jeunesse (3)

févr.
25

L'INCESTE APPARAIT DANS LE CODE PENAL

  • Par alain.lhote le

La loi du 8 février 2010 tendant à inscrire l'inceste commis sur les mineurs dans le Code Pénal et à améliorer la détection et la prise en charge des victimes d'actes incestueux est parue au Journal Officiel le 9 février 2010.

Cette loi introduit plusieurs éléments dans le Code Pénal et le Code de Procédure Pénale.

La loi crée un nouvel article 222-31-1 qui qualifie d'incestueux « les viols et agressions sexuelles lorsqu'ils sont commis au sein de la famille sur la personne d'un mineur par un ascendant, un frère, une soeur ou par toute autre personne, y compris s'il s'agit d'un concubin, d'un membre de la famille, ayant sur la victime une autorité de droit ou de fait ».

A peine parue, la loi suscite déjà de nombreux débats sur la nature juridique de cet « inceste » intégré au Code (ni circonstance aggravante, ni nouvelle infraction, il a pu être nommé par certains « sur-qualification ».

Fallait il faire entrer l'inceste dans le Code Pénal ?

Le débat est ouvert.

oct.
27

A propos d'un projet de réforme : La reconnaissance de culpabilité devant la Cour d'Assises.

  • Par alain.lhote le

L'idée du comité Léger, qui rejoint les objectifs productivistes du Ministère de la Justice, est d'économiser du temps d'audience, la recherche d'éléments susceptibles de démontrer la culpabilité d'un accusé qui reconnaît avoir commis le crime pour lequel il est poursuivi n'étant plus nécessaire. Ce projet témoigne d'une grande méconnaissance des raisons d'être d'un procès criminel.

D'abord, même quand un accusé reconnaît avoir commis le crime pour lequel il est poursuivi, cette démarche ne fournit aucune indication sur la raison d'être de l'acte, ni sur la façon dont il a été éventuellement préparé, puis commis.

Or, la Cour d'Assises a besoin impérativement de connaître tout le cheminement qui a conduit à la commission du crime.

Ce besoin de comprendre la genèse de l'acte et les circonstances du crime est aussi indispensable pour les victimes.

Et cela prend obligatoirement du temps, un temps qui n'est jamais perdu.

La reconnaissance de culpabilité ne doit certainement pas permettre l'organisation d'un procès minimaliste ayant pour objectif essentiel le prononcé d'une peine. Ce serait une dramatique erreur.


S'agissant de la peine, on reste perplexe devant la proposition du comité de réduire la peine maximale encourue par l'accusé qui reconnaît sa culpabilité.

Les peines maximales sont telles en matière criminelle que, pour un accusé qui se sait coupable mais qui veut tenter d'obtenir un acquittement, la réduction de ce maximum peut paraître d'un intérêt réduit.


Ensuite, quand l'acte commis est très grave et justifie aux yeux de la grande majorité, si ce n'est la totalité des membres de la Cour d'Assises, le prononcé de la peine maximale, il est difficile de permettre une reconnaissance de culpabilité purement stratégique et d'appliquer la réduction de peine qui s'ensuit lorsque la démarche de l'accusé est utilitaire et ne correspond pas à une réflexion sincère et sérieuse sur l'acte et ses conséquences ou sur lui-même.


Que se passera-t-il lorsqu'un accusé reconnaît sa culpabilité avant l'audience mais décide de la contester devant la Cour d'Assises ?


Pour toutes ces raisons, la proposition du comité semble critiquable et très contestable.

déc.
9

La prison à 12 ans... un défi au bon sens !

  • Par alain.lhote le
  • Dernier commentaire ajouté

« Ce serait se tromper que de se protéger contre la jeunesse quand c'est la jeunesse qu'il faut protéger, autant que faire se peut, contre elle même et contre tous ».

André Comte-Sponville


S'il est vrai que des adolescents commettent des agressions portant atteinte aux personnes et aux biens, que certains sont multirécidivistes et que les mesures prises à leur encontre sont parfois sans effet, est il pour autant nécessaire que les politiques apportent comme seule réponse à ces comportements délictueux, des mesures répressives ?


Il est difficilement acceptable d'entendre un Garde des Sceaux dire que les mineurs délinquants sont des voleurs, des violeurs, des brûleurs de bus.


Il est important de rappeler que la délinquance est un acte et non une personne, que c'est l'acte qui est condamnable et la sanction prise à l'encontre du mineur doit prendre en considération sa personnalité et sa situation sociale.


Cela permet de croire en la réhabilitation de ces jeunes qui sont en grande souffrance, en recherche de repères, d'identité, d'adultes qui seront à la hauteur de leurs attentes et de leurs espoirs trop souvent déçus ou trahis.


Nous savons que seule une politique de prévention auprès des jeunes et de leur famille peut apporter une solution humaine en faisant reculer l'émergence de bon nombre de problèmes.


La répression et la prison ne sont pas des réponses adaptées à la majorité des mineurs désœuvrés, marginalisés, exclus par le monde des adultes.


Est-il responsable, pour un politique, de dire « la première prévention c'est la sanction » ?


Aucune étude fiable ne prouve qu'il y ait une augmentation de la délinquance des mineurs.


Nous savons tous que l'éducation est ce qu'il y a de plus difficile, c'est un mélange d'affection, d'écoute, de compréhension, d'accompagnement et en même temps de fermeté, mais aussi de sanctions justifiées et comprises.


« Ouvrez une école, vous fermerez une prison » écrivait Victor Hugo.


Décidément, une fois de plus, la Garde des Sceaux a perdu une bonne occasion de se taire !


Connexion
Création d'un membre
Création d'un espace
Inscription à une communauté