mars
29

Le trésor d'Agatha Christie

  • Par antoine.beguin le

L'histoire aurait certainement plu à l'auteur. A se demander même si elle n'est pas à l'origine de ce mystère de la malle renfermant un trésor.


Nous sommes en 2006 et la fille de la célèbre romancière décide de mettre aux enchères quelques objets dont elle avait hérité, dont une malle.


Allez savoir pourquoi, la malle était close par un verrou et nul ne songea à l'ouvrir, ce qui est quand même très étonnant.


La malle trouva preneur pour une somme de 100 €uros. Il faudra attendre encore quelques années avant que son nouveau propriétaire décide, enfin, d'avoir la curiosité de jeter un oeil à l'intérieur.


Stupeur et tremblement, la malle renferme non pas un cadavre mais une petite boîte aux initiales d'Agatha Christie.

La découverte a de quoi émouvoir toute personne, même anglaise : 35 monnaies d'or, une bague de fiançailles et une broche en forme de boucle.


Il ne fait nul doute que ces objets ont appartenu à Agatha Christie. Outre la valeur sentimentale, ils représentent aussi un fabuleux magot car les objets pourraient être revendus jusqu'à 100.000 €uros dit-on.


L'heureux acquéreur, fan de l'auteur est, on le comprend, ravi.


Ne partageant pas cet enthousiasme, la maison de ventes aux enchères ne décolère pas.


« ce qui était vendu c'était le coffre et non les éléments et bijoux découverts plus tard » a déclaré l'un de ses responsables qui menace d'engager une procédure.


Le droit anglo-saxon a ses particularités en la matière sur lesquelles je ne m'étendrai pas.


Transposons cette histoire en France.


S'agit-il d'un trésor comme l'ont mentionné en long et en large les journaux ? L'objet a bien été volontairement caché et a été découvert par hasard. Les deux premières conditions pour qualifier la découverte de trésor sont caractérisées. Manque cependant la dernière condition : l'identité de celui qui a caché le trésor n'est pas inconnue. Et c'est précisément la renommée d'Agatha Christie qui donne toute sa valeur aux objets mis à jour.


Point de trésor donc. Pour autant, cela ne signifie pas que l'héritière d'Agatha Christie ou encore la maison de ventes aux enchères seraient légitimes à engager une procédure en revendication.


D'abord, l'objet a été mis aux enchères. Ce qui veut dire que son propriétaire, en toute connaissance de cause, a décidé de vendre au plus offrant l'intégralité de l'objet, sous-entendu le contenant mais aussi le contenu éventuel. Comment le vendeur pourrait-il se prévaloir de son ignorance du contenu alors qu'il en était le propriétaire légitime, de surcroit héritier d'Agatha Christie ?


Ensuite, si le propriétaire avait été prévenant, il aurait éventuellement pu spécifier une clause de réserve de propriété pour les objets que contenait la malle.


Il aurait pu aussi, et plus simplement, ouvrir la malle avant de la vendre...


Bienheureux cet acheteur, amateur d'Agatha Christie. Il a sans doute résolu le dernier mystère de l'écrivain.



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