nov.
17

Le principe de cohérence ("estoppel")

  • Par albert.caston le
    (mis à jour le )
  • Dernier commentaire ajouté

Le principe de cohérence correspond à l'interdiction de se contredire au détriment d'autrui. Voir par exemple l'arrêt publié dans ce blog : Cass. civ. 3ème 28 janvier 2009 Pourvoi n° 07-20.891. Dans le même sens : Cass. com., 8 mars 2005, n° 02-15.783 ; Cass. 3e civ., 8 avr. 1987, n° 85-17.596 ; Cass. 1re civ., 14 nov. 2001, n° 99-15.690. Voir également : Cass. civ. 1ère 3 février 2010, n° 089-21.288, rendu sur cette notion, à l'occasion du débat survenu, après arbitrage, sur la validité de le sentence, l'une des parties accusant l'autre de s'être contredite); - 9 septembre 2010 : Cass. civ. 2ème, n° 09-68.120 : sanctionnant une partie qui avait soutenu le contraire de ce qu'elle avait prétendu antérieurement, ; 18 janvier 2011, Cass. com., n° 10-10.259.


Autres études :


- M. Dimitri HOUTCIEFF (S.J., éd. G, chr. 463, novembre 2009, n° 47, p. 42), appelant à une réflexion d'ensemble sur ce principe, « au bord d'être expressément consacré », mais déjà bien connu outre Manche sous le nom d'estoppel ...

- M. MESTRE, Revue LAMY « DROIT CIVIL », novembre 2011, p. 3.

- "Chronique de l'estoppel ordinaire en droit français", par M. HOUTCIEFF, JCP G 2010, p. 1176.

- http://avocats.fr/space/albert.caston/content/_FDFFA797-FE0A-419C-9661-5A103928B53D

- M. CROIZE, Revue « PROCEDURES », 2011, n° 12, p. 1.


Voir, en droit public :


- "Le Conseil d'Etat refuse d'adopter l'estoppel", note de Mme. BELRHALI-BERNARD, sous l'avis du CE du 1er avril 2010 (req. n° 334465), in AJDA, 2010, p. 1327.


- "Pour l'utilisation de l'estoppel dans le procès administratif" (AJDA, 2010, P.479) par MM. CIAUDO et FRANK.


10 commentaires

Estoppel

  • Par Calypso le

Dans le cadre d'un TD de procédure civile, j'ai pu me pencher sur l'arrêt rendu par l'Assemblée plénière en date du 27 février 2009 et même si elle se fonde sur l'article 122 du Code de procédure civile, il m'a semblé que l'Assemblée plénière dégageait quelques critères en vue d'une "intégration" du principe de l'estoppel.

En effet, on nous précise que la contradiction doit se faire au détriment d'autrui (condition nécessaire mais non suffisante) et que cette contradiction doit avoir lieu dans une même action et portant sur une même convention.

Est-ce que cette "définition négative", permettant de préciser la contradiction au détriment d'autrui, pourrait amener à penser à l'incorporation de l'estoppel en droit français? A contrario, les principes de notre droit interne (je pense ici notamment à l'article visé, 122 du code de procédure civile) ne sont-ils pas suffisants?

Pour tout résumer en une seule question, qu'apporterait le principe de l'estoppel que ne contiendrait pas notre droit interne?


La Cour d'Appel d'Aix...

  • Par JRM le


...applique l'une des facettes de ce principe, multi-forme lorsqu'on s'y penche pour l'approfondir.


Estoppel à la Française. Au moins ne pas dire en appel le contraire de ce que l'on avait dit en première instance.


Alors ma question serait la suivante

  • Par Calypso le

Tout d'abord, merci pour votre réponse!

Est-ce qu'on pourrait transposer ce principe d'estoppel, issu d'un droit de common law, raisonnant au cas par cas (je simplifie grossièrement juste pour mettre mon propos en avant), dans notre droit interne? Est-ce que ce principe dispose de critères suffisamment précis pour en permettre l'application (et le contrôle) par la Cour de cassation?


Me CASTON, Au secours...!

  • Par JRM le


J'ai étudié le principe de l'estoppel au travers d'un rapport que l'on doit trouver en préliminaire d'un arrêt de la Cour de Cass, fait par un éminent magistrat. Sur le site de la Cour de Cassation.


Son exposé, pour brillant qu'il soit, montre clairement que l'estoppel est déjà à l'origine multiforme et qu'au surplus sa tentative de transposition en droit français s'orienterait plutot vers une des formes seulement et encore amodiée.


Bref, pour tenter de répondre à votre question, il semblerait que non.


Pour l'instant.


Mais je vois Me CASTON qui arrive, lequel a lancé le débât, et qui va vous exposer sa position....


RE: Me CASTON, Au secours...!

  • Par Calypso le

Alors attendons Me Caston!! Merci encore pour votre réponse!


Signe des temps ?

  • Par albert.caston le

...ou évolution des moeurs procédurales ... (ce qui n'est pas incompatible).


Quoi qu'il en soit, la dernière livraison de la Gazette du Palais (n° 317-321, p. 3) apporte une étincelante étude sur ce point par Mme le professeur Mélina DOUCHY-OUDOT, sous le titre : "La loyauté procédurale en matière civile".


C'est en réalité le texte de son interevention au colloque du 26 juin 2009 sur La loyauté, organisé par le Centre de droit et de politique comparée J.-C. ESACARRA.


Vous y trouverez notamment aussi des développements sur le principe de concentration des moyens, question sur laquelle - dans la page d'accueil de ce blog - j'appelle EN ROUGE l'attention de chacun !


Cordialement à tous


Et merci de me pousser ainsi à continuer inlassablement ma formation continue !


RE: Signe des temps ?

  • Par Calypso le

Merci beaucoup pour ces indications, je vais aller voir cette étude,

bonne fin de semaine à vous!


Et nous notre information continue !

  • Par JRM le

Je viens à nouveau de la conclure.....!!!!

  • Par JRM le

On ne s'en lasse pas !

  • Par albert.caston le
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