Loire atlantique la somme de 11316,65 euros outre celle de 980 euros au titre de l'indemnité de gestion et celle de 500 euros au titre de l'article 700 du Code de procédure civile,
- MET hors de cause le Docteur H.
(...)
- ORDONNE l'exécution provisoire à hauteur du tiers des sommes allouées à Monsieur JAMBART
(...)
Désormais, les victimes peuvent révéler au grand jour et sans honte les effets indésirables qu'elles ont subis en lien avec certains traitements de la maladie de Parkinson.
N'oublions pas que ces médicaments sont utiles et efficaces. Néanmoins, cette procédure est l'occasion de révéler que dans un nombre non négligeable de cas, ces traitements peuvent avoir des effets indésirables graves, lesquels étaient connus avant 2003 sans être pour autant mentionnés sur la notice des médicaments.
L'agence française de sécurité sanitaire des produits de santé vient de diffuser aux médecins généralistes, neurologues, psychiatres, neuropsychiatres et pharmaciens une alerte santé sur une classe de médicaments utilisés dans le traitement de la maladie de Parkinson : les agonistes dopaminergiques.
Cette alerte a été rendue possible grâce à l'action d'une association, CADUS « Conseil Aide Défense des Usagers de la Santé » qui, alertée par la gravité des effets indésirables liés à ces médicament, a pris son bâton de pèlerin pour demander audience auprès du Ministère de la Santé.
L'association m'avait demandé de l'accompagner pour cette entrevue puisque notre cabinet est en charge d'un certain nombre de dossiers d'indemnisation relatifs à ces effets indésirables.
En toute objectivité, j'ai été agréablement surpris par l'écoute de nos interlocuteurs et leur volonté d'informer très largement les prescripteurs de l'existence de ces troubles.
La lettre préparée par l'AFSSAPS est bien rédigée et permettra, je l'espère, d'éviter des drames.
Les effets indésirables n'ont rien de banals. Lorsqu'ils se produisent, ils peuvent entraîner des comportements compulsifs d'achat ou de jeux pathologiques. La personne, sans pouvoir se contrôler, va acheter tout le temps n'importe quoi ou bien va jouer au casino des journées entières. En quelques mois, le patient peut être ruiné. Plus grave encore, le patient peut développer un comportement « d'hypersexualité » qui va le conduire à adopter des attitudes « déviantes » constitutives d'infractions.
Tout cela est très sérieux et mérite que l'information circule au maximum pour que les patients et l'entourage soient informés et réagissent en cas d'apparition de tels comportements.
