j'ai toujours eu du mal à comprendre comment on pouvait considérer qu'un enfant serait mieux en foyer qu'en famille. Ceci étant, parfois l'enfant lui-même demande à être en foyer, "puisqu'il n'a pas à obéir et qu'il peut faire ce qu'il veut", dixit d'un enfant de 14-16 ans que des personnes proches avaient voulu receuillir après la mort de ses parents et qui finalement est retourné en foyer, pour finir finalement en prison ..... C'est sûr, pour l'éducation d'un gamin, les foyers sont bien mieux !!!!
Je m'étais fendu voici quelques mois d'un article relatant un dossier de placement d'enfant qui me tenait à coeur (lire l'article).
En résumé, un enfant de 7 ans placé en foyer parce que les parents ne savaient pas s'en occuper - l'enfant rejette le foyer et régresse - j'interviens au nom des grands parents pour le sortir de là - la Justice n'est pas favorable à notre demande - l'aide sociale non plus - un bras de fer judiciaire et un placement enfin décidé chez les grands-parents. Cela fait 4 ans.
Depuis, chaque année, le juge fait le point pour décider ou non du renouvellement du placement.
L'audience de l'année dernière avait été une catastrophe totale, du début à la fin. Le placement avait été reconduit in extremis au grand soulagement de l'enfant - et du notre -.
Une nouvelle audience a eu lieu cette semaine et je n'en menais pas large. Autant mes propos dans le précédent article étaient teintés de pessimisme sur la nature humaine, autant, cette fois-ci, l'audience fut une réussite complète et un vrai soulagement.
L'enfant est apparu épanoui, ravi des activités ludiques et sportives qu'il pratiquait, les grands-parents ont compris et accepté l'intervention des services sociaux pour les aider, la mère est de nouveau favorable au placement chez les grands-parents. Seule ombre au tableau, l'absence du père à l'audience... Il est vrai qu'il s'agit juste de son enfant...
Le placement a été reconduit pour un an chez les grands parents. A cette nouvelle, l'enfant a arboré un large sourire.
Tout va donc bien et nous avons eu le (noble) sentiment d'avoir été utile à cet enfant contre vents et marées.
N'oublions pas cependant quelques vérités dérangeantes du dossier :
- pendant longtemps, l'aide sociale à l'enfance a tout fait pour maintenir l'enfant en foyer et refuser le placement que nous demandions chez les grands parents.
- la Justice a largement pris son temps pour entendre notre voix puisque notre demande a été rejetée en première instance puis en appel malgré le soutien des parents.
- l'année dernière encore, ce même service social préconisait de retirer l'enfant du domicile des grands parents pour le re-placer en foyer malgré les cris de l'enfant.
Et aujourd'hui, tout le monde est heureux de constater que les grands-parents s'occupent très bien de l'enfant et qu'il progresse dans tous les domaines.
Si la situation s'est apaisée et que le bonheur de l'enfant efface bien des regrets et des souffrances, je persiste à dire que la Justice et l'aide sociale à l'enfance se sont longtemps trompées n'écoutant ni les plaintes de l'enfant ni propositions des grands parents.
Quelle perte de temps !
Rendez-vous dans un an.


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