Réflexions sur le droit à l'oubli numérique face à la multiplication des réseaux sociaux sur Internet
Le 12 novembre dernier, Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d'Etat chargée de la prospective et du développement de l'économie numérique, a organisé un atelier sur le « Droit à l'oubli numérique» dans les locaux de Sciences Po Paris. Cet atelier est né de l'idée que nous dévoilons beaucoup de nous-mêmes sur les réseaux sociaux sans réaliser souvent que notre "intimité" est exploitée à des fins commerciales ou qu'elle peut être utilisée à d'autres fins. En effet, par exemple, de nombreux jeunes diplômés auraient manqué des occasions d'embauche suite à un étalage de leur vie privée (soirée trop arrosées, tenues indécentes...) sur les réseaux dits sociaux et notamment Facebook. Nathalie Kosciusko-Morizet évoquait une étude américaine qui révélait que 43% des recruteurs américains déclarent avoir rejeté un dossier de candidature après avoir trouvé des informations les concernant sur Internet.
Face à la multiplication de l'utilisation des données à caractère personnel, un « droit à l'oubli » est de plus en plus évoqué.
Des propositions techniques concrètes pour améliorer la protection de la vie privée des citoyens sur Internet voient le jour. Ainsi, U-Prove est un outil développé par un hollandais qui permet de masquer une partie de l'identité d'un internaute lors d'une transaction. Cette technique ne résout donc pas tous les problèmes liés à l'anonymat sur Internet.
Le Directeur du département informatique de l'université de Washington, Monsieur Henry M. LEVY http://www.cs.washington.edu/homes/lazowska/selfstudy/cvs/hlevy.pdf , et son équipe de chercheurs ont mis en place un projet dit VANISH "self-destructing digital data" basé sur la cryptographie qui permet d'éffacer une partie des informations échangées sur les réseaux entre deux personnes. Dès qu'un élément de la clef est effacé le message transmis est impossible à déchiffrer par une personne autre que le destinataire. Vous pouvez trouver la nouvelle version de VANISH du 20/09/2009 à l'adresse suivante http://vanish.cs.washington.edu/
En attendant que de nouvelles solutions soient à la disposition de tous, le Président de la CNIL, Alex TURK, conseille d'être prudent et d'en dire le moins possible "Si vous en dites plus que nécessaire, on pourra vous tracer, vous cibler". Cette traçabilité ne va pas aller en s'arrangeant avec notamment le développement des nanotechnologies et des systèmes de géolocalisation sur les téléphones mobiles.

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