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L'excellente émission « Complément d'enquête » diffusait hier soir un reportage sur la Société américaine Odyssey dont l'activité pour le moins contestable consiste à pratiquer de « l'archéologie commerciale » et qui, en réalité, exploite le filon des épaves englouties regorgeant de monnaies d'or et d'argent. Le reportage (à 1 heure 24) met en évidence les données de ce dossier et la position ambiguë d'Odyssey.
Nous avions eu l'occasion à plusieurs reprises d'évoquer le coup de maître d'Odyssey : la découverte du « Black Swan » au large de Gibraltar. 17 tonnes d'or de monnaies avaient été récupérées par la société privée et immédiatement rapatriées au siège social de l'entreprise à Tampa en Floride.
La seule préoccupation de la Sté Odyssey consistait alors à vendre ces monnaies au plus offrant pour une valeur totale estimée à 500 millions de dollars.
Sauf que l'Espagne a vivement réagi à l'annonce de cette découverte et de ce rapatriement sauvage d'une partie de son patrimoine. Car il ne s'agit pas d'un navire inconnu baptisé romantiquement Black Swan comme le prétend Odyssey. Le navire a un nom : la Nuestra Senora de las Mercedes, un galion sous pavillon espagnol coulé au sud du Portugal en octobre 1804. Et ce navire militaire appartient éternellement à son pays d'amarrage.
La bataille judiciaire s'est engagée devant le Tribunal de Tampa. L'Espagne peut compter sur un appui de poids, celui du gouvernement américain qui pris officiellement position pour la restitution du trésor à l'Espagne. C'est dans ce sens que s'est prononcé le Tribunal de Tampa. Cela ne fait évidemment pas les affaires de la Sté Odyssey qui a relevé appel de la décision. La société vit sa survie avec cette découverte.
Gageons que l'Espagne pourra récupérer prochainement son bien et en faire profiter la communauté.
Comme le Figaro, je m'efforce de trouver des titres chocs pour attirer le lecteur (toute autre ressemblance serait fortuite).
L'épave du TITANIC est en passe de devenir un trésor international. C'est le sens d'une décision que devrait rendre un juge fédéral de Norfolk.
Cette décision pourrait mettre fin à un combat juridique qui a débuté en 1985 lorsque l'épave a été isolée au fond de l'océan. La Compagnie RMS Titanic qui est à l'origine de la découverte souhaiterait pouvoir exploiter commercialement les objets récupérés (5900 quand même). Le juge lui accorderait certains droits, mais certainement pas un droit de propriété sur ces objets.
Cette histoire témoigne du problème des épaves maritimes gisant en eaux internationales qui n'ont pas encore de véritable statut.
Le lecteur appréciera une petite phrase dans l'article qui m'a fait sourire : « Alors que des signes de détérioration du navire se font jour... ». Ah diable, moi qui pensais réserver mon billet à bord du paquebot pour la prochaine traversée Southampton-New York...
Le Black Swan
La presse avait largement relayé cette découverte extraordinaire due à la Société américaine Odyssey spécialisée dans l'exploration sous-marine. Cette société était parvenue à localiser une épave aux cales amplement remplies. Pas moins de 500.000 monnaies d'or et d'argent, soit 17 tonnes d'or ont ainsi été récupérées pour une valeur de près de 400 millions d'euros. L'épave a été baptisée « Black Swan » (le cygne noir), tout un programme. Le trésor de guerre a été ramené en toute discrétion dans le port de Gibraltar courant mai. Aussitôt, un avion spécialement affrété rapatriait les 2.800 containers au siège de la société à Tampa en Floride. La nouvelle pouvait enfin être annoncée publiquement dopant au passage le cours de l'action de la société Odyssey qui connaissait depuis quelques années des difficultés financières chroniques.
Mais, depuis, rien ne va plus et le Gouvernement Espagnol ne décolère pas. Car cette formidable découverte est dénoncée par l'Espagne comme la plus grande spoliation de l'histoire. Toute la question est de savoir où gît l'épave et sous quel pavillon voguait le navire. Odyssey clame haut et fort que l'épave est localisée dans les eaux internationales, ce qui lui permet effectivement de prétendre à des droits sur les monnaies. C'est là que le bât blesse. Car, pour les autorités espagnoles, le trésor n'a pas été découvert dans les eaux internationales mais dans les eaux territoriales espagnoles, c'est-à-dire dans la bande d'eau d'une largeur de 24 milles marins autour des côtes. Dans ce cas, le droit international est clair : Odyssey devrait restituer les monnaies à l'Espagne qui exercera les droits de propriétaire. Même solution s'il est démonté que le navire qui a échoué battait pavillon espagnol. Dans ce cas, le pays peut revendiquer des droits sur le trésor.
La question est donc de savoir où a été découverte l'épave du Black Swan.
Du côté d'Odyssey, on refuse de donner ces précisions, au motif que les pilleurs de tous horizons plongeraient récupérer les restes de l'épave. L'épave giserait donc officiellement au milieu de l'Atlantique. Sauf que des sources convergentes mentionnent la présence des deux navires de recherche en mer d'Alboran, partie occidentale de la Méditerranée dont les eaux appartiennent à l'Espagne et au Maroc.
Quoi qu'il en soit, le gouvernement espagnol ne digère pas les événements et multiplie les actions judiciaires aux Etats-Unis pour obtenir la mise sous séquestre du trésor et son rapatriement.
Réponse du berger à la bergère : la société Odyssey a déposé début août une plainte contre l'Espagne pour obtenir le respect de la confidentialité de trois sites censés abriter l'épave. La société américaine a également demandé la condamnation du gouvernement espagnol pour l'arraisonnement de l'un de ses navires dans le port de Gibraltar.
Cette histoire a eu paradoxalement un intérêt, celui de servir de déclic psychologique. L'Espagne a en effet longtemps fermé les yeux sur le pillage d'épaves par des sociétés de chasseurs de trésor. Les avatars du Black Swan inciteront peut-être le pays à se doter d'un matériel d'exploration océanique digne de ce nom. Car la tache est immense ! La richesse de la mer Méditerranée est connue. On dénombre ainsi entre 400 et 800 épaves, des galions remplis de richesses inouïes, qui ont sombré lorsque l'Espagne maîtrisait les routes commerciales avec les Amériques.
Il serait temps. Déjà, les acquéreurs des reliques du Black Swan sont invités à se faire enregistrer pour le jour où le butin sera définitivement adjugé. A moins que d'ici là la Justice n'en décide autrement.
