Comme tous les avocats pénalistes de Marseille, j'entends manifester mon opposition, lors de la journée du 29 septembre 2010, au projet de réforme de la garde à vue présenté par la Ministre de la Justice.
Le projet de loi limite et encadre la mesure de garde à vue au lieu d'affirmer comme un principe absolu et sans dérogation possible la présence et l'assistance de l'avocat en garde à vue.
Le projet de loi valide au surplus l'ensemble des régimes dérogatoires alors que la jurisprudence européenne exige que les garanties offertes à chacun doivent être d'autant plus importantes que les faits reprochés sont graves.
Avec ce projet, l'avocat n'aura pas la possibilité:
- d'accéder au dossier,
- de poser des questions ou de solliciter des actes d'investigations,
- d'assister aux confrontations et perquisitions.
De plus, la garde à vue ne sera pas soumise au contrôle effectif d'un juge du siège indépendant.
Le procureur de la république aura le pouvoir de décider :
- de ne pas faire droit à la demande de consultation des procès verbaux d'audition,
- de différer la présence de l'avocat jusqu'à la douzième heure en raison de circonstances particulières tenant à la nécessité de rassembler des preuves.
Bien plus inquiétant, le projet de loi crée une nouvelle garde à vue sans défense : l'audition libre.
L'audition libre devient possible, même en cas d'arrestation, l'audition libre devenant une garde à vue dissimulée excluant l'assistance de l'avocat. Le projet est contraire à la jurisprudence de la Cour Européenne et à la décision du Conseil Constitutionnel.
Réformer la garde à vue consiste :
- à prévoir l'assistance de l'avocat en garde à vue dès la première heure sans restriction d'entretien et d'accès au dossier,
- à prévoir la participation de l'avocat aux interrogatoires et à tous les actes d'enquête et de prévoir la possibilité de solliciter des actes d'instruction,
- à transposer les règles de l'instruction au régime de la garde à vue,
- à supprimer tout régime dérogatoire,
- à prévoir le contrôle de la garde à vue par un juge indépendant.
En l'état, pour l'avocat que je suis, ce projet est « un bricolage institutionnel » peu conforme à l'esprit d'une justice moderne et protectrice des droits du citoyen.

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