Prix International des droits de l'homme Ludovic-Trarieux 2012 attribué à Muharrem ERBEY, avocat (Turquie)
Prix International des droits de l'homme Ludovic-Trarieux 2012
Ludovic-Trarieux International Human Rights Prize 2012
Premio Internacional de Derechos Humanos Ludovic Trarieux 2012
Premio Internazionale per i Diritti Umani Ludovic Trarieux 2012
Internationalen Ludovic-Trarieux-Menschenrechtspreis 2012
“L'hommage des avocats à un avocat ”
“The award given by lawyers to a lawyer”
“El homenaje de abogados a un abogado ”
“L'omaggio degli avvocati ad un avvocato”
“Die Hommage von Anwälten zu einem Anwalt”
Depuis/Since/Desde/Dal/Seit 1984
Le 17 ème Prix International des droits de l'homme Ludovic-Trarieux 2012
A été attribué
à BORDEAUX
le
Samedi 12 mai 2012.
à
Muharrem ERBEY
(Turquie)
Muharrem Erbey, avocat de Diyarbakir (Turquie) et vice-président de la plus importante structure turque de défense des droits de l'homme, a été arrêté à l'aube du 24 décembre 2009, pour appartenance à une « organisation illégale », bien que la section de Diyarbakir de Ýnsan Haklari Derneði - IHD -(la Ligue Turque des Droits de l'Homme), qu'il préside, soit une association officiellement enregistrée.
Muharrem Erbey a été arrêté à l'aube du 24 décembre 2009, alors qu'il venait de s'exprimer devant les parlements belge, suédois et britannique sur la situation des Kurdes en Turquie,
Il est détenu sans avoir été jugé depuis deux ans et quatre mois à la prison de Type D de Diyarbakir.
Muharrem Erbey, avocat et vice-président de la plus importante structure turque de défense des droits de l'homme, Ýnsan Haklari Derneði - IHD -(la Ligue Turque des Droits de l'Homme) et président de sa branche de Diyarbakir, a été arrêté à l'aube du 24 décembre 2009, pour appartenance à une « organisation illégale », bien que la section qu'il préside soit une association officiellement enregistrée.
Après la dissolution du Parti pour une Société Démocratique, le 11 décembre 2009, par la Cour Constitutionnelle de Turquie, 94 Maires,
les membres des Conseils Généraux des
Régions et les membres des Conseils
Municipaux avaient adhéré, le 23 décembre
2009, au Parti pour la Paix et la Démocratie
(BDP). Moins de 24 heures après leur passage
du parti interdit, le DTP, au BDP, une
opération de police a été menée visant ce parti
dans plus de 11 villes. Plus de 80 personnes,
dont le co-Président du Congrès de la Société
Démocratique (DTK) ainsi que 9 Maires, ont
été interpellés.
Selon l'IHD, l'opération contre le nouveau
Parti pour la Paix et la Démocratie (BDP)
s'est déroulée au mépris de toute règle de
droit : des appartements ont été endommagés,
des portes défoncées et les personnes ont été
mises en garde à vue de façon tout à fait
arbitraire. Après l'arrestation de Me Erbey, la
police a perquisitionné tous les bureaux de la
section d'IHD à Diyarbakir - alors que le
mandat apporté ne leur permettait, à l'origine,
que de fouiller le bureau de Muharrem Erbey.
Cette attaque au droit d'association des
membres de la section de Diyarbakir s'est
accompagnée de la confiscation de la quasitotalité
des dossiers et des fichiers
informatiques de l'association.
Le 18 octobre 2010, a commencé le procès de
Muharrem Erbey et de 151 des plus
importants prévenus, dont 3 anciens députés,
25 maires, maires-adjoints et anciens maires,
les 3 vice-présidents du DTP, etc.
.
Le réquisitoire de 7578 pages établi par le
Procureur de la République de Diyarbakir a
été validé le 18 juin 2010 par la 6ème
chambre de la Cour d'assises de Diyarbakir. Il
requiert des peines d'emprisonnement allant
de 15 ans à la perpétuité, contre 151
personnes, dont 103 sont détenues. Parmi les
prévenus, on compte 28 dirigeants du Parti
pour une Société Démocratique (DTP) qui a
été interdit, 12 maires, dont Osman Baydemir,
maire de Diyarbakir, 2 présidents de Conseils
Généraux et 2 conseillers municipaux.
Le secret opposé aux avocats des trois
défenseurs sur le contenu du dossier qui
justifiait leur détention et mise en accusation,
la mise en cause de personnalités et
notamment des trois défenseurs en raison de
leurs activités de défense des droits de
l'Homme en Turquie, font craindre des
atteintes massives au droit à un procès
équitable.
Muharrem Erbey a été arrêté à l'aube du 24
décembre 2009, alors qu »il venait de
s'exprimer devant les parlements belge,
suédois et britannique sur la situation des
Kurdes en Turquie, a pris part au festival du
film kurde en Italie ainsi qu'à une conférence
sur la Constitution (Constitution Workshop -
Anayasa Çalýþtayý) organisée par les
associations du barreau local et le Congrès de
la Société Démocratique. En juillet 2009,
avec l'IHD d'Amed (Diyarbakir), il avait
organisé une conférence de presse, après la
publication du rapport semestriel sur les
violations des droits de l'homme dans la
région du Kurdistan depuis le début de 2009.
Selon le rapport, les atteintes aux droits de
l'Homme, pour ce premier semestre, se
comptaient au nombre de 131 249 et 112 018
personnes ne pouvaient plus bénéficier de la
carte verte au motif qu'elles ont voté pour le
DTP lors des élections municipales.
Muharem Erbey est détenu depuis deux ans et
quatre mois à la prison de Type D de
Diyarbakir.
Un prix
créé en France
devenu chaque année l'hommage du barreau international
à un avocat du monde.
Créé en 1984, le « Prix International des Droits de l'Homme - Ludovic-Trarieux » est décerné à « un avocat sans distinction de nationalité ou de barreau, qui aura illustré par son oeuvre, son activité ou ses souffrances, la défense du respect des
droits de l'Homme, des droits de la défense, la suprématie du droit, la lutte contre les racismes et l'intolérance sous toutes leurs formes ».
Il est la plus ancienne et la plus prestigieuse des récompenses réservées à un avocat puisque son origine remonte au message de Ludovic Trarieux (1840-1904), fondateur, en 1898, au moment de l'Affaire Dreyfus, de la « Ligue des Droits de l'Homme et du Citoyen » : « Ce n'était pas seulement d'ailleurs la cause isolée d'un homme qui était à défendre, c'était, derrière cette cause, le droit, la justice, l'humanité ».
Un an après sa création, le Premier Prix a été attribué le 27 mars 1985 à Nelson Mandela alors emprisonné depuis 23 ans en Afrique du Sud. Il a été remis officiellement à sa fille, le 27 avril 1985, en présence de quarante bâtonniers venus d'Europe et d'Afrique. C'était alors le premier prix qui lui était décerné en France et le premier dans le monde par des confrères avocats. Cinq ans plus tard, le 11 février 1990, Nelson Mandela était libéré. A partir de cette date, le prix a été de nouveau attribué.
Depuis 2003, le prix est devenu l'Hommage désormais annuel des avocats à un avocat du monde. Il est décerné conjointement par l'Institut des Droits de l'Homme du Barreau de Bordeaux, l'Institut de Formation en Droits de l'Homme du Barreau de Paris, l'Institut des Droits de l'Homme du Barreau de Bruxelles, l'Unione forense per la tutela dei diritti dell'uomo (Rome) et l'Institut des Droits de l'Homme des Avocats Européens (IDHAE)), dont sont membres de grands barreaux européens investis dans les droits de l'homme au nombre desquels la Rechtsanwaltskammer de Berlin, le barreau de Luxembourg ou le Conseil National des barreaux de Pologne (Varsovie) et l'Union Internationale des Avocats (UIA) Il est remis aux lauréats alternativement dans une des villes où chacun des instituts exerce son activité.
LAUREATS DEPUIS
1984
1985 : Nelson MANDELA (Afrique du Sud)
1992 : Augusto ZÚÑIGA PAZ (Pérou) †
1994 : Jadranka CIGELJ (Bosnie-Herzégovine)
1996 : Najib HOSNI (Tunisie) et Dalila MEZIANE (Algérie)
1998 : ZHOU Guoqiang (Chine)
2000 : Esber YAGMURDERELI (Turquie)
2002 : Mehrangiz KAR (Iran)
2003 : Digna OCHOA et Bárbara ZAMORA (Mexique).
2004 : Akhtam NAISSE (Syrie)
2005 : Henri BURIN DES ROZIERS (Brésil)
2006: Parvez IMROZ (Inde)
2007 : René GÓMEZ MANZANO (Cuba)
2008 : U AYE MYINT (Birmanie)
2009 : Beatrice MTETWA (Zimbabwe)
2010 : Karinna MOSKALENKO (Russia)
2011 : Fethi TERBIL (Libye)

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